‹ Histoire des sciences v. 3Chapitre 13 sur 38 · IV. EXTRAIT DU MANUSCRIT 1074, DD SUPPLÉMENT ARABE · texte numérisé non relu

IV. EXTRAIT DU MANUSCRIT 1074, DD SUPPLÉMENT ARABE

(Fol. i4a v\)

Interrogé par Safendja, roi du Saïd, Marqouch^*\ roi d'Egypte, fils de Tsebet, roi d'Abyssinie, répondit : «Il n'y a rien d aussi commun, dans ce monde, que cette chose mystérieuse ^^^; elle se trouve en plus grande quantité que n'importe quoi sur la surface du globe; il y en a chez le riche et chez le pauvre, chez le voyageur et chez celui qui est sédentaire. Sans elle, tous les êtres créés mourraient. »

Marianos^^^ le moine, disait à son oncle maternel : «C'est la chose la plus indispensable à ta santé, et si elle n'existait pas, tu mourrais. »

Le sage Démocrite disait à la reine Théosébie ^^^ : « Quand vous mettez la main dans votre bourse, retenez-la, sinon ce serait votre ruine. Cette chose mystérieuse de l'œuvre ne saurait jamais être achetée pour un prix quelconque. Gardez-vous d'en aJtérer ainsi la valeur. »

Notre seigneur Hermès disait : « L'eau possède une vertu admirable, car dans l'olivier elle se transforme en huile, dans le térébinthe en gomme, dans le palmier en datte fraîche, etc.. . Pourtant, malgré sa vertu et les résultats qu'elle donne, on ne lui prête aucune attention. Ceux qui ont connu ce précieux secret l'ont caché avec le plus grand soin et l'ont enveloppé de mystères. Il lui ont donné le nom de chacune des drogues, métaux, plantes ou animaux. »

C'est ce qu'a dit, dans les vers suivants, Ibn Amyal, dans son poème rimant en n :

« Us lui ont donné des noms nombreux, en sorte que les esprits ont été troublés par des doutes.

(0 Probablement identique à Marcus Grae- ^^) Marianos ou Morienus. — Voir ic présent

rus, sous le nom duquel nous est parvenu le volume, p. a, et surtout Transmission de la

Livre des feux, eu latin. (Voir Transndssion science antique , j^. 2^3. de la science antique, p. 89.) (*) Théosébie, à laquelle Zosime a adressé

^'î CoU, des Alck. grecs, irsid. , p. 38 , note 6. ses livres.

TRADUCTION. 125

« Ils ont dit : Toute chose est cette substance et ils l'ont surnommée du nom de tout ce qui est sur la terre.

« Mais le secret de Dieu est gardé à son sujet; les anciens ont interdit de le révéler. »

Dans son livre intitulé : La perle garRée et la sagesse soupçonnée, Djâber a dit : « Si les ignorants voyaient de leurs yeux la pierre des philosophes, ils jurei'aient leurs grands dieux qu'on n en saurait faire ni or ni argent. Ce nest que s'ils acquéraient, en assistant à une expérience, la conviction que cette pierre est bien le principe de ces deux métaux qu'ils nous croiraient. Mais l'ignorance établit une séparation entre eux et nous. »

Dans son commentaire sur le divan de Djâber, l'auteur des Paillettes dit : «Par Dieu! si l'on désignait cette chose sous le nom que le vulgaire lui connaît, les ignorants diraient que c'est un mensonge et les gens intelligents concevraient des doutes. »

Marie la Sage ^^\ fille du roi Saba, disait : « C'est une chose mystérieuse, admirable; elle est méprisée, on la foule aux pieds. Mais ce mépris qu'on a pour elle est une faveur du ciel, qui fait quelle est ignorée des sots et qu'elle demeure oubliée. »

Galien disait : « La science fait qu'on crée les choses les plus précieuses avec les choses les plus viles. Voyez, par exemple, les plus beaux vêtements qui sont au monde sont en soie, et la soie provient d'un ver. La meilleure des choses qui se mangent est le miel, qui provient d'une mouche. Le musc est le produit d'un animal, l'ambre gris celui d'un poisson, et la perie, d'une huître. Il en est de même de cette substance, qui provient de la matière la plus vile aux yeux des ignorants. »

('> Marie l'alchimiste.

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