V. LE LIVKE DE LA CONCENTRATION
Au nom du Dieu riémenl el miséricordieux!
Ceci l'ait partie du Hwv intitulé : La Concenimtion , par Alïou Moiisa I )î,(bL'r hen Hayyân Eç-Çouii El-Thousi EU\zdi* (Dieu lui fasse miséricorde! )
Sachez que chaque chose vu vr monde, c'est-à-dire dans le monde d'existence et de corruption , ne peut posséder plus de dix- sept forces. En outjv. si elle possède une utiité de chal(îui\ elle a nécessairement trois unités de TroitL Réciproquement, si elle possède une unité de froid, elle aura trois unités de chaleur; aucune autre proportion n existe pour les choses agissantes. Si la chose a cin(| parties de sécheresse, elle en aura huit dlumndite; i*t réciprotpiennMit, si elle a huit parties de sécheresse, elle en aura riiK] friiuniiditt*. Telle est la régie uhsolue pour les choses passives. Toutes les «■(Hidïinaisons des choses sont ainsi c^lal>lies. Reloue/, ceci, agissez en conséi|uence et \ous trouvèrent al oi"s la vraie voie, avec la permission de Dieu.
Precédeomienl nous a\ons di'crit cQiiuu*Tit étaient tous les iudiviflus de tous les genres; nous avons dit ce (jui existe pom* les êtres actifs : si IVin des deux ag<!nts désaj^régeait fextérieur, l'autr*^ a«(ent désagré^^eait Fintérieur. e| quil en était de même pour les êtres pîLssifs. Ainsi, dans un remède chaud el sec, un minénd, nn aniuial ou toute autre chose, si lextèrieurest chaud et sec, fintérieui' est (roid el humide.
(]ond»ieïi ils onl eu raison, les gens experts dans l'œuvre philosophique, quand ils oïit dit : « Le [)Iond> est de lor k fintérieur; fétain est de largenl à finlérieur, »♦ lin vïïvl , cet éritincé est exact ptjur ce qui touclie la na(ui'i' de ces dt*u\ minéraux : le ploinh a fextérieur est froid et sec, et a l'inlérieui il est certainement chaud et humide. Or, 1 or n lextérieur est chaud et hu* niide, OKiis (Voitl et sec à Fintérieur; donc rintérieuj* tie For est pai'eil à IVxtérieur du plondi.et Fextérieur de for est pareil n Fintérieur du plomh.
Il en est de même h fégard th'. fétain com]>aré h l*ai";^ent : Feïain esl chaud et lunnide n Fevlérieur, froid et sec a Fintérieur; de même l'argent
192 TUAITES DWLCIMMIE ARABE.
es» chaud et lioiiiide à Tintérirur, froid et sec à IV\ti'neuj\ Kii consVujueïiœ, si rinlrriour dune chose est senililable h l'extérieur dïuie autre cliose, il faul tju'elles soient â\m iiienie genre; ou hien, si elles suiil de deux geni'es dinV'reiits, elles ne seront identiques qu'à la rondilioii que leurs gern*es soient les [jIus voisins possihle.
I*ji raison Av. ce que nous îivons dit plus haut, uni' ehosi' piail sf trarisfbrnier en une autre, soit que la translbniiation porte suj' le genre, ce qui est le cas le plus simple; soit qu'elle porte sur la nalure nn^uiu, ce qui est plus conqjliquL'.
Par ce qui a cté dit plus haut, nous enU-nduns la mention des dix-srpl forces et la proportion que nous avons indiquée. Nous dirons donc : Si, par exemple, l'extérieur du plonih contient trois parties de froid et liuit parties de sécheresse, rintérieur l'enfeniiera à coup sûr une [lartie dr chaleur cl cinq parties d'humidité, l'outefois, dans ce cas, le froid remportera sur la chaleur, par suite de son excès; car il est de règle que la partie dominante soit manifeste, tandis que la partie dominée demeurt* latente : ceci est un axiome. Si quelqu'un met en doute ce t|ue nous avons énoncé* plus haut au sujet tte for, a sa\oir tjue son extérieur conq>orte trois parties de chaleur t*t Ivuil d'humidité, et son intérieur une partie de froid et cinq d«* sécheresse, nous lui dirons que c'est seulement ptu^ fécart enlrt^ le nond>re de ces parties qu'il diffère des autres corps. En eflet, for contient deux parties dt* chaleur de plus que n'en contient li" plomh. Si vous teignez le plond> a\er (fueh|ue chose qui renferme extérieuretrient deux parties de chaleur et trois ifliumidite et que vous en fassiez un mélange intime avec le plondj, rexléricui- du plomb aura idors trois parties de chaleur et huit d'humidité* \ (jus en expulserez ainsi le froid et la sécheresse, car la chaleur domine toujours fhumidité, et le plomh dt'viriidia du niéiur conp <le l'or pnr. Même raisonnement au siijel de Tétain et i\v l'argent, car il est évident que !a nature d'uïie chose peut se transftjrmer en une autre nature, avec cette réserve quil est plus facile de transfoi'mer un genre en un autre genre, (|uune espèce en une autre espèce. Retenez bien ceci.
Nous disons que les diverses natures réparties dans les itidividus des divers genres sont loutes les nic^mes. Si la chaleur de riionnne n'est pas égale en fpjantité à celle du mercure ou de for, il n en est pas moins vrai que la clialeur, le froid, riumiidité et la sécheresse sont de nature ideriliqui^ chex tous les animaux et tous les individus des diverses espèces, dans
TRADUCTION. ^^H' 193
It's dilTércnls minéraux et dans les étolTes do toufi' sorte. En effet, aucune chaleur n't.'St plus lonj^ue qii'uiu* aufre, aucun froid plus ancirn (jy'un autre froid, aucune huniidité plus coui'te qu'une auli'e luimidité, et il ny a pan de sérberesse qui diflrre d'une autre sécheresse* Ce qui établit une diffr-rence enire ces natures, c'est leur abondance ou leur faible rpantitê : la chaleui' du bel dillere de celle du sang, en ce qu'elle est plus abondanli' et partant plus forte ; celle du sang étant en plus petite quantité est plus faible. La chaleur du cuivre est plus intense que celle du baume. De même le froid du talc esl plus éner^îtfue que celui de la cassie, celui «lu sperme cjue crlui de la rose, celui du cerveau i|ue celui des os. Llmmidili* de l'eau est plus grande cpie celle du miel, et celle du mercure plus forte que celle du soulVr*. La sécheresse du soufre est plus grande que celle du mercure. C'est cela (pu constitue les diCTérences des choses et leur diversité, et qui nécessite une dis linction logique. S'il nen était pas ainsi, toutes les cbuses seraient iesmémus et ne présenteraient aucmu^ divergence. Proclamons les louanges de Celui qui a créé toutes choses selon sa volonté; il est le Sage et il sait tout.
DISCOURS Sia LE COUPS, LIESSES CE ET L'iCCmENT.
Sachez que les éléments primordiaux du monde sont au noml>re de dix, savoir: imc essence unique et neul accidents, qu'on appelle tantôt accidents, tantôt qualités. Chacun de ces dix éléments a son individuidilé propre, que» Ton l'econnaît si un éludie la qui'sliun avec soin. Ces dix choses, nous vous les avons déjà fait connaître a propos de Pjlhagore, et il n y a aucun inconvénient à les énumérer ici de nouveau, alin que, s*il plaît à Dieu, cet ouvrage soit compl(*t. Ces dix choses sont donc : i** fessence; 1° la quantité; 3** la qualité; 4*" le rapport; 5* le temps; 6" le lieu; y° la situation; 8** la manière d^étiT; g** faction; tu"" la passion. Après cette érmmération rli-s choses, nous les expliquerons chacune, alin qu'elles soient claires et évidentes pour fétudîant et (pi'il puisse s'en servir pour l'étude de ce livre. Nous allons tlonc les décrire exactement, en tious plaçant au point de vue de fétude de cet ouvrage, s'il plaît k Dieu.
L'essence, c'est Félénient subsistant qui supporte toutes ces catégories. Cest un élément dont les catégories ne peuvent se passer. Elle est, ou générale, el cesl alors fessence primitive; ou particulière, et c'est alors ressence secondaire et composée, (jue les sens ne sauraieni atteinrlre a fétat isolé.
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TRAITES DWLCHIMIE ARABE,
mais que l'esprit conçoit. Ainsi, par exemple, le corps est une essence ayant lon}[»ueur, largeur et proibndeiu*, et c'est alors un composé; si nous lui enlevons ces cah^goriês, il restera nécessairement Tessence,
Maintenant cpie Tessence vous a été dénionlrée, il vous reste k en connaîtt^e la production par I art; vous 1 étudierez dans les Livres des batances, qui vous donneront la quotité de chaque chose. Nous allons vous donner un exemple sensible. Ainsi ïv roseau d'un calam, Tor d'un bracelet, d'une ba^e, largile dune cruche en sonl Tessence (matière première ou substance). Les choses mélangées (c'est-à-dire les formes et qualités) qu'on y rencontre sonl des catégories. Sachez ceci, s'il plaît h Dieu.
La quantité de l'essence dans chaque chose embrasse la totalité de cette chose suivant les uns, car les catégories n'ont point de poids : elle nesl, suivant d'autres, que la moitié pour Fessence, l'autre moitié étanl pour les catégories. L'aj'gument dont les uns et tes autres se sonl servis poui^démon- Irer cela, c*est uniquement la distillation. II convient que vous soyez convaincus que lessence doil être en quantité plus considérable que les catégories, ce qui est manifeste pour les corps sensibles. En elfel, lor dans une bague cntie pour une plus grandi' part que la gravure et le travail in*lustriel; il en es( de même pour le bracrdet, pour la cruche d'argile, pour h bois rie lit, et aussi pour toutes les autres choses exislantes.
Maintetiant que nous avons parlé de l'essence, il est nécessaire que nous parlions du temps* Dans nos autres ouvrages nous avons longuement et anq)lement parlé du temps cl dit tout ce (fui était utile sur ce sujet. Par temps il faut entendre ici le passage (h.'S choses dans la durée. Or il y a trois It'mps : le passé, qui s'est écoulé daîis la ilurée antérieure, la veille, par exemple; le présent, (fui existe encore, et dans lequel vous vous trouvez, aujourd'hui piu* exemple; et enfin le futur, qui tloil venir et aniver, connue demain. 11 n'est point nécessaire, dans ce livre, d'entï*er dans de plus graiids développements sur ce sujet; car la notion du tenqis dans l'opération a pour uniqui' utilité de permettre de parfaire la décomposition et d'achever la combinaisor»*
Quant au lieu, c'est le rapport de l'existence du corps avec sa durée ; il n'y a rien <[ui puisse exister sans le temps et le lieu. Le lieu se divise, selon la quantité ('1 la qualité. Dans notrr délinition de la qualité et de la
quantité, nous dirons : un endroit sec. un endroit froid : de
même un endroit chaud, un endroit humide,
TRADUCTION
Muintenaiil qu«» nuus avons explic[ué ceci» nous allons parler cir lu qualité. La qualité, c'est Télat d'une chose et l'acte qui spécifie cette chose : par exemple, lorsque nous disons : Blanc, noir, chaud, froid. Elle con»porte (livej'ses intlications, telles que: le plus, le luoîns, le plus inlense, le plus faible. Aucune des dix catégories, autres que la tpialité, ne peut donner une semblable notion des choses* Vous pouvez dire : Ceci est plus blanc que cela; ceci est plus noir que cela; ceci est plus froid ou plus chaud (|Ui" cela; ceci est plus intense ou plus fail)le comme couleur rouge que mla. RetenCiS ces énoncés et servez-vousH.'n , s'il plaît à Dieu.
Apres la qualité vient la quantité : la quantité iiulique le nombre et le poids. \ ous dites, par exemple : Combien de parties ceci ■* et on vous répond :
Dut ou cinq empans, dix coudées, cent livres, etc Elle peut consister
l'ii un nombre égal h un autre nombre, ou en un nombre diUéi^enl d'un autrt' nombre. Retenez ceci, qui dissipera un grand nondire dr tluutes des Anciens et vous fera apprécier leurs principes,
La situation est une qualité qui suit la chose : par exemple, quand vous dites : «Un tel, possesseur de fortune; un tel, en état dlndigence, » cela indique aussi la faculté. Exemple : la faculté de brûler appartient au feu; celle de refroidir appartient a feau, La situation se divise en deux catégories : la situation fpii nssondile et la situation qui sépare; ce que Ion peut dii'e également de faccidenL La situation qui assendile, cesl, par exemple, la pierre cf aimant attirant le fer; celle qui sépare : le fer lujanl ia pierre d aimant. Retenez ceci et servez-vous-en , si Dieu le veut.
Vient ensuite la munière d'éti^e. La manière d'être, c'est la forme d'une chose et la niarcjue qui lui est 'mprimée dans le monde. Ainsi fhonnne et foiseau marchent sur deux pieds, le cheval et fane sur quatre pieds, le serpent sur son ventre, tandis que le poisson nage. 11 y a aussi la manière d'être du bois de ht, de la porte. Les variétés de ces formes dans le monde sont appropriées aux divers besoins. On distitigue deux sortes dp manières d'être: celle cpii est naturelle et tpii existe telle quelle en venant au monde; celle qui est aj^tificielle (*t qui vs\ disposée en vue cfun but ([u'on se propose. Telle est la manière d*étre, sachez-le.
Le rapport est f analogie qui existe entre une chose et une auti'e. Ixemple : le rapport d'un grand melon avec une grenade et relui d'une petite nni\ avec une grenade. H y a quatre sorties de rapports :
(i'') Le rapport de sinnlitude, tel cpie le rapport de fhomme i\ Phomme,
lù.
H)6 TRAITES D'ALCHJMIE ARABE.
(!(» râno à l'âne ; c est celui que Ton indique comme nécessaire pour la reproduction réciproque par la génération.
(a**) Le rapport de comparaison, qui comprend lopposition et Tégalité. Exemple : la clialeur comp«irée au froid, le chaud comparé au froid et au corps échauffé, etc.
(3°) Le rapport négatif et affirmatif. Exemple : un tel est debout; un tel nV.st pas debout.
(/i"*) Le rapport démonstratif et privatif associés lun à l'autre. Exemple: il est riche, et non pauvre.
Retenez ceci et construisez vos opérations d'après ces données; vous y trouverez une aide pour aller plus loin , si Dieu le veut.
Après cela vient l'action. Elle s'exprime par des mots, tels que : frappant, écrivant, comptant, coupant, etc.; elle ne comporte pas de subdivisions. Toutefois elle indique l'existence de quelque chose qui subit cette action , ou, comme nous l'avons dit, d'une chose passive.
La passion s'exprime par des mots, tels que : frappé, écrit, compté et coupé.
Tels sont les dix éléments h l'aide desquels le monde est construit.
Maintenant que nous vous avons donné les définitions de ces éléments, dans la mesure qui convenait h notre sujet , nous allons distinguer les formes des natures, en simples et composées. Elles sont simples, cpiand elles vont une à une; composées, quand elles vont deux à deux, trois à trois, ou en nombre plus considérable.
Nous arriverons ensuite au but de notre présent livre, si Dieu le veut.
DISCOURS StïV L'UNION DE L'ESSENCE AVEC LES NATUUES SIMPLES ET COMPOSÉES.
Ecoutez nos paroles sur l'union de l'essence et des natures simples et composées; cela vous donnera les termes les plus parfaits, fondés sui* les l)ases de l'existence et de la corruption. F'aites-en usage et vous trouverez la l)onne voie. En dehors de ce moyen , rien ne sera.
Nous dirons : l'essence est un genre qui supporte les accidents et les qualités, car les accidents ne peuvent se supporter l'un l'autre, ni se soutenir réciproquement.
Maintenant nous allons vous montrer que les natures ne peuvent être
TnADUCTlON.
euiitiues k l'état isolé tfue par rintellijyjence; il en est de mêmt^ tie Tesserire prise isolément. Quand nous disons, par exemple : «Il y a ici une choîie chaude, sèche, froide, humide, qui existe, • par ces mots : tfiii e.ristc\ nous donnons la déliiiition de l'essence, et par ces autres mois : chnmie, sèche, nous lui domions la d<'*finition corporelle; car le corps est aecompa;^iM' «racridents et de qurdilés, tels que la longueur, la largeur, la protoTideur, la couleur, elc.
Tout ce qui existe dans ce monde parmi les indiviflus des divers geiu*es des trois règnes ne peut rnancpier de posséder Tune des dix choses dont ntms avons parlé plus huuL Si, par çxenq)le, le corps est dépouillé t{r sa qualité de patient, il lui reste neuf qualités; s1t est ensuite dépouillé de celle d agent, il lui en reste luiit; de celle de situation, il lui en reste sept; de celle de rapport, il lui l'n reste six; de celle fie manière d'être, il lui en reste cinq; de celle de temps, il lui en reste cp.uitre; de ctdle de quantité, il lui en reste trois; de celle de qualité, il lui en reste deux; de celle de lieu, il ne lui reste alors que lessenc^^. Retenez ceci et vous apprécierez les principes.
Nous devons maintenant parler de la cr)nd)inalson. Si une chose est parfaite dans sa conqjosition (synthèse), elle le sera également dans sa décomposition (analyse). Toute la science et la pratique sont renfermées flans f analyse et la syntlièse. L'analyse détruit, la synthèse reconstruit. Toutes choses doivent être traitées ainsi , et si vous avez décomposé un(^ chose de manière à la ramener à son essence, on opérera de même (en sens inverse) pour sa recomposition. En effet, nous disons que l'essence combinée «levii*nt une chose (détt*rmîn('^e). Le premier ellet de la composition est de lui donner une qualité : fessence actjuiert une couleur et un état défini : c'est alors une essence avec une qualité, telle ([ue la longueur, la largeur, la pro fondt*ur ou la couleur'. Elle a ensuitt^ la quantité, cpii détermine sa qualitr en nombre, en poids, en mesure; puis elle possède fe temps et le lit'u. Sache/, cela et agissez d après ces principes. Ensuite vierment s'ajouter l(»s conséc|uences tpi se trouvent dans les natures, c'est-à-dire les clioses telles que la couleur rouge, fincandescence, faniertume, etc.; ou bien encore les conséquences de la cludeur : par exemple, faction de blanchir. L'action Av refroidir est la conséquence du froid; la dilatation est la conséquence di- la chah'ur; la contraction est la cons('*quence du froid; le resserix«ment l'sl la conséquf'nce de la séchejx^sse; la dissolution est la conséquence de Thu-
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TRAITES D ALCHIMIE AMABE.
miilik' , etc. Cest ainsi que l'on a une connaissance exacte des qualités et lies suljstances, et je ne siiurais rien ajouter à ce que je viens de dire. Agissez en conséquence et vous serez, s'il plaît à Dieu, dans la bonne voie.
Nous vous avons donné des explications sur les natures et les substances simples et composées, nous vous les avons fait percevoir par rintelligerici: et par le j'aisonnenient; nous vous avons fait percevoir égalenieut les naluï't»s isolées, à Taide des sens, en vous disant que largent est la substance de la bague, fargile la sulistance de la cruche, le bois celle de la chaise. Nous vous avons aussi fait percevoir les clioses qui ne tombent pas sous le^ sens; car elles suivent les mêmes principes que les précédentes, connue uriilt'^ ri connue abstraction, et nous avons dit que ce qui supporte les qualités est également le siège des conséc[uences de ces quiJïlés et de leurs elTt*ts. Sache/ bien ceci et agissez en consécpience.
Nous allons maintenant, si Dieu le veut, commencer fétude du principe des éléments de rexistence.
mSCOURS SLR LES ÉLÉMENTS 1>E LTMSTENCE.
L'existence de fanimal ne peut avoir lieu c[ue si elle provient d'une liumidité capable de lui donner naissance, cest-à-dire de celle qui se mélange à la chaleur. De même le minéral est formé de cette même humidité, mais à la condition qu elle soit mélangée au froid et quelle ait été desséchée par une cuisson prolongée, jusqu'au moment où elle s'est coagulée. Cette humidité doit encore être caractérisée par une autre définition particulière. Ce que lanimal mange se transforme eïi maj^urt^ partie en sang, qui peut donner naissance à fanimaJ; cependant il est une partie de cette nourritui*e qui ne se transforme pas en sang et ne saurait doîuier naissance à l'animal.
Ainsi, fanimal qui mange des fèves, des lupins, des pois chiches
des haricots et autres choses semblables, produit un sperme qui ne donnepas d'enfants. Mais s il mange des pâtes, du poisson frais, des oignons, des graisses chaudes, il produit alors un sperme qui donnr des enfants.
Combien avait raison le compagnon d'Euclide, lorsf[uil a dit dans le cintpiième discours de son livre : a Une chose est en rapport avec une autre, quand étant jointe à celte autre elle peut s'accroître par addition'''^. »> Cette
Principe d'hoiûogéDéiLé dcA mûlhématicien».
TRADLCTION.
proposilion est absolu nient exacte et certaine; c*esl Tune des propositions primordiales de IVsprit. Kilo rlahlit que les qualités ne s'accroissent pas par li*s substances, ni les snl>slances pnr les c|ualil»''s. Ainsi lor et Targent ne s'auj»nienlont p;is par râdflition de simples qualités. En ellet» Tor étant une substance malh'^ubln ot fusible dun jaune foncé, cette substance ne peut s'augm*'!itpr que par laddition d'une substance identicpie, lorsqu'on la soumer au martelage et à la fusion. Quant ii laccroître par le seul martelage et la seule fusion, cela est impossible. Le marfelage et la fusirjn n au^menlent pas la substance, parce qu'il est inipossilile quune cboseen augmente une autre, si elle n'est pas formée des mômes élémerUs. On peut encore donner cojume exemple lo tait de deux substances, funt* fusible, Tautre non fusible, (pie fon a mélangées aussi intimement cpe Ton voudra ^*r; la chose fusible ne sera pas empêchée de fondre et celle qui est infusible ne fondra pas. Retenez ceci et agissez en conséf[uence. C'est ce ([uont voulu dire les philosophes par ces mol-s : n Les choses s assimilant a leui's semblables et s éloignent de leurs conti'aiiTs. »
Il faut *[ue vous cornaissiez encore cette proposition, qui est lune des propositions primortiiales de TespiMl et dont vous avez besoin dans ce livre : M Les choses universelles attirent les particulières, et les choses particulières sont renforcées par les universelles,»» hi vous comprenez ceci, nous \ous dirons : «Voyez ce que nous vous avons énoncé précédeimnenl, au sujet tfnne humidité déterminée. » Lorsque rhumidité a été fortifiée par le froid, la chaleur m- ta détruit pas, car la chaleur détruit en agissant dans le milieu du frtjid; luais le froid ne détniit pas dans le milieu do la chaleur. Nnus avorts t^xposé les causes de ceci dans le cours de cet opuscule et dans un grand nombn' de nos cent quarante-quatre livres sur les Balances. Mais si rhumidité est fortiOée par la chaleur, la chaleur pourra agir sur elle, mémt* si vous introduisez la chaleur dans un milieu formé (fhumidité mélangée avec la chaleur. La chaleur recherche les lieux élevés, et le froid recherche les lieux bas; de même f humidité recherche la surface, vi la sèche resse l'intérieur des choses. Nous avons déjà exposé cela dans le Livre de (a liatance. Voilà comment la chaleur s'introduit dans cette humidité et agit sur elle. Kn eOi^t, la chaleur mise en niouvemenl fait sortir Thumidité, dans les
e) L'auteur ne tak pas entrer &n ligne de compte l'ictée de combinaison , tpi produit prie bernent le résultat nié d«ns ce passage.