TRAITE SLR LE MERCURE OCCIDENTAL (EAL DIVINE, MYRTE MYSTIQUE
Au nom du Dieu clément et miséricordieux!
Louange à Dieu, le créateur, le savant, le puissant, le sage! Que Dieu répande ses hénédictions sur notre seigneur Mohammed , le sceau des prophètes, ainsi que sur sa vertueuse famille!
TRADUCTION
Celui qui a connu nos ouvrages sur Tneuvre et sur les balances sait que. (iatis les (juatre opuscules présents, compris dans an petit noinbre de rf^uiltnts et sous un modeste format, nous allons exposer les indications les [jIus importantes et condenser ce que Ton ne trouverait ni dans un ^rancl nombre de nos longs ouvrages, ni dans d'autres Ii\Tes.
Sachez que cette eau a été nommée divine, paixe qu'elle fait sortir les natures de leurs natures et qu elle revivifie les morts; aussi fa-t-on nommée l'ncore feau des êtres animés, et la pierre a été appelée alors la pierre animée. C'est feau de la vie; celui qui en a bu ne peut plus jamais mourir. Lorsquelle a été extraite, acbevée et mélangée complètement, elle <*mpêche faction du feu sur les substances au\cpielles elle a été mêlée, et le feu ne peut plus décomposer de tels mélanges. Loin de là, elle combat le feu, après avoir été brûlée par lui. Ketenez ceci; rendez -vous -en bien compte, obspncz le but auquel il mène, et vous arriverez à cormaîh'e ce que les anciens philosophes vous ont caché au sujet de fœuvTe divine, de celte nn|>ortante question, de cette vérité, en dehors de laquelle rien ne saurait exister.
Sachez que c^itte eau est extraite de la pierre, tpii est la pierre de t*t fjuelle ne peut se faire avec autre chose; bien que cette eau ne fasst- pas [»;irtie de la substance même de cette pierre, h laquelle elle est seulement
li\ée très fortement. Ceci n'est pas le ; mais il s'apptdie poison , quand
il est mélanj^é avec lui et qu il s est opéré entre eux une transformation réciproque, en raison de faction de f humidité. Mais il faut éloigner la
chaleur du feu, car le feu s'unit avec cette liurnirlité non mélangée, en plus grande proportion quil ne le ferait avec
Au moment de la rencontre avec cette eau, il y a deux prolits ; fun deux. cVsl que félîxir en prend le feu, h f exclusion de lelément humide. . . .; le second, cest tjue la proportion du mélange opéré est telle, que lelixir alimenl<* d'eau la pierre qui auparavant était desséchée. .... Quand le fpu s est empaix' de ses parties et quelles sont désagn^gées, il leur donne de la forci» et il exerce sur elles cette action que le (eu produit, en provoquant Tuiiion tie toutes les choses analogues et la séparation des parties diOV»renles. Celte séparation atteint ainsi son uiaximuin d'intensité; la séparation obtenue par ce procédé d'opération est complète et elle donne de nombreux résultats. L'un de ces résultats est dV'iupêcher que le feu ne prenne la moindre* parcelle de feau de la pierre, laquelle est expulsée ainsi
en son entier, tout en cons(;rvant la force nécessaire pour le moment où on la remettra en présence du corps, après avoir purifié tous les principes de la pierre. Le second résultat, cest que le feu exerce sur cette eau une action qui en modifie la nature, grâce à l'addition de Tautre eau, de nature opposée à la chaleur. Le feu lui fournit son âme; la transformation a lieu et il prend à la pierre feau qu'elle lui a apportée. Le troisième résultat est que la pierre profite de feau qui la pénètre , pour acquérir de la force , et cet excédent d'humidité est utile à la désagrégation. En etfet, son humidité propre ne lui sert que dans la combinaison et dans le mélange; quant à désagréger les parties ténues, elle est impuissante à le faire
Nous vous avons dit (dans un autre ouvrage) de distiller sur des tiges de myrte, juscju'à ce que le produit devienne jaune, ou soit pur. Mais il ne s'agit pas ici du myrte (naturel) que vous croyez; car nous avons la coutume d'enlever aux choses leurs véritables noms, pour leur donner celui d'une chose connue, qui est en rapport avec le produit employé pour la préparation de la pierre, soit par , soit par sa nature , son parfum,
son goût, ou quelque chose de ce genre. Le myrte dont nous entendons parler ici est celui que nous avons défini dans Le Livre de l'explication des cnquante propriétés, ou plus exactement dans le commentaire de cet ouvrage. La définition qui a été donnée dans ce livre est claire et sans ambiguïtés, pour les gens initiés à la science de l'œuvre. Mais pour ceux à qui sont destinés les quatre opuscules actuels, cette définition est obscure ; aussi est-il nécessaire cpie nous l'explicpiions ici, de façon (ju'elle puisse être comprise de tous ceux qui, étant aptes à connaître cette science, ne la possèdent point suffisamment. Car ces hvres, o mon frère! je ne les ai pas faits pour la masse du vulgaire, mais pour les esprits distingués. Celui cjui connaît si peu que ce soit de cette science vi qui mérite d'être l'un de ses adeptes, est supérieur aux es])rits les plus distingués dans toutes les autres sciences. Kn effet, tout homme instruit dans une science quelconque, et qui n'a point donné une partie de son temps à l'étude de l'un des principes de l'œuvre, en théorie ou en pratique, possède une culture intellectuelle absolument insuffisante. Tout ce qu'il peut faire, c'est aligner des mots, combiner des phrases, ou les conceptions de son imagination, et rechercher des choses qui n'ont point d'existence propre, et qu'il croit cependant exister en dehoi^ de lui, croyance erronée que partagent ceux qui entendent ses discours. . .
IjCS choses étant ainsi, nous allons parler du myrte Sachez que le
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myrte, cest la feuille et la tige; c'est une racine sans être une racine. C'est .^1 la fois une racine et une branche. Quant à être une racine , c'est une racine sans contredit, si on l'oppose aux feuilles et aux fruits. Elle est détachée du tronc et fait partie des racines profondes. Si la chose est telle que nous venons de le dire, et que le nom de myrte lui ait été donné, c'est uniquement à cause des feuilles qui forment sa branche, branche connue pour la tige qui est liée à la racine. Il est donc nécessaire que nous disions ce qu'est cette branche, en termes qui en indiquent clairement la condition; car lorsque nous connaîtrons cette condition, nous saurons aussi celle de la chose qu'elle désigne. Ainsi, j'en jure par mon maître, sera éclaircie la question du myrte que Marie appelle les échelons de l'or; que Démocrite nomme l'oiseau vert , et que les philosophes ont dénommé par diverses appellations et surnoms, dans le but d'en dissimuler la connaissance aux initiés, et à plus forte raison à ceux qui ne le sont pas. Sachez ceci, comprenezle et vous aurez la vérité.
Etant comprise fimportance de cette chose, nous dirons tout d'abord pourquoi on l'a appelée myrte. On l'a nommée ainsi à cause de sa couleur verte et parce qu'elle est pareille au myrte, en ce qu'elle conserve longtemps sa couleur verte , malgré les alternatives de froid et de chaleur. Cette chose verte, appelée myrte, sort en rejetons d'une base, nommée la tige du myrte. 11 faut la distiller avec le feu de la pierre, en se servant de la tige qui produit les dernières feuilles , ainsi que nous l'avons rapporté dans Le Livre des cinquante propriétés naturelles, La tige, mêlez-la avec la pierre, dont vous désirez distiller les produits à l'aide de cette tige. L'utilité de cette tige n'est pas la même que celle de leau ajoutée à la pierre, eau dont je vous en ai dit ailleurs le but et futilité. C'est cette tige qui en brûle l'âme et qui consume les impuretés combustibles de la pierre ; elle en débarrasse tous les principes qui la corrompent; elle rend h la vie le mort, et le feu n'a plus d'action sur lui. En effet, l'eau commence à chasser félément humide de
la pierre et la débarrasse de ce ([u'elle contient, grâce à faction du
feu qui s'empare des petites parcelles qui ont été tamisées avec elle. Quant h cette lige, elle est en concordance avec les impuretés brûlées, à cause de fimpureté qu'elle renferme. La tige est résistante; elle n'est pas comme les feuilles. Vous savez que ses feuilles sont vertes, et que le vert est une couleur intermédiaire entre le noir et le jaune; elle ressemble au noir sans être du noir; le noir est une des choses humides combustibles. S'il en est ainsi
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des feuilles qui sont des branches , que pensez- vous qu'il en soit de l'appendice de la tige qui est une racine
Le profit qu'on en peut retirer est évident , et le secret est découvert. . . .
Maintenant que nous sommes parvenus à ce point de la définition de ce principe , nous arrêtons notre livre.
Fin du livre du mercure occidental. Louange à Dieu, le maître des mondes!