‹ Histoire des sciences v. 3Chapitre 18 sur 38 · TRAIT · texte numérisé non relu

TRAIT

lLChimie arabe.

contlitions où la chaleur a pouvoir sur riiumitlitë. C'est là une idée exposée clans la science de la lîalance; nous Tavons déjà prpsent<^e dans nos livre.s et nous l'expliquerons clairement ici, s*il plaît à Dieu.

Ceci est une conséquence des dix-sept foiTfs. En eflbl, unr* partie de chaleur peut développer et mettre en mouvement huit parties d'humidilé et huit de sécheresse, quelles quelles soient. La mise en mouvement de la se»cheresse par la chaleur est plus aisée (fue la niise en mouvement de Flmmidiié; car riiumiditt'* est plus lourde et elle appartient au genre du froid, bien qu'il y ait par moment mélange et union entre elle et la chaleur. Nous avons dit que les dix-sept forces représentent ici seulement une partie de TuTi des agents et trois parties de l*un des patients, opposées h huit parlirs de lagenl el cinti parties de Tautre patient; oi" cinq et quatre font neuf et huit font diX'Sept. Telle est la hase du monde, sache/.-le.

La balance naturelle est ce que nous cherchons dans la science de ces choses, pour les (aire arriver ii rexistenci*. Le foie est chaud et luimidr*; la rate est froide et sèche; il n'y a entre ces deux organes aucun»' corrtHatton, car ils se trouvent dans des parties éloignées » mais ils peuvent sr nuire. Lorsque «|uelquun mange un mets, il laut absolument qu*il y ait dans ce mets de la chaleur et de Thuniidité, du froid et du sec, et il faut même (ju'il y ait rlu fi'oid humide, du froid sec, de la chaleur humide et de la chaleur sèche. Chacun des membres prend ce qui lui convient parmi ces choses et s en sert pour fortifier sa nature. Mais il n'en reçoit aucun accroissement, s*il est simplement en contact, ou mélangé avec elles; m^me si l'aliment est du même genre que lui, surtout cpiand faliment n est pas divisé.

Pour que l'accroissement ait lieu, il faut qu'il y nit combinaison, ce cjui ne peut se produire qu'après la transformation; la transformation est ta base de ce livn* et le sujet que nous allons traiter. Voici un exemple de transformation : si nous prenons deux morceaux d'or et cpie nous les réunissions dans une bourse, ou dans tout autre récipient, aucun des deux morceaux ne s'augmentera par l'autre. Mais si nous h^s désagrégeons par la fusion et qu'ensuite nous les réunissions, ils se pénétrerunt l'un lautre, lie façon h foj*mer un tout unicpje. 11 en sera de même pour un m^ts donl ifuel(|u'un se noui rira. , . , . . . Les natures prendront chacune ce qui leur revient, car en se transformant faliment deviendra de l'eau, du sang, de la bile jaune et d(* là bile noire, mélangés. Chacun des membres du corps pmidia tlans ce mélange ce qui lui convient.

TRADUCTION

Maintenant que nous soiiiiiitîs arrivés à ce point, il nV a aucun irn onvénient à ce cpie nous décrivions le procédé de lu transfbiination dans les corps fli*s anînifjux , c<^ qui donn<M'a a rétudiant une nolioii exacte et lui r«.*ii(li'a plus accessilile ce tjue nous dirons plus loin, s'il plait à Dieu.

DISCOURS SUR LA ThANSfOIVMATION.

L'animal qui inange un aliment dont il a coutume de se nourrir commence par le Ijroyer avec ses dents. LMmMiitlité à laquelle ralimeul e^l mélangé par les glandes salivaires a pour elïet d'adoucir cet aliment, d'en laciliter la décomposilion el aussi de rempécher de heurter durement les glandes sali va ires, dont il ei*donnnagerait les parties molles par su dureté. Tout ce qui est broyé et concassé dans rarriére-bouche se décompose avec plus de rapidité et s'assimile plus idsénienl.

'1 oui aliment qui a une chaleur supérieure à celle de la moyenne, sans toutefois Être excessive, est également plus prompt à se décomposer et à être assimilé. Dès cpie lalimenl n est point à égale distance de deux extrêmes, soit en plus, soit en moins, voici ce qui se produit : si c'est en moins, fassimilalion est moins complète, plus dillicile et insuHisante, car alors Taliment résiste a la décomposition el à fassimilation, et le teuips de la Iranslormation se prolonge; si cVst en plus, U y a brûlure et Ja digestion ne se lait pas. Les médecins disent, (juaud c'est en plus, quil existe un appelit canin, un appétit de bocur, etc.; mais, si cest en moins, il y a mollesse rrestomac et refus de digestion. Ils se servent encore d autres désignations aucdogues.

l\usque nous avons commencé a parler de ces choses, nous allons achever de dire ce qui a trait à la digestion. Quand ialiiuent est arrivé dans la première partie de Testomac, si lestomac est sair*, il y renconti^e une substauce molle intérieure, pareille à celle dr la panse, et cest cette sul)staiice molle tpii provoque la décom position el la transformation. Si celte matière molle est saturée dlumudité, vïlv ne peut plus agir sur le bol alimentaire. et riiommc le rejette intact. Parfois Festomac refuse et repousse le bol alimentaire, au moment de son arriv«''e, i^^t alors llionmie le ivjette pai' la bouche immédiatement. Tout est donc subordonné ù la proportion d'humidité que renferme la matière molle lIc restomac. Quand festomac contient une pi'oportion uioyenne d'humirliti', en tpiantilé sunisarJc pour humecter

ALCiUMiE. — m, i" partie.

ïUAiTES D alchiviih; ahabr.

les aliments c}ui lui arrivent et pour les arucner à se, décoruposer» icstoiiiâC est sain et sa pailic molle appareil Le, Les aliments qui arrivent dans un estomac sain de cette sorte sont inïs en niouveuient; leurs natures sont broyées par l'estomac» qui les aide à se digérer avec le concours de ta bile, en sortt^ qu'ils ne se décomposent pas et ne se transforment pas de façon a laisser un vide, qui annulerait des gonflements, de Hiydropisie et autres nialadirs* Tout malaise qui atteint lestomac et le rend impuissant h digérer il pour eause la surabomlance de froid et l'insuffisance de chaleur. Tout maliiise qui atteint restomac et augmente à Texcès sa puissance digestive provient d*une surabondance de chaleur.

Lorsque les aliments ont été broyés dans lestomac» ils se transforment ♦'n une masse homogène, qui ressemble à de leau d'orge. Quand ils sont parvenus à cet état, le^ médecins disent que la première digestion est accomplie. La matière descend ensuite au fond de lestomac, où se produit une séparation; la partie la plus ténue surnage, la partie la plus épaisse va au fond, el la transformation est opérée dans lestomac.

La partie inférieure forme une sorte de marc, qui s'engage dans les intestins et tandis que la partie supérieure, qui est la partie nutritive, se répand dans toutes les régions du corps, de la manière suivante. Le foie connuunique avec lestomac, au moyen d'un orifice par lequel il suce le liqui<l<* pur, pour le répandre ensuite (dans le corps).

La portir)n liquide qui, dans lestomac, contenait le principe de toutes les Tiatures, se partage dans le foie en deux parties i Tune ténue et liquide, (|ue le foie conduit aux reins el qui donne naissance k l'urine; l'autre plus épaisse, que le foie transforme en un premier sang» grâce à sa nature.

Quand elle est transformée en ce premier sang, elle conserve encore diverses natures et elle se transforme, encore. La vésicule du lie! a une ouverture sur le foie et attire a elle la bile jaune; la rate a un orifice par lequel i*lle attire la bile noire. Il reste ensuite le sang pur, que le foie eontluit au moyen des veines dans toutes les autres j>arties du corps : cest ce cju on appelle la seconde digestion.

Sur ce sujet, il s est élevé un tlésaccord entre les anciens : les uns prérendent que la succion de la bile opérée par la vésicule du liel sur le foie, a heu avant que h' foie ait Iransfoi'nié laliment en sang, et la succion aurait alors lien directement sur l'aliment. Dautres disent que cette succion serait postérieure à la transformation en sang. Les premiers ont des idées plus

TUADUCTION.

exiictes, hii^n que ni l'une ni Tuutre de ces dcai\ apitiions in' soil fjluiguép fit» la vérité. Kn effet, il est (hins lordix? des natures de ne point si' mélanger aux choses d\ine nature dillerenlo ni de leur rien eniprunt<n\ Ce n est point lîi h conséquence d'un principe logique et raisonné, mais si-uleinent le iésullat dune répulsion réciproque des natures; car les choses sassiinilenl leurs senibhibles et s'éloignent de leurs contraires.

Quand, à la suite de la seconde digestion, chaque membre a pris des aliments ce qui lui revenait, il transforme ce quil a pris en utie sul>9tance M'niblable k sa propre nature. Ainsi le cerveau translonne sa part des aliments en froid et en hunudité; le cœur, en chaleur et en sécheresse; de même font les autres organes. Ces aliments sont la cause de la dui'ée de Torgane et 1 élément de son existence. Quand Torgane a opéré cette transformation et quli en a extrait sa vigueur, la troisième digestion se trouve acconiplie, cest la dernière.

Les organes qui dhngent le corps sont au nondire de fjuatre : le eerveau» le cœur, le foie et les deux testicules. C'est le cerveau qui donne les sensations; le cœur donne le mouvement; le foie, la force digestive et Tappétit; les deux testicules sont les organes de la reproduction et foîit aussi sortir ce que contiennent les ahinents en fait Jurioe et de rendus.

IjOuanges soient rendues au Créatt^ur, au Sage!

Maintenant que nous avons dit tout ce qu il est nécessaii'e de connaître sur lexistence et sur la digestion, et montré quil ne fallait séparer en aucune laçon la digestion de rtîxistence, nous allons parler, sHl plaît à Dieu, de futérus.

UISCOUHS StiH UOTÉRUS.

L utérus est formé de cinq compartiments : deux à droite, deux à gauche, et un dans la pairie supérieui^ et médiane. Cet organe est chaud et humide, suivant une proportion bien équiiihréi»; ni la chaleur, ni Thumidité ne devant être excessive, mais seulement en (juantit/* suffisante pour se prêter un mutuel appui. Dès que la chaleur de rutérus est surabondante, eHe lïrùle le sperme quelle reçoit; si cest le h'oid qui domine, le sperme est figé et perd toute son action. En effet, aussitôt que le sperme est Irappé par fair, il perd son effet, et c'est la cliose qui se corrompt le plus facilement, ii cause de la délicatesse de la nature animale. Quand futérus est en parfait étal de sanlé, d'une chaleur et d'un»^ humidité tempérées, et ne dépassant

!>(Kl

TRAITES DALCdlMIE ARABE.

pas lu norrnalis il oîsI suscepliblt' de (loveoij- I*' sirge cl(^ la création de lanimal. Sî ces qualités cessent dexisler, rien ne peut être procrf^V* dans 1 utérus.

Quand le sperme tombe dans le premier compartiment de droite, Tenimit créé est une fdle; s'il tombe dans le deuxième compartiment de droite, cesl un f^arçon» Dans le premier compartiment de gauclie, cest encore un *(arçon; dans le deuxième compartiment de gauche, cest une fille. Enfin si le sperme tombe dons la partie médian*', lît il est bien rare que la verge y pénètre, reniant est bermapbrodite. Sur ce point donc Tinstrument de la génération produit nn eilet inutile.

Louanges soient rendues à Celui ([ui a organisé les choses comme il lui a plu! il est équitable et biemnillaiit. Retenez bien ceci pour vous en servir au besoin, s*il plaît à Dieu.

Il convient que vous soyez, bien pej'suadé qu'il y a (juatre natures : la chaleur, le froid, la sécheresse et Hiumidité, et que ces natures sont susceptibles de cjuatre déférés; et par degrés, il faut entendre ici la cpjantité (jui s en rencontre dans les divers cor[)s des trois règnes et qui fait que ces corps difïerent les uns ties autres. S'il n'en était pas ainsi, toutes choses seraient identiques.

liorsque, dans les etiuses, ki c^hatriir esl en failli*^ quantité, par exemple, hi chaleur de feau en «dmllition, ei'llr du corps bumain, celle qui existe à lelaï rjormal dans le foie et dans lu chair, on dil (juelle est du premier degré. Si cette chaleur rs{ moyenne, c'est-à-thi'e intermédiaire entre vvWr que nous venons rfinrlitiner «'1 la chaleui' excessive, telle, par exemple, que celle du cœur, de l'Iiomme plongé longlenqjs dans unç étuve, de feau ("or

leinent houillanti' on encore c(dli' de etc. : on dit qu elle

<"st du second degré. Lorsque la cbalf'ur esl plus considérable, cest-à-din* aussi ff)rte que possible, par exemple, celle de f homme qui a une violent»^ Irènre chaude, Ci*lle de feau qui fuit cuire a f excès, celle de f euphorbe, du baunn\ du poivrt», etc.; on dil alors qu'elle vsl du troisième dt*gré. il ify a pas de chaleur supérieun^ (en général}, (cependant vous pourrez en trouver fie pins lorte, mais s*^nlenienl dans les poisons. Ainsi la piqûre de la tarentule v\ du scorpion , la cludeur du feu hrùlanl lui-même, celle du

poison des vipèi'es et autres de même nature est appelée du quatrième deo^ré» Sachez cela,

LesquatnMjegrês suivent la memr progression que les dix-sept forces, im ce qui touche les poids. Le premier degré \aut un; le second, trois fois plus; le troisième degré, cinq fois plus que le premier; et le quatrième, huit fois

TRADUCTION

plus t{ue \v premien Si, par exemple, le prenûei' fh?gre d'une nalure quelconque est représente en drachmes ou en dancq^^K le second degré sera de trois drachmes et demie; le troisième» de cinq drachmes et. dûiiiie et un tiers; le quatrième, de neuf draclimes et un tiers, et ainsi de suite indéliniinenl. Obsene/* ceci et vous trouverez la vérité en toutes choses, si Dieu !e veut.

APPE^IDICE

Sachez que la rouille de cuivre nalurclle ne convient pas au\ l>esoins de Tœuvre, mais cest seulement la rouille de cuivre artiliciclle qui produit des effets merveilleux. Voici le moyen de préparer cette rouille :

Prenez une partie de cuivre brûlé et une partie de sel aiTimoniac; pilez chatpie substance séparément, puis mélez-les bien ensemble. Arrosez ensuite avec du vinaigre de vin, ou du vinaigre très acide, et laissez dans uti vast» à labri de la poussière. Chaque jout% arrosez le tout de vinaigre, alifi cpiil ne se dessèche pas; ou, si vous préférer, recouvrez complètement de vinaigre, Qunnd le mélange sera transformé intérieurement et extérieurement t-n ruuille de cuivre et qu*il sera consistant, retirez-le. Le produit que vous aurez ainsi obtenu sera de la véritable rouille de cuivre; il fondra au leu et t^Mndi'a l'argent en jaune claii\ Ce sera déjà de félixir,

Sachez quf> si vous le pilez alors avec de Teau de couperose, dislillt**' avec du soufre, que vous f arrosiez abondamment en le broyant et lepurant, et qu ensuite vous le fassiez griller légèrement, en recommençant lopêratioîi jusquà ce cpje le produit soit rouge, vous pourrez teindre fargent en u\ parfait sans défaut.

C est une des parties principales de {opération qui se pratique ainsi : vous distillerez la couperose, et elle fournira un licpiide corrosif, avec letpiel vous broierez du soufre jaune. Vous mettez le tout dans un alambic et vous distillez de nouveau. Vous obtenez alors un liquide de couleur rouge ^^K i|ui est la teinture de soufre. Vous broyez la rouille de cui\re avec c*' litpjide l'i vous laites gilUer le tout. Si Dieu le veut, vous aurez ainsi obtenu ce que noas vous avons indicjué.

î') Sahtlhisicin de ta drachm**.

W (*cf appcndicp n'n aucun rnppurt a\ti€ ce t|tii précède. CVst tin** recette pour lu teinture des m«^tom nu movpni d'um* préparation ûv

v«srl-di*-gris , uu jdulôt dfn\cldoritrt' dr cuivn*. l^> Acidu i*ulfurit|UL" impur. CVsl h\ ^tnûv menlioii (jui soit Joile de et* composé; «lït- tst trop vdguc pour v insisliT.

Quand votre produit sera devenu rouge , faites avec ce liquide une pâte , que vous roulerez en pilules , de la grosseur d un pois chiche. Faites ensuite fondre l'argent et alimentez-le avec ce produit.

Pour l'épuration, vous le broyez bien et tamisez; puis vous le disposez dans un vase dur et profond; vous versez dessus de leau de couperose distillée, et vous broyez ensuite avec un pilon de verre, sans vous arrêter, jusqu'à ce que le tout soit sec. Vous grillez le tout légèrement. \ ous retirez du feu et vous versez de nouveau de Teau de couperose ; puis vous broyez durant plusieurs jours, jusqu'à ce que le produit soit sec. Continuez ainsi, jusqu'à ce que vous ayez obtenu une terre rouge fondant au feu; alors vous vous en servirez et vous obtiendrez ce que nous vous avons dit. Retenez bien ceci , si Dieu le veut.

Ici se termine l'extrait abrégé du Livre de la Concentration. Louange à Dieu! quTl répande ses bénédictions sur notre seigneur Mohammed et sur sa famille, et qu'il leur accorde le salut!

TRADUCTION

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