‹ Histoire des sciences sous Napoléon BonaparteChapitre 7 sur 26 · ÉDUCATION SCIENTIFIQUE DE NAPOLÉON BONAPARTE · texte numérisé non relu

ÉDUCATION SCIENTIFIQUE DE NAPOLÉON BONAPARTE

La Corse avait été réunie à la France, en 1768, un peu plus d'un an avant la naissance de Napoléon. En 1777, son pare, Gnarles Bonaparte ayant été nommé membre de la députation envoyée à Versailles, obtint pour son second fils, Napoléon Bonaparta, une bourse à l'Ecole militaire de Brienne, où

truction publique, comme l'Ecole polytechnique et l'Ecole normale.

Les écrivains du siècle de Louis XIV, fait remarquer avec beaucoup de justesse, J.-B. Biot, avaient j porté les lettres au plus haut degré de perfection. La langue française leur devait sa pureté et son élégance; toutes ses beautés, toutes ses ressources étaient déployées dans les chefs-d'œuvre de ces temps favorisés. Leurs successeurs ne purent les égaler dans tous les genres où ils étaient à la fois créateurs et modèles. Les parties les plus brillantes de la littérature étant, pour ainsi dire, épuisées, le talent d'écrire vint animer les sciences et embellir la philosophie. Tout cela est vrai et nous en retrouverons les preuves dans la composition des ouvrages de tous les savants, à commencer par Napoléon qui est un écrivain des plus remarquables, tout à fait original, ayant créé un genre nouveau, avec un style puissant et personnel. Avant d'aller plus loin, il est utile de mettre en lumière Té Jucation toute scientifique de l'homme dans lequel s'incarne la grande floraison des sciences modernes.

celui-ci entra le 23 avril 1779, âgé de neuf ans, huit mois et huit jours.

A Brienne, le nombre des élèves n'excédait pas cent dix, dont cinquante étaient aux frais du Roi qui payait pour chacun 700 livres par an, et soixante élèves aux frais de leurs parents qui versaient la même somme. C'étaient des moines de Tordre des Minimes qui étaient chargés de former l'éducation des officiers de l'armée française. Ils ne s'y entendaient pas trop mal,si oh considère les hommes qu'ils ont faits, tels que Napoléon et Pichegru, par exemple. De nos jours, ne sont-ce point encore des ecclésiastiques qui préparent le plus solidement la jeunesse à nos Ecoles scientifiques et militaires?

Le Père Patrault fut le premier professeur de mathématiques du jeune Bonaparte. Il le prit en grande amitié et développa son penchant pour les sciences. Aussi Napoléon ne l'oublia pas, et quand i\ fut rentré dans la vie séculière après 1789, il le prit comme secrétaire pendant son commandement . de l'armée d'Italie.

A Brienne, Napoléon ne fut pas heureux au milieu des jeunes nob 1 os qui s'y trouvaient, tous infatués de leurs noms et regardant la patrie du petit Corse (il avait 4 pieds, 10 pouces, dix lignes, c'est-à-dire 1 mètre 58 centimètres), comme un pays de sauvages. On lui reprochait sa pauvreté, on lui jetait à la figure son nom deNapoleone que son accent corse lui faisait prononcer Napoillione, et que seâ camarades traduisaient par La Paille-au-Nez. Solitaire, aigri, il se réfugiait dans l'étude des sciences et il en était venu à demander de. quitter l'Ecole de Brienne pour prendre un métier manuel. Voici l'admirable lettre qu'il écrivit alors à son père, n'ayant pas atteint douze ans :

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