IL LE PETIT LIVRE DE LA CLÉMENCE, PAR DJÂBER
{Monuscrit arabe de Leyde 97 a, loi, 58.)
Au nom du Dieu clément et miséricordieux!
Djâber ben Hayyân s'exprime en ces termes : Mon maître (que Dieu soit satisfait de lui!) m'appela : « Djâber! — Maître, lui répondis-je, me voici k vos ordres. — Paiini tous les livres , me dit-il alors , que tu as composés et dans lesquels tu as traité de Tœuvre , livres que tu as divisés en chapitres où tu exposes les diverses doctrines et opinions des gens ; que tu as partagés en sections, en ayant soin d'affecter chaque traité à une œuvre spéciaJe et en y énumérant les diverses opérations , il en est qui ont la forme allégorique et dont le sens apparent n'offre aucune réalité. D'autres ont la forme de ti^aités de la guérison des maladies et ne sauraient être compris que par un savant habile. Quelques-uns sont rédigés sous forme de traités astronomiques, contenant des observations et des équations; là, l'œuvre est enfermé dans la science astronomique, si bien que l'ouvrage n'est compréhensible que pour les seuls grands savants; or ceux-là n'ont pas besoin de tes traités. Il en est qui sont sous la forme de traités de littérature, où les mots sont employés tantôt avec leur véritable sens , tantôt avec un sens figuré ; or les traces de la science qui donne l'intelligence de ces mots ont disparu et les initiés n'existent plus. Personne après toi ne pourra donc plus en saisir le sens exact. Il en est qui sont basés sur des particularités, qu'on peut ensuite développer par l'analogie et la réflexion : sur ce point il n'existe guère de différence entre toi et les autres. Enfin tu as composé de nombreux ouvrages sur les minéraux et les drogues , et ces livres ont troublé l'esprit des chercheurs, qui ont consumé leurs biens, sont devenus pauvres et ont été pousses par le besoin à frapper des monnaies de faux poids , ou à fabriquer des pièces fausses. Cette pauvreté et cette détresse les ont encore amenés à employer la ruse vis-à-vis des gens riches et autres , et la faute de tout cela en est à toi
TRAITES DALCHIMIE AUABK.
H h cr qvio lu as t'Crit tluns fes ouvrages. Miiiïitenatit, o Djâber! ilemancle [>artlon au Dieu Trf*s-HaiU ol tiirif;*^ les cli<'iTheurs vers une œuvre procliaiiie et facile , aiin de racheter ce que lu as fait précédemment. Sois clair, car celui-là seul pourra en faire usage que Dieu aura favorisé dann ce but. »»
« Maître, réplîquai-Je, dif es-moi quel chapitre je dois traiter ainsi. — Je ne vois, répoiidil-il, dans tous vos ouvrages aucun cliapilre complet et isolé; tous sont obscurs et enchevêtrés, au point qu'on s y perd. — J'ai cependant mentionné fœuvn' dans mes Soixante-dix, repartis-je, et jy ai fait allusion dans le fivre du NwHun, flans le Livre de la Royaatc, un de mes cinq cents opuscules, dans le Livre de la Nature de l'Être i}\ dans un grand nombre de nies cent (douze) livides. — Ce qur* tu as rapporté dans le plu^ grand nond:>re de tes ouvrages est exact, répondit le maître, et la chose est donnée dans les Vingt ftropositiom. Mais cela est confus, mêlé à d'autres choses, et le savant seul peut les comprendre; or le savant n*a pas besoin th* tout cela. Je t'en conjure par ma vie, ô Djdhei! fais sui' c^ sujet un livre simple, clair, sans énigmes; résume les longs discours et ne gâte point ton langage par des digressions, connue cVst ta coutume. Quand ce li\rê sera achevé, donne-le moi à examiner. — Maître, répondis-je, je vous obéirai, »■
C'est alors que je me suis mis à Tœuvre et que j'ai composé cet opuscule , que j ai intitulé : Le petit Livre de la Miséricorde. Jespère que Dieu me récompensera de ce travail, dans lequel j'ai voulu me montivr clément vis-a-vis de mes frères, les vertueux l'aqirs, qui ont dépensé tout leur bien, ({ui ont fatigué leurs corps et à (jui leurs concitoyens ont attribué la iaJ>rication de la fausse monnaie.
J*en jure par mon nKiîtj*e, on trouvera ici la reproduction des couleurs, sans putréfaction, sans lavage, sans purification, sans blanchiment de corps ni lavage, sans combustion par le feu. Cependant, j'en jure par mon maître, il va en sortir un chapitre des plus conqjlets, ainsi que je fai déjà mentionné dans mon Livre de la Hoyauté et dans d'autres de mes ouvrages. Ce chapitre est infli(pié panui les Extérieures. Toutefois , en raison des compositions, des balances exactes el de la disposition de fœu%Te, il a reçu le nom lïlfitérieur. Je tlemande à Celui entre les mains fie (piî se trouve la répartition des biens de ce inonde qu il fasse atteindre l<* l»ut à Thonuiie seul méritant et croyant et qui! interdise le succès à tout infidèle et mécréant; je le demande au nom de Mahomet et de sa famille.
TRADl CTION.
Une. nuit que je dorinai!^, je me vis en songe, debout, au milieu de parterres et de paixs; à ma droite était un fleuve de miel, mélaogf^ de lait; à n\n gauche, un lleuve de vin. J'entendis une voix inlérioun^ (fui disait : «O Djàbcr! convie tes amis à ce fleuve qui est à ta droite, afin qu'ils \ boivent; mais interdis-leur le fleuve de gauclie ef ompêclie-les d'y boirts — Qui es-tu? dcmandai-je alors ;» la voix qui paHait. — -Je suis, repotidit-eUe, la lumière de ton etrur pui* et hriflant. •» A ce moment je me réveillai , Tesprit tout préoccupé de la composition du présent opuscule. Le lendemaîn malin, j'allai trouver mon maître; j'étais très joyeux de mon rêve l't j»^ In kii racontai. «Loue Dieu, me dit-il, et sois-lui reconnaissant d avoir illuminé Ion cœur et de t'avoir permis de faire le bien. Quitte-moi sur Theure et va t'occuper de l\Euvre à laipieile tu as été convié. Demande d Dieu qu il t'accorde son appui. »
Sachez, ô mon h^ère! que jai déjà traité de cette œuvre prochaine «^1 facile, dans un certain nombre de mes ouvrages; mais j en avais parlé dans des termes un peu obscurs, quoiqui* faciles h comprendre pour quieonqu»^ déploie une activité int Higenle dans la lecture de mes livres, et qui se propose de rechercher le but que je poursuivais. Cependant j** n'avais |)as *'mployé de termes trop énigmatiques, ainsi cpie je lavais fait dans d'autres ouvrages sur les œuvres qui exigent des opérations coiiqiliqiiées par des intermédiaires, œuvres pour lesqui^Hes celui qui connaît les intennédiairi'S n'a pas à craindre de dégâts durant les opérations ; ces œuvTes ont des voit^.s diverses. Dans certaines œuvres, les opérations ne peuvent être ac^omplit*s qu'après la composition et la propagation des couleurs, i faitle d'interm/' fliaiivs, tani préal;d)li*s (|ui* consécutifs. Dans d'autres encore, les opi'i'alions se font après ta propagation des couleurs, sans intermédiaires d'aboid, puis à faicle d'intermédiain^s. Pour ces œuvres il y a diverses voies suivies par les sages; il y a dorn^ lieu h option et matière à des doctrin*'s diverses.
Quant n la voie ([ue je vais iiitliqui^r ici , elle »*st plus claire que tout»*s celles qui ont précédi* : c'est la voie du feu seul, sans l'intervention d'un nouvel agent du commencement à la fm. (]*^tte opération est celle du meicure fixé; la balance est son soutier». Par la balance s'établissent les propri^^tés et la perfection. LVruvre est extérieure et intéi'ieure. Il n'est pas besoin de pj'opagalion de couleur.^, et l'on un pas à s'aider d'intemiediaires.
THAITES D ALCHIMIE \I\ABE.
Je feo conjiiiT par Dieu, o savant! par la vérité de Celui que tu adores, si (u comprends ce procède, gai^de soigneusement le secret vis-à-vis de toul autre cpie celui qui en est digne. Gaj'de-toî bien^ si Dieu te facilite l'accès tle cette méthode, de la montrer ou den parler; n'en [larle jamais, car le Souverain Juge te châtierait, et peut-être ten priverait-il ensuite par des moyens divins : ce qui te punirait encore davantage.
Sachex, o mon frère ! que vous devez vous baser sur toul ce que je vais vous dire. Prenez la substance dont vous devez vous servir; elle est fraîche et propre, quoique tirée dlmpuretés et de saletés. N'en prenez que la quintessence puie et choisie, de même que dans un œuf on prend le jaune el on rejette le reste. QuVIle provienne (raniinaux au début de leur jeunesse; elle est alors préférable pour la combinaison et plus aisée à manier loi^ de la disjonction, au înomi^nt où elle esl mise en fuite par le feu, dans l'opération que vous pratiquerez pour la tlîsjonctiorï. Méfiez-vous de votre ennemi; s'il vinnl a bout de vous, il vnns lut*ra, mais si c'est vous qui femportez sur lui, vous vivrez et n'aurez plus rien a craindre de votre ennemi. Appuyezvrjus sur cette paroln du Sa^^e : « Le frni aui^'inente la vertu du safje et la coriuption du pervers, w
Les sages ne s'enorgueillissent pas tht la quantité des drogues, mais de la perfection des opérations. Je vous n'conmiande d'agir avec précaution et lenteur, de ne point \€ms bâter et de suivTe f exemple de la natun\ dans tout ce que \ous désirez en fait tlv choses naturelles. Appuyez-vous sur ces principes et aloi's vous obtiendrez ce que vous desirez, tel tpie vous le désirez. (^ivlui qui manquera à ces préceptes ne réussira pas. Il lui faudra quelqu lut <|ui se donrïe comme rançon pour son ame el qui soit du même genre i'i du mêuK* âge ([iie lui.
Quand vous serez parvenu à ce point, enlevez avec précaution tout ce qui sera étranger : vous aurez alors la bjse du tempérament mixte, c est-a-dire ce qui fait péni'trer la teinture dans les l'Iolles. Lursqur^ vous aurez extrait cette chose, prenez-la, enlevez-lui sa forme corporelle i4 matérielle; vnv *dle lie poiUTii se mêler nux parcelles subtiles, cpi autant ([u*eHe sera sul>tib* ellemême : sinon il y aurait écart et divergence. Comprenez ce paragraphe, car c'est la base de toutes nos opéj'ations intérieures et extérieures.
O mon frère! lorsque vous aurez puriiié ce qu*il convient de purifier, eVst-à'dire les deux combinaisons nobles, excellentes, tinctoriales, le feu pur relatif a la pierre, ainsi (|U(^ lluiile pure, brillanti*, «'datante, mélangée
TBADUCTION.
i»l non brûlée, cl que Dieu ^oiis aura aidé sur ce poinl, vous serez arrivé au l*ul <1** vos désirs et vous ohtiendrcz tous les trésors de la terre. Commencez tilors il fiiire la combiruiison binaire des éléiw^nts froids et humides, avec les èléiaieuts rhauds et liumides; ensuite avec les éléments cbaiids et secs. Quand cela sera (ail, vous aurex ïimdm, dont je parle souvent dans la plupart de mes ouvrages. C*est ce que j'entends pnr ces mots : «A moins que Dieu ne me l'avorise en me faisant voir Y imam, »•
Occiipez-vous ensuite de la condiinaisun. Si votre combinaison est pour le l'oage, faites ce que je vous ai dit duns le bvre rie la Batunce unûfuc, sous cette forni*^ : «Certes b* Dieu Très-IIauf, lorsqu'il a créé les deux grands knninaires, a équilibjé leur nature, en augmentant ou en diminuant chacun de leurs deux éléments. Pour le soleil. Dieu lui a enlevé du froid vi île riiumidité, en augmentant la eludeur et la sécheresse, qui sont les deux qualit<''S dominantes de cet astre; tandis tjue b? froid et le sec sont plus voisins l'un de Faulre. Grâce* à cette pré<loininance, le soleil (forj agit sur toutes choses d^une façon correspondante. Quant à la lune (fargent), elle contient du froid et de rbuinide; ce sont là ses caractères dominants. Elle a perdu, en fait de chaieui' sèche, ce qui est conx'latif au froid sec, KHe agil donc sur les corps d'après ses qualités dominantes. Loi'sque vous aurez achevé félixir de Tune des deux couleurs propres à ces deux luminaires, vous aurez alors, j'en jure par iiion maître, la balance naturelle, dans toutes les opérations, éloignées, moyennes, ou prochaines. Faites fondre ensuite, comme je fai indiqué ilajjs mes livres en ces termes : ■ Fondez Féquilibré , le paj*allèle» à laide du feu à trois degrés, savou" : le feu du début, le feu moyen, le feu extrême, qui fait fondre félixir; le solide fondra comme de la cire et il dm'cira ensuite à lair. 11 pénétrera et s'introduira connue un poison. Le résultat sera conforme à Topération, si la substance est excellenle, ainsi que je vous Fai tbjà dit. « 1/opération ne sera rapide qu'avec la substance précédente î elle sera très solide, excellente et très nette. Une seule partie suffira pour un million. Si» avec une substance excellente, vous commettez quelque négligence dans l'opération, le résultat sera en proportion de cette négligence.
Conservez FélLxir dans un vase en cristal de roche, en oi', ou en aigent, le verre étant exposé à se briser. Implorez l'appui de Dieu en toutes choses, vous serez heureux et dans la bot me voie.
Jen jure par mon maître et par Cehii tpii m'a créé, je ne vous ai rien
xuMnm:, — ru, a" (jartic.
ivrtivAiui ««ftoiéi^.
caché dans cet opuscule, pas un seul mot. Je vous ai aplani toutes les difficultés : ce que n aurait pu faire personne autre que moi ni chez les modernes, ni chez les anciens. Voyez ce que j'ai fait pour vous et pour toas les chercheurs; récompensez-m'en par vos prières, par vos vœu\ et par vos oraisons. Prenez une portion de votre élixir, distrihuez-la en mon nom gratuitement aux pauvres i»t aux maJheureux ^'^. Dieu me revaudra cela auprès de vous; c est lui (fui me suffît et il est le plus (excellent des protecteurs.
Fin du livre.
^'' Voir Hif^rothée. ColL tief AIch, (ftrcx, Irad., p. \i'i.
TRADUCTION
(VII) Ili. LE LIVHL DES BALANCES.
Au nom du Dieu cl*^fvifrrii et luiséricorcHeux!
Louange à Dieu, le loaitre des mondes!
Voici Le petit Livre des Balances, ouvrage composé par Djâl*er hen [(ayyàii FJ-Azdi Et-Tliousi Eç-Çoufy {Dieu lui fasse niiséncorde!)*
Louangi* h Dieu» le rnaîtr»' dvs ïnornlfs! quU r/"paîidè ses héiiédicliuns sur le proplièle Mohaniined, sur sa fauiille, et qull leur accorde le salut!
Si nous voidions entreprendre de décrire la supériorih' de Dieu sur nous et de dépeindre les faveurs dont d nous a comblés, nous iTarri venons pas à trouver des épithètes suffisantes, ni môme des expressions pour le délinir. N est -ce pas lui, en ellet , qui a créé les trois catégories primordiales (une ijuahiènn* nVxistan! pas), a savoir : les animaux, les plantes el les pierres, en donnant la prééminence aux animaux. Puis, parmi les animaux, c'est lui qui a mis au premier rang i'Iiomme, doué de parole et de raison, susceplilde de recevoir des ordres et des prohibitions, capable d*r:ntendre les discours el d en tirer profil pour son éducation, Enlin il a donné à rhoninie cette substance précieuse, ce principe de causalité qui le rapproche de lui, rintelligence, t[ui est une marque divine de noblesse et de grandeur.
Dieu a dit k riiomme : « Je resterai en relations avec toi : tu pourras donc obtenir, soit la récompense suprême, soit le dei'nier châtiment. » Puis, lorsqu'il eut fait descendre Adam du paradis sur la terre, il lui offrit, par fintermédiaire de Fange (îabriel, d(* cbnisir entre trois présents : «Ton Dieu, dit tiabriel à Adam, t'adresse le satui et te lait dire qu'il t envole trois vertus : la pudeur, rintelligence et la religion; lu peux choisir l'une d'elles, mais alors tu devras renoncer aux dru\ autres. — Je choisis Tiatelligence, répondit Adam. — Remontez au ciel» s écria Gabriel, en s' adressant à la pudeur et a la religion. — Nous ne le ferons pas, répliquèrent ces deux dernières. — Pourquoi désobéissez-vous ainsi, repartit Gabriel? —
TRAITES D'ALCUJVÎIh: AHABE.
Pai*ce que, sV»crièrent-elles, iiouîî avons irru Fonliv* Av ne jamais nous s^^parer de rîntellî fronce, en quelque efulroil (|Ut!ll(» se trouve, n
Lesnir'rites de l'intelligence sont sunisaninient (lémonlrés par ces paroles du Prophète (que Dieu répande sur lui ses hénédietions et lui accorde le salut î] : ft Ne vous soumettez jamais i\ celui qui na pas la moindre parceUe d'inlellij^ence. » C est encore hi Proplïèti" qui a dil : « Llnlelli^ence chez, riiomtne est comme le titre dans une monnaie; plus ce titre est élevé, meilleure est la pièce. « Si nous voulions entnq)rendre dWîuunerer les principaux luérites de rintelligence, il nous faudrait allonger de beaucoup ce livre; mais nous allons seulement en dire ce qui intéresse notre sujet, d après les opinions des plulosophes.
Socrate, ainsi que tous ceux qui suivent sa doctrine de nos jours, prétend tpie Tintelligence a son siège dans le cœur, parce qu elle préside k tous lesr ui'ganes; elle surveille tout ce (pii est porté au cerveau de l'honime : sans elle le cer\eau ne serait jamais éveillé. , . . , car, disent-ils, il est du devoir du chef de demeurer au centre de son armée, de fa«;on a être également rapproché des deux ailes, afin de voir celk» qui a l'avantage, d'être k portée de rallier celle qui est débandée et de doruier l'impulsion à celle qu il veut mettre nn nvant. Or, si ce cbef était plan- à rextrénnté de son armée, il ne pounait aisément Torf^aniser, la surveiller, ou la guider de ses conseils. Trop éloigné du théâtre des opérations, celles-<"i se feraient tni dehors de lui.
Les disciples de Platon, dWristote, de Pylliagore et d'autn-s philosophes disent, de nos jours, (jm^ rien n'est plus «'|i^vi\ plus noble, plus important, plus sublime chex l'honnne que la tête. Cest l:i, ini elTel , cpie sont réunis les srns dont il fait un constant usage. Il en est ainsi de la vue, et point nest besoin d'insister sur rimporlance de ce sens pour les divers organes, non plus que de fouie, flont le mécanisme ingénieux est d une si grande utilité. C'est encore dans la tête que sont les organes à laide desquels on mange et on boit et qui transniettcnl au corps les aliments, en fournissant au cœur les matières qui servent à le constituer et h le maintenir m élal. En outre, elle permet dVprouver les siMisations agréables que procurent les nn»Ls et les boissons. De tous ces indices il faut donc conclure que la tête est un organe supérieur à tous les autres. Enfin revamen nous montre que toits les organes idimentent le cœur et le ceneau, à Taide d'une série continua de v4'ines minces et grosses et d'un réseau de nt^rfs. c[ui les mettent en communication les uns avec les autres.
TRADUCTION
Ul
Les auteurs disent qui! y a trois compartimenls manifestes el visibles clans le cerveau de Thcoune, Us sont Sf'*part's les uns des autres; ii existe entre charun d eux et son voisin une séparation. Le compartiment situé à la partie antérieure, derrière le front, est le siège de riniaginatîonî c est lui ïjui Iransniel aux yeux les choses visibles queHe imagine. Le second coinparhm«*nt, placé au milieu de la tête, est le siège de la mémoire; c'est grâce à lui que le cœur garde le souvenir des choses éloignées et des engagenients anciens. Le troisième conqîartiment, qui confine au deirière de la léte, est le siège de la pensée; c'est lui tpii fournit k Hiomme ses idées. Quand le compartiment antérieur est obstrué, rimagination n existe plus; si c'est le compartiment moyen, la mémoire fait défaut, et enfin si c'est le compartimenl postérieur, la pensée est supprimée.
Ceiix qui ne sont pas partisans de f opinion d'après laquelle le chef doit être au milieu de son armée disent que le chef doit être placé h un point culminant, duù il puisse voira la fuis toute son armi'e, laile droite, l'ailt^ gauche, Tavant-garde et larrière-ganle. Rien ne doit lui être masque et aucun de ses desseins ne doit être entravé, faute de voir. Ils ont fourni sur ce sujet d'excellents arguments, l)ieti exprimés, bien déduits et accouqKi gnés d'observalions ingénieuses.
Aux partisans de ces deux doctrines je répondrai c|u'Aristote les avait iléjà devancés dans son traité célèhn* intitulé : La Logitjue, lerpiel est un di* ses plus merveilleux ouvrages; il l'a divisé en quatre livres appt^l* s : Caiefjorms (Karuyop/ai), Sar nntcrprJiation (Trepl Èpfxtjvsims) , Analytiffue.^ [Aua>.VTtHd) et Topiiiaes [Tonixii)Ai l'avait fiiit précéder d'une introduction [do'ayjôyff) et il avait ainsi donné le premier le traité des preuves, sujet dans lequel il n'avait été précédé par aucun autre philosophe. Aussi les philosophes se prosternèrent- ils en admiration devant Aristote, qui avait créé cette science.
Le premier point indiqué paj^ Aristote dans ce livre, c'est que les preuves sont de deux sortes : les preuves qui se démontrent par ejles-mémes, sans qu il soit nécessaire de fournir aucune autre indication : par exemple, U* feu el sa clarté. Aucune démonstration nest ici m'-cessaire, car la clarté du feu suffit î\ en prouver Texistence. De même encore la ruiit et ses ténèbres; la lumière Au soleil détuontrée par le lever tle cet astre; la vie de fhonune prouvée par ses mouvements; l'hiver par le froid qu'il engendre; Tété par sa chaleur. Tandis que pour d'autres choses , ii est nécessaire d une dé^nons- Iration, parce (|u>lles ne h portent point avec elles.
THAITKS I) Vi.CHIVUE ARABE
Il V a, en pfi'et, qiiain? soiles de propositions : la pruposiÙQu lelalive au fait, cefle rotative* h la controven»e, cflle qui se rapporte au sophisme et onfin celle ((ui a trait à la tl<*inonstration. Dès qu*urie proposition démons* Jrative est joint*' h ïmu* quelconque des trois autres, on a alors les deux »neilleuj^\s propositions ponr d<^tenniner la conclusiofi. D'ailleurs j'ai expliqué loul ce qu'il y avait dobsrur dans la science d*^ la lo^it|ue dans louvrage quoj'ai composé à ce sujet, et quiconque le lira deviendra un logicien /fandis que le Philosophe avait donné tout cela sous une forme résumée, j'ai, en ce qui lue concerne, développé toutes ces propositions* Pom^ Tauleur. la proposition relative au fail est celle qui est repn^sentée par un discoui^s expressif, dans lequel la forme ne d<*passe pas fi^x position que f on a voulu faii'e. La proposition relative à la conlroverse est analogue à la précédente, mais elle est en outre accompagnée de ses arguments. Celle qui se rapporte^ au sophisme a poui' objeî tie montrer fignorance de ceux qui s'en servent, parce qu*ils ont laissé de côté les vérités. Quant à la proposition qui a Irait à la démoïistration, cltai|ue fois quelle accompagne l'une des trois autres, elle détruit par sa présence tout ce qui chez, celle-ci n'aurait aucune utilité. \ussi la pj'oposition démonshative est-elle h elle seule la meilleure des (rois règles, car il n'en existe pas une quatrième. Klle se divise en nécessaire. possible et impossible. La nécessaire est la démonstrative pai' excellence; la possible est celle qui es! liée à la démonstrative par les trois règles : elle peut être, ou ne pas être. Quant à rim[)Ossible, elle f est par dénionstralion, i"t les philosophes lui ont doiuu^ le nom de sdiib (tjui a accouché avant ternie). Exemples de rimpossible : feau a pris feu; le feu est devenu eau.
11 est de principe rigoureux et absolu qu'une proposition (pti n'est point appuyée tle preuves est une sinq)!e allégation, et cette allégation peut éh'e vraie ou fausse. C'est seiiieniient quarid on en anra donné la preuve que nous dirons : «Ton dire est vrai m, à celui qui nous aura indiqué où est rinteiligence, où elle réside et où elle se tient.
Les partisans du ccrur qui a\ aient conunencé à disenter cette question du siège de rintelhgence n'ont pas trouvé d'autres arguments que les allir mations qu*ils oui pioduites à ce sujet; ils n^ont donc donné que de simples allégations» puisqu'ils n'ont point pu prouver leurs dires. Quand nous avons deniand** aux partisans du cerveau des preuves de leur assertion , ils nous en ont fourni une en disant : ** Vous voyez celui qui est malade du cerveau soulfrir toutes sortes de douleurs et perdre rintelligence : par exemple, il
TRADIiCTION.
éprouve de la mélancolie, de fépuisement, des accès de folie el des va peurs noires et brûlantes, » Cet argument me parait valable el j'estime que rinlelligence est dans le cerveau; car celui qui a une maladie de cœur, éloull^mient, emphysème ou autre, ne perd point pour cela linlelligencp. Je donnerai des preuves de tout ce qu'il sera nécessaire de dire dans ee livre sur la science des lialances. Djàber ben Hayyân déclare qu'il n'y a d autre divinité que le Dieu unique, qui n*a point d'associés, et que Mohammed est laeloraleur de Dieu, son élu et son prophète. Il demande pardon h Dieu de divulguer le grand secret, la science occulte dont tous les phdosophes ne doivent point parler ouvertement, pas plus «|ue de cei*taines choses moins importantes, telles qu'à laide d'un seul mot on connaît mille catégories. Aussi aucun d*eux n a-t-U rien dévoilé de cette science el n'a-t-iJ érlairci ce qu il y a d'obscur dans ses procédés, comme je le fais aujourdliui. D ailleurs un savant qui \oudrail en éclairer les points douteux par le moyen d'une autre science ne saurait y parvenir. Moi-même je ne Taurais pas fait, si je n*avais su quaucuti habitant de ce monde ne lirait cr fjue je vais dire, en dehors de ceux de nos frères qui sont mentionnés dans le Livre des Indices el de tous ceux cpii, comme eux, ont un esprit pur, une conq>réhension hne* une forte dose d'intelligence et de bon sens et qui, dans diverses branches, ont fait des études apprûfondies. Combien de fois n'ai'je cessé di^ répéter dans tous mes ouvrages : Multipliez les leçons pour transmettre la science. Celui qui agira selon les instructions que je lui donne verra que chacune de ses leçons produira un effet que n'aura pas produit sâ leçon précédente. Quant aux autres, à ceux qui ont le jugement incertain, inconiplel et débile, ceux qui ont le cœur faible^ sll leur arrîv*- <ie trouver un de mes livres et d en lire quelques pages, ils s'empressej'ont de les rejeter à droite et h gauche, en proféjrant des injures et en disant : * Djâber ben Hayyân nous a plongi's dans le puits, conuiie si la vérité était un devoir pour nous.» S'il en était ainsi, il ne me serait pas permis de répandre la science de ce monde et de la vie dernière* Or, pourquoi nous est-il permis d agir de celle manière? C'est que nous avons reçu Tordre de ne pas ff^nseigner aux gens dt* basse classe, toujours disposés à suivre ce^ braillards que les prophètes des fds d'Israël ont lait périr e! qu'ils onl convaincus d'imposture. Cesgens-Ià, quand njèine il s'en rassemblerait unr masse aussi nondïreuse que h*s grains de sable, ou encore plus nombreust*, et quand ils se préferaient Tim iîi l'autre un appui mutuel, certes ils ne
TRAITES D'ALCHIMIR AUABtl.
pourraîpiît compi'endre rc quv j'ai vciulu diro, ni même rn tendre lîi moindre parccdlo des nombreuses choses dont jai parlé. C*est pour cela que je ne i^doute point d'instruire mes frères, comme nous ont instruits ceux çjui nous ont précédés.
Je vais démontrer les choses (pii agissent par leur nature, sans avoir besoin detre divisées, dissoutes ou mélangées : ce qui sera en même temps une démonstralion rapide et inuiiédiatc de Inexistence de la chose (fondamenlaie] elle-même. Quand vous ne retireriez de la lecture du présent ouvrage ([oe la démonstration de ce que je viens de dire, ce serait encore là aw connaissance considérable et réconfortante, sans compter quelle abrégerait le chemin si long et la voie si difficile que Siafisos^** a mis vingt-quatre ans k enseigner, Démocrite vingt ans, Sergius (?) quinze ans, et, après lui* Meslemios douze ans. Ainsi la durée de cet enseignement allait diminoanl par degrés, ces maîtres ne ménageant ni leur temps ni leurs peines* H en étail ainsi à cause de la faveur dont Dieu leur donnait les martjues, au moment où ib réunissaient les bases de leur doctrine, où ils la pavoisaient de leurs drapeaux aux couleurs chatoyantes, et ou ils en démotitraient la grande utilité au milieu du pai'terre des fleurs de leur science* Tous ceux qui arrivaient iLCûimaître cette science ne perdaient point la plus petite parcelle des biens de ce monde ni de ceux de la vie future. Ils jouissaient des délices permises dans ce monde, comme ils fentendaient, et ils étaient élevés, comme ils le voulaient, aux plus hauts degrés de la vie future.
Cela dura jusqu'à Tépuque où Aristole traita avec ses disciples h question de la cause idlicienle et du peu de prolit que ses prédécesseurs en avaierrt lire. «Nous connaissons, dit Aristote, futilité des connaissances ([uils avaient acquises et nous sommes allés à eux; tnais eux nonL pas coiuiu futilité de ce que nous avons acquis et ils ont ignoré notre valeur. » Les disciples se partagèrent alors le travail en partant de la cause efficiente, pour suivre chacun leur inspiration; puis ils se réunirejit un an plus lard, Cha- ( un d'eux alors avait appliqué le principe à une science et avait trouvé (juelque chose que son voisin tie savait pas. Les philosophes furent émerveilles de ce résultat et ils admirèrent chez ces disciples rinlelligcnce quy ijvail fait naître le maître.
^•J Sopbé l'ÉgyptJcti, ou SouphtJi, cest-àrtirc Ctiéops» 80us le îiom tlmjiie! exîsLaieni des livre* apocryptïes , Jorit deux U^ns alclii-
mitjiii^s. [ColUctien dct Atehimistvs ^recs^ Irailuctinn, p. 2o5 el io6; — Origines de t' Alchimie, p. 58*)
TRADLCTION.
i'ilj
La science di^ la balance était secrète clit-z eux, aiais ils la passédaienl; ils connaissaient et pratiquaienl rœuvre; ils recumiaissaient les faveurs de Uieu
dans la chose qni est l'ouge, lorscjn^elle diîvenait routai'; dmis cc^lle qui vhnî hianclie, qnand elle hlanclnssail; dans celle qui etail jaune, lursqu'elh* jaunissîdt. Ils la mélangeaient ensuite avec de l'eau chaude, avec de 1 eau à la température normale, de Teau du poison, de feau de la dissolution, de Teau
déconcentration, de leau de (?), et de Teau qui doiin*' la ruiÉsis-
lance delà cim. Quand Fopémtion était terminée, on avait une pierre couleur de pourpre , scintillante, cramoisie, perlée, qui éblouissait les yeux, F^Ue avait la mollesse de la ciie et cependanl (die résistait au leu, sans être allen*(* et sans subir la moindre déformation, Klle faisait entendre, avec la permission de Dieu, un bruit et une crépitation.
. . . . , H «lit : n Dieu La accordé une faveur» njais il ne \ eut point de désordre sur la terre; il a promis spérialenient une fie ses récompenses k <"eux qm pratiquent Ftcuvre. Si tu prodigues les biens aux ^ens de ce monde, lu * ne seras pas appauvri, bien que tu te sois dépouillé complèlemenl ; car tu auras la félicité éternelle et la meilleui-e des fi us. »
Revenons maintenant à noire premier sujet, ï^a science des balances n'a pas cessé d'exister depuis Serfîius(î*) qui, au moment de sa mort, fa transmise à un savant de ce monde, en lui faisant prendre rentragement de n'en parler ou de n'en discourir qu'avec un philosophe connne lui, et non a\«*c d'autres personnes* Cela s'est continué jusqu'à mon époque, où j'ai tlu recueillir la tradition, qui nv pouvait être confiée quà moi seul; car j'étais le dernier des représentants de cette science. On nVa demandé de nrengîiger à gaider le secret pour moi et i ne point le répandre; mais jai relusé daccepter la tradition dans ces conditions/
La nécessité a dors obligé le détenteur de c«*tti! tradition â me la li\ rer faute de trouver une antre .persorme t|Ui' mui (pii lui di;^tir dr la ii'Cijvoir, 11 m'a demandé pourquoi je lefusais de pi'endn' reitgagement de ganlivi' li' s#*cret. Je lui dis alors c|ue j'étais tlune nature bienveillante et que, en gênerai, les honunes clierchaiejit à abuser des auU'es. «Si, ajoulai-je, vous me laisser la liberté d'agir à mon gré, je divulguerai uni' partit? de cette science et j'en cacherai une pat lie; jf* serai à la fois discret et énigmatique, donnant ainsi certaines choses et en réservant tfautres. — Ti^ crois-tu permis, me répondit-îK de recevoir une science dont personne n'a entendu parier et que Ton ne suppose pas pouvoii* être utile, ou même existei*.
ALt.HJ.Mi£. — iJi, '" pallie. ly
IhiS
TUAIÏKS DALCHIMIK ARABE.
Ponses-tu que celle étude qui a exigé vingt-cjualre ans de celui qui le preluior la entreprise, lu puisses en divulguer le secret , au point de peniietlre de I acquérir en sept jours, ou même moins que cela, en trois jours, à un liotnnie d'une intelligence reman|uable, ou tFune perspicacité exti*aordinairc? Tu peux même dire, encoie en moins que cela, en sept heures, eu trois heures, ou moins encore; par exemple, le fenips de faire bouillir le idiaudron qui renferme !a nourriture , que tu veux manger suj'-le-champ. » je hji fis savoir que je mengageais à ne faire part de cette science qu'aux philosophes que j*en jugerais dignes. Il me confia alors la tradition.
Sois donc lliomme que je viens rie décrire, ou pareil à ceux de mes confrères dont je t'ai donné Tindication dans le Livre des Indices, en disant ffeux : H Vous enseignez nuit et jour; vous faites des recherches à la façon des philosophes que rien ne rebute dans leurs travaux et cpii ne disent jamais ; «Ceci est fermé pour nous, laissons-le; notre intelligence ne par- « vient pas à saisir ceci, éloignons-nous-en. » vous! cjuî, lorsque vous enseignez, faites connaître la science des anciens et des modernes, vous êtes comme les souverains des mondes et vous avez atteint en générosité le rang des prophètes, jouissez des plaisirs de ce monde et vous gagnerez dans
la vie future la félicité , Cest ainsi qu agissaient les pruphètes (que
sur eux soit le salut!); ils ne cessaient de répandre ce qu*ils savaient, pair.e* qu'ils voulaient dissiper l'ignorance. Or, s'il leur a été permis de répandre ces grandes vérités parmi les plus hunxhies et les plus vils des hommes, il plus forte rnison cela me sera-t-il permis, à moi.
Celui qui met en piatique la vérité ne saurait être atteint par les discours (lu premier venu qui dira qu il est dans une fausse voie : les ennemis de la philosophie et des philosophes sont itond>reu\. Du reste le proverbe dit : '• Quiconque ignore une chose en est fennemi» » Aussi y a-t-ii beaucoup d'ennemis des choses qu'ils ignorent. LTailleurs, comment ne serait-on pas hostile à une chose que rintelligence ne peut saisir, que ia \'ue ne peut atteindre et dont on est impuissant à aecpiérir la connaissance exacte. On a vraimeni , dans ce cas, le droit rfeltre hostile et il ne convient pas que Yon vous en fasse le reproche.
Quant à celui qui a étudié une chose, au point d arriver en quelque sorte iï la voir, il prend goût à son étude, il s absorbe dans ses recherches pour en connaître tous les secrets et, s'il réussit à Tembrasser dans son ensemble et ù en distinguer toutes les parties, il faut nécessairement qu'ils* en éprenne.
TRADUCTION
Cette passion h pousse ensuite à désirer foruier des disciples, qui suivroul »e9 doctrines de sou vivant et après sa iiiorL H s'attirera par ià la iiiispricorde de Dieu, à cfui il rapportera tout le bien qiill aura fait. Puisse Ditu le faire atteintire ce résultat; si tu en es digne» quil ne t'en fiiistre pas, qu'il te raccorde et ne te le refuse pas.
J'ai déjà dit dans mon livTe intitulé : Le Momie supérieur et le Aîond* infèmufV que si les quatre éléments anciens sont en parfait équilibre, c'csts\dii'e qu aucun d'eux ne soit en excédent ou en quantité inférieuri% il y a alors égalité dans la balance des vapeurs. 11 en résulte i\\xv lus choses ne peuvent s altérer, ou qu^elles reviennent i leur élat normal, quand elles ont été gâtées par le voisinage ou le contact dun corps,
Dans mon livre intitulé : Le Livre du soleil et de la /fmt\ j'ai a\aneé qu^^ ces deux astres ne contenaient en équilibre que deux de leurs quatre éléments, et cpie par là Dieu nous avait montré que les deux antres pouvaient être en excédent ou en diminution. Il est également démontré que quand trois des éléments sont en équilibre et que le quatrième est en excédent, le corps est également éternel. Kn effet, nous voyons que le monde supérieur, équilibré dans ses éléments, a une longue durée et n'est point sujet à altérations-
Quant aux deux luminaires (le soleil et la lune), Dieu, après avoir créé toutes choses des quatre éléments : le feu, leau, lair et la terre, lit sortir des mondes anciens les quatre qualités : la chaleur, le froid, l'humidité ri la sécheresse* La combinaison de ces éléments a produit le feu, qui contient la chaleur et la séchei^esse; l'eau, tjui a le froid et Tlmmidité; lair, tpn a l;i chaleur et rhinnidité; la terre, tpii a le froid et la sécheresse. C'est à l'aide d<^ ces éléments que Dieu a créé le monde supérieur et le monde inférieur. Quand il y a écjuilibre entj'o leurs natures, les choses subsislmt vn d*'pit du temps* sans être consumées par les deux luminaires, ni rouillées par les eaux des étangs; tel est lor pur, que la naton» a fait cuire et purilîé dans toutes ses parties, sans avoir besoin de dro;(ues, d'analyses, ou d'aflinage.
Je viens vous dire, si vous êtes clairvoyant, fa théorie et la pratique de deux grands chapitres. Je vous ai, par des exemples, montré la nécessité de féquilibre des natures, en ce qui concerne Tœuvre; la chose est rarement nécessaire en dehors de cela. Sacbei^ donc que l'équilibre des natures est indispensable dans la science des balances et dans la piatique de fa-uvre; bien que l'une soit plus aisée que l'autre, la voie à suivre est id<*ntiquemenl
I'i8 TRAITES D'ALCIUMFE ARABE.
la même. Maintenant que je vous ai pai'lé des eaux, de l'équilibre , de la synthèse, de lanalyse et du ramollissement, je vous ai tout montré, si vous êtes clain^oyant; mais si vous êtes aveugle, la faute ne peut m'en être imputée.
Dans le Livre de la Synthèse je vous ai dit : « Si nous pouvions prendre un homme, le disséquer pour équilibrer ses natures et lui rendre ensuite une nouvelle existence, il ne pourrait plus jamais mourir. » Reconnaissez l'enchaînement de mes idées dans cet exposé; ne vous ai-je pas dit, en effet, (|uo les êtres avaient besoin de l'équilibre de leurs natures. Cet équilibre une fois obtenu, ils 4ie changent plus jamais, ils ne s'altèrent plus et ne se modifient plus, en sorte que ni eux, ni les enfants qui sont issus d'eux ne peuvent jamais périr, ils n'ont plus, grâce à Dieu, à redouter les mala- (Hes, la lèpre, ni l'éléphantiasis. Si vous ne saviez pas cela, vous ne savez rien et n'avez aucune science.
Je vais maintenant établir par des preuves ce que je vous ai dit de l'équilibre des natures. J'agis, ainsi , à cause de votre aveuglement et de la compassion que j'ai pour vous; car vous êtes impatient de savoir et vous ne voulez pas manquer de vous instruire. Vous avez une nature spirituelle, pareille à celle des philosophes; mais nous êtes froid, vous mamjuez de la chaleur du feu et de celle de l'air, et vous n'avez d'autre appui que le froid de la terre et celui de l'eau. Quant î\ la loule d(îs autres êtres, leurs cœurs les <'»loignent de mes livres, qui hvs effrayent. Ceux qui les lisent y croient, et j'en remercie souvent Dieu.
Dans l'un de mes livres, j'ai connuenté le Pentateuque, de telle sorte (|uon peut l'étudier aussi aisément que ceux qui connaissent la langue hébraïque. Avec l'aide de Dieu, j'ai étudié le Pentateuque, l'Évangile, les Psaumes et les Cantiques. Or j'ai trouvé dans le Pentateuque une preuve, de la nécessité de l'équilibre des natures pour la conservation des corps, de façon qu'ils ne puissent se corrouïpre. Il est nécessaire que vous remontiez à la première ci-éation pour vous lendre compte de votre œuvre; il faut ([ue vous sachiez distinguer le froid de l'âme de la chaleur de l'esprit, la chaleur de l'âme du froid de l'esprit , ainsi que le froid de la terre et celui de l'air : alors vous connaîtrez, s'il plaît à Dieu, la portée de tout ceci.
Il est dit dans le Pentateuque, au sujet de la création du premier être, que son corps fut composé de quatre choses, qui se transmirent ensuite par hérédité : le chaud, le froid, l'humide et le sec. En effet, il fut composé de
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terre et d'eau, dun esprit et dune âme. La sécheresse lui vient de la terre, rhumidité de Teau, la chaleur de Tesprit et le froid de lame.
Ensuite le corps du premier être créé a reçu quatre catégories (humeurs) , sang lesquelles le coi-ps ne peut subsister, et aucune de ces catégories ne peut subsister sans les autres : ce sont la bile noire, la bile jaiine, la pituite et le sang. Le siège de la sécheresse a été placé dans la bile noire, celui de la chaleur dans la bile jaune, celui de Thumidité dans le sang, et celui du froid dans la pituite. Chaque fois que dans un corps il y a équilibre entre ces quatre natures, qu'aucune d'elles n'est en excédent ou en diminution, la santé du corps est toujours excellente. Mais si l'une augmente ou diminue par rapport aux autres, ou qu'elle envahisse le corps tout entier, alors viennent les maladies qui amènent la mort. En effet, nous voyons dans les corps de la chaleur, du froid, de l'humidité et de la sécheresse, et nous comprenons comment ils subsistent quand ces éléments s'équilibrent, et comment ils dépérissent quand ces éléments sont en quantités inégales. Tous ceux qui sont clairvoyants trouveront cela dans le Pentateuque et dans le recueil de mes livres. S'ils ne le voient pas, c'est qu'ils sont comme ceux dont Dieu a dit dans le Coran : « Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles; mais les cœurs qui sont dans les poitrines ne veulent point voir. »
Maintenant je vais expliquer la science des propriétés des choses, dont les natures serxent aux opérations. Pour chercher ce que je dirai ici, le voyageur parcourrait vainement les contrées les plus éloignées et les plus lointaines; il ne trouverait rien, car nul autre que moi ne peut en donner connaissance aux hommes. Ce sera un argument cjue je fournirai, à l'appui de ce que j'ai dit des natures et de leurs effets prodigieux. 11 convient, o philosophe l que vous teniez caché ce secret dès que vous le connaîtrez. Il ne convient pas que vous le divulguiez à celui qui n'en est pas digne, car tout ceci sera expliqué clairement , d'une façon élégante et men eilleuse. Si la chose eût été donnée sous une forme énigmatique et secrète et qu'elle n'eût pu être comprise que par un savant tel que vous, il me serait indifférent qu'on la fit connaître et je ne serais point affligé qu'on la divulguât. Je vais maintenant vous indicpier les trois premières, ainsi que leurs propriétés : je veux dire les animaux, les plantes et les pierres. On pourra les dire sans inconvénient à ceux (jui méconnaissent la science des savants, qui les blâment et les traitent d'imposteurs.
TRAITES D'ALCHIMIE AKABE.
Pourquoi, si une femme en couches revêt le costume d'un iiomme et que celui-ci le remette à son tour sans l'avoir lavé, la fièvre quarte serat-elle écartée de cet honmie? La fièvre a-t-elle peur des vêtements de la femme , ou y a-t-il quelque autre motif?
Pourquoi quand on attache un os d*homme mort à une dent, celle-ci cesse-t-elle de causer de la douleur?
Pourquoi le tigre fuit-il le crâne do l'homme?
Pourquoi Dioscoride assure-t-il que Tos humain attaché au corps d*uri homme atteint de fièvre quarte, le soulage?
Pourquoi le lion ne s*approche-t-il pas d'une fenmie ayant ses menstrues et qui se met nue et couchée sur le dos? Les lions ont-ils donc peur de la femme qui a ses menstrues? Pourquoi la femme qui fait cela devant les nuages chargés de grêle les éloigne-t-elle? Serait-ce parce que le nuage est efiFrayé de ce que fait la femme?
Pourquoi Alexandre a-t-il dit que si Ton prend un morceau du cordon ombilical dun enfant nouveau-né, au moment même de sa venue au monde, et qu'on place ce fragment sous le chaton d'une bague, le porteui* de cette bague n'aura jamais à redouter les coliques? Serait-ce que les coliques sont effrayées par ce fragment, ou y a-t-il une autre cause?
Pourquoi, si l'on prend le linge qui a servi de tampon à la première menstrue d'une femme et qu'on s'en ser^'e pour attacher un pied gelé, cette opération amène-t-elle la guérison?
Pourquoi la salive de l'homme qui a bien faim ou bien soif tue->t-elle les scorpions et la plupart des insectes?
Pourquoi un nuage ne donne-t-il pas de pluie, fait qui est certain , quand une femme sort nue et tourne son visage du côté de ce nuage?
Voici une figure divisée en trois compartiments, dans le sens de la Ion-
gueur et dans celui de la largeur. Chaque ligne de cases donne le chifire 1 5 dans tous les sens. Apollonius assure que c'est un tableau magique formé
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de neuf cases. Si vous tracez cette figure sur deux linges qui n'ont jamais été touchés par feau et que vous les placiez sous les pieds d une- femme qui éprouve de la difficulté à accoucher, la parturition se fera immédiatement.
Pourquoi lorsque Ton tue un hibou, l'un de ses yeux reste-t-il ouvert, tandis que l'autre reste fermé? Pourquoi, si l'on place ces yeux dans le chaton d'une bague, celui qui portera la bague avec l'œil ouvert restera- 1- il éveillé, tandis que celui qui portera la bague avec l'œil fermé s'endormira?
Pourquoi la chauve-souris a-t-elle peur des feuilles du platane et ne s'en approche-t-elle jamais?
Pourquoi guérit-on de la piqûre du serpent en mangeant des crabes?
Pourquoi la tortue, renversée sur le dos et placée sur l'orifice dune chaudière, l'empêche-t-elle de bouillir?
Pourquoi la pince du crabe attachée au cou d'un homme l'empêchet-elle d'avoir des écrouelles, tant qu'elle est portée par lui?
Pourquoi les fruits ne tombent-ils pas d'un arbre auquel on a suspendu un œil de crabe?
Pourquoi le scarabée enfoui dans des feuilles de rose perd-il tout mouvement, tandis qu'il se renme et revient à la vie quand on le place auprès de la fiente?
Pourquoi la chair du hérisson en bouillon, rôtie ou bouillie, produit-elle un effet salutaire contre féléphantiasis, la phtisie, les rhimiatismes et soudage-t-elle les douleurs des reins?
Pourquoi la chair des vipères, lorsqu'on la mange cuite, guérit-elle de féléphantiasis?
Pourquoi n'a-t-on rien à redouter des animaux féroces lorsqu'on s'est frotté de graisse de lion, et pourquoi les hémorroïdes guérissent-elles quand on s'assied sur la peau de cet animal?
Pourquoi l'enfant auquel on attache un œil de chacal n'a-t-il jamais peui*, et pour([uoi les chacals fuient-ils l'endroit où l'un des leurs a été enterré?
Pourquoi la personne qui porte un morceau de vagin de hyène est-elle aimée de tout le monde, et pourquoi les chiens ne font-ils pas de mal à celui qui a sur lui une langue de hyène?
Pourquoi le pou pris sur l'oreille droite d'un chien guérit-il, quand on le porte, de la fièvre quarte? Pourquoi la verge du chien desséchée et attachée h la cuisse d'un homme le rend-elle plus ardent au coït?
152 TRAITES D'ALCHIMIE AllABE.
Pourquoi les chiens n aboient-ils pas après rhomme qui porte sur lui une canine de chien et peut-il ainsi voler dans les tentes!'
Pourquoi, sî Ion met dans un colombier la pierre jetée à un chien et que celui -ci a mordue, les pigeons s'envolent- ils, tandis que si Ton met cette pierre dans du vin , le bouchon saute en produisant un bruit?
Pourquoi un rognon de renai'd suspendu au cou guérit -il des écrouelles celui qui le porte?
On dit que le sang de lièvre employé comme onguent fait disparaître les taches de rousseur, et qu une femuie qui parte une patte de lièvre ne peut jamais concevoir tant qu'elle Ta sur elle.
Pourquoi Galien dit-il que celui qui a tué une vipère à tête en foniie de gland perd le sens de l'odorat? Il dit également que celui qui porte une tête de vipère guérit des écrouelles.
Dioscoride dit que la femme qui porte à la cuisse une dent de devant de la vipère ne peut pas devenir enceinte; que si elle frappe un serpent avec un roseau, elle devient gravement malade; que si elle le frappe une seconde fois, elle guérit; et enfin que la vipère, surtout si elle a la tête en forme de gland, perd ses yeux quand elle regarde une belle émeraude.
Maintenant je vais parler des plantes , et celui qui lira ce livre y trouvera une science considérable, dont il aura besoin et dont il pourra tirer profit. Parmi les plantes, il en est qui se nomment l'aconit, l'opoponax, le laurier, etc., dont il sera parlé en son temps et lieu; j'ai parlé de leurs anti-» dotes dans mon Livre des Poisons, Celui qui lira ce dernier opuscule y trouvera, grâce à Dieu, de belles choses. Je reviens maintenant aux vertus des plantes, puisque j'ai terminé ce que je Noulais dire des vertus des animaux.
Pourquoi les scorpions ne s'approchont-ils point de l'homme qui tieiit à la main une aveline? Pourquoi celui qui s'attache une noisette à l'avantbras n'est-il pas piqué par les scorpions? Pourquoi cette noisette attachée à l'avanl-bras d'un liomme piqué calme-t-elle ses élancements? Croyez-vous que le scorpion a peur de la noisette, et cela tient -il à la nature de ce fruit?
La racine d'asperge, appliquée sur une dent, en guérit la douleur.
Pourquoi celui qui regarde la lune et qui jure par le dieu de la lune qu'il ne mangera pas de chicorée durant tout un mois, ne soufl're-t-il pas des dents durant tout le mois pendant lequel il a juiT?
TRADUCTION. 153
Pourquoi les lézards n'entrent-îls pas dans une maison où il y a du safran?
Pourquoi le safran , pétri en boule de la grosseur d'une noix et porté par une femme ou une jument aussitôt après la parturition , fait-il évacuer la membrane qui enveloppait le fœtus?
Pourquoi la noix de galle non percée , portée à la ceinture ou au bras , fait-elle disparaître les furoncles?
Pourquoi le jus de Taubergine versé sur du sel ou du vitriol
sans donner ni fumée, ni poussière?
Pourquoi la fleur du sorbier, tenue à la main par un homme, fait-eHe que la femme qui la sent suit cet homme et se donne k lui, même en plein champ?
Pourquoi le feu n*exerce-t-il aucune action sur le corps de Thomme qui s'est frotté avec du talc, de la guimauve ou de la terre de Sinope? C'est le meilleur moyen qu'emploient les gens qui manient le feu grégeois pour se préserver.
L'homme qui a une tumeur à faine sera soulagé , s'il prend une poignée de tiges de myrte reployées et qu il y introduise son petit doigt.
Pourquoi un clou de fer mis au feu s'enflamme-t-ii lorsqu'on l'a plongé dans rhuile d'amyris gileadensis?
Voici maintenant les propriétés des pierres (minéraux), selon l'opinion de Socrate et de Pythagorc.
L'utilité de ces propriétés est considérable et j'en ai déjà parlé. Il y en a vingt-quatre variétés , mais je ne parlerai que de huit d'entre elles ; ce sont :
I ** La pierre dure qui ne peut se broyer, ni se fondre ;
a* La marcassite, pierre non broyable, mais fusible;
y Les corps sont une pierre dure, broyable, mais non fusible;
4* Le marbre et la brique sont des pierres broyables et fusibles;
5** Les pierres ni dures, ni broyables, ni fusibles;
6" Le gypse et la terre sont des pierres ni dures, ni fusibles, mais broyables ;
7* Les pierres ni dures, ni broyables, mais fusibles;
S** La cire est dure, broyable et fusible.
L'or des mines.
ALCUiMiE. — III. 2* partie. 20.
larftlBItlt RATIOIIALS.
TRAITES D'ALCHLVllK \!iABE.
\ristoti^ a dil : «Si on oritoure le ventre d'un lijelropique de st(jila[?), ïvnu se dessèehe : la preuve eu est (|iie si oti le pèse uti joui* après avoir aLliiclîr celte piene, oîi trouve que son poids a augmenté. C'est la pierre nienlionnrr dans le Pe^tateuqu*^
L<i pierre d aimant a poui" nature d'attirer ie fer n distance.
Pourquoi le b*^/oard dissi]>e- t*il les lumeui'S et agit-il contre les poP
sons.
I^juiquoi le (jui est l'alun de roche, !aisse-t-il écouler de Tcau
quand on Tagite dans Tair. tandis qu a terre il reste sec?
Un homme avait confié a un autre quelque cliose en dépôt. Conmn' ridernier refusait de le lui restiluei\ il alla se plaindre au cadi Ghoradi. '< l^ourquoi, dit le cadi au dépositaire qui reconnaissait l'existence du d<'pût, ne rendez- vous pas cet objet? — Parce que, répondit le dépositaire, cet objet est une pierre dont la vue lait avorter les femmes enceintes; jetée dans le vinaigre, elle le fait bouillir, et placée dans le four d'un boulanger, elle le refroidit, i» Le cadi st^ (ut <*t n'ordonna pas iln rendre cette ^ pierre.
Pourquoi le cristal fond-il connut' le viM'n^* Poui'quoi celui qui en porte sur sa tête n'éprouve-l-il aucunr craint*^ i*l n<* voit-il rien de fâcheux dans ses rêves!* Pourcpioi la femme encrint*' ï]ui cmi porte ne fait-elle pas dr fausse couche? Pourquoi, réduit en poudre 1res line et insufflé dans ta direction d'une lanq>e, le cristal produit-il un *(j'and léu sans brûler aucun des objets sur lesquels passe sa tlannne?
Si on, . de la pierre de nielle (]*), ([u'on t<^igne en jaune avec du
safran de jeunes hirondelles, qu'on les rt*m«^lte frnsuiLe dans leur nid. ces oiseaux ont des petits pour la piiMuièie fois et la mère s'éloigne. Si alors un apporte de la pieri'e de nielle et quon la jette sur ces oiseaux, la mère pund un (ruf. r^i'enez cet *L'uf et susp(Midez-le au cou de cc^lui (pli a la jaunisse, el grâce à Dieu, ce malade guérira. On ti'ou\era dans les nitls deux pierres blanches, ou une blancîie et une rou^^e dans la preniière puiUe. L\t*uf rouge allacbé à une personne la guerif de ta peur, et l'ouf blanc eniploy* «ie ta même façon fait revenii" a lui celui qui l'sl i'vanoui et l'empêclie de s'évanouir de nouveau.
L'onyx enveloppe dans les clnneu\ tlune fcnune en mal d'enfant la fait accoucher, et si cette pierre est placée près d'elle, elle empêche les douleurs de Tutérus,
THADUCTION.
WvU' pur riiomme, h bawad (salpêtre?) esl hou pour fucilîlt*r IV-vurua tîon(?) du sang. Certain philosoplie a assure qu il était bon pour lVpilepsiL^
La pierre aérite esl un<' pieri'i:^ dans l'intérieur de laqufîlie il y a une pierre mobile. Portée par une feiaine enceinte, celle pierre la l'ait uvorfei^ mais si Ton a laissé tomber de i urine dans ia pâte, Teffet est tlélruit et la chose ne produit aucun résultat.
Dans le pays de Kermân, ceux qui ont de ces pierres les fendent en deu\ et trouvent A fintérieur l'image d'un bonune debout ou assis. Si on broir retle pierre, quon la nii'lange à de l'eau et qu'on la laisse un instant jusque ce cpi'elle soit sècbe, puis qu'on la divise, on y retrouve cette même lîg^ure.
Croyez-vous que toutes ces actions et toutes ces merveilles ont été eynnues spontanément? A Dieu ne plaise! il n'en est rien et il a fallu étudier» On a donc étudié et ce n est point par hasard quon a connu la sagesse; on sest passionné pour renseignement des sciences et c'est ainsi que peu de choses ont pu échapper à la sagacité des philosophes.
Maintenant, si Dieu le veut, ji'. vais aborder l'étude des balances.
Tout ce que je viens de <lire sur les sciences de la philosophie na été qu*un Jeu pour moi depuis ma jeunesse; j'en ai sondé les profondeurs (*l clievauché les sonunets élevés, si bien tju'elles a«^issent maintenant dans mon cerveau et sont dociles h ma pensée. Au début de ce livre, j'ai voulu vous expliquer les([ueslioiis relatives au siège de Tintelligence et à Fextrôme utilité qu'on en pt^ut retirer. Si vous êtes sur de vous-même, que vous soyez, souvent mis a lepi'euve, que vous ayez, reçu en partage la rési*^nation , la sagacité, la vi«^ilanct^ el l<* disçtM'neinent, il se pourra aloi^ que vous soyez un adepte, si Dieu li* veut. Mais si vous n'êtes point sûr de vous-même, ne vous lancez point parmi ceu\ i|ui sv noient tf eux-mêmes et qui frayeni <l<^ leurs mains la voie d<' U-xw trépas; car votre intelligence ne pourrait vous faire atteindre le but, et Miti'e jugement serait insufllsarit pour tirei; quelque «*lt*ment de ces choses abstruses.
Je vous ai ensuite parlé des preuves; je vous ai enseigné comment elles devaient être établies en t*ette matière et en toute autre circonstance, afin que vous puissiez éviter de vous laissri' induire en eri'eur par des propositions présentées sous une l'urmi' séduisante. Dorénavant vous nadtuetlrez aucune alTirmation , sans d**mandei- drs preuves motivées par des raisorme-
TRAITES [) XLCJUMIF: \UAJiE,
iin'iils, uu pai* fies faits. I uni (jur' ion riii vous ;mni pas fourni ces prem^es, Mius de^ez tenir ce qup vous avez entendu comme une chose qui vous li-iippo, mais ne vous convainc pas; toulr* pi'oposition pouvant être fausse on vraie; et le plus souvent fausse, (piand les preuves en sont lointaines.
Après cela je vous ai renseigné sur l'œuvre; je vous ai donné les noms d«*s liquides qui existent , tels qulls se trouvent diss<5minés dans mes ouvrages; je les ai réunis pour vous dans In présent travail. Je vous ai montré en dotai! leurs couleurs et leurs ellets» comme cela n'avait pas été fait jus* pil ri dans aucun auti'c livre. IVjut cria par eompassion et par bienveillance pour vous.
Ensuite je vous ai démontré quelles étaient les choses agissantes, ainsi (|ue leurs propriét<»s; je vous ai fourni une contribution importante et reinarquable sur les profits (pi'on pnuvait en retirer pour la santé du corps et pour en chasser les maladies. A aucune époque et dans aucun temps, on n'a rassemblé autant de matériaux t|ue je lai fait dans ce livre. Mais je ne suis pas encore arrivé au but que je m'étais proposé dans ce traité, qui a poui* nom le Lme des Balances, et je vais à Tinstant reprendre mon sujet et vous expliquer toutes les merveilles, que les honmies doués d^intelligence sont seuls à ne point i^^norer. Je demande t'i Dieu quil m aide dans rexécution de mon dessein; c*est à lui seul que je me confie et il est le meilleur des protecteurs.
Je vais débuter par la balance pui'purine. Je laisse tie coté ce nom, car pour moi c*est la balaiicp naturellf. Il a dit : n Tous les philosophes ont eu le désir d'étudier la balance naturelle et de s'en senir pour les (rois choses primitives, les animaux, les plantes el les pieiTes, ([ui sonl lous formés des quatre natures : chaleur, froid, humidité et sécheresse. Ils r»nt clierclié à évaluer paj' des calculs que je vous expliquerai ci-après, ({uelle était la quantité de chacune de ces natures {|ui se trouvait che/. rhonnne et chez les autres animaux et connnenl elle concordait avec leurs diversités. Comme preuve ils ont rappoiié que Ptolémée le grand» le sage, avait dit dans son traite sur les nouveau-tM-s : <> Il n'esl pas permis de donner « au nouveau-né un nom autre que celui cjui est indiqué pai' son entoile. Ni «le père, ni la mère ne doivent choisir cr^ nom; car s'il en était ainsi, ils ■ choisiraient un nom qui serait en contradiction avec rindication fournie • nécessairement par l'étoile du nouvcau-nTv En conséquence, il est démontré que les noms des personnes leur sont lalalement imposés. » En entendant
TRADUCTION, 157
vvh, Stéphanus le sage s'écria : « Il faut absoluincnl que je donne les iioins « (Faprès des formes qui me ft^ont voir leur nature. » Et il imagina le cairui du djomalf tjuî a les bases suivantes : c:^*j ^^oiju- ^j4^ 45^^^ '}^ *x^t ^*Iâ*ô ù^\ (Ce sont les leiti'es de falphabet, rangées d après leur valeur nymérique.) C'est seulement par moi, par mon enseignement et par mes œuvTes, que vous aurez connu cette disposition des lettres, ainsi que cellr qui commence par ci* cy w I, etc. «
Avec faide de Dieu, je vais vous montrer main tenant les li taures qui permettent de choisir un nom ; c'est un bonoeur que Dieu a accordé k ce livre, duquel je pourrais dire avec vérité que je n'en ai pas composé un autre pareil. On y trouve, en efiet, trois qualités réunies i
1" Il n'a pas besoin d'un autre ouvrage qui puisse lui être d'aucun secours;
^^ Jy td dévoilé de profonds sec mis que je n'avais pas dévoilés rians mes autres livres, mais que les propbètes (sur eux soit le salut!) avaierU dévoilés aux anciens;
3" .le vous ai rendu compréhensibles des pratiques et des théories philosophiques, que je n avais exposées à personne dans mes livres, n^cueils ou traités isolés.
Si j'ai réussi à lever le voile qui masquait ces choses à votre intelligence et que vous en fassiez une élude longue et approfoodie, vous arriverez à un degré au-dessus duquel il n'y a plus de limites. Si votre cœur reste fermé, la faute nen sera pas à moi; car je vous montrerai touï ce que je dois vous montrer' cl vous mettrai dans la bonne voie; il ru* ilépentira pas de moi (jue vous ne voyie^^ pas. Enfin, chacpie fois ipie je \oys donnerai la primeur d'une chose qui n'aura pas été connu»* justjuà et* moment» je vous conjure par Dieu <le la tenir secrète et de vous garder dt* la divulguer aux profanes. Il est dit, en effet, dans le Livre de la Saffcssv . ■ N'attachez point des perles aux cous de vos pourceaux et ne donnez point la science à ceux tpii nvn sont pas dignes, car vous feriez tort à la science; mais aussi ne la refusez pas à ceux cjui en sont dignes, car vous l*'ur' feriez tort et la science est un dépôt qui vous est confié. « Ne dévoilez les secrets de ce préseni livre cjuà celui que vous considérez comme un autre vous-
même. Que Dieu ic Très-Haut vous soit propice! Puissiez-vous, s'il plait à Dieu , être bien dirigé au milieu des figures et des degrés.
Ceci est le tableau de la perie gardée et du secret conservé sur la science du poids et de la chose pesée, par Djâber. Diou lui fasse miséricorde !
LJ
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Où
là
L(» pliilosophe a dit : « Les quartes et les quintes sont si petites, qu il ne faut pas se préoccuper de les faire entrer dans lopération ni dans le calcul. » Mais un autre a dit : « Si tu peux atteindre aux huitième, neuvième et dixième subdivisions, il ne faudra négliger aucune de ces quantités. On démontre cela en disant : « Si Ton compte de l'argent et s'il y a lieu de « compter par mille, par cent, ou par toute autre quantité, et que vous ayez « à en retrancher une moitié ou un cjuart, il n est pas permis de dire mille, «cent, sans ajouter moins ceci ou cela, et vous diminuerez cette quantité " selon son poids ; car autrement la pesée ne serait pas parfaite et il y aurait « une erreur en moins. »
Si >ous voulez savoir quelles natures renferme une chose et ce qu'elle contient de chaleur, de froid, d'humidité et de sécheresse, vous vous re-
TRADUCTION
porte3K au nom que la conjonction des astres a fourni le jour de sa iiaissanoo et vous voyez ensuite (dans le tableau) ce que ses lettres donnent de rangs, fie do<^<is, de minutes, de secondes, de tierces, de quartes et de quintes: vous connaîtrez alors ce que cette chose renferme de chaleur, dr ïnml , tir sécheresse et d*humidité-
Si le nom a plus de tpiatre lettres, ou moins de quatre lettres, vous lit^rHlrez compte des lettres ajouïées à la racine et vous obtiendrez le n'*suh;il, s'il plaît t^ Dieu. Par exemple» prenons une plante (|ui s'uppAh* faottatuaÇ}) el qui a plus de quatre lettres. Si nous voulons savoir (|uelles sont ses natui^es, nous dirons : /; le tableau nous donne une tierce de chaleur; fi donne deux rangs de chaleur* car Va en tête du mot donne un rang de chaleur, lUiiis s'il est la deuxième lettre, il fournira alors deux rangs; sH est la Iroisiemc. trois rangs; s*il est la quatrième, tjuatre rangs; s'il est la cinquième, ihiq rangs, et toutes les lettres suivront le niérne principe; c\'st'â-ïlirr qu'il faudra nudtiplier leur valeur par le chilFre du rang quelles orrup-r»! dans Ir mot; si la lettre est la première du mot, il n'y a pas à nmlliplier.
Par Dieu! je viens de vous révéler quelque chose que les philosophais uni toujours évité de faire connaître îi qui que ce soit. Revenons au mot faonanin : nous avons dit que li*/ donnait une tierce de chaleur; Va deux raîi^^s i\v chaleur, parce quil était la seconde lettre du mot; fou, troisième lellie du mot, donntTa trois degrés de froi<l; le deuxième rt, quatre rangs dr chïdeui', puisqu'il t>sl h quatrième lettre du mot; Th, la cinquième lettre, \iindra cinq secondes de froid; 17, sixième lettre, six degrés de froid; en lui la, septième lettre, sept rangs de chaleur. Il resulti^ de tout cela (|ue h faouitHm est très chaud, puisqu'il contient treize rangs et une tierce de rhiileur, tandis «|u'il ne l'enferme que trois degrés, six minutes et cinq secondes tU' froiiL
Le sage a dit : « Il peut arriver cpjc li^s lettres ne fournissent ni humidité, ni sécheresse; sachez alors que les deux éléments passifs, la sécheresse vï f humidité, .sont toujours produits pai' les deux éléments tictifs : la cimleur el [** frcïirL \insi li* (eu ilessèche les choses el IVuu dorme rimmiditi*. Si donc aucune des lettres ne représente les deux éliMuiuits passifs, il faut considérer que la sécheresse est la moitié de la chaleur ^*t que f humidité est la moitié du froid, même quand ces éléments ne sont représentés par rien dans le nom. En effet, la chaltniresl toujours acconqjagnée d'une sécheresse, qui ne quitte point le corps ijuri cpul soit el daits quelque. endroit qu'il se trouve; de même fhumidité accon^pagne toujours le froid et ne s'en sépare
TIWITES D ALCHIMIE ARABE.
poinl. Il rrsull*' th' cvvï (]ue lo faouuim <|ui ronlient trri/t* rangH *'t uni* tivrci' de chaleur et trois degrés, six loimites et cinq secoiides de (Void, contiendra égaieinent î>i\ rangs, cinq degrés, une lierce(?) el cinq cpiarles de sécheresse et un degré, huit minutes, deux secondes et cinq tierces d'Iiurniflité. ,l\ii couiuiencé par ce nom (Jaoaanïa] qui est long et même l'un des plus longs, pour c|iie vous ayex moins de difficuités avec les noms plus courts.
Ij's mots les plus courts n'ont que deux lettres, pai^ exemple, kl (vinaigre , kbell], sb [cheblj, alun). Le vinaigre a un<* iinnute et une c|uarte d'humidité; il doit donc contenir deux minutes et deux quartes de froid ; et comme il n'a pas de lettre représi^nlant la clialeur, nous savons que chez lui le froid Tenq^orte, puistpul ny a d'humidité qu autant cfu'il y a du froid. Mais, i ounne il faut quil y ait de la chaleur dans ce corps, nous lui en donnerons nnn cpiantité égale à la moitié du froid, et le \inaigre renfermera aloi^ une minute et une quarte de chaleur. D'un autre côté , la sécheresse èlant toujours égale à la moitié de la chaleur, il devra donc renfermer cin([ secondes et cinq quintes de séclïeresse. Je vous dis ceci pour que votre science soit ciHupièle et que vous sachiez quand vous aui'ez hien opéré.
Le rang contient dix degrés; le degré, dix minutes; la minute, dix secondes; la seconde, dix tierces; la tierce, dix quartes; la quarte, dix quintes.
Examinez bien ce calcul, appliquez-le exactement, et si vous avez trou\é le nom d'une plante coimue pour posséder une extrême chaleur et que cependanl aucune des lettres luiidique la chaleur, laites ropération inverse, c'està-dire donnez pour chaque rang de froid deux rangs de clialcur, et pour chaque rang d'humidité deux rangs de sécheresse. Faites de même pour les degrés, les minutes, les secondes, les tierces, les quarles et les quintes. DiMoéjoe pour une planle très froide, dont le nom ne fournit pas de lettrr <le froid, delerminez la (p^iantité de cludeur et tloublezda en froid; car le froid se trouve caché et ne se manifeste pas. Pour l'immidité, elle sera également le dnubli^ de la sécheresse. Agissez de cette façon pour toutes h^s lettres t^t observez bien connnent il faul opérer.
Chacun des corps des trois catégories primordiîdes qui existent dans funivers contient nécessaîremenl de la chalem\ du Iroid, de la sécheresse <'l de f humidité. Quand la chaiem* remporte, la sécheresse qui en provient doit aussi être prédominante. Si cest le froid qui domine, riiunudité f|ui en provient doit dominer aussi.
TRADUCTION. 161
Quand vous avez aOaire à une plante et que vous ignorez si la nature en est froide ou chaude , si vous trouvez dans son nom des lettres de froid , placez en regard de ce froid une quantité égale de chaleur, sans la doubler, et donnez aiissi une quantité de sécheresse égale à sa quantité d'huinidité. Dans ce cas , il ne faut point doubler ; car on ne sait pas à Tavance quelle ^t celle des deux natures qui Temporte-, et alors il faut que la chaleur soit égale au froid, Thumidité à la sécheresse.
Par le Dieu Très-Haut! je vous ai tout enseigné et tout dévoilé, sans me servir d*aucune expression énigmatique ou obscure. Si vous avez de vives dispositions naturelles, prenez des simples, pesez-les Tun après l'autre et inscrivez les résultats sur une liste, que vous aurez toujours par devers vous. Quand vous aurez les éléments de chaleur contenus dans un simple , vous chercherez (sur la liste) un autre simple qui renferme exactement les mêmes éléments de froid, et si vous ne pouvez y parvenir avec un seul, prenez-en deux, trois, quatre, cent même, s'il le faut, pour arriver à équilibrer les deux éléments actifs; en sorte que leurs rangs, leurs degrés, leurs minutes, leurs secondes, soient exactement en même quantité et qu aucun ne l'emporte sur l'autre. 11 en devra être de même pour la sécheresse et l'humidité , qui
devront s'équiUbrer dans les simples que vous réunirez et
Installez votre chaudron et faites chauffer à un feu léger les substances analogues qui s'équilibrent, afu> qu'elles se pénètrent l'une l'autre, qu'il y ait affinité entre elles, qu'elles fondent et se dissolvent, puis qu'elles se réunissent pour former un mélange intime et permanent. Alors vous aurez atteint le but suprême que les philosophes ont décrit, tout en gardant durant un long intervalle de temps le secret sur la façon de l'obtenir.
Pour que vous sachiez cela, s'il plaît à Dieu, je vais vous tracer des figures. Comprenez bien ceci :
JJ d)J ^^ lolo ^^^ ))j ^^^ 55» Î3TS ^2^S WW ^'"
zz ^"^ ^*^ u^o=^ )) ^^ L^o^ ^^ tt ^o- uu y^y^
làiô
Ceci est la deuxième teinture qui pénètre. Le résultat est unique, mais il y a deux pierres, chacune étant composée de deux choses, terre et eau : cela fait donc quatre arrangements; chacun répondant à une nature déterminée et
ALCHIMIE. — III, 2" partie. 'i\
tarkiacBii jUkTiosALi.
non à une autre. Lorsque vous aurez obtenu les deux genres de cette pierre animale, alors vous serez en possession de l'opération la plus grande et la plus difficile. Vous garderez ces deux genres de pierres, en les préservant de la poussière et de Tair, jusqu'au moment où vous aurez besoin de vous en
servir.
Vous vous occuperez ensuite de la préparation de la pierre minénde , qui est indispensable et dont on ne saurait se passer, et vous aurez tout ce qu*il y a de parfait et de complet. Sans elle, rien ne pourrait être achevé dans de bonnes conditions. Préparez-la donc , servez-vous-en comme il convient , adjoignez-la à la pierre animale, dans les conditions voulues, et vous aurez, s'il plait à Dieu, la combinaison première et la troisième adjointe à la première.
quinte
(juarte
tierce
seconde
minute
degré
rang
quinte
quarte
tierce
seconde
minute
degré
rang
LT
({uinte
quarte
tierce v5
seconde
minute
d^ré
rang
quinte
(|uarte
tierce
seconde
minute
degré
rang
TRADUCTION
(Mil) IV. LE LIVRE UE LA MlSÉRICORDE^^l
l^e Livre de la Miséricùrde , par Abou Mousa Djâber ben Hayyân Kl-Ouoiâoui Ei-Azdî Er-Çoufi (Dieu lui fasst^ misérirorde!).
Au oom du Dieu clément et iiiiscricordîeux!
Abou Abdallah Mohaïiiiued beii Yahia rapporli- que Abou Mousa Djé- \wr (Dieu lui fasse miséricorde!) a dit : <• J*ai \u que les gens adonnés a la recherche de la labrication de for et de largent étaient dans llgnorance et dans une fausse voie. Je me suis aussi apen u qu ils se partageaient en deux catégories : les dupeurs et les dupés. J'ai eu pitié des uns et des autres, qui gaspillaient inutiiernetit les biens dont le Très-Haut les avait gratifiés, qui fatiguaient en \ain leurs coi'ps, qui se laissaient détourner tki fioin d'acquérir les choses belles et bonnes, nécessaires à la vie quotidienne, et qui négligeaient d* amasser la provision de boinics iru>res, utile au jour du rendex-vous auquel tous les hommes devront assister. J*ai eu pitre de ces victimes, qui usent leurs corps et leui^ richesses durant de longs jours et qui se fatiguent, au détiiinent de leur religion et de leur bonne foi, pour obtenir une faible parcelle des biens de ce monde. Leur triste iiituation ma énm de compassion; j'ai tenu à les renrtitre dans la bonne voie; en les détournant de cette occupation, j aurai lait une œuvre pie, dont Dieu me récompensera dans Fautre monde* Dieu esl le dispensateur de toutes les faveurs et de toute sagesse. »
C*e5t d après cela t[ue j'ai cru devoir écrira' nri tf\re détaillé et clair. En le lisant avec attention, les dupes et les faibles d'esprit, »*ntre les mains desquels il tombera, rejetteront tout sentiment de colère et verront le profit incontestable qu'ils en peuvent tirer. Ils s'abstiendront désormais de persévérer dans leur ignorance et leur errx'ur, de gaspiller leurs biens et de se
^^ Ce IfÉité a été reitianîé par ua élève dv tJplwr. ainni tjiip !•• luoiilrf sn ri^daclion.
ai.
if)4 TRAITES D'ALCHIMIE ARABE.
(lélourner, s'il plaît à Dieu, du chemin de la vérité, lis seront alors dans la même situation quun médecin très expert, connaissant bien les divers médicaments et leurs propriétés et auquel dix mille personnes apporteraient un remède , en lui jurant par les serments les plus solennels que leur remède est sûrement efficace, qu'ils en sont certains pour en avoir fait Texpérience. Puis, lorsque le médecin les interrogerait , ils lui diraient, par exemple, qu'ils guérissent la constipation ou les coliques violentes, au moyen de la noix de galle, des glands, des écorces de grenade et autres choses semblables, et ([uils arrêtent la diarrhée avec de la scammonée, de Tépurge ou d'autres substances analogues. Certes, le médecin les regarderait alors comme des' imposteurs et ne croirait pas un mot de leur première allégation , malgré tous leurs serments ; le nombre et la solennité de ces serments ne feraient (ju accroître aux yeux du médecin la fausseté et l'imposture de tous ces gens-là.
Dans ces circonstances, le médecin serait comme le savant qui a démontré l'unité de Dieu, qui en a fait connaître toutes les qualités, ainsi que celles (lu Prophète' (la bénédiction et le salut de Dieu soiejit sur lui!), qui sait quand la création a commencé et comment elle se terminera, ce qui en doit disparaître et ce qui en subsistera, c^ quel rendez-vous final tous les êtres devront assister, et enfin qui connaît les peines et les châtiments éternels. Celui-là, s'il a le moindre doute sur une chose, la rejettera loin de son esprit; aucune erreur ne subsistera dans son intelligence; son cœur sera ferme et jamais il ne méritera d'être traité d'ignorant. Tant qu'il conservera dans son cœur le plus petit grain de foi en Dieu, il ne deviendra jamais l'un" de ces dupeurs dont j'ai parlé.
Celui qui a la moindre intelligence s'abstient de suivre la voie de Terreur, pour prendre le chemin de la vérité; car il espère arriver plus aisément et plus facilement à obtenir l'œuvre à l'aide de la vérité qu'à l'aide de l'erreur, fjes hommes sont entraînés à l'astuce et à la ruse quand ils désespèrent d'atteindre à la science, parce qu'elle devient trop difficile et trop obscure pour eux; mais s'ils voient un moyen clair et une indication lumineuse, ils abandonnent aussitôt le chemin de l'erreur, pour suivre celui de la vérité.
i" section^^\ — Sachez que Ton arrive à la connaissance des choses de
(') On a cru utile de. donner des nnincTos aux »<*clionM. Os numi^ros ne sont pas dans le teite.
TRADUCTION. 165
deux façons : par la constatation de leur existence et par Tinduction. La constatation de l'existence des choses s'acquiert à l'aide des cinq sens : Touie , la vue, le goût, le tact et l'odorat. L'induction se redise à l'aide de l'intelligence, qui procède d'après ce que vos sens vous ont fait connaître* pour arriver à donner aux choses une forme certaine et non imaginaire. L'intelligence arrive à la connaissance des choses abstraites et cachées, que les sens ne peuvent atteindre. Les sens font connaître les choses matérielles et apparentes. Les sens sont les instruments de la conscience; mais la conscience et les sens sont les instruments de l'intelligence.
5* section. — H y a trois sortes fondamentales de propositions : la proposition évidente. Ex. : Le feu est brûlant; le soleil éclaire, etc. — La proposition fausse. Ex. : Le soleil obscuix^it; le feu est froid. — La proposition contestable* Ex. : Un tel est mort; un tel a eu un enfant, etc. — Toute proposition doit nécessairement rentrer dans une de ces trois catégories.» Ceci est une vérité indiscutable.
fî* section. — ô homme intelligent I si votre esprit vous fait désirer de connaître cette œuvre , sachez tout d'abord si elle est vraie , ou si elle n'existe pas; siyous pouvez l'acquérir ou non. Il faut arriver à ce que vous ayez làdessus une certitude et qu'en aucune façon vous ne conserviez le moindre doute à cet égard.
Si vous avez acquis cette certitude, soit par vos sens, si vous êtes intelligent, soit par l'induction qui est l'équivalent des sens, il faudra alors que vous sachiez avec quoi l'œuvre peut être faite , si c'est avec les pierres , les plantes ou les. animaux, et vous choisirez le moyen le plus voisin et le plus vraisemblable pour arriver au but.
Ensuite il vous faudra savoir si c'est une chose unique, simple, non complexe, — ce qui n'existe pas dans ce monde, — ou s'il s'agit de deux choses concordantes et combinées, de deux choses divergentes et combinées, ou enfin de plusieurs choses concordantes ou divergentes et combinées.
Il faut également savoir si cette combinaison est l'œuvre de la nature , ou si elle a été imaginée par les philosophes.
Il sera nécessaire ensuite de savoir comment on opère : faut-il opérer la coction de cette matière isolément et alors effectuer la sublimation seule; ou bien accomplir une simple décomposition, ou bien encore exécuter à la
fois la sublimation et la décomposition. Enfin vous devrez savoir si le noir de cette teinture doit opérer une transformation complète ou incomplète. Quand vous saurez tout cela dune façon certaine, que vous n aurez plus le moindre doute à ce sujet, ne vous inquiétez pas de la fatigue de votre corps, de la dépense de votre argent, ni de Tabandon de vos afiaires; car alors vous serez glorifié aux yeux des gens intelligents et des hommes sagaces. Accomplissez à ce moment les choses dont vous ne pouvez vous
dispenser et ensuite occupez-vous des choses de Tœuvre et ; ne
dépensez pour cela que le superflu de votre fortune. Demandez à Dieu qu'il vous assiste à Tintérieur et à Textérieur pour tout ce que vous désirerez, en travaillant de toutes vos forces. Ayez soin de lire les livres de cette science et faites-vous aider par les gens intelligents qui s'occupent de ces travaux; car les livres sont cadenassés et les clefs de leurs cadenas sont dans les poitrines des hommes.
U* section, — Servez-vous de ce qu ont dit les médecins sui* les natures des pierres, des plantes, des animaux et sur leurs effets.
Ajoutez-y ce que les astronomes ont énuméré sur les natures des astres et sur leur action; ce qu'ils ont dit des pien-es et de leurs propriétés, selon la division qu'ils en ont faite d'après les astres et les signes du Zodiaque ^^^ ; ce qu'ils ont exposé au sujet des corps des animaux doués d'une voix et des autres, relativement c^ riniluence que subit chacun d'eux de la part des sept astres principaux qui sont : le Soleil , la Lune, Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure; enfin ce qu'ils ont dit de toutes les actions que ces astres exi-r cent sur les pierres de la terre, sur les minéraux, sur les plantes, sur I*animaux, etc. Tout cela doit, s'il plait à Dieu, vous aider à comprendre.
5' section. — Réfléchissez à ces paroles contenues dans les livres ■ philosophes : « La nature intime retient la nature intime ^^^ » 11 faut entoip parla que la nature intime du corps retient la nature intime de Tâmo t* les êtres vivants.
Us ont dit encore : « La nature intime l'emporte sur la nature inli C'est-à-dire que la nature intime de l'âme agissante, vivante, l'enip'
') Inti^d, à la Chimie des anciens, p. 2o5 ^'^ Ce sont les aiiomes courante
et 293. mistes grecs.
ar-
l'air £ L- =en à«:r iet..
forme- il--, jeséparîft.
ne
féroces, les reptiles et tous lès animciux; ils n engendrent que des êtres de même forme qu eux. Ainsi 1 or ne peut provenir que de Tor^^^ et Targent (le largent.
11* section. — On a dit que l'œuvre n'était produite que par une seide chose. On entend par là une substance composée, dont là couleur et la nature sont homogènes et qui renferme en elle tous les éléments dont on a besoin.
On dit également que l'œuvre (unique) est produite par quatre choses, c'est-à-dire par les quatre natures contenues dans la substance composée des deux éléments spirituel et corporel. L'élément spirituel est chaud et immide [d'autres disent chaud et sec, ce qui est la nature du feu. Ceci a été déjà dit dans ce livre, à la section commençant par ces mots.: «'Le froid sec ne dissout rien »]. L'élément corporel est froid et sec. *
On a dit encore que là substance composée ne renferme dans sa forme et dans son essence que deux natures , l'eau et la terre, et que les.deux autres natures, qui apparaissent seulement à la suite de l'opération, quand elle est bien dirigée, sont l'air et le feu.
On dit également que l'œuvre est produite par sept choses : c'est-à-dire l'élément spirituel, l'élément corporel, et leur combinaison, laquelle résulte de l'air, de l'eau, du feu et de la terre : ce qui fait en tout sept choses. D'autres prétendent qu'il faut entendre par là les sept métaux qui sont : le mercure , l'or, l'argent , l'étain , le plomb , le cuivre et le fer.
12" section. — On a cUt que l'œuvre était produite par douze choses et même davantage. On a voulu exprimer par là que la combinaison renfermait les matières et les forces des douze signes du Zodiaque ^^^ .ainsi que
los natures des sept astres qui renferment les natures secrètes
la force agissante est dans l'âme
et non dans le corps, c'est ce qu'il faut entendre par ces mots : «Même davantage. »
13' section. — Chaque philosophe a dit au sujet de son opération : « La
y) Coll. des Alch. grecs, trad., p. 34. — ^*' Voir Stëphanus, Introd, à la Chimie des «âidêiu, p..a93.*
TRADUCTION. 169
question doit être résolue à Taide dune cliose unique, combinée par une seule opération et dans un seul vase^^^ » Tous ont répété souvent des instructions de ce genre : « Rendez les âmes aux corps; faites périr les âmes dans les corps et purifiez les âmes et les corps, en les lavant et en les épurant ensemble; rendez les âmes volatilisées aux corps, dont elles sont sorties ^'^^ et non à d autres corps. C est-à-dire qu il faut opérer sur les corps avec les âmes , jusqu'à ce que les corps et les âmes soient purifiés; puis on continue Topération sur les corps et les âmes ainsi préparés, jusquà ce que le tout forme une chose homogène , dont les parties soient intimement liées.
ÎU^ section. — Les philosophes ont dit dans ce langage éniginatique dont ils gardent le secret : « Un corps n accepte pas fâme d*un autre corps, et lame ne se maintient pas dans un corps autre que le sien; ils doivcint toujours être appropriés l'un à fautre. » Ainsi le corps d'un homme ne peut recevoir fâme dun oiseau, ni celle de tout autre animal. Les âmes des animaux ne peuvent se fixer dans le corps de fhomme, ni y pénétrer, parce que le corps de riiomme est formé généralement de telle façon qu'il reçoit les Imiiières qui se trouvent dans le monde supérieur, c'est-à-dire les âmes particulières à fêtre (humain), âmes qui ne périssent jamais, car elles proviennent du monde éternel; tandis que la plupart des animaux sont façonnés pom* recevoir les âmes du monde inférieur, qui doivent périr, car elles appartiennent au monde périssable, qui est le monde des quatre natures (éléments). L ame de l'être vivant cpii est doué de la parole est donc dilïérente de celle de fêtre vivant qui n'est pas doué de la parole. Aussi l'âme de celui-ci ne peut-elle entrer dans le corps de celui-là , à cause de la divergence de composition cjui existe entre les deux âmes et les deux corps.
15' section. — De même dans fœuvre, fâme ne peut pénétrer que dans un corps quia été façonné pour elle et dont elle est voisine, conformément aux rapports qui existent entre le monde supérieur et le monde inférieur. Ces rapports peuvent être plus ou moins éloignés, mais les plus voisins sont les meilleurs. Ceci montre que fàme, c'est-à-dire le mercure, ne peut entrer et se maintenir que dans un corps qui lui convient.
Les corps qui ne lui conviennent pas sont : le talc, le verre, la marcas-
''*^ ColL des Alch, grecs, tratl., p. 3 7. — t*' Ibid., Irad., p. iScj, n" 2^; p. 102 . 11° 5; p. 'l^^, n* i,et le symbolisme de Comarius, p. 284.
Ai.cuiMiE. — 111, i" partie. ij
l«rKlllKI>l> ■AriOXtLC.
site, la tutic, rantiinoine (sulfuré), la magnésie, le sel, les coquilles d'œuf et tous les autres coq)s analogues; ils ne doivent donc point servir aux mélanges.
Les corps qui conviennent au mercure sont : lor, l'argent, le plomb, le cuivreJ'^ ot le fer. On rapporte aussi que les corps convenables au mercure sont ceux qui laissent un dépôt au fond de l'appareil, lorsque Ton procède A dépuration, après l'opération qui suit la combinaison avec les corps. Les corps qui ne» conviendraient pas au mercure seraient alors ceux (pii sont altérés et (non) vivants, car ceux qui ne sont qu'altérés sont des corps qui lui conviennent. Les esprits terreux sont le soufre et Tarsenic (sulfuré), et leurs corps sont, par exemple, la marcassite, la tutie, le talc, etc
16" section. — On a dit : « Donnez aux esprits des corps tirés d'eux, qui soient de leur forme, de leur genre, de leur nature et de leur qualité, (!ar les esprits ont de l'aiïinité poui* ces corps émanés d'eux. Us forment ainsi des mélangeas et des combinaisons, que ces esprits ne formeraient point avec d'autres corps pour lesquels ils n'auraient pas d'affinité. En effet, les esprits, dès le début de, l'œuvre, se sentent attirés par ces corps qui sont issus d'eux; tandis que non seulement ils ne sont pas attirés par les autres, mais au contraire ils le^s fuient et s'en éloignent, sans jamais se réunir ou se combiner avec eux. On a ajouté qu'ils se combinaient quand l'opération était bien dirigée, et je suppose qu'il s'agit de l'opération vraie. Si l'on avait voulu indi([uer ici que les esprits se combinent avec des corps pour lescpiels ils n'ont point d'aflinité, on serait bien éloigné de la vérité. En elfet, quand on rbercbe à combiner l'esprit avec un corps sans affinité pour lui, il arrive dt* deux choses l'une : ou le corps conserve pour lui-même une affinité plus grande que pour l'esprit, et alors c'est Tesprit qui se refuse au résultat pro- |)0sé; ou bien, au contraire, l'esprit est dans ce cas, et alors le corps ne s'y combine pas.
iT section. — On a parlé des esprits et des corps qui sortent des sept minerais : les minerais d'or, d'argent, de cuivre, d'étain, de plomb, de fer t»t de mercure, (ju(» l'on appelle vivants. Or, de même que dans le ciel il n'y a rien de plus auguste et de plus noble (jue les sept firmaments avec leurs
^') L^Hain est omis, sans (loiitp parro qu'il r(^|H)ii<l ii l'une des deux \ariétcls du piomh (plomh blanc j.
THADLICTION.
éloîlos. df ni^int» aussi il n'y a rien de plus auguste et de plus nohlr* qijt» le*» sept métaux et leurs iiûnerais. Quand on paHfi des choses qui sonf extraites des sept minerais» on les appelle teneiises. Par exemple, le inereure est d'une nature entièrement vivante; tandis qut; le suul're et lursenic (sulfuré) sont tous deux de nature terreuse. Ainsi chaque chose se inélaufçe avec la siniilain- et s'éloigne de tout ce qui lui est contraire.
18* section» — Si vous, homnir intellî«^enl, vous examine/ toutes ces choses, vous verrez que le hut à alïeîndre t»e s obtient qu'à rai{le de choses diverses, c'est-à-dire des quatre natures. Il faut des forces dilFerentes, spirituelles et corporelles. Ces forces doivent être convergentes et non divergentes, comme forme et comme couleur. Les forces spirituelles et corporelles doivejil avoir de lafBnité entre elles, et non de la répulsion au point de vue de leur nature, ïdln ([u elles puissent s*aider réciprocpiement. Elles doivent se prtMer iippui. car elles ont bi'suin Tune de l'autre pour la condnnaison qui s'upèn* partie contre partie* KHes ne doivent point être opposées Tune à Tautre, car il ne faut pas quuoe fois mélangées elles ne se séparent point run(* de faiUre. Vous devez opérer en nue seule fois, dune manière continue, sans intei'i-uption, pour opérei- le tm^langt* des paj'ties les unes avec les autres* Il iievra y avoir équilibre, quant à la nature, à la tpioiité et au poids. 1^ opération devra être rigoureuse, sans (|uon puisse subsfitu(*r une substance iï Uîie autre : ainsi, si l'on a bi'suiu irUumidité concentrée t*t mélangée ptiur fortilier la coagulation et le jnékmge, il faudra y introduire les corps qui sont de nature à produire» cette coneentralion et ce mélange. I/orsque toutes ces forces seront complétées tlaîis félixir, il sera énergique et sans faiblesse; Toutes les compositions nViurunt plus (ju une seule nature et on pourra alors se passer des autres substances.
(9* section. — 11 faut que ce soit une nature unîtpie, pouvant se passer île toute auti'e substance. Pour le démontrer, on prend connue exemple In composition de la tliériatpje. Kl le est formée de drogues opposées, que Ion a réunies en les faisant décomposer, puis combiner et mélanger entre elles. Dans ce mélange, elles ont perdu leurs propriétés opposées, pnur n'avoir plus qu'une seule et même action. On m i'omparé félixir à la thériaqun et à la transformation dont elle est Tobjet, parce que f élixii" aussi a besoin de cetti' transformation ([ui se prurluil après \v mélange, Ih dissubitinn et la coagii
172 TRAITES IVALCHIMIE ARABE.
lation. Selon les uns, la transformation doit précéder la dissolution et la coagulation , parce que les parties qui ne sont pas transformées ne peuvent s(» mélanger intimement; or, si elles ne se mélangent pas intimement, elles ne peuvent plus se dissoudre et former une rouille; si elles ne peuvent se dissoudre , elles ne peuvent blanchir. Or, si elles ne deviennent pas blanches, elles no se combinent pas, et si elles ne se combinent pas, elles n'ont plus une action complète et uniforme.
20^ section. — Voici maintenant ce qui est dit de Télixir : « On en abreuve celui qui a la fièvre chaude, la fièvre de bile et de sang^^^. » Par « celui qui a la fièvre chaude » , il faut entendre ici le cuivre rouge et le cuivre jaune. En effet, le cuivre rouge est chaud et sec, ce qui est la nature de la bile; et le cuivre jaune est chaud et humide, ce qui est la nature du sang.
On en abreuve aussi celui qui a la fièvre froide, la fièvre de bile noire et de pituite. « Celui qui a la fièvre froide » désigne Tétain et le mercure. En effet, fétain est froid et sec, ce qui est la nature de la bile noire; le mercure est froid et humide, ce ([ui est la nature de la pituite.
Si vous voulez, vous pouvez dire encore que le plomb noir a la même nature (fue la bile noire; que l'étain a la même nature que la pituite. Ces deux corps pourraient donc servir dans une telle opération. En effet, le mercure projeté sur les deux cuivres les blanchit et les fait vivre. Projeté sur les deux plombs, il les fixe. Projeté sur le mercure, il le durcit en un corps ([ui peut être frappé au marteau. H peut encore réagir sur d'autres corps et les teindre.
2/* section. — Les choses les plus fragiles sont en même temps celles qui offrent entre elles le plus d'opposition. Ce sont les choses les moins durables (^t les plus promptes à se dissoudre ; et comme une chose dompte celle qui lui est opposée, il est nécessaire de (joindre) h une chose fragile la substance d'une autre, pour l'aider, la fortifier et l'écpiilibrer. Cela veut dire que le chaud, s'il l'emporte sur le froid, le domine; dès lors il est nécessaire de fortifier le froid, de l'aider et de l'équilibrer, jusqu'à ce qu'on ait rétabli l'égalité. Il en est de même de toutes les natures : leurs similaires les renforcent, leurs opposées les dominent. Ceci est une comparaison qui signifie
'•■ (loll. fies Alcli. (fvecs, trad., p. 1G9, n" -i.
TRADUCTION, 173
que Télément corporel est dominé par rélément spirituel, à la suite de l'opération vraie qui le transforme en un élément spirituel. L'élément spirituel est également dompté par l'élément corporel et transformé en élément . corporel , bien qu'en réalité il n'y ait pas opposition complète entre ces deux éléments. En effet, par opposition, il faut entendre la divergence sur tous les points, et par similitude, la concordance, sur tous les points également. S'il y a concordance sur un point et divergence sur un autre, on se sert tantôt du mot similitude et tantôt du mot opposition; le mot opposition est alors employé dans le cas où il y a divergence , et le mot siniilitade , quand il y a concordance.
22' section. — Les choses les moins fragiles sont également celles qui offrent le moins d'opposition entre elles. Ce sont les choses les mieux équilibrées et les mieux pondérées; elles durent plus longtemps que les autres et sont moins promptes à se dissoudre. Elles résistent mieux aux actions destructrices, qui amènent la séparation des éléments spirituels et des éléments corporels. Les choses ([ui offrent le plus d'opposition sont les animaux, et parmi eux, l'homme particulièrement. Tant ([ue ses natures s'équilibrent dans leurs oppositions, il demeure en état de santé; mais si l'une d'elles l'emporte sur une autre , il tombe malade et la gravité de sa maladie est proportionnée à l'excès de l'une des natures sur les autres. Si cette nature qui l'emporte sur les autres prend trop de force, la mort s'ensuit et l'àme se sépare du corps. C'est ainsi que Dieu a créé l'homme; s'il avait voulu qu'il vécût éternellement, il n'aurait mis dans son être que des éléments concordants et non des éléments divergents. S'il y a mis des éléments divei^ gents, c'est qu'il a voulu assurer la fin de l'être créé. Comme Dieu n'a pas voulu qu'aucun être subsistât toujours, en dehors de lui-même, il a infligé à l'homme cette diversité des quatre natures, qui amène la mort de l'homme et la séparation de son âme d'avec son corps.
23* section. — Les choses dans lesquelles les oppositions sont faibles sont : l'or, l'argent, l'améthyste, la perle, l'émeraude. Cependant elles doivent périr elles-mêmes, après avoir duré longtemps.
2i' section. — De même le monde le plus grand, c'est-à-dire le monde des quatre natures, les mondes des cieux et des terres disparaîtront et se
dissoudront à leur tour, cpjarid leur moment sera venu et que leurs quatre natures auront atteint leur maximum d'opposition. Ces quatre natures sont : la chaleur, rimmidité, le froid et la sécheresse. En effet, le monde est formé d'éléments rapprochés et non combinés, car il ne peut y avoir combinaison en même temps qu opposition.
25' section. — H y a chez Thomme de la bile, du sang, de la pituite et de la bile noire. Quand Tune de ces quatre humeurs l'emporte sur une autre , ou sur toutes les autres , Thomme meurt et son âme se sépare de son corps. Cela arrive parce que ces humeurs ne sont point mélangées intimement; car si elles Tétaient, elles ne pourraient plus se séparer.
Les natures de Tannée sont : le printemps. Tété, Tautomne et Thiver. Dieu, dans sa sagesse et dans sa toute-puissance , a décidé qu'il y aurait quatre natures dans chaque espèce de choses.
26' section. — Certains philosophes, doués d'une intelligence parfaite, ont essayé de trouver une nature unique, qui contînt les forces des esprits et des corps concordants et non divergents, cpii fût capable de dompter les ([uatre natui'es opposées, ou bien quelcpie chose qui pût transformer leur nature en une autre ; mais ils n'ont rien trouvé. N'ayant pas réussi à trouver dans ce monde cette nature qu'ils cherchaient, ils ont dû alors combiner les esprits avec les corps qui en étaient voisins, pour obtenir un produit homogène et mettre au jour ce que cette nature renfermait de similaire avec Tor et l'argent, et ce qu'elle contenait de choses faisant opposition avec ces deux métaux. On en a retranché tout ce qui n'était pas similaire; on y a adjoint tout ce cpii était concordant, en améliorant les natures, en accouplant les éléments mâles avec les éléments femelles et en équilibrant la chaleur, le froid, l'humidité et la sécheresse, d'après des poids déterminés ol équilibrés.
27' section. — On a cherché à obtenir un résultat tel, que Télixir devint, après sa préparation complète, un poison subtil, léger, spirituel et corporel. On a cherché également à ce (pie son corps et son âme fussent d'une même nature, non divergents, et que Télixir fût pareil au poison par sa subtilité, sa légèreté et sa pénétration. On a cherché encore à ce qu'il se transformât, lorsqu'il serait en contact avec le feu, ainsi que le fait le poison qui pé-
ÏRADLCTIOX. 175
nètre les chairs. De même avec I eau. Dans la crainte cju il n'eût pas la force de résister au feu, ni de le supporter, on a tâché que ce poison fut de la nature du feu, quil fût nourri de feu et enfermé dans cet élément, en sorte qu'il en acquît la fixité, la durée, Téclat, la beauté et la coloration , parce que ses actions doivent devenir les mêmes que celles du feu. Car si le feu ne Tavait pas préparé, n'en avait pas organisé les forces, ne lui avait pas donné la fixité et la durée, enfin s'il n'avait pas réagi sur lui, il le ferait ensuite périr. Ceci c'est l'opération vraie, qui fait passer l'élixir du feu de la cuisson à celui de la transformation, de telle sorte que l'élixir s'habitue à la force des feux et qu'il ne les redoute pas.
25* section. — Voyez combien il y a dans ce monde de choses spirituelles et subtiles, que les sens ne peuvent atteindre et qu'on ne peut connaître que par l'intelligence. Par exemple, la pierre d'aimant attire le fer en vertu d'une force spirituelle que l'on ne peut ni sentir ni voir; celte force s'exeire même à travers une masse de soufre, interposée entre le fer et la pierre d'aimant. Une telle forre se nomme une propriété, et Ton entend par cr dernier mot l'accord des éléments spirituels des choses, qui les font réagir les unes sur les autres, à la suite de l'accord de leurs éléments corpon»ls. Cet accord est celui qui distingue les natures simples, les natures romposées et la combinaison de la force interne avec la force spirituelle.
29' section. — Les poisons agissent en \ertu de leurs forces internes; le nmsc, l'ambre et tous les parfums agissent de mJme. Toutes ces choses, en vertu de forces spirituelles, qu'on ne peut voir, ni toucher, exercent des actions dans un rayon plus vaste que leurs corps. En effet, on sent le parfum du musc, de l'ambre et des substances analogues à une distance éloignée dr leurs corps, qui n'occupent qu'un espace restreint. Ces forces spirituelles se modifient, sans que les poids des corps soient altérés; car ils conservent le même poids qu'avant la dispaiMtion de leurs forces.
/iO' section^^K — Abou Mousa Djàber ben Hayyân (que Dieu lui fasse miséricorde!) a dit : « 11 y avait à une pierre d'aimant, qui soulevait un
morceau de fer du poids de i oo drachmes. Nous la conservâmes pendant
•' Gîci tî>t une glose ajoutée à propos de la plirase qui précède.
longtemps et nous rexpérinientâmes îdors sur un autre morceau de fer, qu elle ne put soulever. Nous pensâmes que le poids de ce morceau de fer dépassait loo drachmes, poids que la pierre d aimant soulevait autrefois; mais quand nous le pesâmes, nous découvrîmes quil pesait moins de 80 drachmes. La force de cette pierre avait donc diminué, bien que son propre poids fût resté le même qu il était auparavant ^^\ »
31' section. — La masse des choses corporelles est seulement le lieu de séjour et le refuge des choses spirituelles, elle n'a par elle-même ni force ni utilité, quand la force agissante a cessé d'être en elle. Le corps qui reste comme substratum n est que le lieu de séjour et le refuge de f esprit qui en est sorti, et il n'a de force que par l'esprit qui peut sortir de lui. Si on le lui rend, il se combinera certainement avec lui. La teinture pour l'esprit et pour le corps consiste en une rétention et une pénétration, et non en autre chose.
32' section. — Les choses les plus stables sont celles qui renferment le plus de coi'ps et le moins d'esprit : tels sont l'or, l'argent et les substances tmalogues. Les choses qui sont les plus fugaces parmi les corps sont celles qui contiennent le plus d'esprit: tels sont le mercure, le soufre et l'arsenic (sulfuré). Tous les corps contiennent des esprits, et tous les esprits des corps; mais la dénomination qu'on leur donne est choisie d'après l'élément prépondérant. Le mercùi'e, le soufre, l'arsenic, l'or, l'argent, les deux plombs, le cuivre et le fer sont considérés comme les éléments minéraux du monde, et toutes les pierres de la terre en sont des produits.
33' section. — Dans le monde entier, les choses sont mélangées les unes dans les autres : vous ne trouverez pas de feu qui ne renferme du froid, de froid ([ui ne contienne de la chaleur; point de sécheresse sans un peu d'humidité, et point d'humidité sans sécheresse. Vous ne trouverez pas non plus d'esprit qui ne contienne un peu de corps, ni de corps qui ne renferme un peu d'esprit. Toutefois ces deux éléments ne peuvent être séparés, lors- ([U(î l'un d'eux est trop abondant et l'autre trop peu abondant, cpi'il y a
^'' Os indications répondent à une observation pliysiquc réelle. L'aimant |)orté au maximum fir sa puissance peut ensuite s'affaiblir dans certaines conditions.
TRADUCTION. 177
transformation et absorption de la partie la plus nûninie par la partie prédominante. Cesl ainsi que, si on laisse tomber quelques gouttes de miel dans la mer, aucun être créé ne sera jamais capable de dégager cette partie sucrée; Dieu seul pourra le faire; cependant il ne sera permis à personne de dire que la mer contient une saveur sucrée. C'est pour cela ([ue si quelqu'un dît que l'œuvre est produite par toute espèce de cbosé, il dit une chose possible; ou bien encore s'il dit que les natures se trouvent dans chaque chose, cela est possible de deux manières, toute chose provenant d'une autre chose en puissance et non en acte. Lorsque les choses admettent une force plus intense que leur grande masse, toute la masse prend la nature de la force : par exemple, une petite quantité de ferment transforme une masse considérable de pâte.
SU' section. — L'opinion adoptée pai* les maîtres en matière d'œuvi^e, c'est que l'œuvre s'exerce : sur les animaux et les plantes par la puissance, non par l'acte; sur les pierres, par la puissance et par l'acte. Toutefois il sort des animaux et des plantes des graines et des liquides, qui exercent une action merveilleuse sur les pierres; l'opération sur la pierre (philosophale) ne saurait être parfaite sans le secours des animaux, ou des plantes, ou même des uns et des autres. Parfois cependant la pierre peut se passer des deux autres catégories.
35' section. — Les philosophes recherchent les substances concentrées et évitent celles qui ne le sont pas. Us disent que l'opération doit être praticjuée au moyen des choses concentrées , qui contiennent en grande quantité des forces spirituelles, subtiles et légères. S'il s'agit de choses animales, ce sont les sept métaax; s'il s'agit de choses terreuses, ce sont tous les minéraax, autres que les sept métaux. Si vous êtes bien persuadé que l'opération doit être pratiquée avec les choses concentrées, qui contiennent le plus de forces spirituelles, subtiles et légères, quelles soient animales ou terreuses, établissez une distinction entre les choses animales et les choses terreuses.
i?d* section. — La distinction entre les choses animales et terreuses est la suivante : les choses animales sont le mercure, l'or, l'argent, le plomb, le cuivre et le fer. Les choses terreuses se divisent en deux catégories : vivantes et mortes; parmi les vivantes, il y a le soufre, l'arsenic, le sel ammoniac et
ALCHIMIE. — ni, 2" partie. i^
tM^*lMrllll. atrionAïc
tout ce qui fond et brûle et dont le feu fait sortir l'esprit. La seconde catégorie, celle des choses mortes, comprend tout ce qui ne fond, ni ne brûle, ni ne donne de vapeurs : par exemple , le calcaire et les substances analogues. Ces choses ne fondent pas; mais on peut en extraire des liquides, dont on so sert dans lopération animale et dans l'opération terreuse, pour l'épuration. C'est là un point qu'aucun de ceux ([ui s'occupent de l'œuvre ne met en doute.
eï/' section. — Certains auteurs sont d'avis que l'opération animale est celle qui est pratiquée avec les matières non vivantes qui proviennent des animaux; par exemple, avec le sang, l'urine, la salive, la cervelle, le fiel. Mais tout cela est loin de donner un résultat, parce qu'il y a trop d'écart entre l'animal et le minéral. Or on ne peut transformer la nature dune chose qu'en la transformant en une nature voisine d'elle et qui contient une certaine quantité de son action et de sa puissance. 11 y a des plantes (jui détruisent les animaux et les minéraux, ô mon Dieu! il n'y a que toi qui puisses transformer l'animal en un minéral inerte, sans opérer de mélange et sans employer de teinture. Mais tel n'est point le but que se proposent ces auteurs, et ce qui les a (conduits à émettre cette opinion, c'est leur ignorance sur la création des trois n'^gnes : les minéraux, les plantes et les animaux; et aussi l'ignorance dans laquelle ils étaient relativement aux degrés de transformations des substances les unes dans les autres : car les métaux sont déjà créés dans leurs minerais. S'ils avaient connu la vérité à cet égard, ils seraient arrivés au résultat cherché sans le moindre t'Hbrt.
38* section. — Ce qui a entiaîné les partisans de ce système à s'exprimer ainsi sur ces choses, c'est le reflet qu'ils voyaient à la sm4*ace des métaux, sans que cet accident eût pénétré dans leur partie interne. Mais les gens (•xperts en matière d'oeuvre sont d'avis ({u'il y a opération animale, tant (juon ne se sert ni de soufre, ni d'arsenic, ni d'autres substances analogues. Ce n'est pas que le soufre et l'arsenic ne soient réellement vivants, ainsi que nous l'avons dit plus haut; mais ils ne le sont qu'autant qu'ils sont joints à dos sui)stances inférieures à eux, telles que la tutie, la marcassite, le talc et autres substances du même genre. Ils sont terreux et morts, au contraire, quand ils sont joints au mercure vivant.
TRADUCTION. 179
39' section, — Quant à moi, je suis de Tavis de mon maître Abou Mousa Djâber ben Hayyân (Dieu lui fasse miséricorde!), qui était le plus habile de ses concitoyens en cette matière, en raison de ses recherches et de celles de ses prédécesseurs. Je repousse tout ce qui est en dehors de son opinion et qui repose sur des allégations ne se référant pas aux \Tais principes de cette science, et je demande au Grand Sage (qu'il soit loué et béni!) de m'aider dans cette tâche.
iO* section. — Sachez que la matière concentrée et forte, dont on «i parlé en en faisant Téloge et sur laquelle on a gardé le secret, doit être pareille au microcosme, à l'homme et aux êtres analogues, c'est-à-dire qu'elle doit être susceptible de mariage , de grossesse , de décomposition et d'une durée limitée. Elle doit encore avoir un mâle et une femelle et être l'objet d'une éducation , pour devenir un élixir parfait. Toutes ces conditions doivent être exactement les mêmes que s'il s'agissait d'un être humain. Saisissez bien ceci, car c'est toute l'opération elle-même.
àP section. — H y a deux mondes : le macrocosme et le microcosme ^^^ Le macrocosme comprend la masse supérieure et tout ce qui est au-dessus, c'est-à-dire les natures spirituelles qui agissent sur lui et manifestent leur action sur lui. Le microcosme comprend ce qui est au-dessous de la masse supérieure, jusqu'à la terre. On dit que le microcosme c'est l'homme et qu'il a été ainsi nommé par rapport au macrocosme, parce qu'il lui est en tout semblable.
^2* section, — Le philosophe Platon a dit cpie l'œuvre était un troisième monde, parce qu'il est pareil aux deux autres mondes et qu'il réunit les forces du macrocosme et du microcosme. On a décidé que c'était un petit monde à la suite de théories, de faits et d'expériences; car on a remarqué que toutes les choses du macrocosme ont leurs similaires dans le petit monde, en fait de force interne et externe. On a dit que le macrocosme était un mélange , que Ton ne pouvait en aucune façon désagréger. D'autres soutiennent que les parties en sont seulement rapprochées et désagrégeables et qu'il en est de même du microcosme.
^*^ Hermès dans Olympiodoi e , ColL des Alch. ijrecs, irad. , p. 109.
tfS' section. — Les hommes intelligents ont vu clairement que les forces spirituelles, celles qu'on ne peut atteindre avec les sens, sont plus efficaces, plus énergiques et plus dissolvantes, pour le but que Ton se propose, que n'importe cjuel corps. Aucun corps n'a la moindre force, sans le secours des esprits. Ils estiment que les esprits sont des forces puissantes, qui exercent une action énergique sans Taide des corps. Quand ces esprits ont un corps vivant, pareil à eux comme subtilité, légèreté et pénétration , et qu'ils sont combinés avec ce corps au point de résister à l'action du feu, c'est alors (ju'îls atteignent (dans leurs combinaisons) leur maximum d'intensité. Ils sont ainsi plus énergiques, plus pénétrants et plus puissants comme effet, que quand ils sont isolés des corps. En effet, les esprits, non combinés avec des corps fusibles cjui sont leurs véritables corps, ou contenus en faible quantité dans un corps , ont des faiblesses qu'on peut faire cesser par l'opération vraie; ils cèdent à l'action du feu, surtout lorsque l'opération n'a pas été faite exactenient. En effet, le feu exerce son action sur les forces agissantes; (*es Ibrces agissantes cédant au feu, la nature des esprits se trouve modifiée ot les esprits résistent ensuite à l'action du feu.
lt^4' section. — Les esprits vivifiés et contenus dans les corps qui leur conviennent produisent leur action complète. Mais si les esprits sont mêlés à des corps étrangers, leur action s'affaiblit et ne prend pas tout son développement. Il n'y a donc ([uo les esprits contenus dans les corps d'où ils procèdent qui développent toute leur action. Retenez ceci, ô homme intellî- ♦j^cnl! (»t connaisse/ les bienfaits de Dieu.
i5' section. — Faites en sorte que votie combinaison des natures soit obtenue à l'aide des esprits et de leurs corps spéciaux, et commencez ensuite l'opération vraie et sure, pour faire un tout homogène; en sorte que l'élément spirituel de la préparation ne se sépare pas de l'élément coi'porel, et vice versa, L'élixir devra devenir rouge, pour la nature de l'or, et blanc, pour la nature de l'argent. C'est ce que les philosophes veulent dire par r(»s mots : « L'or ne peut provenir que de l'or, l'argent de l'argent, et un enfant d'un père^*^. » L'élixir rouge est chaud et sec, de la même nature ([ue l'or; c'est pour cela qu'ils le considèrent comme de l'or. L'élixir blanc
' Cuil. lies Alch. grecs, irad. (Lollre d'Isis à Horus), p. 33 et 34, n*** 6, 7 el 8.
TRADUCTION, 181
est froid et sec, de la même nature que rargent, cl pour eux cest di' larvent. Voilà pourquoi ils disent ; «Notre or n'est pas Tor du vulgain», ni noire argent Targent du \ulgaîro* » Leur or et leur argent sont feînis nwc IV'Uxir el supérieurs à for et à largent du vulgaire.
46* section. — IjVHixir a été ainsi n(jniin<\ [KiJ'<*e ([u'il possède une grande foiTe à regard des corps sui' lesquels on le projette et qu il les transforme en leur donnant sa propre nature. ITautres prèteruli-nt (jue ce nom \ietil <|p et* que Félixir se brise et se divise; d'uulres enlin assurent cpie cellH appellation lui a été donnée à cause tle sa noblesse et de sa supériorité,
47* $ection. — A chacun des degrés de lopération, on donne au reuudf' ou médecine un nom conforme à la nature du métal auquel il ressemble . si le remède noircît, par exemple, on lappelle plomb noir. Knfin la préparation passe par tous les degrés des corps, juscpia ce quelle arrive au degré de for, qui est le degré le plus élevé.
i8* fiectioii. — On appelle félixir or et arf^ent, parce qu une petite qunnfité de l'un lie ces deux élixirs vaut plus qu'une quantité plus considérable de IVir ou de l'argent du vulgaire. On rappelle aussi poison^ à cause de sa subtilité et de sa pénétration dans le corps. Knfin on lui donne Tépithète il ignv, parce quil résiste au feu.
i9* seciion, — On dit : « Quelle belle chose que la désagrégation! * Cesl qnen elTet telle est la base de Topération et le principe qui permet de la mener à bonne fin. L'esprit ne pénètre un corps cpi autant quil se méliujge à lui et qu'il s y réunit, ce qui ne peut avoir lieu qak la condition cpie h' corps se désagrège et se divise en parties ténues. La teinture ne pénètre pas I argent, à moins cpie ceiui-ci n ait été désagrégé par le feu. C'est grâce à fa désagrégation du corps que respi'il se divise à son four et se combine avec le corps. En effet, le corps est transformé d abord eti un litjuide par la fusion; puis le hquide transforme le corps au moyen d*une seconde fusion, qui les réunit par l'effet de l'opération vraie; le nouveau corps est fixe et immuable» en sorte que le feu n'a plus d action sur lui. La désagrégation est produite par l'esprit, et la coagulation par le corps. La désagrégation détruit la combinaison lerreuse, divise les particules et les rentl blanches. Ce n est
pas d ailleurs » comme le croient les ignorants une simple argenture superficielle.
50* section. — L'élément froid et sec ne désagrège rien; tout au contraire il concentre. On ne peut exercer d'action de désagrégation et de décomposition qu'à l'aide de la chaleur et de l'humidité; car c'est la chaleur qui agit. L'élément froid et sec ne fait autre chose que de retenir ensemble les particules. L'élément froid et humide fortifie le mélange pâteux des corps, en sorte que toute humidité répond au mélange pâteux. Ceci veut dire que l'esprit désagrège les corps , les transforme et produit les eflFets les plus remarquables quand il est chaud et humide; l'élément froid et sec, qui est le corps, concentre l'esprit, et l'élément froid et humide, qui est l'esprit, réduit les corps en pâte, avant l'opération. L'opération commencée, il devient chaud et humide selon les uns; chaud et sec, de la nature du feu, suivant d'autres.
51* section. — On dit que les esprits désagrègent les corps et que les corps fixent les esprits, et c'est ce résultat que l'on attend d'une teinture parfaite et rapide.
52* section. — Voyant que les corps sont durs, solides et résistants, en sorte qu'ils ne peuvent s'introduire dans les choses comme le font les esprits subtils et légers, on s'est dit qu'il fallait les désagréger délicatement avec les esprits convenables, de façon à les vivifier, à les améliorer et à les aider, sans pourtant les faire périr, ni les gâter. Si, en effet, on les désagi'ège avec des choses qui ne leur conviennent pas et qui ne les vivifient pas, cette désagrégation ne fait que les corrompre davantage et les fait mourir. Aussi cherche-t-on à leur donner la nature des esprits, ceux-ci étant tels, qu'en désagrégeant les corps ils leur communiquent la vie, la subtilité, la légèreté et la pénétration. Les uns emploient les procédés extérieurs, les autres les procédés pénétrants ^^^ Quand le corps a été modifié dans son état de solidité et de dureté , qu'il est devenu subtil et léger, il devient alors une sorte de chose spirituelle, qui pénètre les corps, tout en conser-
î'j Coll. (les Alcli. grecs, trad.» dans Synésius: comparaison entre les procédés des Perses et ceux des Lgypliens , p. 6 1 .
TRADUCTION. 183
vant sa nature propre , laquelle lui permet de résister au feu. A ce moment , il se mélange avec lesprit; parce qu'il est devenu subtil et divisé, et à son tour il fixe lesprit. La fixation de Tesprit dans ce corps se fait à la suite de l'opération et chacun d'eux se transforme, en prenant la nature de l'autre. Le corps se transforme en un esprit, dont il acquiert la subtilité, la légèreté, l'expansion, la teinture, l'action pénétrante, enfin toutes les propriétés. L'esprit, à son tour, se transforme en un corps, en en acquérant la résistance au feu, la fixité et la durée éternelle. De ces deux éléments se forme une substance légère, qui n'a ni la solidité des corps, ni la subtilité des esprits , mais elle possède une place exactement intermédiaire entre ces deux limites extrêmes.
53* section. — Personne, parmi ceux qui proclament un principe auquel ils croient, n'a une foi aussi vive que celle des philosophes qui disent qu'il faut fixer l'élément spirituel avec le corps qui lui convient, de façon quil ne puisse en être séparé par le feu; le corps n'abandonnant plus l'élément auquel il s'est attaché et combiné. C'est dans ce sens qu'il faut entendre le mélange; car un tel mélange, c'est une combinaison complète, qui ne peut être détruite en aucune manière.
54' section. — Sachez que la désagrégation et la fixation, telles que nous venons de les décrire en pariant de l'œuvre animale, constituent la seule manière d'opérer. Lorsque félément vital a été fixé avec le corps qui lui convient et qu'il a reçu la teinture, cette teinture ne peut plus désormais être changée, ni détruite, ni enlevée. Tel est l'élixir qui dompte les corps des natures et des éléments, celui qui les transforme, de telle sorte cpi'ils ne peuvent jamais revenir à leur état primitif C'est la voie suivie par les prophètes, les saints et tous les philosophes.
55' section. — Au sujet des opérations terreuses, on a dit qu'on fixe le soufre et l'arsenic au moyen de la marcassite, de la tutie, du talc et d'autres substances analogues; ce sont les corps les plus favorables pour rendre la combinaison susceptible de résister à l'action du feu , laquelle ne peut plus alors s'exercer sur elle. Telle est la fixation terreuse, sachez-le.
56' section. — On a dit : « Gardez-vous des feux qui brûlent. » C'est-à-dire
des feux qui brûlent les soufres contenus à l'intérieur des drogues, ou bien, en d'autres termes, les graisses combustibles. Il y a, en effet, deux sortes de graisses, ou de soufres : une espèce qui brûle et qui peut être brûlée, et une espèce qui ne peut ni brûler, ni être brûlée.
On a dit encore : «Celui qui sait bien extraire les graisses, connaît bien la marcbe de l'opération. » Il s'agit de la graisse qui brûle et qui peut être brûlée, et Ton a voulu dire quil faut lextraire des substances qui la contiennent, de façon que celles-ci en soient complètement débarrassées et purifiées. Tout ce que Ton a rapporté dans le monde au sujet de la noirceur, de fombre et de la corruption des corps, s'entend de la graisse noire qui brûle et qui peut être brûlée, et qui attire vivement le feu.
57' section. — Après avoir réalisé ce principe de la fixation de fesprit vital avec le corps qui lui convient et qui est analogue à lui, et après en avoir dégagé l'humidité corruptrice, on mélange les deux éléments et on opère sur fensemble des deux , jusqu'à ce que le corps et l'esprit aient une même nature, ne présentant aucune divergence. Le corps et l'esprit étant unis intimement, de façon à ne plus pouvoir être isolés fun de l'autre, se trouvent pareils à l'eau du Tigre mélangée c^ celle de l'Euphrate, lesquelles sont si bien confondues cju'on ne peut ni les distinguer ni les séparer l'une de l'autre. La teinture rouge et la teinture blanche teignent et pénètrent les œuvres accomplies par l'homme, en raison du degré de science et de sagesse auquel il a atteint, en raison do l'étendue de son expérience et de la durée de sa vie.
58\s€ction, — Sachez que, parmi les gens qui s'occupent de cet œuvre, il en est qui se contentent d'une petite quantité de ces teintures parfaites, dont ils ne se sont pas rendus complètement maîtres ; d'autres en demandent davantage et enfin il en est qui ne sont satisfaits qu'avec une grande abondance de cet élément animal, désirant l'obtenir en quantité telle, que l'opération étant accomplie réellement une seule fois dans la vie, on n'ait plus besoin de la recommencer une seconde fois, dût-on vivre un million d'années et avoir une famille d'un million de personnes. Ce résultat (»st acquis, lorsque l'on a pris réellement le ferment de l'opération animale.
59* section. — Les secrets que je viens de vous décrire et dont je vous ai
TUADtCTION.
expliqué clairement riiistoire conslitueiil Tccuvre qui, une (ois obtniu. permet d'atteindre les liniiles les plus reculées. Il nen saurait ôtre de mi^rne
pour ceux ([uî ne sont piis dans le srcrct, ou cpiî a ont eu que des indications éniginaliques, leur rendant dilïicite la \oie a suivre. Or il n'y a (pAine voie à la*piidle loutes les autres se ramènent, ropênitiun étant la même pour toutes les pierres animales et terreuses. Retenez ceci.
ëO* sectifftL — Beaucoup d*ignorants, entendant parler de celle désagi'é- ^atîon et de eelte iîxalion que nous venons iFiiidiquer, ont désagrégé et (i.ve sans réussir; ils ont été déçus et ils ont tout perdu. Beaucoup d'ejifrr eux aussi ont fixé les esprits avec leurs corps, mais sans les fain* bien pénétrer les uns au sein des autres, sans en proportionner le poids» ou sans procéder à Fépuration; eux encore ont été déçus et ont tout perdu» Ils n'ont pas agi av<H" précision et n'ont pas eu assez de patience dans leurs expérit'nres, ni assez de secours de la part de Dieu : quil soit gloi'ilié!
ai* sectioti. — La chose est diiïîcile. Elle est même la plus dilTicile et la plus lointaine qu'un honime puisse désirer, à cause de sa suittilili' et de sa profondeur, cjuand il nest pas habile. Au contraire, elle est la plus aisée et la plus racilc pour quiconque connaît les voies et moyens. On a dit : D/'sagi'égcr, c'est lixer» et fixer, c'est tlésagréger. Il l'auJ entendre par là que quelqu'un ne peut réussir à lixer un esprit s il ne sail pas bien désagi'égeiun corps, Kn effet, désagréger et lixer constituent une même opération, Ir corps se désagrégeant et l'esprit se fixant. On a dit : Ce (pii désugrt*ge est c»* (jui fixe, et ce qui fixe est ce qui désagrège. On enlend par là le feu, dans l»H|uel, en effel, le corps se desagrège et lesprit se fîve. On a dit : ("est un minerai pîu (ait quand il se désagrège et se fixe de lui-même.
6'2' section. — Ji^ foriiiule une \érité t*t je ne mens point; je [jarle dv ce (pie j ai vu et de ce que j'ai expérimenlé , en disant : Persorme ne pourrii laire une seule opération exacte de cet iruvi'e, conforme à la vraie opération, sil ne possède des procédés nombreux, qui vaiieront suivunl î»es études, son intelligence, ses expérimentations el sa sagacité, Four un tel homme, Topération seia plus ais/'e, quuucune autre œuvre ne lest en ce monde pour cehu qui en est l'artisan habituel : rien ne sera moins pc^inble pour lui, ni plus facile.
ALctuMiE. — m y ^j" (uirtie.
ai
mi^lllMIMt XAIIOKALC,
TRAITES I) AhCHiMIK \l\AhE,
fia* section. — L'œuvre coiiïporle (|ua1i'i; ehapities, et en disant que quatre mois suffisent au praticien expérimenté qui s*en donne la peine, je dirai exactement la vérité. Je vous ai elairemenl exposé tout cela; je vous ai Loul facilité; je vous ai renseigné, en vous exprimant les faits matériels, sans jalousie, sans rien cacher et sans langage énigmaticpie. Bien plus» je vous ai désigné le^ choses par les noms que lui donne le vulgaire. Maintenant je vais vous répéter mes paroles, pour cpje vous les gravie/, dans votn* niéiiKnn*.
64* section, — (ieci esl le premier chapilre. Débarrassez tous les prrn «luits de votre œuvre des inq)urelf''s, des noirceurs, des ombres, des graisses
l'f des humidités qui amèneraient la répulsion et la corruption. Faites en sorte tpie 1** ni(*lange rouge soit réellc^ment rouge, le mélange blanc, blanc.
65" aciiimn, — Voici te second rliapitre. Désagrégez les scories qui denii'urent au loml de rapjïareil ^'t qui sonl des corps, en sorte quelles aient la tialure des esprits qui se dégagent sur le l'eu,
66' strtiotu — Troisième cltapitre. Fixe/ les esprits, qui, lors de rupération vraie, se, dégagenl <les f^orps, lixr/-les avet* les corps demeurés au lund de lappareil, en sorte (jm^ les esprits aieni la nature des corps tfui résistent au feu. et qu'il n\ ail pas la jnoindre diUérence entre ces esprits et fies corps.
67* MXiion. — Quatrienir chapitiv. Sache/, que les matières tinctoriales en général, et le carthanie en particulier» nt* pénètrent en aucune manière dans les étofles lorsque C4îs matières sont sèches; elles ont besoin (fêtre mêlées à de Thuniidilè pour se niainieiiir dans fétoQé el elles y penètn-nt d'autant plus quelles sont plus fortes. Il en est de même de notre teinture; elle ne pénètre datis la matière h teindre qu après avoir été mélangée avec l'humidité provenant d'un mi^lange aurifère. Le feu fait évaporer l'bnrnidité, et la teiniure reste seule.
H8' section. — Je vais inainlenant résumer ce que j ai dit de Topération. Pfiur f (opération des philosophes, il est absolumenl nécessaire de prendre leur pierre composée qui, par f opération vraie, se divise en quatre natures : la (ern\.feau, lair <i le feu. Il faut ensuite mêler l'élément corporej au spi-