‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 81 sur 130 · OK LA CHI1UB61E AU XIV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

OK LA CHI1UB61E AU XIV* SIÈCLE

parfois rationnelles, souvent barbares, le profit le plus net que Ton retire de la lecture de ces livres.

Les Salernitains sont encore mis dans ces ouvrages assez largement à contribution, et Ton y retrouve la division de la médecine en celle des pauvres et celle des riches; enfin le texte est tout parsemé de vers, suivant la mode salernitaine, malgré la prépondérance des Arabes.

Le quatrième groupe renferme des ouvrages Sur la conservaiion de la santé et le traitement des malades par le régime : le Dictionnaire de Vilalis de Furno, le Commentaire d*Arnaud de Villeneuve surl'école de Salerne, tiV Aggregator de Jac. de Dondis. Vitalis a Teau-de-vie en grande estime dans certaines aficctions, par exemple dans l'essoufflement, pourvu qu'on n'en abuse pas ; et, notez cela au xiv^ siècle, il la recommande pour conserver la viande, la rendre digestible. — Jac. de Dondis appartient à l'école averrbûïstique de Padoue ; son livre contient la matière médicale, la thérapeutique générale et spéciale en six livres.

Le cinquième groupe renferme les traités ou commentaires sur les fièvres de Galeatius de Sancta-Sophia et de Thomas de Garbo.

Dans le sixième, je range les Consilia^ ou observations médi^ cales^ et particulièrement celles de Gentilis de Foligno (1), un des plus célèbres disciples de Thaddaeus.

Il y a aussi quelques spécialités qui constituent un huitième groupe, par exemple la peste et les eaux minérales.

Le neuvième groupe est réservé à la chirurgie représentée en Italie par Dinus dans son Commentaire scolastique sur Avicenne (2), en France par Guy de Chauliac, en Angleterre par Jean d'Ardern.

(1) Genlilis s'occupe plutôt des remèdes et décrit très-brièvement les maladies. J*y note deux cas d'amaigrissement progressif^ une folie causée pur la joie, T usagée des vésicatoires^ une description de l'épidémie de Pérouse et de Gènes (1348- 13&9), des remèdes ridicules contre les hernies. Gentilis parait avoir en trctenu ses élèves des malades qu'il soignait ou pour lesquels il donnait des consultations.

(2) Si je n'ai pas fait une classe à part pour les commentaires sur les ouvrage» des Grecs ou des Arabes^ c'est que la plupart des écrits dont je viens de rappeler les titres et d'indiquer sommairement le contenu, ne sont guère que des commentaires, et que les commentaires publiés expressément sous ce titre rentrent dans l'un ou l'autre des neuf groupes.

GUY DE CHAULiAC 297

On a épuisé sur Guy de Chauliac toutes les formules d'éloge (1). Je dirai, quant à moi, très-simplement ce que j'en pense, après avoir enlevé à sa propre gloire toute celle qu'il doit aux larges emprunts qu'il a faits et que lui-même avoue avec une entière franchise ; car il est loin de se surfaire. Isolé au xiv' siècle, Guy de Chauliac est hors de proportion; mais, au milieu de ses contemporains et surtout de ses devanciers, il se trouve dans la vraie perspective. Guy nous apparaît comme un chirurgien surtout érudit, cependant expert, sans être très-hardi (2). Ce qu'il a inventé de nouveau se réduit en partie à une bonne méthode d'exposition, à prendre le juste milieu entre tous les excès : la pusillanimité ou la témérité ; à choisir le meilleur en toute chose; c'est presque le même portrait que celui d'Ambroise Paré au xv!"" siècle, mais avec moins d'originalité. Il n'est pas plus, mais non pas moins superstitieux que ses confrères; écho delà chi« rurgie italienne, quand il abandonne Guillaume de Salicet, c'est pour se trouver avec Lanfranc , et quand il quitte Lanfranc, c'est pour se ranger du parti de Guillaume. Ainsi, tandis qu'au XIV* siècle toute l'Europe est, pour la littérature, tributaire de la France, pour les sciences, et en particulier pour la médecine, la France est tributaire de l'Italie et même de l'Espagne arabe. Dans l'histoire de l'Espagne aux xiii' et xiv' siècles on ne rencontre guère, en dehors des Arabes, que des noms volés aux Italiens et aux Français. Les historiens de la médecine espagnole, par exemple Morejon, ressemblent trop souvent à certains oiseaux qui prennent les petits des autres quand ils ne peuvent point en avoir par eux-mêmes (3).

(1) Depuis quelque temps on s'est beaucoup occupé de Guy de Chauliac, cependant on n'a apporté presque aucun document nouveau sur sa vie, qui est peu connue ; les archives locales en fourniraient sans doute. 11 ne faut pas oublier de remarquer que Guy était clerc. Il commença la rédaction de sa Chirurgie en 1363.

(2) La trousse de Guy se composait de ciseaux, pinces, éprouvette, rasoirs, lancettes, aiguilles et de cinq on^ruents : bafi/icum pour mûrir, npostolicum pour mondifier, blanc pour consolider, doré pour incarner, dialthaea pour adoucir.

(3) Quoique nous ayous pour cette époque peu de notions sur l'état de la médc* cine eu Angleterre et en Allemagne, on doit supposer que cette science n'y était pas absolument négligée, puisque nous voyons tout à coup surgir de ces pays des ou-

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