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ciens ; elles se pratiquaient avec des huiles naturelles ou composées, avec des pommades, des onguents, etc. , Soit comme moyens hygiéniques pour assouplir le Corps et conserver la santé, soit comme moyens thérapeutiques, pour combattre et dissiper certaines maladies. Mais les thaumaturges, ainsi que nous l'avons déjà vu, possédaient des compositions secrètes, des pommades éprouvées dont l’action provoquait un profond sommeil, des songes bizarres et d’étranges rêvasseries. L’onction magique des sorciers du moyen âge vient très-probablement de cette source. Les vieux sorciers seuls connaissaient les ingrédients de l’onction, et le secret n’en était confié qu’à ceux qu’ils jugeaient dignes d’un si précieux dépôt. Tout individu qui désirait entrer dans la confrérie recevait d’eux une pommade avec laquelle il devait, avant lô coucher, se frotter certaines parties du corps, afin d’être transporté, de nuit, aux réunions du sabbat et de participer à leurs voluptueuses orgies.
Jean-Baptiste Porta, réputé très-expert dans les sciences occultes, dit, au deuxième livre de sa Magie naturelle : « Les sorcières font bouillir de la graisse d’enfantdansune bassine; puis ,<el les y ajoutent du sang de chauves-souris, de l’aconit, de la mandragore, du pavot somnifère, et, quand le tout a bien bouilli, elles en font un onguent avec lequel elles oignent certaines parties du corps abondamment fournies de pores absori>ants. L’onction faite, elles s’endorment, et il
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leur semble être transportées par los airs, an clair de lune, en des lieux agréables où elles rencontrent des danses, des jeux et des sociétés de jeunes gens quelles désirent beaucoup. »
Cardan donne la composition d’un onguent à peu près semblable. La graisse d’enfant en fait la base; il y entre ensuite du sang de hibou» de la racine d'ache, des baies de morelle, de la quintefeuille et de la fiente de chat noir. — Avant de pratiquer l’onction, les sorcières jeûnent trois jours et mangent pendant trois autres jours des châtaignes, de l’ache, de la laitue, mêlées à du suc de jusquiame. Ainsi préparé par le régime, le corps éprouve, avec plus d’efficacité, les effets de l’onguent. Le sommeil est plus profond, les rêves naissent, s’effacent et renaissent sans cesse ; on assiste à des représentations féeriques, à des bals, à des banquets» à des fêtes, où se pressent un essaim de beaux jeunes gens, de jolies filles; on voit aussi des cachots, des gouffres ténébreux, des figures grimaçantes, des diables cornus; enfin, sur son trône d’ébène, le dieu Satan environné de sa cour infernale.
Selon Jean Wierius, écrivain bicarré et qui s’est spécialement occupé de formules magiques, la pommade des sorciers était un composé de drogues narcotiques, de plantes vénéneuses, qui por tarent le trouble dans les organes et plongeaient le Cerveau dans l’imbécillité. De tout ce que cet auteur a écrit, ce passage est le plus vrai.
Voici la recette d’une eau narcotique en usage chez les magiciennes de l’antiquité et les sorcières du moyen âge :
Opium.'. . 1
Noix de métel . . . . .) Suc de laitue vireuse. . .
Décoction de stramoine .
parties égales.
] égale quantité.
L’opium et la noix de métel doivent être délayés dans la décoction de stramoine; puis on ajoute le suc de laitue.