‹ Histoire des sciences v. 3Chapitre 12 sur 38 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

EXTRAIT DU KITÀB EL-FOÇOIL.

(Fol. 3 v".)

Chapitre 1*^. — Des qualités de la pierre, (Extrait du livre intitulé Eldjami'.)

Le Sage a dit : «Ce qui! faut d'abord à Tétudiant, cest qu'il connaisse la pierre , objet des aspirations des Anciens. » Ceux-ci en ont défendu le secret à la pointe de Tépée et se sont abstenus de lui donner un nom , ou tout au moins de lui donner le nom sous îequel la foule le connaît; ils l'ont dissimulée sous le voile des énigmes, en sorte quelle a échappé aux esprits pénétrants, que les intelligences les plus vives n'ont pu la comprendre et que les cunirs et les âmes ont désespéré d'en connaître la description. Il n'y a ((ue ceux à qui Dieu a ouvert l'entendement qui l'ont comprise et ont pu la faire connaître.

Parmi les épithètes (|u'ils lui ont appliquées, on trouve : ieau courante, teau éternelle, le feu ardent, le Jeu qui épaissit, Ui terre morte, la pierre dure, la pierre tendre, le fugitif , le fixe, le généreux, le rapide, celui qui met enjuite, celui qui lutte contre le feu, celui qui tue par le feu, celui qui a été tué injustement, celui qui a été pris par violence, l'objet précieux, l'objet sans valeur, la gloire dominante, l infamie avilie.

Qu'elle est chère à quiconque la connaît! Quelle est glorieuse pour qui la pratique! qu'elle est vile pour qui l'ignore! Qu'elle est infinie pour qui no la connaît pas! Chaque jour, en tous lieux on entend crier : «0 troupe de chercheurs, prenez-moi, tuez-moi; puis, après m'avoir tuée, brûlez-moi, car je revivrai après tout cela et j'enrichirai quicon((ue m'aura tuée et briMée! S'il m'approche du feu, alors que je suis vivante, je le supporterai toute la nuit , même s'il me sublimait d'une manière complète et m'enchaînait d'une façon absolue. O merveille! Conmient, étant vivante, puis-je

TUADICTION.

îiuppotler le mai? Par Dieu! je \v supporlerai jtisquVi ce que je sois al>nHi\('o Aim poison (pii luv tuera et alors je nv saurai plus ce que le fV-u aura fail il*' mon corps. »

Telle est sa mani»^re (Telre chacpie matin et chtique soir. Eh bien! tn.Hipf» fie chercheurs, (|ue pensez -vous de cette proposiliou (jue vous émettiez : l'expression formulée par la parole est seule vraie, tandis (pucelle tnanjuée par TaHilude est liiusse. Or, un grand nombre de pliîlosophes iMït rapporté que ] attitude indique mieux la vérilé que Icxpression par la parole. Celte [uerre vous interpelle cl vous ne Tenlendez point; elle vous appelle et vous ne lui ré^pondez pas. Rierveîlle! Quelle surdité bouche vos oreilles! quelle extase étouffe vos cœurs! Ne voyez- vous pas quelle combat le feu, que rien n'est plus hostile quelle au feu. Lorsqu'on la place dans le feu, elle pnjduit un craquement semblable à celui de fi-au congelée, qui se desagrège par Taclion du froid de la neit^e.

Sachez, o chercheurs, que c'*'st une eau blanche, quon trouve eidouie dans la lerre de Tlode; um* eau noire, qui se trouve enfouie dans le pays de Chadjer; une eau rouge brillante, qui s*' trinive enfouie dans r,\ndalonsie. C'est un li(iuide qui s'enflamme au cunlacl du bois dans un feu violent; cest un feu qui s'allume aux pierres tians les contrées tie la Perse; c'est un arbre qui pousse sur les pics des montagnes; c'est un jeune honmie ne rn Kgypte; c'est un prince sorti tir fAndalousie, qui veut le tourineni do chercheurs. Il a lue leurs chels et il a fait de quelquesHins d*entre eux !«■> coureurs des princes. Les savants sont impuissants à le combattre. Je ne vois contre lui d autre arme que la résignation, d'autre destrier que la science, d autre bouclier que riïileHi^eiice. Si le chercheur se trouve vis-à-vis de lui avec ces ii*ois arïucs et qu'il le tue, il reclevit*ndra vivant après sa mort il perdra tout pouvoir contre lui et il donnera au chercheur la plus haute puissance, en sorte que celui-ci arrivera au but de ses désirs» Ces éclaircissements doivent te suffire.

Jni entendu Aristotf dire : « Pourquoi les chercheurs se détournent-ils dt* la pierre.^ C'est pouilant une cbosi^ coimue, qualifiée, exisUmle, possible, » ,1e lui dis alors : « Quelles sont ses qualités!^ Où se trouve-t-ellei^ Quelle est sa possibilité? »

11 me répondit : « ,|i- la tpialilierai, pu disant ffuelle est comme féclair durant une ruiit obscure. Conunent ne pas reconnaître une chose blanche qtn paraît sur im fond noirP La séparation n'est point pénible' pour qui-

IIH

ÎS D^\1XHIM1E AHABK.

ronque est nccoutunié à réloigneinent. Lu nuit ne sauratl »''lre douteuse pour céui qui a deux y^ax,

«Quant aux endroits où Ion tronve cette pierre, ce sont les mnisons, les boutiques, les bazars, les clieniins, les décharges pidiliques, les mosquées, les bains, les bourgs, les cités; on la rencontre tlaiis la terre et dans la mer.

« Quant a sa possibilité, je dirai que c est une pierre liée dans une pierre, une piejre encastrée dans une pierre, une pierre englobée dans une pierre, une pierre insérée dans une pierre. Les philosophes ont versé des larmes sur cette pierre et iorsqu'eîle en a été inondée, sa noirceur a disparu, sa couleur sombre s'est éclaircie; elle a pHru semblable à une perle rare* Son possesseur a été rassuré et le chercheur a été émerveillé, j*

Le Sage a dit : • Par les paroles suivantes, Aristote a indiqué les qualités de la pierre et en a donné la description : « C'est un lion élevé dans " une foret. Un homme a voulu s'en sej^vir e*oniaie de monture, en lui niet- « tant une selle et une bride; vainement il a essayé, il n'a pu réussir* 11 lui *» a fallu alors avoir recours à un stratagème plus habile, qui lui a permis de « le maintenir dans des liens solides, et il a pu ensuite le seller et le brider. «» Puis il Ta dompté avec un fouet, dont il lui a donné des coups douloureux. « Plus tard, il la délivré de ses liens et il la lait marcher comme un être « avili, à ce point quon eût dit qu'il n'avait jamais été sauvage un seul jour. » La pierre cVst le bon ; les liens , ce sont les préparations , c'est-ù-dire les choses dont je parlerai dans le chapitre suivant; le fouet, c'est le feu. Que ditesvous, 6 clurcheur, de celle description si claire?

\oici une aulre description qui a été donnée par le Sage : ^ A quoi donc penst*nl k*s hommes? Ils parlent tle la pierre et ils n'en tirent pas piolil; ils lenveloppcnt, ils en font des emplâtres pour trailer la gale qui couvre !e> corps et ils nen tirent pas profit; ils la foulent aux pieds et ils ne la prennent point. »

Un autre sage a dit : « \'oici quaranle ans que je vis et je n ai pas passé un seul jour sans voir la pierre matin et soir, si bien que je craignais (pie sa vue n'échappât à personne. J'ai alors employé des expressions plus énîgmatiques que celles donl je m'étais servi tout d'abord et j'ai accru l'obscurité des phrases, dans la crainte que leur sens ne fût trop clair. »

Sachez (pje les auteurs, rlans leurs livres, ont employé un grand nombre de mots pour désigner la pierre. Je vais vous en donner les plus faciles.

fRÂDUCTION.

laissant de côté la plupart d^enlre eux, je veux dire de ceux qui ne suiil pas, il ce que je crois, 1res connus dans le monde On l'appelle : lion, dragon, savent , vipère, scorpion, eau, fea, torrent, {cotfs] congelé ou dissoits, vinaigre ^ ael, chien, Hermh, mçfcare, chacal, patje, mivanle, gazelle, coursier, lotjp, panthère, singe, soajre, arsenic, tade, écame d^irgent, fer^ enivre, plnnib, ctam . argent, or, talc, tontaq, tirât], (art}, muet, oppresseur, (être) soumis, aimant, verre, rabis, corail, nacre, larme, cœur, tangue, main, pied, tête, visage, graisse, esprit, âme, huile, collyre, arine, os, veine, Saturne, Barkhis, Mars, Soleil, Lune • (La suite manque dans lo, nis. de Paris.)

m, SECONDE PARTIE, EXTRAIT DU LIVRE DU SAGE OSTA«ÈS.

(Fol 6a. 1

Vu noui du Di<*u déiueiil et u viser Jcordieuxl

Le sage Ostanès a dit : Voici ce que Dieu ni a l'ait compreiidre et (|ui m'a ouvert les yeux :

Lorsque je m'aperçus que l'amour du grand œuvre était tombé dans mon c<eur et que les préoccupations que j'éprouvais à cet égard avaient cliassé le sommeil de mes yeux, qu*el!es m'empêchaient de manger et de boire, au [joint qm* mon corps s'amaigrissait et que j'avais mauvaise mine, jt^ mv livrai h la prière et au jeune; je d«^mandai alors h Dieu de dissiper* les angoisses et les soucis qui s étaient emparés de mon cœur et de donner urn' issue à la situation embarrassée dans laquelle je me trouvais.

Pendant que je donnais sur ma couche, un être m apparut en songe t*t me dit : « Lève-tui l't cumpretids ce que je vais te montrer. » Je nw levai **( partis avec ce persomiage. Lîientot nous nous trouvâmes devant sept portes "^ si belles, que jamais je n eu avais vu de pareilles. « Ici, u»e dit mon guide, se trouvent les trésors de la science que tu cherches. — Merci, répondis-je. Maintenant guidêE-moi pour pénétrer dans ces ileinenies où

'* ÏjCi ^ymli-otisme des sept porlej», ivpcïii- Ori^ê.ne [tntrod^ ù la Chtmte dea nncirus, ^i* 'jf^ \,

fiant 9U\ »ept métaux, est très nnctiMi. Il était — Voir aussi Fa^iceiisîon ttes »cpt degrés dans

tl^à atlrtbiK' aux Perse*, parCeîs*». cité par Zosimc {Cûll. des \lch. (jt-ei^s , Iracî., p, 127).

vous prétendez que se trouvent les trésors de la science. — Tu ne saurais , me répondit-il , y pénétrer, si tu n as pas en Ion pouvoir les clefs de ces portes; mais viens avec moi, je te montrerai les clefs de ces portes. »

Je marchai avec lui et bientôt nous trouvâmes un animal d'une forme telle que je n'avais jamais vu son semblable. Il avait des ailes de vautour, une tête d'éléphant et une queue de dragon; les diverses parties de cet animal se dévoraient fune l'autre. En voyant cela, je fus pris d'une vive terreur et changeai de couleur. Alors mon guide, voyant dans quel état j'étais, me dit : « Va vers cet animal et dis-lui : « Au nom du Dieu puissant, « donne-moi les clefs des portes de la sagesse. » Lorsque , plein de terreur et d'effroi, je me fus rendu vers cet animal et lui eus dit les paroles ci-dessus, il me remit ces clefs. J'ouvris les portes et, arrivé à la dernière, je trouvai en face de moi une plaque d'un aspect brillant et multicolore, dont il m'était impossible de supporter l'éclat lorsque je la regardais.

Sur cette plaque se trouvait une inscription en sept langues ; la première était en langue égyptienne. Je lus cette inscription. Elle commençait ainsi :

« Je vais vous proposer l'allégorie du corps, de l'esprit vital et de l'âme; étudiez-la avec votre raison et votre intelligence et, si vous lui donnez toute votre attention, vous aurez une bonne direction pour accomplir chaque œuvre et pour connaître tout ce qui est caché.

«Le corps, l'âme et l'esprit vital sont comme la lampe, l'huile et la mèche. De même que la mèche ne saurait servir dans une lampe sans huile, de même fesprit vital ne saurait être utilisable dans un corps sans âme. L'esprit vital du corps, c'est le sang, l'âme en est le souffle, qui se répartit dans le sang et le cœur, jusqu'aux extrémités du corps : ce dernier, vous le savez, consiste en chair, en os et en nerfs.

« Sachez (jue si vous logiez l'esprit vital seul dans le corps sans y introduire l'âme, le corps n'aurait point de clartés; il serait comme enveloppé de ténèbres. Quand vous y faites pénétrer l'âme, le corps s'affine, se purifie et prend un bel aspect.

« Saisissez bien ce que je vais vous décrire, car c'est une chose importante et personne ne pourrait être guidé vers la science cachée dont je parle , s'il ne connaissait ce chapitre. Ne voyez-vous pas que le feu possède une clarté, des rayons et de l'éclat; si vous l'arrosez avec de l'eau, la clarté et l'éclat disparaissent et il devient ténèbres après avoir été clarté.

« Si vous prenez du feu et de l'eau et qu'en opérant comme nous l'expo-

TRADUCTION

sons dans le présent livre, vous réussissiez à les mêler et à les combiner; aucun des deux ne pourra plus nuire à laulre et leur réunion donnera deux fois autant de clarté et de rayon!? que quand ils étaient dans leur état primitif. CVst de cette façon qu il vous faudra commencer, car c est aîn?*! qu*ont commencé ceux qui sont venus avant vous. A forigine, les éléments primitifs étaient le feu et feau. C*est de faccouplement de l'eau et du feu et de leur combinaison quont été formés de nombreux corps, arbres et pierres. Il convient donc que vous procédiez par analogie» en agissant pour la science dernière, conformément à la façon suivie dans la science primi tive. Vous devez agir et procéder vous-mêmes, connue on vous a appris f[U on avait procédé et agi. »

Ce que je viens de vous dire, ce sont les termes mêmes de la premièn* inscription tracée sur ia plaque en langue égyptienne.

Ensuite venait une inscription en langue persane, pleine d'une grande science et d'une grande sagesse. Je vais dire maintetiant le contenu de ta lecture de cette plaque et de la science que j'ai acquise.

«Le pays de Misr (Egypte) est supérieur à toutes les autres villes et bourgs, à cause de la sagesse et de la science de toutes choses que Dieu a départies à ses habitants. Pourtant les gens de Misr (Égj'pte), ainsi que ceux <lu reste de ia terre, ont besoin des habitants de la IVrse et ils ne peuvent réussir dans aucune de leurs œuvres, sans le secours quils tirent de ce dernier pays. Ne voyez-vous pas que tous les philosophes qui se sont adomit^s à ia science se sont adressés à des gens de la Perse, quils ont adoptés comme frères? Ils leur ont mandé de leur envoyer ce qui se trouvait dans la Perse et tjuils ne trouvaient pas dans leur propre pays. M'avez-vous |Kis entendu raconter qu'un certain philosophe écrivit aux mages, habilants de la Perse, en leur disant : « Jai trouvé un exemplaire d'un livre des anciens «sages; mais ce livre étant écrit en persan, je ne puis le lire. Knvoyez-moi « donc un de vos sages, qui puisse me lire fouvrage que jai trouvé. Si vous ♦• faites ce que je vous demande, je vous aurai en haute estime et vous « témoignerai ma reconnaissance tant que je vivrai- Ilàtez-vous de faire ce « que je vous demande, avant que je meure; car une fois mort, je n'aurai fl plus besoin d aucune science. »

« V^oici la réponse que lui adressèrent les sages de la Perse : * En rece- « vant votre lettre, nous avons éprouvé une joie bien vive, à cause des choses « que vous nous avez écrites. Nous nous liâtons de vous envoyer le sage que

\u.mMiF. — ii[, '»' |Ktrtii\

«vous nous avez demandé, afin qu'il lise votre livre et vous montre {es « secrets qu'il contient, car nous estimons que tel est notre devoir strict « vis-à-vis de vous. Quand vous aurez achevé votre livre comme vous le « désirez, vous nous obligerez en en faisant exécuter promptement une copie; « comme ce sont nos ancêtres qui ont composé cet ouvrage , nous somme» « désireux d'en faire notre profit aussi bien que vous. C'est ainsi qu'il con- « vient d'agir. Salut. »

Voilà tout ce que j'ai lu dans l'inscription persane de la plaque.

Ensuite je lus une inscription indienne, dont voici le contenu : «C'est nous, disent les Hindous, qui, dès les premiers âges, avons eu la supériorité sur les autres autres hommes, alors qu'ils étaient encore peu nombreux et (jue leur intelligence était tendre. Notre sol est de tous celui qui est le plus vigoureux. Cela tient à ce que le soleil est proche du zénith , au-dessus de nos têtes, et à la chaleur que nous recevons de cet astre : telle est la cause de la vigueur de la nature dans notre pays. Si nous n'avions pas besoin de la Perse, nous pourrions achever l'œuvre tout entière, rien qu'avec ce cjui sort de notre sol et de nos mers.

« Certain sage envoya un jour quelqu'un nous demander de lui expédier do l'urine d'éléphant blanc mâle, animal qui se rencontre dans la partie la plus occidentale de notre pays. Cette urine, assure-t-on, est un remède pour lin grand nombre de maladies. Quand le messager fut arrivé, nous lui remîmes ce qu'il nous avait demandé. Le sage, lorsqu'il eut reçu cette substance, loua Dieu et lui témoigna sa reconnaissance, il donna à cette urine la préférence sur tous les autres remèdes, à cause des bons effets (|u'il savait être produits par elle, et il en fit ensuite l'éloge, en raison des résultats qu'il avait obtenus. «Jamais, dit-il, je ne l'ai mélangée avec une «autre préparation, sans que cette préparation ait acquis une force nou- « velle et donné d'excellents résultats. » Il écrivit ensuite à une foule de ^eiis, en leur disant : «Admirez comment une chose infime produit un « grand effet. »

Ici se terminait l'inscription hindoue.

fie reste des inscriptions était effacé, par suite de la vétusté de la plaque; aussi n'ai -je pu copier que ces trois inscriptions qui, se trouvant sur la partie initiale de la plaque, avaient échappé à la destruction.

Pendant que j'examinais la partie que je n'ai pas réussi à déchiffrer sur cette plaque, j'entendis une voix forte qui me cria : « Homme! sors d'ici avant que

TRADUCTION. 123

les portes se ferment, car le moment de les fermer est venu. » Je sortis tout tremblant et redoutant qu il ne me fiit plus tard impossible de sortir. Lorsque j'eus traversé toutes les portes, je trouvai un vieillard d'une beauté sans pareille. «Approche, me dit -il, homme dont le cœur est altéré de cette science; je vais te faire comprendre bien des choses qui t'ont paru obscures et t'expliquer ce (jui est demeuré caché pour toi. » Je m'approchai du vieillard, qui me prit alors par la main, puis qui leva sa main vers le ciel , en me jurant par le Dieu du ciel que je possédais toute la science et que tous les secrets de la sagesse étaient en moi. Je louai Dieu qui m'avait montré tout cela et qui m'avait fait apparaître tous les secrets de la science.

Tandis que j'étais ainsi, l'animal aux trois formes, dont les parties se dévoraient entre elles , cria d'une voix forte : « Sans moi la science ne saurait être acquise d'une manière complète, car c'est moi qui ai les clefs des trésors de la science. Que celui qui veut parfaire l'œuvre comme il convient reconnaisse ma puissance et il n'ignorera rien de ce que les sages ont dit. »

En entendant ces paroles, le vieillard me dit : « Homme! va retrouver cel animal, donne-lui une intelligence à la place de ton intelligence, un esprit vital à la place du tien , une vie à la place de la tienne : alors il se soumettra h toi et te donnera tout ce dont tu auras besoin. » Comme je réfléchissais comment je pourrais donner une intelligence à la place de la mienne , un esprit vital à la place du mien , une existence à la place de la mienne , It» vieillard me dit : « Prends le corps qui ressemble au tien , enlève-lui ce que je viens de te dire et rends-le lui^*^. » Je fis comme le vieillard me l'avait ordonné et j'acquis alors la science tout entière, aussi complète que celle décrite par Hermès.

('^ Ce symbolisme biiarre rappelle celui des Leçons de Zosime iColL des AUh, grecs, trad.« p. 118 et ia6).

iG.

Page 1