VITESSES
De 1 gramme,
De 2 —
De 3 —
De 4 —
De 5 —
Il résulte, en outre, des comparaisons faites du tir avec la poudre de guerre au tir avec le fulmi-coton, que cinq grammes de ce dernier lancent une balle de fusil avec autant de force que quatorze grammes de poudre ordinaire.
La détonation de l’arme chargée avec le fulmi^coton est très-forte, mais le bruit est d’une autre nature que celui produit par la poudre de guerre ; c’est un coup sec, bien moins fatigant pour l’oreille. Tout le coton brûle dans l’intérieur du canon et ne produit aucune trace de fumée ni de crasse ; on n’aperçoit qu’une très-courte flamme au bout de l’arme
et la force de projection est beaucoup plus grande que celle de la poudre ordinaire. Après la détonation, on sent une odeur analogue à celle de la plume brûlée. Mais si la combustion du coton n'encrasse point l’arme, elle laisse, en revanche, une assez grande quantité de vapeur d’eau condensée qui force, à chaque coup, de passer un linge dans le canon pour le sécher; cette précaution étant négligée pendant trois à quatre coups, le colon s’imprègne d’humidité et ne brûle qu’imparfaitement au cinquième coup ; sa force de projection devient alors presque nulle.
Ainsi donc, si, d’un côté, le fulmi-coton offre les avantages d’une combustion très-prompte, sans résidu, sans fumée ni mauvaise odeur, s’il offre des avantages réels, quant à la légèreté, la facilité du transport et la force balistique, d’un autre côté, il présente les inconvénients majeurs de s’altérer à la moindre humidité et de produire une si grande vapeur d’eau dans le canon, que le tir, après plusieurs coups, devient impossible.
11 est hors de doute qu’on trouvera bientôt les moyens de faire disparaître cet inconvénient, et si l’on en juge par les succès qu’ont obtenus les premiers essais tentés à ce sujet, il est facile de prévoir l’époque très-rapprochée où le fulmi-coton, perfectionné, sera avantageusement substitué à la poudre de guerre.