IL LE LIVRE D'EL-HABIB
Au nom du Dieu clément et miséricordieux!
Louange à Dieu pour toutes ses faveurs! O mon Dieu, dirige nos cœui's!
Ceci est le livre d'El-Habîb, livre dans lequel il adresse ses recommandations à son fils. La majeure partie de ces recommandations porte sur toutes sortes de questions relatives k Téducation.
Mon cher fils, dit El-Habîb , j'ai reconnu que les hommes se divisaient en deux catégories : ceux qui atteignent le but et ceux qui le manquent. Ceux qui atteignent le but forment une unité concordante, tandis que ceux qui le manquent sont nombreux et divergents. L'erreur et l'habileté tendent au progrès, qui comprend l'espoir d'arriver à l'œuvre et les moyens de la mettre en pratique.
En voyant que Dieu — qu'il soit sans cesse béni et exalté! — est le créateur unique, alors que les êtres créés sont nombreux, nous savons que l'œuvre doit provenir d'une chose unique ^^^ et d'un seul genre. Or, après examen , je trouve que toute création se compose d'un agent et d'un patient. Partout où il existe, l'agent est unique, tandis que le patient est formé de choses nombreuses. Je sais aussi que l'être unique employé pour l'œuvre renferme deux choses : un mâle et une femelle. Le mâle est toujours unique , les femelles sont toujours variées. Le signe de la masculinité est de donner à sa descendance force et chaleur; le signe de la femelle est d'emprunter ces deux choses à d'autres et de ne donner par elle-même ni force , ni chaleur.
L'agent est unique , et sans la chaleur il n'aurait pas de mouvement ; or le mouvement est une supériorité. C'est pourquoi il communique à l'œuvre de la chaleur; sinon, l'œuvre exige le concours d'une chaleur étrangère.
Sachez que l'essence est formée d'une chose qui s'élève dans les airs et qu'elle n'a pas de matrice; elle réside dans les matrices et elle varie, suivant sa quantité et suivant la durée du séjour qu'elle fait dans la matrice. Elle
'^J Coll. des Alck. yrecs, trad. , p. 37.
TEADUCTION.
est comme un morceau de fer quoii introduit dans le feu, où il s'échaulle; lorsquil se refroidit ensuite, le feu monte dans l*air et abandonne le morceau de fer. De même tout être reroit de chaque chose sa cpialité, proportionnellement 5 h quanlité quil en renferme; ou bien il la repousse, en raison des quahtés opposées qu'il contient. Le poivre est formé par de la chaleur qu il retient et n^abandonne pas, comme le fait le morceau de fer, parce que ia chaleur dans les plantes a été incorporée peu à peu. Comprenez ceci, mon cher eniant.
Sachez cpill y a huit minéraux dont on ne peut tirer aucun profit, parce quils ont atteint leur maximum; ils ne peuvent plus recevoir d'accroissemenl» En elfet, une fois arrivée h sa perfection, une chose ne peut plus que décroître, car le simple nettoyage de ses impuretés sulTil î^ Taltérer,
Sachez aussi que si vous prenez un homme complet » que vous piliez ensemble^'* son esprit, son Time et son corps, pour les mettre dans votre chaudière, vous ne pouvez pas prendre ensuite une partie de ses os, de sa chair, de son sang, de ses cheveux, ou de fiin de ses membres, et y retrouver son âme ou son esprit. En effet, dès que Thomme a été mis en pièces, l'âme, qui est un de ses éléments, a disparu et il ne reste entre vos mains quuii être mort, obscur, qui n'a plus ni éclat, ni lumière.
Agissez (avec prudence), jusqua ce que vous connaissiez ce qui enlève et lave les impuretés des corps; je vous findiquerai plus loin, sll plaît h Dieu*
Mon cher enfant, conmiencez par savoir avec quoi %'ous devez opérer, puis comment il faut opérer, et alors mettez en praticpie ce que vous saurez; ce qui sera facile si vous procédez par gradation. Mon cher enfant, sachez que les philosophes ont multiplié les obscurités pour la foule; ils lont fait, non par avarice, mais dans la crainte de pécher en corrompant le monde, comme je vous fai déjà expliqué* Par Dieu, pour lequel je jeune et je prie, je vous expliquerai tout cela, de façon cjue vous le voyiez clairement et f entendiez a première vue, dans ces sept chapitres, qui ont fait Tohjet de nombreuses dissertations.
Le premier des chapitres se réfère aux vases convenables. On a dit qu il fallait un mortier, une chaudière , un flacon , un récipient et un creuset. Ce dernier vase est celui dans lequel s achève Tceuvre tout entière.
**' Cf. une plirasi; d'Olynipiodore, Coll. des Àlch. grecs, Irad. , p, i lo, n' 5j.
La teinture devra être un liquide brillant et de belle couleur; elle tiendra lieu d'une âme , telle que celle du corps.
Le soufre sera le kn^^\ la rubrique (cinabre) sera lair, la magnésie sera, la terre , le mercure sera Icau.
L*âme sera cette eau divine, qui met en mouvement tous les êtres sus ceptibles de développement, qui fait pousser toute plante et fait grandir tout ce qui a feuilles ^^^^
Ensuite , quand les quatre natures auront été mélangées et bien combinées , elles ne formeront plus qu'une seule substance ; chacune d'elles possédant une force qui lui permet de se transformer en une autre nature : la terre sera transformée en eau, l'eau en air, l'air en feu^'^ Mêlez ces choses les unes avec les autres dans votre opération, de façon que la terre devienne de l'eau, l'eau de fair, et l'air du feu, et alors l'œuvre sera achevée, s'il plaît à Dieu.
Ne mettez pas trop de soufre : votre préparation brûlerait; car la bile qui envahit le corps le brûle et lui donne une couleur noire. Ne mettez pas trop de mercure : vous refroidiriez votre préparation , qui ne pourrait plus cuire , car la pituite qui envahit le corps le refroidit et le corrompt ^^\ Disposez la combinaison de vos préparations, en procédant par poids et par mesure; les quantités devant être on proportion de la combinaison du système, de son tempérament et de ses mélanges. Toutes les natures prennent des forces et s'améliorent par fadjonction de leurs similaires, tandis qu'elles se gâtent et s'affaiblissent par l'adjonction de leurs contraires.
Sachez que l'îime est le soutien du corps.
La graine arrosée dune façon modérée pousse et arrive à fructilier. Si l'eau lui est donnée en trop grande abondance, la plante est noyée; tandis que si elle en reçoit en trop petite quantité , elle a soif et elle est brûlée.
Si le feu altère certaine (couleur) et qu'elle soit un peu affaiblie, ne l'abandonnez pas et ne la rejetez pas.
(^) Sur ce symbolisme, voir dans la Co//. {i<>j Sur ce symbolisme de la végétation. Coll.
Alchim, grecs, trad. , le traité de Comarius, des Alch. grecs, trad., p. 200, n" 12, d'après
p. 384-285. Le soufre est pareillement assi- Zosime.
mile au feu; le mercure à l'eau; la terre au ^^^ Voir Stépbanus, dans mon Iniroduction
molybdocbalque , qui portait aussi le nom de à la Chimie des anciens, etc., p. 294* corps de la majjnésie (ihid, trad., p. igS, '*' Sur ces comparaisons médicales, voir
n" II, et p. 420). Quant à l'air, il est assimilé Stéphanus, Introd. à la Chimie de< ancieiis,
à divers corps, notamment au cinabre. p. 292. Voir aussi Coll. des Alch. grecs, trad.,
v') Ibid., trad., traité de Comarius, p. 28C. p. 1G9, etc.
TRADUCTION
Toute teinture de carlhame a besoin dun alcali, qui la rend plus intense*
La cendre blanchie domine tous les simples.
La rubrique en pilules agit sur 1 alcali, qui est la cendre des pbilosopheîi; et ce dernier, mélangé à lui, le rend rouge *^^.
Ne forcez pas le feu au début de lopération sur le mercure, car celui-ci serait volatilisé ^^^ Mais cpjand la fixation s'est faite, alors le mercui'e résiste au feu et il y résiste d autant mieux qo1l a été combiné avec le soufre; de telle sorte que son froid et son hmuidité sassocient à la cbaleur du soufre et à sa sécheresse.
Mariez le mâle et la femelle ^^^ Thumide au sec, le chaud au froid '^*, et il en sortira un fœtus complet. Le fœtus acquiert sa forme complète, au bout de quai*ante nuits; après quatre-vingts nuits « il se meut et s'alimente. Sachez que le fœtus se nourrît dans le ventre de la mère dune chaleur douce, dont rbitensité n'est pas assez grande pour le brûler, ni assez faible pour lui nuire. Il ne peut recevoir sa nourriture que par le cordon ombilical et il n accepte d autre aliment que du sang pur. Son corps est trop faible pour supporter des aliments solides. Quand , au bout de neuf mois, lenfant est né, il boit le lait qui sort du sein de sa mère, et ce lait, dont il se nourrit ainsi après sa naissance, c'est le sang dont il se nourrissait lorscjull était à félat de fœtus. Mais, aussitôt que le moment de la naissance est arrivé, la direction des organes du corps facilite au sang la voie qui lui permet de continuer sou office : le sang parvenu dans les seins s'aiïîne, devient subtil et se transforme en lait, dont lenfanl se nourrit.
Le laît, à son tour, se transforme en sang chez lenfant et il redevient ce qu'il était dans le corps de la mère, avant de parvenir aux seins.
Il en est de mêinc pour notre opération ^^^ lacpielle ressemble Si celle subie par le sperme et le sang des menstrues, avant d'arriver à former un enfant complet.
Retenez ceci,
Platon a dit : « Fxumcz toute impureté, qui donne un résidu ^'^^ *le façon que toute la force (du feu) puisse pénétrer le liquide. »
<*' Prépuration tla Ycnnillou a vee te cinabre,
t*> Prépftffiiion fîu cinalirc.
t*> CofL de$ AtcL ^teci, tratl*, p. 3i, noie 6; pw itit i47i cl p. 196, d" iS. — Introdactim i\ la Chimie ée% anciens, p, iCr, i63.
î** ColL des Aleh. ^cs t trad. , Oiytnpiodort; , ^*ï Ibid., trod.. Jean Tarchiprtître , p. ^55, (^) Au fond de la chaudière.
Sachez que, sauf Dieu, rien ne peut fixer un corps, si ce n'est le feu.
L expression de corps altéré (de soif) nest point une expression propre; elle indique seulement par métaphore que le poids de leau est le quart de celui du corps. La proportion nécessaire pour dissoudre un corps est la même que celle nécessaire pour le fixer, c est-à-dire trois parties deau(?).
Un autre auteur a dit : « Pourquoi alimentez-vous la matière cireuse avec la bile^^î et en si petite quantité? » Et il a ajouté : a Faites-la cuire, aspergezla deau peu à peu et laissez-la, jusqu'à ce quelle devienne grise et que leau se transforme en terre ^'^K »
De même, dit un autre auteur, que la fumée de la terre et la vapeur de i eau s'élèvent dans les airs, pour redescendre ensuite sur le sol et se résoudre en eau^^^ ; de même, ce que vous cherchez se manifestera seulement, si le vase employé dans votre opération est assez vaste pour que la fmnée et les vapeurs puissent sy élever et redescendre au fond. La fmnée de la terre et la vapeur d eau ne s élèvent dans les airs que par suite de la décomposition de la terre; de même ce qui se trouve dans le vase ne s'élèvera point, s'il n'y a pas eu décomposition. L'œuvre sera parfaite pour celui qui aura fait monter la fumée et les vapeurs. Mais si elles s'échappent au dehors , elles ne reviendront plus.
La tête de l'homme, aussi, est semblable à un appareil de condensation.
Hermès a dit : Quand vous verrez que les natures sont transformées en cendres ^*^ vous saurez que vous avez bien opéré. Si vous opérez sur la marcassite, faites-la cuire jusqu'à ce qu'elle soit réduite en cendres, et poussez votre feu de façon que le quart de la substance principale soit absorbé et qu'elle fournisse un corps qui s'élève ^^K Sachez que le cuivre brûlé est celui qui absorbe la cire.
Marie ^*^ a dit : Prenez les feuilles (métalliques) ^'\ réunissez-les ensemble et faites cuire, jusqu'à ce que le tout devienne une cire liquide comme de l'eau. Ensuite pilez, jusqu'à ce que le cuivre ait disparu. Ne mettez pas
(*) Matière colorante jaune. d'Hermès (Introdaction à la Chimie des anciens,
^*^ C'est-à-dire jusqu'à ce que le liquide se p. 291). solidifie. ^*^ Soufre et oxydes sublimés pendant le gril-
^^) Coll. des Alchim. grecs, trad., Comarius, lage (Introd. à la Clànde des anciens, p. aSo). p. 279 et 281. î®' Le texte arabe dit : Harqil.
I^) Axiome courant cbez les Grecs (Coll. des (^) Coll. des Âlch, grecs, trad., p. 111, i5i
Alch. grecs, trad., p. 107), où il est attribué à et 2o5. — Introduction à la Chimie des anciens,
Zosime; mais Stépbanus le donne comme p. i4A.
TRADUCTION. 81
la cire d'une seule fois, mais peu à peu, et surveillez-la tous les trois jours; essuyez le pourtour du vase avec un chiffon propre , jusqu'à ce que toute la cire soit descendue au fond. Ensuite arrosez avec une quantité de cire égale à la moitié de ce que vous avez versé la première fois, jusqua achèvement. Si vous voulez que l'absorption se fasse rapidement, arrosez peu à peu. S'il reste de l'humidité, la couleur changera, chaque fois que vous ferez chauffer au feu, et elle deviendra purpurine : on aura un produit qui sera une matière (colorante) riche, obtenue par l'action du feu. Et il ajoute : Arrosez-le six ou sept fois : si vous ne voulez pas que la chose soufire difficulté, arrosez-le peu à peu avec la quantité qu'il pourra absorber; puis faites chauffer. En très peu de jours, le tout deviendra homogène et l'on aura une matière (colorante) riche et brillante. Continuez ainsi, jusqu'à ce que les six additions (de matière fusible) aient été absorbées.
(Sachez que si le vent du nord souffle et qu'il soit très humide, la terre n'a pas de force pour absorber feau. Si c'est le vent du sud et qu'il soit d'une humidité moyenne , alors les palmiers seront fécondés et les fruits excellents. Si les six vents soufflaient à la fois, ce serait le déluge. Telle est la clef pour quiconque comprend.)
Quand le produit est desséché, arrosez-le avec le reste de la cire, en telle quantité qu'il pourra absorber. Placez-le ensuite sur le feu, jusqu'à ce que s'évapore le reste de l'humidité ; il faut que le corps soit dans la proportion du quart pour la fusion, et l'eau dans la proportion du quart pour la .fixation. Cette proportion donne la combinaison parfaite. Que le feu soit léger ^'^ et égal.
Marie a dit : t Prenez le produit sur lequel vous avez opéré pour le transformer en rouille, versez dessus de l'élixir, autant que la matière peut en absorber et faites griller durant six jours. Prenez, dit-elle ensuite, le reste du liquide et arrosez-en le produit, de senthnent. Je suppose qu'il faut chauffer jusqu'à ce que le tout soit desséché, après avoir été humecté. Quand le produit sera obtenu , vous trouverez que le corps est devenu jaune comme du safran. »
« Pourquoi, dit-elle , les philosophes ont-ils nommé cette teinture du soufre incombustible ^^^? — Parce que, répondit-il, le feu fa brûlé et transformé
^'^ Collection des Alch, ^recs, irad., p. 238, n** 6, et surtout p. 373, 211, n** là). — U n* 3. s'agit d'en éliminer toute humidité, c'est-à-dire
(*) Pyrite incombastiUe {ibid., trad., p. 47^ toute matière fusible.
ALCUiMiB. — III, 2* partie. 1 i
iNruivERiK ii*xi*itatr.
m cendres : on sorte quil ny reste plus (rimiiidité quand l'humidité s*cst retirée. Ce qui sort de ces cendres est la force de notre œuvre et son agent, gi^àce à la volonté de Dieu : quil soit glorifié! »
D'iipres les indications ronnelles données en divers endroits, les ceiîdres '^ui- lesffuellcs on n vcrst* du liquida et que Ion a fait chaufier h un feu excessivement doux» di* façon que l'esprit tinctorial se développa dans le liquide; ces cendres, dis-je, doivent, par raction d\in feu doux, fournir également un liquide tinctorial dans falandiic ^^\
Zosiiue a dit ; ** H vous faut une terre formée de deux corps et une eau formée de deux natures ^'^', pour farroser. Lorsque l'eau a été mélangée a la teiTe . . . , il (liut que le soleil agisse sur cette argile et la transforme en pierre. Cette pierre doit être brûlée et c'est 1» combustion qui frra sortir le si'cret de cette matière, c'est-à-dire son esprit, lequel est la teinture recbercliée par les philosophes, (iardez seulement les quatre natures'^* et laissez de côté le surplus.
«Au début du mélange des choses, il faut, ajoute4-îl , que ce mélange soit opéré sur des cen<hes cbaucles, afin que les corps de la magnésie soieîit vivants et non morts. Ne les brûle/, pas; car c'est seidcnienl quand les choses sont vivantes que le mercure se mélange promptement avec elles. Si vous surcbciulTez'*^ le mercure les rejette et vous n'aiTivci^. au mélange quavec beaucoup de peine, parce quune clialeur intense du feu lait disparaître f étalai et le brillant* Ajoutei!-y de feau, dit-il encore, de telle soite que le produit soit humide et ne st; tlesséche pas dans le vase; mais arrose/, peu h peu, de façon que feau soit entièremt^irt absorbée. Si vous voulez chauHer, alors que le produit est desséché et que vous le remettiejt sur le feu, le feu employé pour contraindre le poison a jK^nétrer dans fintérieur du corps brûlera celui-ci. n
Zosime a dit : «Sachez que si on laisse sur le feu un corps sans (faiToser de) vinaigre, ce corps brûle et se corrompt ''*l L'élixir chauflé se transfoniie en une poudre, qui est ensuite mélangée avec la liqueur, jusqu'à consistaiicr^
'*ï S agiUl cl*unc œndrc cou le liant des sulfbjres, capables île teindre ïe^ mëtaiu? (Vmr Ci*W. dei AUL ffrêcs, lfm(\. , p. 1^3,)
'^ Ihid., trad., p. i4<i «t i47i n* a , el aussi p. 108.
C*> Télrajomîe : réunion des quatre i^âtieiit!). {!hid., trarj., p. Û7.)
^ ^ ' CÎXûîLflei A le h . ^r f <f j , irnil. , p » 1 3 7 et i ,^ 9 .
t*^ Ce paasuge, non pla» que le* suivunU, ne «c lisent pos UîïtuellRincdt clans tes ouvra ^ ûctueb de Zo*ime; soit qu'il* aii'ut fait partie d'uQ litre perd a, ou bien de La gios;! d'un rommentaleur, dont rœuvrc aura élé. confondutî plys tard avec celle du malire pir Lct \raljca*
TRADCCïlON.
de lîiieL Quand on chauffe jusquà dessiccation et qu'on îvpcte Topération à plusieurs reprises, le produit se change en cendres* que le feu ne bride pas. n
Au sujet de Marie, qui enduisait les natures à Textérieur ''*et frottait en* suite, pour faire pénétrer Tagent actif dans Tintérieur, Dénnocrite rapporte ipje cette opération avait pour objet damoHir les corps, avant de le* sou* tneltit» h Kaclion du feu. Ares (Ilorus) dit à ce propos : ■ Xiguore si, par cet aniollissemunt, elle a voulu entendre qu il se produisait dans lalanibic, sous l'action de la chaleur; ou bien s*il faut entendre qu^it tHaîl nécessaire de chauffer, après que faniollissenient avait eu lieu, pendant phisieur» jours. On fait alors monter Teau dans l'alambic, conformément h ce que fexpérience a démontré, »»
Un autre auteur a dit ; • La décomposilion commence et ensuite IVau ï**élève. »» Vous saurez de quelle décomposition il s agit et a quel moment feau relève, car il ajoute : «Le philosophe nous a ordonné de remettre de l'eau une seconde fois, pour transformer la matière en une sorte de bouillon; c'est alors que Ton doit ajuster le tuyau (defalambic) a%'ec la fiûte (récipient). «
Ailleurs, le même auteur dit ; t Comment le fait-on devenir rouge? — C'est, répond-il, en le soumettant h un feu Irés dou\ el en ne laissant pas monler les vapeurs, tant qu'on n a pas obtenu la couleur voulue. »
Dans le Livre da fonnca, Démocrite dit : « Ici landrodamas se transfomie el se modifie sous finfluence du feu. Le corps cesse d*àtre un corps et la substance fugace (au feu) n'est plus fugace. « Ceci montre que la pierre doit Atrt' bnilée avant le mélange, car elle est chaude et sécbe de tempérament Cola indique également que l'opération entière n'est satisfaisante qu autant que la chaleur du feu se rapproche de celle d'un feu de sciure de bois, ou du fumier de cheval, et quil enveloppe la préparation : car c'est par un feu de ce genre quon obtient b fixalion et la dureté, c'est-à-dire la vie. Il en est de même des deux feux, employés pour Tépuration et l'élévation de l'emi. Connaissez-bien les effets du feu<
Au sujet du poids, il a dit: « Prenez du cuivre pur, en telle quantité que vous voudrez et de fargent pur, dans la proportion du quart de ce corps; puis faites fondie ensemble. Prenez, a-t-il dit, du plomb allié; mettez-le dans un vase et sun cillez au moment de la fusion, pour éviter que les deux
*' Cof/» des Aie*', fjrec$, Irad. , p. 6i. Cette pratique v est allrilbuà? à Osluti^.
«/i. TRAITES D'ALCHIMIE ARABE.
matières ne se sépîirent, attendu que Tune d'elles est fugace. Si la séparation se produisait, l'opération jserait mancjuée. Faites ensuite chauffera un feu doux et veillez c^ ce que la teinture pénètre , jusqu'à ce que vous ayez obtenu un produit de couleur unique; alors le noir arrivera à la surface. Plus vous ferez durer la cuisson, plus le produit s'épaissira. Gardez-vous de vous impatienter, avant le moment où le corps sera dépouillé de son humidité et où le mercure sera changé en une pierre lamelleuse. Quand vous le verrez dans cet état , c'est qu'il aura jeté son sperme cl qu'il aura fécondé. Alors la formation (du métal) sera complète; vous le pilerez et vous en ferez sortir le noir par la cuisson, laquelle a introduit précédemment ce noir. Lorsque la cuisson est achevée, arrosez avec de l'eau, qui devra être chauffée avec le produit et se combiner avec lui , de telle façon que la totalité forme ensuite une poudre. Sachez que si vous le voyez arrosé, puis desséché , c'est que vous aurez achevé ce qu'ils ont dit. Kn effet, cette cuisson fait sortir et apparaître les couleurs. »
Un autre auteur a dit : « Lorsque l'opération est achevée , diminuez la chaleur, au moment d'ajouter le liquide; modérez le feu au moment de ?a fusion, et activez-le au moment de l'imbibition, pour que toutes les couleurs apparaissent. »
Pythagore a dit : « Si vous trouvez quelque chose (adhérent) au couvercle du vase, c'est un produit couleur kermès; faites cuire jusqu'à ce qu'il ne monte plus rien au couvercle de la chaudière. Quand la calcination est complète, l'eau s'est évaporée. »
ZosiuHî a dit : « Plus vous arrosez et plus vous faites chauffer, mieux cela vaut. Faites cuire jusqu'à ce que la couleur vous plaise. Veillez à arroser jusqu'à la dessiccation. Toutes les fois que la dessiccation a lieu, arrosez et mouillez, de telle sorte que l'eau pénètre le produit. Je vous ordonne, ajoute-t-il, de prendre le fer, d'en faire des lames, puis de le mélanger avec la rouille; vous mettrez le tout dans un vase dont vous fermerez l'orifice. Prenez soin de ne pas donner trop d'humidité, ni de laisser le produit sec; faites un mélange de consistance pâteuse. Sachez que si vous donnez trop d'eau à la pâte, elle se ramollira dans le four; mais si vous la laissez sécher, elle ne formera pas dans le fom' une masse compacte et adhérente : le produit ne vaudra rien et n'aura aucun effet. Je vous ordonne de suivn; les règles adoptées pour la pâte (du pain). Ensuite vous la mettrez dans un vase; vous luterez intérieurement et extérieurement lorifice du vase. V'ous
TRADUCTION. 85
allumerez votre charbon et lorsque , quelques jours après , vous ouvrirez , vous trouverez les lames fondues , et sur le couvercle du vase il y aura une certaine chose , (jui ressemblera à de petites paillettes. Cela se produira , parce qut» tout vinaigre, au-dessous duquel on allume du feu, s élève : sa nature étant spirituelle, elle monte alors dans lair. C est pour cela que je vous ordonne de chauffer avec précaution. Je vous ordonne de ne pas trop prolonger la cuisson, ni le lavage, et de vous arrêter au moment où le feu a produit la fixation et la couleur, en transformant la nature du produit. Cette cuisson et cette fusion (développent) la nature du cinabi'c. Sachez encore que ces nombreuses cuissons font évaporer un tiers du poids dVau et transforment la semence en une vapeur, qui constitue Tesprit du second cinabre. »
Sachez que rien n*est plus précic^ux , ni plus capable de teindre que fécume de mer. Quant à la sélénite, elle se concrète lorsque la lune est rendue brillante par la lumière des rayons du soleil, durant une nuit froide; elle est ainsi produite par la puissance du soleil. C'est alors que cette vapeur modifiée se concrè te ^^^ Lorsque les jours deviennent plus longs, la chaleur du soleil s'accroît et sa chaleur, qui produit cette matière, la rend solide, au point de la rendre capable de supporter la lutte contre le feu ten^estn». Cette chaleur transforme sa faiblesse en force.
Quant au nombre de jours ^'^^ les uns disent qu'il en faut 4o, d'autres, 80, 180, 100, i5o; mais l'opinion générale est qu'il faut neuf mois. Certains auteurs prétendent que l'œuvre ne peut s'accomplir en moins dune année et que l'élixir est engendré tous les ans.
Zosime a dit : «Si tu veux faire cuire le composé, prépare un flacon de vfcrre avec son couvercle; place ensuite le produit dans ce flacon et lute bien, de façon que les matières humides ne se séparent point des matières sèches; puis mélange et fais cuire l'humide et le sec, jusquVi ce que les matières sèches attirent l'esprit de l'eau humide et que l'eau humide s\»mpan» des matières sèches, pour en former un esprit. Ne cesse pas de mélanger l'hmnide au sec et de faire cuire, jusqu'à ce que cela devienne un esprit tinctorial. »
Tel est le secret que les philosophes ont dissinmlé dans leurs ouvrages et qu'ils .ont caché. Je t'ai donné au complet les noms essentiels, sous un seu
^*) ColL des Àlch, grecs, trad., p. i3i, et n' 9, p. 1 3 3-1 33. Transmission de la science antitfue jp.'8o, noie 5. — ^*J Co!L des Alch. grecs, Irad., p. i35 iA5, 198, etc.
nom et par un seul procédé. J'ai réuni tout ce que les philosophes ont réparti dans de nombreuses opérations. Conforme-toi à ce que je t'ordonne et, si tu m obéis , tu arriveras au sommet du monde. Sache que ce monde sur lequel les philosophes ont tant disserté n'a qu un nom et qu'il est formé par un seul procédé. Par Dieu! ce que nous t'avons décrit est la vérité; laisse de côté les opérations indiquées par le livre. Fais ce que nous t'avons ordonné et Dieu ne te fera pas subir l'épreuve de voir brûler ton produit, ou de le voir détruit.
Si vous pratiquez l'opération mille fois, mais sans faire fondre, vous n'aurez jamais rien de pur. Aussi je vous ordonne de faire fondre, jusqu'à ce que vous obteniez une eau fluide , que vous placerez ensuite dans un vase neuf, jusqu'à ce qu elle se transforme en sable. C'est pour cela que je ne vous ordonne pas de pousser jusqu'à l'extrême la purification , mais de placer le produit dans le fleuve et au soleil. Si vous ne vous en rendez pas compte, voyez comment les gens du Caire blanchissent le lin à l'aide du soleil et de la rosée, c'est-à-dire de l'eau.
Elle (Marie) dit : « Le composé que le philosophe indique à la fin de son livre comme formé d'eau, il n'en donne pas le poids. — C'est vrai, répondit-il, mais il dit : Mettez-y de l'eau, de façon qu'elle soit absorbée, et faites ensuite cuire la lame de cuivre , jusqu'à ce que sa couleur vous satisfasse. On voit que l'eau n'est pas pesée; mais plus on arrose le composé, plus il s'améliore et plus sa teinture est belle. » Et il ajouta : « . . . Celui qui veut pratiquer l'œuvre doit agir lentement, jusqu'à ce qu'il sache la façon d'opérer. — Et quelle est la façon d'opérer.*^ demanda-t-elle. — Ce sont, répondit -il, les règles du mélange pour obtenir une terre que Ton arrose ensuite, jusqu'à ce qu'il ne reste plus une goutte de feau éternelle qui n'ait pénéti'é dans le composé. Agissez ainsi et ne vous rebutez pas. M
Zosime a dit : « Prenez de l'eau de fer, — et par ce mot /er, il ne faut pas entendre le sens que lui donne le vulgaire, mais bien le corps lubrifié et traité de façon à en faire une bouillie épaisse. C'est quand le produit est ainsi humecté que l'on possède le fer que je vous ai dit de prendre , car c'est une chose dure qui se transforme ensuite en un liquide. Ne le faites pas cuire seul , car vous feriez périr son esprit tinctorial par l'action du feu. En eflet , ce produit n'a pas ce qui est nécessaire pour lui donner la force de résister à la chaleur du feu. » Ensuite, après de longs développements, il ajoute:
TRADlICTtON.
■ Nous vous avons infonne cfue si le corps était pliice seul sur le feu , lo teintuie sf»raîl d/îtruite; mais s'il est mélangé avec ce qui convient et ce qui lui donne la force (!*» résister au feu, vous en retirerez tout le fruit. En efîet» il résulte d*un grand nombre de témoignages que k fusion doit avoir lieu sur un feu de fumier et que la fixation du mercure avec le corps de lu magnésie ^^' a lieu sur un feu de cendres chaudes. Il faut é\Tter de laisser brûler et ne cesser de mettre de leau, jusqu'à ce qu il ne reste plus d'hunudité dans le corps soumis à un feu moyen* Après cela, il ne faut plus laisser au feu le corps privé d'humidité; sinon te feu en brûlerait la couleur, m
Hermès a dit : « Il convient de ne liiettre dans le vase que ces deux natures. Au début de lopération, \ous les traitez par le cinabre^ jusqu'A ce que rhumidité sédimentcuse ait dispani du corps et qu'il se soit transformé en une seule pierre ; (fagent tinctorial) y pénètre alors d*une façon surprenante. Prenez, ajoute-t-il, ce mercure, avec les matières mélangées; placez-le dans un vase, au-dessous duquel vous allumerez un feu tloux, pour que les diverses parties se combinent* Lorsque vous verrejs les lames (mélallitpies) transformées en cendres ^^^ vous saurez tpie vous avez fait un excellent mélange et une bonne combinaison.
« Si vous voulez savoir si votre opération est bien diriger et que vous voyiez le corps se fondre et devenir liquide, opérer et ne vous rebutez pas; car votre opération sera en bonne voie,
• Pour l'œuvre de ror, dit-il encore, il faut que le mei*cure provienne du cinabre. Je dois vous informer que par le mercure qui provient du cinabre il faut entendre le mercure qui sort de ce corps. Ce mercm^e a été nommé mercure de eifuibrc; mais moi je le nonnnc soufre. Ne crovez pas qu'il monte, comme ce qui s elcve de fatambic.
«Je votis enseigne que le liquide se volatilise sous faction de la clialem du feu et s*éléve jusquau couvercle du vase. Kegartlez ce qui s élève ainsi, rassemblez'le et remettez-le sur les corps d'où il sest échappé aupanivant et avec lesquels ri était intimement Hé'^*. Si vous tjouvez qut^lque chose qui s échappe, dit il, remettez-le sur le coi-ps doù il sest échappé. C'est là le blanchiment dont je vous ai parlé si souvent et qui fait sortir fombre et la noirceur des corps, de façon à les rendre blancs, i
Il dit : «Prenez la pierre quand vous la connaissez; cbauRe^-la douce-
"» ColL des AH, grecs And., f. 40. — t'^ Shhi. irml, p. 107, n*A8; p. 99, n* 37, cl p. ti5, — î'» IhiiL, IraJ,, p. 130, n** a. A, et note 3.
ment, de telle sorte que le liquide y soit emprisonné; vous lui rendrez sa constitution primitive liquide au moyen du vinaigre. »
Le roi Ares (Horus) a dit : « Je t'ordonne dy remettre de Teau, de façon à en faire une bouillie , après que la chose aura été transformée en cendres sèches. Fais cuire ensuite et quand ce sera devenu bouillie, alors fais monter plusieurs fois, au moyen de ralambic(?). — Combien de fois, demanda-t-il, dois-je remettre de leau sur les cendres? — Quatre fois, répondit-il , afin que cette eau vivifie Tesprit qui est dans les cendres. » Il ajouta : «Fais-la cuire tout d abord, sans forcer le feu, et ensuite en le forçant. 11 convient de faire cuire, jusqu'à ce que ie mélange se produise, que la substance soit homogène et qu'on ait extrait la partie humide de lesprit qui est contenu dans ces cendres. Sachez que toutes les fois que les cendres sont concentrées avec leau sur le feu, cela permet d activer la formation de la rouille, (qui dérive) des cendres. Chaque fois que vous remettez de feau sur le résidu, la teinture devient plus énergique et le résidu se vaporise. Remettez donc de leau sept fois, afin que Thumidité s'empare des parties ténues des corps qui se trouvent dans les cendres, à l'état sec et mort, bien qu'en réalité elles « renferment l'âme ».
Elle (Marie) a dit : « Le philosophe vous dit : Pourquoi prendre des choses nombreuses, alors que la nature est une assurément. Je vais vous enseigner que le corps est unique et que si vous traitez ce corps jusqu'à ce qu'il soit liquéfié , puis que vous le fassiez solidifier, vous n'arriverez à rien et que cela
ne vous sera d'aucune utilité Ne voyez-vous pas que le philosophe a
dit : Transformez la nature et extrayez l'esprit caché dans l'intérieur de ce corps ^^l ■
Elle demanda : « Comment a lieu cette transformation? — Détruisez le corps, répondit-il, transformez-le en un liquide et extrayez ce qu'il contient. »
Après de nombreux discours, elle ajoute : « Comment, au début, l'appellet-on eau blanche, tandis qu'ici on lui donne le nom de soufre incombustible? — N'avez-vous pas entendu dire auparavant, répondit-il, que le mercure blanc blanchit toute chose et la dissout, et cela au début de l'opération. Quand le corps a été fixé, il transforme les deux corps en une terre rouge volatile. Or le feu n'a pas de corps. C'est alors qu'on nomme le produit le soufre incombustible. En e(Tet, il est combiné avec un corps qui ne
'*) CoU, des Àlch. grtcs, Irad., Synésius, p. 6à , n" 6.
TRADUCTION
brûle pas. Mais plus tartl on ignore ce qui eîi a éliminé la force et Ta anéantie. »
Le roi Anîs (llorus) a dit : <» \ a-t-il «n seul des pliilosophes ([ui ait dit une chose vraie, sous une forme claire? — Non, répoiidiML ear Démoerile s'est servi dexprf'ssions abrégées et ol>srures, en disant : Prenez, une pailie du composé que je vous ai décrit à la fin de mon livj'e et une partie de ferment d'or, (pii est la Heur d or; faites cuire sur un feu de fumier et nieltez dedans dt*s feuilles «rargent(?). — Je ne vois pas, dit-il, qu'il ait parlé dans tout cela des poids, sauf pour le dernier composé et le fi:*rnient dor. Quant a feau» il n'en a pas iixé le poids» se contentant de dire qu'il en fallait autant qu il ) en aurait d'absorbé. Il a ajouté : Faites chaufler une feuille d'argent , justpi'à ce qu'elle ait la couleur voulue. Cela démontre quil n'y a pas h peser feau, mais cpi'il faut en arroser le composé tant qu'il Fabsorbc; car plus il en absorbe, plus la couleur est belle. — -Conunentse faif-il tpie vous m'ordonniez d'arroser deau et que vous prétendiez quelle ne doit pas être pesée? Or feau est un composé formé dés le début de l'opération et vous mavex dit précédemment que celui qui coimaissait la coniposition arrivait seul au résultat; vous m avez donc rendu douteuses le^ clefs de la vérité. »
Marie répondit : « Prenez de la fleur de sel sèche» cpii a été dessécbée au soleil; mêlez avec du sel et faites cuire jusqu'à ce que le produit soit rou^îe. Ajoutez-y la quantité que vous savez de poison pour en déterminer fabsorption; fermez l'orifice du vase, arrosez fiéquennuent et vous aurez de for. Exposez au soleil jusqu'à ce que l'absorption soit complète et c[u'il y ait dessiccation, puis arrosez au juger, suivant la nature du produit, sans exagération, et laissez au soleil, jusqu'à et* que la matière se délite et devienne semblable à des cendres. Chaque fuis que la fusion a été opérée, faites déliter au soleil jusqu'à dessiccation ; puis ari'osez, de façon à humecter la terre; placez dans un vase que vous fermerez bien , et faites cuire jusqu'à ce cpie rhumidité soit évaporée. Mettez dans un endroit chaud, pour obtenir la dessiccation, et vous aurez alors la grande teïntur(\ Tant que vous arrosez ces cendres, vous avez tantôt une dessiccation, lantèt une humectalion, et cela jusqu'au moment où vous obtenez la couleur cherchée. »•
Hermès a dit : « Quatid les matières ont été fondues et transformées vn un liquide, elles sont alors bien mélangées; quand elles sont devenues des cendres » alors servez-vous-en et ne vous rcbutt'z pas, car vous étrs dans la bonnp voie, »
ALCHIMIE. — III, 1* partie.
Pi
TEAITES irAI.CHIMIE ARABE.
Zosîme a dli : « Il convient que vous brûliez le niiviv avec une chîiieur pareille à celle de Toiseau qui couve. 1^ cuivre doit avoir son lumiiJilé, pour epie son esprit tinctorial ne soil pas brûlé. Le vase doit ^^fre liorin/'Uquement clos de tous les cotés, a(in que la chaleur du feu se coticenlre dans le vase et que le produit se modifie lentement par la cuisson. Cliaque fois qu'uiu* partie est brûlée, elle demeure carlu^e dans rimniidite. Cest pourquoi Marie il dit : Faites que les corps ne soient plus des corps^^^ car chaque corps se dissout avec l'esprit, et IVau blanche se transforme en esprit/ront esprit qui se li-anslonue et sassimile aux corps prend la couleur d'or et devient un«* teinture fixe, qui ne brûle pas. Ceux d'entre vous qui pouriont rentre rou^e t-et esprit, a laide tl'un corps avec IcHiuel il sera dissolus; ceux qui réussiront à extraire la nature précieuse qu*il contient intérieurement, au moyen d\ine opération délicate; ceux qui auront la patience nécessaire pour sa cuisson, ceux-là pourront teindre tous les corps.» Aussi Zosime a-t-il dit : «Le cuivre humecté avec sa propre huniîdilé, puis broyé avec son eau et cuit avec le composé, c'est-à-tlirc avec le soui're, Iburnira des molécules capables de teindre tous les coq>s. »•
Zosime a dit r « Ce n est pas en vain que je vous ordonne de mélanger et de broyer, mais bien pour que vous fassiez de nouveau cuire le corps, de telte sorle que le rouge du l'eu pénètre dans Tinténeur de ce corps, le décompose et Tanéan tisse, afin qu'on puisse en extraire resprit qui y est contenu, après avoii^ hrùl<* et di*lruit les parties gï^ossières. C'est puur cela (|ue les matières diminuent, puiscjue nous nen prenons que la naturi' susceplibh' de teindre. It est des gens qui s effrayent de voir les coips et les esprits nt' plus brûler et ne plus péj'ir; mais cela na lieu qu autant (jue Fesprit ti pénétré dans Fintérieui" du corps, après cpie Ton a fait les opéiations nécessaires. Sachez qu'il ne reste dans le l'eu rien du cuivre et que son corps prend les parties ténues des choses et les absorbe. Aucune autre chose ne conserve son poids, si ce n'est b* cuivre* Sachez que le piÎTicipe dv Téli^ir est humide. »
Zosime a dit : «Sachez que l'œu\re na quune seule voi(v, qui renferme deux opérations. En effet, il faut d abord dissoudre le compose, qui est une chose quelconque, jusqifà ce qu'il soit fluide; puis il faut faire évaporer cette dissolution , jusquà ce quelle devienne rouge, soit à la chaleur du solei!, soit
Coti de.% 1/c/i, fpcSf Ifad.. p. 21, 101 ; axiome *lc Marie, etc.
TRADLCTION.
fl
il celle (run ft'ii tlou\; de tetie sorte ([ue riîumidîtf* clc Feiui /'ternclie soit chassée : ce cfue IVvpeTience vous enseignera, (connaissez le feu et lu iiuiniere de s'en senii', pour que l'œuvre se fasse dans de bonnes eondiliuns. Sachez que si vous activez le feu sur des natures chaudes et ignées, vous les hriUez; aussi ie philosoplie a-t il dit qu*une petife quantité de soufre lu ûle une grande quantité de corps *^i. Et il prétend que par grande quantité, il faut entendre (ce qui rend) les corps durs (?}. Sache/ aussi qifen multipliant le broyage, la cuisson et les ad<lîlions d'eau, \ous donnez au poison la force tle p/'in^J'er ilans I intérieur du corps. Quand ie poison s'est desséché, il convient de farroser avec l'humidité de leau éternelle, puis de faire dessécher tni activant le feu. C'est ainsi que vous achèverez fœuvre que je viens de vous décrins sll plaît ii Dieu* »
Elle dit : « Décrivez-nioi fœuf^'^^ qui a dix mille noms suivant sa nuance, Llntérieur est rouge, humide et appartint. Sur le blanc, il y a un autre blanc et fnn des deux blancs est plus énergique que fautjT; moi j'Iuunecte touU' chose dans le blanc. — Humeclex, répondit-il, le sec et Thumide. CVst pour c<?la que Ton ordonne de l'égorger avc^r un glaive de feu^^*. \ous devez larroser de \ inaigre pur. Puis fàme et le corps se séparent sous finfluence lie cuissons fréquentes, lame formanl du sel et le corps devenant rouge comme le feu. Après cela, si vous voulez achever fœuvj'c, mélangez le corps avec lame et faites cuire durant quatre-vingts joui's, afin que l«î coq>s achève de se teindre avec fâme et devienne rouge pourpre. Tel est le mystère des philosophes^*^ qui disent : De un on fait deux; de deux on fait trois; de trois on fait quatre. J'ajouterai que si \ous transformez la terre en air et I air en feu, vous aurez atteint le terme extrémt*- ♦>
(• Je ïi ai pas compris ces derniers mots et je ne sais comment séparer fîlme du corps et l'àme de l'œuf de son corps. — Quant à IVruf des philosophes, je lai enseigné qu'on ne pouvait en obtenir une teinture, à moins de lavoir fait cuire dans un peu de vapeur et à fondire, durant (piatrevingts jours, pour éliminer les parties grossières. Après cela la terre devieiit defeau, feau se transforme en air et fair en feu; puis tout $♦■ réunit, pour former une seule chose homogène, renfermant ses esprits, dont un seul est apparent.
'** Coll. det Aiek, ^rêcs, traxl. . p. 5l.
•►•J ihid.t Irad. , p, 19 et ao.
'•î Svmbcilbmc du 'lerptinl, ibid ^ p* ^5; f*
Vîiion de Zosimè, Sur ia vertu, etc., p. 11 8, t*) CùU, ths A*chuR. ^reci, irad. , p. 31 et
TRAITES D Aî.rJUMIE ARABE.
« Sachejt que la terre ne dispaj-aît jamais el ne devient pas volaille; mais lorstpiVlle est transformée eo un Ikpiide et que ses parties grossières en ont i^té séparées, leau en fait sortir Tesprit» et la terre rabsorbe. Aussi je vous engage à vous défier de la fa<;acitè. — Alors ces choses doivent être fugaces?
— Oui. C'est pour cela que les philosophes ont choisi tes choses fugaces, d(^ préférence h celles qui ne le sont pas. — Ces choses fugaces ne sont-elles pas connues sons un nom spécial? — On les appelle le serpent qui mange sa queue "^ En elïet, IVruf est divisé en quatre parties ^-^ lorsqu'elles sont mélangées, elles forment une chose unique, comme ti^s choses compléles, fonuées des quatre natures du monde. — Et comment mange-t-il sa queue?
— Parce qu'il fait pénétrer en lui son poison, qui est semblal)le à lui, et cpril le mange; il le tonsforme en eau et ce cpje le serpent a mangé devient un corps.
« Sachez, lui dit-il, que le sang des menstrues nest puriliahle que s'il est lavé par le sperme de rbonmie. L'utérus de la femme recherche le sperme de rhomnie; cur le spcnue c[ui tombe dans Tutérus modifie le sang des règles et li' trcinslbrme en une mousse blanche. Cest de cette mousse que provient la chair de fenfant à naître. Le sang des régies est heureux de recevoir le spernu*, nniquement parce que celui-ci auparavant était du saiig. Le sang rencontrant le Siuig, ils aspirent Tun î^ laulre et se mélangerïl. Lk nif^me que nous sa%ons la cause du mélange du sperme au sang, de même nous savons cpie nous devons prendre ces natures, les unir entre elles, afin dVn extraire la teinture. Si vous voulez mêler du sperme au saîig, faites Topératicjn h fintérieur d'une éluve, afin que rétuve fournisse sa ehalt^ur et son hunndilé; le sang changera aussitôt de couleur et deviendra blanc. Mais s'il n'y avait ni liumidilé ni chaleur, le sang ne s'amollirait pas^ il ne cliangeniit pas de coideur, i! ne deviendrait pas humide et ne se liquéfierait pas. Quant au spernit\ il périrait sans consener la moinch*e force. »
« H faut (pie vous connaissiez la force de feau élernelle, dont la valeur nest pas uniforme pour les mélanges, dans chaque opération; car sa force est celle du sang spirituel . Quand vous la broyez avec le corps dont je vous ai parlé, elle transforme ce corps en esprit, en se mélangeant à lui, et les deux choses n'en forment plus qu'une. Le corps transforme lesprit en corps et le corps se transforme en esprit. Le corps qui a donné naissance à fespiit devient
t J Cq*L des AIch, fjêecj, p. "iS* el Olympiodore, p- 87. — '*^ Ibid. , Inifl. . p. 21.
TRADUCTION
«ipirituel et prend la couleur du sang. Tout être doué d*une âme a du sang. Retenez ceci et que Dieu ^ou» protège. »
n PûHez-moî, (liHJIf, du coniniencenient de cette opérahoM. — Au dêbul, répondit-il , il } ft un rainollisseuH^iit de Targenl, qui se modifie, se litfuélie ei m noircit. L'argent du vulgaire, c'est-à-dire celui de la niasse des philosophes, prenez'le grillé, trié et passé au tamis; mélanget-le avec du sel. . . au juger; broyez avec du vinaigi^e pur, jusqu'à consistance de miel; puis faites-y fondre notre argent, dont la couleur changera, et continuez jusqu'à ce quil de\ienne noir.» Il ajouta ensuite beaucoup de paroles qui ne seraient point ici à leur place et finit en disiint : « La noirceur est obligatoire dans la dissolution, Démocrite a dit : Si on unit celui qui poursuit avec le fugitif, il en résulte une couleur qui ne change jamais. »
Saches que feau lacilîte le broyage de la rouille; prenez donc le reste de. ieau et arrosez-en la rouille au juger, et quand le produit aura été cuit, arrosé, puis desséché ensuite, vous verrez que la rouille est transformée en safran. Placez alors celui-ci dans un vase et broyez-le avec de Teau éternelle : sachez qu<* plus vous IWroserez et le ferez griller, mieux cela vaudra. Faites cuire jusqu'à ce tpie la couleui' vous convienne et gardez- vous de laisser dessécher sans arroser. Cliaque fois qtie le produit sera sec, aiTOsez-Ie, de façon que votre eau pénètre; puis laissez eu repos dunint quarante jours et vous aurez un poison parfait, qui sera la teinture spirituelle sans corps (compact), mais avec un corps spongieux, apte h se répandre dans les autres corps. Projetée sur eux» elle s y mêle aussi intimement que feau h l'eau. Prenez gai'de de ne pas vous laisser entraîner à briMer ce que vous avez entre vos mains, car vous vous en repentiriez. Ayez de la patience et gaj'dez-vous de \ous rebuter. Sachez que plus vous agissez avec lenteur et plus vous faites cuire avec soin, plus vous rendez intime la combinaison de félixir et plus il est résistant et propre aux opérations de l'œtivre* îSe soyez pas inq>atient et méfiez- vous du feu. Qull soit moyen : ni trop chaud, car il détruirail la fleur sans produire delfet; ni trop froid, cai' félixir ne serait pas à point. Or» tant que félixir n'est pas à point, sa couleur ne se manifeste pas et il est sans force pour la teinture. Que votre feu soit donc moyen. Sachez que si vous avez de la clairvoyance, la nature vous indicpiera quelle doit être fintensité du feu. Le feu moyen, approprié à tout degré et à toute lumière, teindra de façon h arriver au but que vous poursuivez, s*il plaît à Dieu.
TRAITES D'ALCHIMIK ARABE.
Saches^ que loute naliire chaude ne doit être cuite qu'à un feu doux; car si vous avivkv, k feu pour une nature chaude et ignée, vous la brûleriez. Aussi le philosophe a-til dit : Que le feu soit faible, car le soufre brûle une grande tjuuiitilé de choses. Sache/ que notre plomb ujclé avec ses parties foruie uu sédiment brun» que nous appelons pyrite (P) et molybdochalque. Il convient alors d'y mêler du mercure pour obtenir une pâte, que ton place ensuite diuis un vase et qu on fait cube. C est pour cela que le philosophe a dit : Faites-le cuire avec de feau de soufre et de feau pure. Or ceUe eau est prompte à se volatiliser el elle est surtout fugace , au moment du mélange, au moment de la cuisson, au moment du hlancbiment et à celui du passage à la couleur rouge ; cette fugacitf devient plus intense quand leau a été mélangée à ses parties. Alors elle se combine et s unit aux parties voi* sines pour former un tout unique, qu'elle absorbe en elle. Quand on fait cuire, faction se conqilête, la teinture se dégage et elle se volât ihse. Pour moi, je dis qu'il n'y a pas volatilisation totale, mais que feau demeui'c lixée i^t teint ensuite; attendu t[ue Marie a dit que partout où elle pénètre, elle teint. S'il faut absolument adniettie avec les philosophes quelle se volatilise, \v dijai que ce qui se volatilise i'tait seulement à la surface et que les parties tenues «le fe^pril denieurenl avec la teinture, mélangées à la partie profontle avec lac|ueile elle est combinée. Ainsi elle la nomme liarrseiki, c'est-à-dire la portion la plus fine de la teinture, parce ([uVlle est fixe et (fuVlle ne se \olatilise pas; elle la nomme alors aussi ronille. Il faut ensuite >erser sut^ la matière le reste du poison, puis nccompliï* fopénition juscpi'au bout. Alors on projette la teinture sur rargent du vulgaire , c'est-à-dire de la masse des philosophes, et cet argent €*st teint.
Sachez *]u aucun corps ne peut être leinl pai^ un autre corps que par lui-même : cest lui st'ul qui donne une teinture ([ui nest pas fugace. On y met ensuite le reste du poison, pour foiliber la teinture; il se produit une modification analogue à celle des alinrents dans festomac, et il sort de ces parties ténues un lait sulitiL Mais cela n'a lieu que si le composé a été bien équilibré,
a Broyez, dit-il à Marie, la magnésie avec du natron et du vinaigre; faites cuire just|ua dessiccation et broyez a%ec le reste du poison, de façon à bien mélanger le tout; puis broyez et faites cuire. Sachez que si la dessiccation ne s'opère pas complètement, cest qu*il n'y a pas eu mélange. Sachex que ce quon fait chaullér avec la rouille est la dernière chose à mélanger; il s agit
TRADUCTION
des fiels, des blancs d œufs vi autres subsfiincos anaiof^ues. Maintenant il cotiwnt dajoater ces mots : los corps qui n^sistent au feu produisent un rlTet luervoilleux tfuand on op^re sur eux sans feu. «
l'ar ces mots : « Ce qui préserve les corps et qui les enip^clie d*' fondre », il ne faut pas entendre la simple action de fondre : cela veut dire cpiVm doit ajouter aux corps fu^^aces des corps non fugaces tels que li' corps sporit/ieux et le harrsefla. En eQet, les corps doivent être teints : ce qui teirrt les corps, cesl feau éternetle , le grand secret, et c*est elle qui Hiit sortir les couleurs.
Dêmocrite a dit : « Que erlui qui blanchit le cuivre, le rouille et qu il fasse i'nsuite «lisparaîlre les traces de rouille. Quant au soufre incomlïustible, c'est quand il est transforme en cendres qu il devient du soufre qui ne brille plus. »
Agalhodéinon dit à ce sujet : «Après la rouille du cuivre, quaîid le broyage et le noircissement sont achevés cA au inomcvtU où on va I extraire et le blanchir, il a une couleur rouge vif. «
Sachez que le composé ne brûle et ne se dessèche cpie par faction des tdfîurnts humides, \ussi les philosophes ordonnentils de dessécher et d'humecter, juscpi au moment où on a obtenu des cendres qui ne brûlent point et où lu tnalière est trinisforniéi* (^n une poudre inqïalpable et sans es[>nt. Aussi Agathodémon dit-iL au sujet du traitement de larsenic qui a perdu son esprit : « Ne croyez pas qu'il soit vivant. » C'est de ce composé qu'il parle loi*squ'il dit : *< 11 s vu ira de lui, cVst-iVdire cpje fàme qui est dans lesprit tinctorial sei-a chassée." Mais il s'agit de la force, de f humidité et de la douceur contenues dans le corps, lesquelles disparaissent lorscpie se forment les cendres incondiustibles. (]t*s cendres, par suite de leur nature tinctoiiali*, paraissent donner la \ie au corps dans lecpiel elles pénétrent. Cest pour cela quHermès a dit : « Lavex sept fois avec de Thuile de rose la chaux qui na pas été éteinte, car la chaux lavée sept fois avec de f huile de rose s'unit uux corps secs et brûlés, »
Sachez qu(^ le composé, brûlé luie première fois, doit être remis sept fois dans le feu. Cette opération a pour oljjti d achever Ut grillage, qui tioit l*transformer en cendres inertes et faire pénéti'er les parties ti'^nues du litpiidr dans rintérieur des parties ténues des cendres* Je viens de vous faire connaître ce qu Hermès n dit de la tdiaux ''\ dont l<'s noms sont nombreux;
t*' Sur iâ cham des Ancien'*, voir CotL des Àirt}. ^recs ^ trud.» p. 168.
mais il convient que je vons dise aussi toute ma pensée au sujet de la chaux qui ronslitue Irs cendres. Les cendi'^s, après avoir été tuées, ont besoin du feu pour noircir les molécules et leur rendre une a nie et un esprit tinclorial » rav li's éléments humides sont des âmes. Quand vous entendez les philosophes parler des âmes et des esprits, ce q^uils veulent dire par là, ce sont les éléments liumides, c*êst-iVdire la vapeur sublimée pénétrant l'intérieur noirci, cai' cVst li\ ce qui teint les cendres, alors qu'elles sont mortes* Kl les fiont, en effet, devenues une rouille réduite en particules, et cest ceJle-ci qui transforme le ferment d'or en esprit.
Sachez que lorsque le composé est transformé en cendres brûlées, il n*a pas dame; c*est un corps en grande partie indifférent et cfui ne demeure pas fixé. C'est pour cela quHerinès a dit : « Quand vous verrez que les corps sont transformés en cendres ^'^ vous serez certains d avoir bien opéré le mélange. Ces cendres ont une force considérable. De même tpie le bois brillé et transformé en cendres ne peut plus être de nouveau brûlé par le feu; de même les corps conrposés» une fois brûlés, sont réduits en cendres que le feu iw peut plus brûler, et ces cendres deviennent une teinture qui teint les os, le verre, les peaux et autres choses semblables. Aussi, ajoute-til, il convient que \ous ne soyez pas eflrayé si vous voyez les corps se transformer en cendres; cVst ainsi qu'ils deviennent une teinture précieuse et d'une très grande force. Ils reçoivent par cette naissance nouvelle une vi*rdeur nouvelle, sendilalïle à celle de tous les êtres récemment créés, animaux, plantes et ai'hres. De même éj^aiement les corps linctoriaux signent d esprits, quand ils ont été brûlés ci un feu doux et cju^ils ont été transformés en cendres spirituelles. Cet esprit lire profit du feu et de fair, de même la tête de fanimal aspire l'esprit dans fair. Dans les deux cas , le feu et fair agissent de la même façon. "
Elle a dit fpj*il s'était exprimé ainsi : « Traitex-le au juger et faites dessécher, \ous trouverez le poison transformé en safran. « Elle a dit : « Et feau aérienne ^'^* et l'eim azurée (?) et feau de soufre, -i II a répondu : «Tout cela, c'est Feau éternelle, cesl-à-dire feau brillante. « Elle a dit : « Et le champ d'or, la semence d or et li* ferment d or. » Il a répondu i « Tout cela c'i^st feau de soufre. »
Aristote disait à Kouious, lils de Platon : k Recevez mes paroles; prenez
t* Voir CoH. drs ilch. grfcs , Irad., p. 107. — ^*^ IhtiL, trait., p. *Jo3,
TRADUCTION. 97
Tœuf, séparez-en lesprit, traitez-le avec leaudu fleuve, et la chaleur du soleil dans laludel ; puis partagez le produit en ses différentes parties. Quand vous aurez séparé lair de leau, leau du feu, le feu de la terre ^'\ prenez le cuivre, divisez-le et broyez-le avec Thumidité du produit; traitez ensuite jusqu'à ce qu'il devienne blanc. Quand le cuivre sera devenu blanc , traitez-le avec feau de soufre, jusqu'à ce qu'il devienne rouge. Quand le métal sera rouge, placez-le dans une chambre chaude, pour le transformer en or. Délayez dans l'eau de l'alambic, et quand l'eau sera montée, faites sécher et placez le produit sur l'argent, qui deviendra alors de l'or généreux. »
« Comment se fait-il qu'on ait dit qu'il fallait attendre que ce fût du soufre incombustible, après avoir dit que les soufres des choses, lorsqu'ils ont été cuits avec l'humidité, se transforment en cuivre non brûlé? — C'est que le sédiment, quand il est transformé en cendres, est appelé soufre, et le feu ne peut plus alors brûler ces cendres. »
« Pourquoi, dit-elle, a-t-on nommé le miel poison? — C'est, répondit-il, parce que cette eau mélangée aux corps en prend la nature, de même que l'eau prend le goût du miel quand on la mélange avec lui. »>
Je vais maintenant parler de l'œuf. Prenez le nouveau-né et gardez-vous de le mêler avec un autre ; mettez-le à part auparavant et extrayez l'humidité avec des vases à tubulures, en sorte que les vapeurs ne sortent point, et que le sédiment qui est au fond du récipient demeure complètement noir et n'ait plus d'âme du tout. Veillez sur ce qui reste au fond , c'est-à-dire sur les cendres ^^^ Placez-les sur un marbre et lavez avec de l'eau du fleuve blanc, de manière à expulser tout le noir du cuivre. Lavez avec l'eau du fleuve , à plusieurs reprises, jusqu'à ce que l'eau devienne comme de l'urine, ou de la rosée. Ne craignez pas de multiplier les lavages et ne vous rebutez pas, tant que vous n'aurez pas chassé les parties terreuses et que l'eau n'aura pas pris le noir qui est à l'intériem'. Vous enlèverez le liquide et vous décanterez; alors se montrera à vous la couleur généreuse.
Archélaûs a dit : « Mélangez notre cuivre avec du mercure et chauffez à feu doux , jusqu'à complète fusion ; gardez-vous de forcer le feu. »
Zosime a dit : < Prenez un vase de verre ; allumez au-dessous un feu doux. Quand il se sera formé un produit de couleur brun-pourpre, ne le divisez pas tout d'abord, sinon vous auriez un corps autre que celui que
^•> Cf. Comarius, Coll. des Alch. grecs, Irad., p. 286. — ^^ Coll. des AUh, grecs, Ipad., p. 11 3. ALCHIMIE. — III, 2* partie. i3
utrftiMCftiK i«riQ^4ii.
TRAITES D'ALCHIMIE AKABE.
vous désirez* Gardez- vous d agiter. Sachez que si vous le laissez jusqu'à ce quil ait perdu son âme, ce cpji se produira sera d'un beau blanc. Laissez donc en repos, jusqu'à ce que loul le vase soit rempli de vapeurs et alors divisez. Sachez que si vous n attendez pas que loul le vase soit brûlant, avant de coiiimencer à diviser, il restera quelque chose qui ne sera pas romplètement cuit. Mais si le vase tout entier est rempli de vapeurs, et que vous divisiez ensuite, vous obtiendrez ce que vous cherchez. Faites cela à plusieurs reprises.
Gregorius^** a dit : • Le cuivre, étant mélangé avec son eau et traité jusqu'à ce qu'il soit liquéfié, puis fixé, se transforme en une pierre brillante qui a les reflets du marbre. Trailez-Ia jus^^ju'à ce cpi'elle devienne rouge; car si on la fait cuire jusquà ce cfuVlle soit détruite et transformée en ten^e, elle devient rouge fauve , puis pourpre. Quand vous voyez que la destruction a eu lieu, que la transformation en terre est accomplie, et quil y a au-dessus cpielque chose do rouge, renouvelez lopération. Si vous avez opéré le mélange dans de bonnes proportions, la pénétration (du liquide) dans le corps se fera rapidement, k fusion sera prompte ainsi que la solidification, la destruction et la division, et la couleur rouge ne tai'dera pas à se manifester- Mais si le mélange n*est pas bien proporlioimé, il y aura du retard et de la déception. Que le feu soit doux pour la fusion; mais quand le produit sera transformé en terre, activez le feu et arrosez le produit, afin que Dieu (qu'il soit béni et exalté I) fasse apparaître les couleurs. Cest la force de le^u qui, en pénétrant dans ce corps, le transforme ensuite en poussière. »
Justinien^^^i dit : « Faites cuire le composé, jusqu a ce que la cuisson ait fait disparaître le noir; continuez la cuisson également jusquà la solidification. Celle-ci étant produite , il ne convient pas de faire fondre; mais divisez, comme vous le feriez pour de la gomme sèche. Sachez quil peut arriver qu une partie se solidifie, tandis que l'autre ne le fait point. Si vous voyez cela se produire ^ ne ralentissez pas la cuisson, tant que la sélénite naura pas été transformée en une terre couleur d'argile. Sachez que ces deux choses, étant placées sur le feu, fondront et deviendront liquides; si vous prolongez la cuisson à laide du feu pendant un long temps, la solidification se fem et vous obliendrez une pierre. Après cela vous mettrez cette pierre au milieu du fleuve
'^ Co nom ne se rclrouvc pas chci les alchimisles gif es. C'est cependant un nom de l'époque liVKautttie.
f*î San» doiile Juslimen U. [Voir CoîL dn Àlch. tfrecs, Irad» , p» 3G8 , et Introd. à ta Chimie des ancicnt , p, 176, a j i , 2 1 5, )
TRADUCTION
Après lavoir mise dans feau du fleuve, vous ferez cuire» jusqua ce que Teau prenne une couleur noire et que le tout ne forme plus qu une seule masse. »
Platon a dit : « Prenez la harrsefla , mélangez-Ia avec beaucoup d'armoise (?), car il y a de raffinîté enlî'c ces deux substances; laissez cuire longtemps, jusqu'à solidilîcation et transformation en pierre; divisez ensuite, de façon à former des granules. Continuez à arroser et à faire cuire, jusqu'à ce que vous ayez réduit la matière à Tétat de sable, que vous faites sécher comme on sèche I argile à poterie : vous aurez ainsi les deux corps confondus en un seuL Plus vous grillerez, plus vous aurez un produit parfait et une teinture forte; car à chaque arrosage et à chaque grillage, le produit devient meilleur et plus durable. Sachez que vous n aurez rien de durable, tant que vous n'aurez pas (ait fondre, eussiez-vous opéré mille fois. Aussi je vous ordonne de trier le saHe avec le plus grand soin. Je vous ordonne aussi de lexposer à fa chaleur et au soleiL Si vous ne saisissez pas ce que je vous dis, voyez comment les gens du Caire blanchissent le lin au soleil et h la rosée, qui est de Teau^'^ »
Aros (ou Ares) a dit : « Les soufres des corps, quand ils sont cuits avec Thumtdité, sont transformés en soufre incombustible. Cela veut dire que le sédiment transformé en cendres est appelé soufre, et que le leu ne peut plus bnller ces cendres. «
■ Eclairez-moi, dit-elle, sur les doutes et déceptions relatifs à lœmTe, qui ne cessent de se présenter à mon esprit, quand je vois les divergences des philosophes sur les noms, les opérations, les combinaisons et les poids. — Les philosophes, répondit-il, n'ont pas jugé utile de parler ouvertement de tout cela; cest de propos délibéré quils ont varié ainsi entre eux. Ils ont voulu rendre les choses obscures pour rhomine intelligent, afin que les dénions hésitassent à en concevoir de la jalousie ^^^; car ils auraient sans doute tenté ceux qui se seraient dislingués dans cette œuvre. Dieu , dans sa clémence . a voulu qu'ils pussent supposer que cela n existait point en réalité. Peut-être les démons auraient-ils essayé, en lui faisant entrevoir de grosses dépenses et le danger d'être ruiné, comme d autres l'avaient été avant lui, de détour- JXQV rhommc de la recherche de cotle faveur divine et généreuse; car elle doit conduire ceux qui en sont l'objet aux délices de la vie futuj*c : fœuvre est une grande marque de la fiiveur que Dieu fait à ses adorateurs. Je vous engage donc à vous appuyer sur mes recommandations : ne vous rebutez pas
i*' Voir plus liaul, p. 86. — ï** CotL de§ Alch. yrecâ^ Irtd. fOlympifKlon»), p. gi.
dans la lecture des livres, ni dans la pratique des opérations. Ayez de ia patience, attendez que la teinture soit achevée, et demandez à Dieu (que son nom soit glorifié ! ) , demandez-lui par vos prières et supplications qu'il vous fasse arriver au but. Méfiez-vous du feu au moment de lopération, le feu étant lennemi de feau, tant quil ny a pas eu d accord entre eux, ainsi que la dit aux philosophes Notre-Seigneur le Messie ^^^ lorsque ceux-ci sont venus mettre à fépreuve sa science à faide de leurs connaissances : « Je suis. « étonné, ô philosophes, leur dit-il, de voir comment vous pouvez accorder M feau avec le feu. L œu\Te ne peut réussir qu à ce prix , avec ia permission «de Dieu. » Agissez donc et ne vous découragez pas, ne vous rebutez pas. Ayez de la patience ; lisez assidûment les livres et essayez de les comprendre ; demandez à Dieu qu il vous mette dans la bonne voie et il vous dirigera. »
Renseignez-moi , dit-elle ^ sur ce qui peut dissiper les obscurités que je rencontre. — Je vous ai déjà enseigné, répondit-il, que fœuf dont se servent les philosophes est formé de diverses choses et que personne ne peut en tirer une teinture, à moins qu'il ne fait fait cuire au soleil et à fombre, durant quatre-vingts jours. Alors les parties grossières disparaissent et se corrompent, et la ten'e se transforme en eau, feau en air et fair en feu. Tout cela se réunit pour former une chose unique, qui produit la force et la teinture désirées. »
« Expliquez-moi , dit-elle , ce qu'il faut entendre par vos paroles : Prenez le mâle^*-^ qui blanchit par sa couleur rouge, à laide de l'eau éternelle, et reconnaissez en lui la tête du monde. — Le mâle, répondit-il, c'est ia couleur fauve, et l'eau éternelle, c'est le premier soufre. Quand ces deux substances sont mélangées et qu'elles ont cuit ensemble, elles se transforment en eau d'abord, puis en pierre et enfin en teiTe. C'est alors qu'il faut îirroser. Si vous voyez dans les li\Tes ia mention du mâle rouge, c'est cela même. »
«Qu'est-ce que le mâle rouge ^^\ dit-elle? — Le grand serpent '^^ répondit-il, provient du mâle seul; le rouge provient de la teinture, et l'accom-
t^^ Ce passage est singulier, étant intercalé des Alchimistes grecs, trad. , p. 90, 235, 385 J. dans un ouvrage musulman. Il semble que ce ^*^ L'arsenic (sulfuré), jeu de mots très usité
soit réellement une citation de Marie, person- chei les alchimistes grecs sur le nom grec de
nage gnostique [Origines de t Alchimie, p. G4)- cette substance. On trouve des teites clunîticns analogues dans <*) Réalgar.
Zosime et les autres alchimistes grecs (Co//cc(i(»a '*^ Voir ce volume p. ']i-']\ cl loA.
TRADLCTION.
plissement a lieu grâce à son eau. — Et quand cela, demanda-t-elle? — Jjorsque Teau éternelle , répliqua-t-il , est cuite , l'eau éternelle transforme le mâle en argent, puis en or. Je vous ai expliqué, ô femme, le blanchiment du mâle et sa coloration en rouge, comprenez bien ceci. Je n ai pas voulu parler de l'argent, ni de Tor du vulgaire, sachez-le bien. »
« Expliquez-moi , dit-elle , ce qu'est le soufre dulcifié , qui selon vous ne peut à lui seul blanchir le cui\Te. — Parfaitement, dit-il, et je vais vous expliquer qu il ne peut à lui seul brûler le cuivre , à moins que ce soufre ne soit tîombiné; car alors il peut brûler le cuivTe. Quand les soufres brûlent (le cuivre), les soufi'es disparaissent et le cuivre reste seul^^l Sachez que ce soufre combiné ne peut brûler le cuivre qu'après de longs jours; aussi armezvous de patience et ne vous laissez pas rebuter. Les soufres ne se séparent du cuivre, qu'autant que celui-ci a été transformé en une masse liquide et fluide. C'est pour cela qu'il convient de garder le silence sur ce secret, tel qu'il a été décrit par les philosophes dans leurs livres. L'opération que je vous ai décrite est l'opération des sables ^^^ celle qui a fait obtenir aux ï^gyptiens des trésors en quantité incalculable ^^^. Retenez bien ce que je vous ai dit sur cette question et que Dieu vous garde.
•t Placez ensuite le corps dans la chaudière qui sert à produire les vapeurs , et si vous voyez que le couvercle de la chaudière condense quelque chose, cela provient de la force du feu; continuez à faire cuire, jusqu'à ce que rien ne monte plus au couvercle. Je dois maintenant vous enseigner encore une dernière parole, capitale pour votre œuvre. — Qu'est-ce que cela? demanda-t-elle. — Sachez, ajouta-t-il, que si vous ne mouillez pas toutes les matières, au début de la cuisson et à froid, de façon à n'en former qu'une seule masse, vous ne réussirez pas dans votre opération. Cette opération, Hermès l'appelle le tamisage ^*^ et il dit : Si vous ne tamisez pas les matières, vous commettrez une erreur. En effet, les esprits légers
^*^ Ceci s'accorde avec la préparation du cuivre brûlé , dans Dioscoride , par la calcina^ tion du soufre avec le cuivre, opération qui fournit en réalité du protoxyde de cuivre. (Mat. méd., V, lxxxvh; — Introiluciion , etc. , p. 233.)
(') Il s'agissait cfos minerais d'or dont le traitement a été identifié par allégories avec l'opération alchimique [GolL det Al -h. ^ecs, lrtd.,p. 75, n* 4, et p. 97).
(^^ La tradition mythique des trésors acquis aux Egyptiens par l'alchimie est très ancienne. Les Romains y croyaient déjà, du temps de Dioclélien. Voir les textes de Jean d'Ântioche (ou plutôt de Panodorus) et des Actes de saint Procopc, cités dans mon livre : Origines de l Alchimie , p. 72-73.
t*ï Les cribles d'Hermès [Coll. des Alckim, ^eet» trad., p. i56).
brûîerool et disparaîtront, en s'élevant au-dessus, et les parties lourdes tomberont au fond du vase. Or, il faut avant tout détniirc les parties grossières du coi-ps, et cela s obtient par un grillage soigné, à laide dun feu doux, pareil en intensité à la chaleur cpie donne à ses œufs 1 oiseau qui couve. A fissue de l'opération, tout sera extrait. II ne faut pas non plus laisser le produit sans homidilé , dans la crainte de brûler les fleurs des teintures des coi-ps. Il faut aussi luter le vase, afin que rhumidité nen sorte pas, sous finfluence de la chaleur du feu. C est pour cela que Théophile ^^^ a dit : ■ Faites attention au mercure tiré de rarsenic*^^. C*est le poison igné qui dissout toute chose t^l » Et il ajoute : o En dehors du grillage des philosophes, il n y a que gaspillage et perte. Si vous grillez à la façon des philosophes , vous obtiendrez la teinture et la couleur. En augmentant le feu, vous augmenterez la couleur rouge du produit grillé; car sa terre est la même que celle qui est apte à devenir pourpre. Ne vous laissez pas égarer par la couleur du plomb que vous lavez; car si vous augmentez trop fintensité du feu, le corps rougit avant le moment voulu et avant cjue le poison purifié ait pu le pénétrer. Si vous faites cela, vous vous tromperez dans votre opération. Quant à leau, ne vous intjiiiétcz pas s'il y en a peu ou beaucoup, lorsque vous êtes en bonne voie pour lopération, »
Agathodémon a dit : « Réitérez ensuite les lavages à l'eau, avec un feu doux; grillez ut lavez, jusqu'à ce que le tout soit liquide. »
*t Expli(juez-moi , dit-elle, la phrase que Justinien adressa à Hermès, en lui disant : Maître, nous avons déjà employé ce vase un grand nombre de fois, sans que tout fut mélangé, — Cesl vrai, répondit Hermès. Moi aussi je vous le répète : c'est vrai. En effet, celui qui connaît bien l'opération ne met pas dans le vase ce qui reste, avant que toutes les parties grossières aient été réduites en cendres et divisées; il ne craint pas de faire durer le grillagei du cuivre. Ne soyez pas impatients au début du grillage, car il ne sopèi^ej que peu à peu par la cuisson, de façon à produire la rouille. Après cela, faites cuire avec intensité, de sorte que le cuivre brûlé soit décomposé paila gomme et riiuile, avec lesquelles vous lavez mélangé. »»
f Personnage nommé dam H Collection des Akhimiites ijrecs > trafiuciion , p. 98 et surtoul p. ig3, oà il figure comme auteur alchimique.
t'J Sur k mercure lire de l'arsenic (sulfuré) ,
qui csl iiotn^ arsenic moderne, voir /«trot/, à la Chimie des anctem ^ p. aga,
(ï> CoUectiûn dc$ Alch. ^tûcë, trtd., p. iid, n" 54* p* igO, n" j3. Vcnvnum r^rumomuimn, d'après Pline [On^inet de t Alchimie, p. 23 1 J.
TRADUCTION
• Expliquez -moi, dit-t^lle, ces paroles que nous ont dites les disciples . Nous avons fait ce que vous avez d<5cril dans la Clef un grand nombre de fois, juscpi'à ce que les natures aient été combinées entre elles et se soient soudées les unes aux autres. Or, je comprends par 1î\ qu*il s agit de ce que vous m avez indiqué au sujet du tamisage, au début de Topération* — Je vous ai déjà expliqué cela, répondit-il; cela veut dire qu après avoir combiné les matières, ils les ont fait cuire, et comme la chose traînait en longueur, ils ont cru qu'ils s'étaient trompés et ils ont jeté leur produit. C est pour cela que les philosophes ont toujours caché le temps nécessaire A chacpie opération. Prenez garde, au début de lopération, quand vous avez mélangé l'œuf, de le faire brûler, car tout œuf ne se désagrège pas. Quand la désagrégation se produit, lavez le avec de feau du fleuve et alors il disparaîtra entièrement. Pratiquez avec soin et à de nombreuses reprises lepuration, et sachez cpie, si vous mélangez (par erreur) le chaud avec le froid, fhumide avec le sec, vous n'aurez qu;^ vous en prendre à vous, puisque Fun est une chose qui teint, tandis que l'autre est une chose qui reçoit la teinture. »
Pythagore a dit : « L ame revient vers le corps et se joint à cette masse d'où il s'était dégagé; elle s agrège de nouveau à lui et elle ne s en sépare plus jamais. Dieu nVa révélé quil nous fallait, pour notre opération, une chaudière, dans laquelle les choses sont enfermées et renvoyées func vers lautre ik laide de la chaleur, en sorte que l'âme qui a fui sa nature se réunit avec le corps qui la contenait auparavant ^'l II faut agir doucement pour qu'elle y rentre le plus vite possible; car si on activait le feu, elle fuirait et se répandrait dans tous les corps et toutes les pierres, si bien qu'il n'en resterait plus le poids d'une dragme, eût-il été auparavant de cent rotls (li\Tes). »»
Agatbodémon a dit : * Pour cette œuvre, nous avons absolument be soin d'une chaudière et d'un aludel : la chaudière pour la vaporisation de feau» l'aludel pour la sublimation des soufres et des corps. Nous savons que nous avons besoin de ces deux choses, de même qu'il faut un mâle et une Jemelle. »
Agathodcmon a dit ; « Sachez que ce n'est pas en vain que nous disons de multiplier les broyages et les cuissons. Faites cuire lentement, avant que la vaporisation se produise; car la cuisson lente fait que fesprit tinctorial
^^1 Cf. CoUectiûii des AlchimUiei ^rect, p, 381. 383 et 38I.
trad., p. 139, n* 3 4, et note 3. Voir itissi Comantis.
Wi
TKAITES U ALCHIMIE AUABE.
s*empare do tout ce qui lui resscuibie, et avec un feu doux les esprits linclo rîaux s'enfenuent dans resprit humide. Si vous poussiez lo feu, eu le faisant monter dans les airs, il transformerait l'esprit tinctorial en un esprit sans corps» et en une âme, qui s'éclïapperaient des corps composés. Cet esprit ne peut cire extrait que par un feu doux, semblable à la chaleur nécessaire pour couver les oiseaux. Agissez ainsi, ne vous rebutez pas et prenez patience; vous atteindrez votre but, s il plaît à Dîeu.
« Sachez que les philosophes ont donné de nombreuses descriptions de FœmTe, en ce qui touche rînlcnsité du feu. Il en est qui ont dit : Faites cuire avec du vinaigre et de feau, jusqu'à dessiccation. Ils n'ont pas donné au vinaigre des noms nombreux, comme ils lavaient fait pour rhumidité. Toutefois ils ont dit quil convenait daugmenter rhumidité pendant l'été et de la diminuei' durant lluvor. En cITct, ainsi que l'a rapporté Marie, les nmes (des métaux) ne se voient qu'en ramenant ces saisons a 1 uniti'^ Sachez (|ue la terre ne disparail pas et quelle ne peut pas se volatiliser; niais lors* quelle est transformée en eau et que ses parties grossières sont séparées d'elle, l'eau produit un esprit qui lenveloppe et devient volatiL Cest pour cela que les plûlosoplies ont engagé les gens qui s'occupent de fœuvre ù se défier de la fugacité des matières tpills ont entre les mains. «
Je vois, dit-elle, que toutes ces clioses sont fugaces. — Ou!, réponfhl-il, et cest pour cela que les philosophes ont choisi les choses fugaces, de préférence à celles qui ne le sont pas. — Cette fugacité a-t-elle un nom particulier? — Elle en a beaucoup, répondit-il, — Diles-njen quelquesuns? — Cest le serpent qui se mange la queue '^"; fœuf divisé en quatre parties î'^^ Lorsqu'il a été traité et mélangé, il devient une chose unique, formée par les quatre natmxs du monde. — Comment mange-t-il sa queuc:* — Il fait rentrer en lui ce qui lui ressemble; il le mange et le transforme c*n liquide; puis ce que le serpent a mangé devient un corps. »
'i Expliquez -moi, dit- elle, ces paroles que vous m'a%'cz adressées : Ne repoussez pas le grillage des corps, — Je vous ai déjà enseigné, répondit-il, qu Hermès avait dit de brûler les corps dune manière complète, afin den extraire les âmes cl de les transformer en cendres. Quand vous voyez que les matières sont réduites en cendres, sachez que vos produits ont été bien mélangés^ Il convient que vous brûliez ces matières, jusqua ce que, leur hu-
^'^ Cotfection des Aleh. tjrccs, Irad. , p. 22. 2 3. Voir les pages 7a ni 100 du prtscnl volume. — <=) ihuL Avml, p. 3 1.
TRADUCTION
iitidit^ étant a(Taihlit\ les corps soitînt bridée. Cest pour cela quv les corps semparent des esprits provenant du feu vt do Tair. De même que les êtres créés chano;f*nt constammenl leur nature contre une autre, crile-ci étant la mort et celle-là la vie; de même le cuivre i'**! brûlé par les soufres et chang»* sa nature contre une autre, pour arriver, prâce à rinteneulion de Dieu, au but que vous poursuivez. Voilà pourquoi Marie a dit que le cuivre brûlé (d abord) par le soufre devient meilleur qu'il n'était, quand on le Iraite (ensuite] par le natron. »
* Si Ton prend une cliose fugace, la fugacité ne produit aucun résultat. — \ quel moment cela doil-il avoir lieu? — Vu fiioment de la dernière combinaison. — Si ceux qui s'occupent de Tcpu^Tre savaient quil faut ]>j vndi*' lt*s natures convenables et les mélanger avec ce qui les détruit, ils ne se tronipenuent pas; car ce que l'on mélange impose au tout sa couleur. Ce {pii appai'âtt aux regards suint cptte action, f^t ce qui est h rintérieur la subit aussi en réalité, m
« Comment, dit-elle, le faible peut-il contraindre le foii? — Il n'est faible ♦[u'en apparence, car à Tépreuve il t*st fort et il est plus fort i\w tout ce qui vous paraît fort. — Letpiel des deux résiste le mieux au feu? — Celui qui résiste au feu n'est le fort qu'eii appai'ence; taudis que lautre, c'est-àdire le volatil, qui est en apparence le faible, est le fort dans la réalité; sa force de résistance au feu lui vient de l'autre qui n est pas \olatil, 11 est tran*»formé par l'opération, et au moment de cette modification il prend un nom pai'ticuUer, Sacbez que si l'extérieur se rouille, Fintérieui* se rouille égali*ment, et quand le corps spon;,neu\ blanchît à fextérieur du cuivre, Tintérieur devient blanc : cpla ne fait pas le moifidre doute. »
« Expliquez-moi, dit-elle, ce que vous m'avez rapporté au sujet d'Ostanès, qui a parlé des deux cuivres' *\ du ft-r, du plomb, de l'étain et de fargent, qui a donné une opération particulièn.* pour chacun d(* c«:s métaux, et qui a prétendu que par Fopération ils devenaient de lor. — Ceci ast impossible et absolument faux. 11 n'y a tjue les if^norants qui croient à pareille chosi*. Ostanès n a dit cela que pour dérouter les ignorants. Je vous ai enseigné que nous n avions iml besoin de tous les corps que vous venez de mentionner '-^L Ce que nous voulons, c'est un corps unique, renfermant une teinture unique ;
'" Le cuivre rouge, ou suivre dv t'Jjypre, el le cuivre blanc, cest-â-dire ccrUini bromes fl kitons. — ^'1 Cf. Synd-ïius, CoiL dfs ttch, gncs. Irad., p. G3, 73, t*tr.
ALf iiiMiK, — ni, j/ [jailte.
TRAITES DALCHIMIE ARABE,
toutc'foîs ce corps ne teint que lorsquil a i'US teinl iai-mcme ^'\ et c'est à ce inoment-là seulement qu'il Udni. CVst pour cela que Démocrite a dit : Si vous trouvez lo composition , vous poujTez teindre tous les corps, avec la permission de Dieu. Tous les corps sont au noniI)re de quatre et ces quatre corps sont le corps unique ^^* qui a été teint, et, lorsqu'il a été teint, il toi ni à son tour. Sachez que Démocrite prétend que rn?uvre na pas besoin de plus de deux cuissons, la cuisson pour le blanc et la cuisson pour le roufife. — Alors les pliilosuphes sont en désaccord? — Pour ceci principalement. »
«Vous dites, reprit-elle, que les quatre corps sont teints et ne teigneni pas et que les soufres disparaissent après avoir pénétré? — Sachez que la teinture des corps, qui sort des plantes ^**^ en même temps qu'eux, est un esprit nouveau et tinctorial. Quant aux soufres, ils forment une fumée cjui s échappe et il ne reste que Tini pression du cuivre seul; c'est là son esprit.
— Pourquoi l'esprit du ctiivre demeure-l-il ? ~ Parce que le cui\Te a un(^ nature spéciale, qui n existe pas chez d autres corps; aussi, quand il est mêlé im\ soufres et qu'il s est combiné avec eux, il retient les soufres, qui le retiennent à leur tour, — Comment tes retient-il et comment le retiennent-ils? — Il les retient, parce qu*il les tire des choses volatiles. Us le re tiennent, en chassant Tombre du cui>Te*^\ laquelle disparaît dans fopération.
— Très bien ! Qu'est-ce qui a pu porter Agathodémon a donner une opéi^ation pour le cuivre, une autre pour la magnésie, et une troisième pour la rouille? — Cest que le cuivre, la magnifie et la rouille sont une seuh* et même chose. S'il a indiçjué de nombreuses opérations, il s'est borné à en signaler une seule h ceux qui soccupent de 1 annre. Il a indiqué de nombreuses opérations comme longueur de temps ; toutefois ce ne sont pas des opérations diverses, mais une seule et même opération, qui nécessite ui» grand nombre de jours, v
» Expliquez-moi, dit-elle, la chose i'ugace et humide, et la chose sèche ri chaude. — Je vous ordonne de nen employer quune seule, parce que les soufres retiennent rhutnidité à faide d'une humidité pareille ^^L La chose sèche
^'ï Ct^lL iiea Alch, grruf, trad., p, 170, a4&. comme di€i les Grecs* {Introd. à la Chimie drs
^** Tétrasoiniii^. i7m/. , trad, . j>. ti-, loi, 160, anciens, p, 386, 287.)