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CHAPITRE XXXII

SECTION PHEMIÈHE

ANNEAUX CONSTELLAS.

L’or, l’argent, le cuivre, le fer et autres métaux servaient à la fabrication de ces anneaux ; ils devaient porter le nom et l’image delà planète sous les auspices de laquelle ils étaient placés.

Vanneau d’or portait le nom et la figure du Soleil , dieu du jour; Vanneau d argent relevait de la Lune , reine des nuits ; Vanneau d'étain, de Jupiter , roi des astres; Vanneau de fer, de Mars, dieu de la guerre ; Vanneau de cuivre, de Vénus, l’astre brillant; Vanneau de plotnb représentait Saturne ou la

vieillesse.

La plupart de ces bagues étaient enrichies d’une pierre précieuse ; mais il était de rigueur que cette pierre fût symbolique, c’est-à-dire en rapport avec le métal représentant l’astre. Ainsi :

Uescarboucle , attribuée au soleil, était strictement ordonnée pour Vanneau d’or; toute autre pierre aurait détruit le charme; le saphir, pour Vanneau d’argent; la topaze, pour Vanneau d’élain ; le rubis , pour Vanneau de fer ; X émeraude, pour Vanneau de cuivre; le greriài, pôulf Vanneau dé plomb.

L’anneau, ayant été fabriqué et conditionné de la manière sus-indiquée, il fallait encore le porter secrètement sur le marchepied d’ün autel où Von disait la messe ; puis , à l’issue de la messe, on devait le plonger dans Veau d’un bénitier. Une fois toutes ces formalités remplies, on possédait un talisman inappréciable.

L’heureux propriétaire de ce talisman pouvait entreprendre et exécuter une foule de choses réputées impossibles. Il lui était facile, par exemple, de se rendre invisible; il possédait le privilège de se faire aimerdeûcux ou de celles qu’il voulait, en les touchant de son anheau; — il pouvait connaître les secrets d’autrui et lire même dans la pensée ; de telle sorte qü’il n’était pli» possible à sa femme ou à sa maîtresse de Lé tromper sans qu’il le sût. L’anneau cons- ' tèllé avait beaucoup d’autres vertus que nous passerons sous silence, nous ajouterons seulement que le porteur de cet anneau se trouvait naturellement préservé de toute embûche, et mieux encore de toute maladie U,.

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SBCTtON tt.

UIBOIBS MAGIQUES.

Ces miroirs étaient fabriqués avec des pratiques et des cérémonies goétiquos aussi révoltantes qu absurdes; ils jouissaient, dit-on, de la propriété de vous représenter tout ce qui se passait loin de vous ; l’image des choses et des personnes que vous désiriez voir venaient s’y réfléchir. Le premier miroir magique est attribué à Pylhagore qui, lui- même, le tenait d'un Mage. Ce philosophe, dit Suidas, écrivait avec du sang sur une espèce de miroir qu’il présentait aux rayons de la lune , et il lisait dans cet astre tout ce qu’il avait écrit sur le miroir.

Noël Lecomte rapporte que ce secret était connu de François I** ; dans ses guerres contre Charles-Quiot il pouvait, avec un semblable miroir, savoir à Paris ce qui se faisait à Milan. La manière d'opérer était fort simple : un espion, résidant à Milan, écrivait sur un miroir magique, en tout semblable à celui du roi de France, les événements politiques, et François Ier lisait ceftte écriture sur son miroir.

Si l’on nous demandait notre opinion sur les faits rapportés par Suidas et par Noël Lecomte, nous répondrions que ce sont des fables, et qu’il faut les reléguer dans le domaine des contes biens.

SECTION III

PIQUEES MAGIQUES.

Chez les Égyptiens et les Grecs, les magiciens de bas étage, pratiquant la goétie ou magie infernale, modelaient de petites statuettes en cire, ayant quelque ressemblance avec les personnes auxquelles ils voulaient nuire. Lorsque ces figures étaient terminées, ils tuaient un hibou, en répandaient le sang autour d’un bûcher d’asphodèle, et invoquaient les esprits infernaux ; cela fait, ils enfermaient la statuette dans une boîte, pour s’en servir au besoin. Voici comment ces goétiens opéraient :

Tantôt ils fermaient la bouche de cette figure, afin que la personne dont elle était l’image ne pût ni boire ni manger ; tantôt ils lui piquaient les yeux, lui enfonçaient un stylet dans le cœur, dans le foie ou autres viscères. D’autres fois, ils la flagellaient, l’égratignaient, la couvraient d’ordures ; toujours dans l’espoir que ce qu’on faisait endurer à la statuette serait éprouvé par la personne désignée.

Lorsqu’on lit de semblables énormités, ne doit-on pas déplorer le coupable aveuglement de l’esprit humain ? C’est cependant ce qui se faisait chez les anciens et ce qui fut renouvelé au seizième siècle par Catherine de Médicis et par quelques autres personnes ses contemporaines.

On rapporte qu’un magicien qui se disait arrivé d’Orient, se fit présenter à cette princesse et lui proposa, en échange d’une somme assez forte, de lui apprendre l’art de construire et de se servir des figures magiques. Catherine accepta tout de suite avec empressement. Le fripon , après avoir extorqué la somme, disparut laissant la reine en possession de son vain secret. On dit que l'ambitieuse et vindicative Catherine construisit une foule de figures magiques qu’elle piquait au cœur, dans l’espoir de se débarrasser des personnages qui lui portaient ombrage. Il fallait que Catherine fût bien simple pour ajouter foi à ces monstrueuses puérilités, mais surtout bien haineuse pour s’en servir. Du reste, les chroniques de cette époque et l’historien Mézerai font un si triste portrait de cette reine qu’on peut sans peine la croire capable de s’être servie des figures magiques.

On fit courir le bruit que Henri III avait hérité do sa mère du secret des figures magiques ; ce grossier mensonge était accrédité par un parti puissant tourné contre le roi. L % Journal de tEstoile rapporte que Henri III fut accusé d’évoquer le diable dans le bois de Vincennes. Mais la vérité ne tarda point à so faire jour, et les imposteurs furent châtiés comme ils le méritaient.

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