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CHAPITRE XXIV

de L'Electricité chez les anciens

Les oracles magiques de Pléthon et les oracles Chaldaîques de Psellus, parlent de l’art de soutirer l’électricité des nuages comme d’un art pratiqué depuis un temps immémorial, dans l’Inde et dans la Chaldée.

L’électricité fut un des moyens dont se servit Zoroastre pour prouver sa mission divine; ce moyen, il le tenait, sans doute, de l’Inde, si versée dans les sciences occultes. On trouve, parmi les vers attribués à ce sage législateur et conservés par Pléthon, le passage suivant ; c’est Dieu qui parle à l’initié :

« Si lu m’invoques à plusieurs reprises, tu me verras partout autour de toi; car tu ne verras autre chose que toutes les foudres, c’est-à-dire le feu voDL— géant, se répandant partout et embrasant l’immensité du ciel. »

Ce passage ne laisse aucun doute sur le feu dont il est question ; évidemment c’est l’électricité.

Suidas et la chronique d’Alexandrie disent positivement que Zoroastre, sur le point d'être fait captif par Ninus, pria les dieux de le foudroyer et, qu’en présence de ses amis, la foudre tomba d’un nuage et le réduisit en cendres. Ses disciples recueillirent pieusement ces cendres et les portèrent aux Perses, pour être adorées, comme celles d’un prophète, de l’élu des dieux. Les Mages, depuis cette époque, dit Ammien Marcellin, conservent toujours, sur leur autel, le feu qui, à la voix de leur instituteur, descendit du ciel.

Salmonée, roi d’Élide, s’occupa fructueusement de magie naturelle ; Eusthatius dit positivement que ce prince était parvenu à découvrir le secret de manier la foudre, de la diriger et d’imiter le fracas du tonnerre. Il avait élevé, à Olympie, un autel consacré à Jupiter tonnant. 11 allumait le bois, placé sur l’autel, avec la foudre qu’il soutirait des nuages. Une imprudence mit fin aux prodiges qu’opérait Salmo^née : un jour, ayant omis une des précautions dont il s’entourait d’ordinaire, ce malheureux prince devint victime de son art et tomba foudroyé.

Le législateur des Juifs, Moïse, connaissait aussi le secret d’attirer la foudre; nous en avons parlé dans un chapitre de cet ouvrage.

Il est très-probable que l’ancien mythe qui nous

représente Prométhée dérobant le feu du ciel , signifie qu’un homme de ce nom a possédé le secret de se servir de la foudre. Virgile rapporte que Prométhée découvrit et enseigna aux hommes l'art de faire descendre sur terre le feu du ciel.

Alladus, un des premiers rois latins, se faisait passer pour un dieu, parce qu’il connaissait l’art de s’entourer de foudres et de tonnerres. Mais un jour qu’il était distrait, en soutirantl'électriciléd’un nuage, il tomba roide mort sur le sol. Ses ennemis publièrent aussitôt que les dieux courroucés de l’impiété d’ Alladus l’avaient foudroyé.

Selon quelques historiens, Numa, pour prévenir les accidents de la foudre qui tombait fréquemment sur les édifices de Rome, inventa le paratonnerre. Le temple de Jupiter fut le premier qu’on arma d’un parafoudre; d’où lui vint le nom de Jupiter Eliciusy c'est-à-dire qui soutire et fait descendre l’électricité des nuages.

Tulliüs-Hostiliüs, en parcourant les mémoires qu’avait laissés Numa, trouva des renseignements précieux sur les procédés dont se servait son prédécesseur pour diriger la foudre, et les mit en pratique. Mais Tullius, moins expérimenté que Numa, oublia certaines précautions indispensables en pareille circonstance, et, de même que Salmonée, périt foudroyé. (Au siècle dernier, le professeur de physique Reïchmann, éprouva le même sort.)

D’après DionCassius, Caligula aurait acheté à un magicien de Chaldée le secret de commander à l’éleetricilé. Il opposait des éclairs artificiels aux éclairs naturels çt imitait le bruit du tonnerre à s’y méprendre.

M. La Boessière, dans un savant Mémoire publié en 1822, prouve d'une manière convaincante que le secret de soutirer la foudre des nues et de la diriger était connu des anciens.

Pendant quinze siècles l’histore reste muette sur cette question; mais au dix-septième le P. Imperati écrivit : «Qu’au château de Duino, il existait une ancienne coutume de sonder la foudre, pendant les temps orageux. La sentinelle approchait le fer de sa lance d’une barre de fer élevée, sur un mur, et dès qu’à cette approche elle apercevait une étincelle, aussitôt elle sonnait l’alarme pour avertir les bergers et les journaliers de se retirer des glacis du château. »

Cette barre de fer n’était autre chose qu’un paratonnerre; or, pour construire un paratonnerre, il fallait avoir des notions sur le fluide électrique. ,

Les faits précis que nous venons d’exposer nous amènent à celte conclusion :

L’antiquité connut l’électricité ainsi que les moyens de la diriger; mais cette connaissance n’était

pas érigée en théorie et ne faisait pas, comme aujourd'hui, une partie importante de la physique; c'était un secret conservé, comme tant d’autres, par le corps sacerdotal qui s’en servait au besoin.

CHAPITBE XXV,

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