CHAPITRE XIII
VNITERSALISTBS OU L ATITUDIK AIRES ; GÔlTSISTAIlS - UiriVEBSA- LISTES ; UirtVERSAUSTES-PHARISIEirS ; BOURNéANS ; DBSTRVC-^ TlOiriSTSS^ BELLIAffISTBS OU BELLlA]fS-1Z|rXYERSAUS.TE5.
Sous le nom diUnwersaUstes ou Latitudinai res on comprend ceux qui prétendent que Jésus- Christ étant mort pour tous les hommes y tous les hommes seront sauvés.
Cette opinion, qui se montra dès les premiers temps du protestantisme y acquit plus d'éclat y lorsqu en 1 588 Samuel Hùher, prédicateur reformé à BuFgdorf, cantqp de Berne, en chaire et par écrit, proclama la rédemption universelle. Il fut chassé de la Suisse, jet successivement du Wurtemberg, de la Saxe et d'autres contrées, où il tenta de propager ses opinions. On peut voir dans Baumgarten une notice détaillée sur le Hubérianisme ^ et dans les historiens Osiander et Sagittarins , la liste des éerits publiés sur ce sujet ^«
^ Baumgarten. Geschichte der religious partein , etc. ^• ia-4^. ^ Halle, 1766, pag. iiio et suw,
2 Osiander, Hist. eccles, centuria, i6^lîb, ly, c, xlt, et Sagittarius , pag. 981.
aïO DES SECTES RELIGIEUSES.
En 1696, parnt l'ouvrage de Jurieu, la Religion du Latitudinaire ^ Dans sa préface il dit : a Qu'il )) n'y a plus 4e Sociniens, ils sont tous métamor- » pli osés en Latitudinaires, secte pernicieuse qui » çst dans les entrailles de l'Église. Elle les dévo- » rera si Dieu n'y apporte de forts remèdes. Les » écrivains latitudinaires nous ont perdus, Épiscon pius etCourcelle nous ont fait plus de Sociniens » que Crellius et Socin. » Plus loin il parle de gens qui' sauvent les hommes de toutes les sectes, quoi- Qu'ils fassent semblant de ne vouloir le salut que
Par Jésus-Christ.
Contre lui s'éleva Bury, qui, en 1697, imprima in-i2, àLondres , Latitudinarius orthodoxus. La dispute , amortie pendant quelque temps, renaquit lorsque Petersen , surintendant luthérien ( voyez son article), annonça que la peine des damnés aurait un terme ^. Nous verrons cette opinion reparaître dans le même pays , au fiiilieu du dix-huitième siècle.
Parmi les défenseurs de cette opinion, quelquesuns ont cru qu'il leur importait de concilier Arminius avec Calvin ; et voici comment ils procèdent.
Les Calvinistes démontrent , par la Bible , que
^ In-i!2» Amsterdam.
' y^oy, une liste des ouvrages sur cet objet , dans Jablouski , tom. m , pag. 294 et suw. , et dans Walcfaius , pag. 384 ^^ suii'.
tJNIVEIiSALlâTEâ, iTG. Hit
Dieu est immuable. Son amour pour les hommes ne peut donc être altéré , et la mort de Jésus-Christ doit être efficace envers tous ceux pour lesquels il a souffert.
Les Arminiens prouvent également par la fii^ ble que Dieu est essentiellement aniour ; sa bonté se manifeste en tout et sans réserve; il nous a donné son fils unique, qui est mort pour le monde entier.
Selon les Calvinistes , une partie du genre humain doit être l'objet éternel de sa colère.
Les Arminiens, au contraire, admettant une restauration générale , soutiennent que les enfans d'Adani seront sauvés sans exceptioUé
Us reconnaissent à la vérité une prédestination ^ mais non dans le même sens que Calvin. Dieu s est choisi pour le bien de tous quelques êtres privilégiés, ce sont les premiers nés, les prémices de la mission de Jésus-Christ ; ils auront part h la première résurrection; ils seront, comme dit rEcrituré , rois et prêtres, dans cette péiiode de bonheur appelée le millenium ^ une seconde mort ne les atteindra pas. Quant aux autres, après avoir subi une peine proportionnée à leurs péchés^ mais limitée^ ils seront réconciliés avec Dieu.
Dans ces derniers temps on a vivement agité en Amérique la question du salut universel , surtout depuis l'époque où parut l'ouvrage du docteur Charles Ckauncy, né en 1706, ministre à Boston, mort en 1787, et qui , trois ans auparavant^
^l^ DES SECTES RELIGIEUSES.
avait publié son livre, le Salut de tous les hommes ^
Il pose en principe que Jésus-Christ est mort poui* tous, ce qui n'est pas difficile à. prouver; puis, s'appuyant de quelques passages de saint Paul^ qui i*^pellent la bontéde Dieu pour nous , et le désir d'amener tous les enfans d'Adam au bonheur céleste ^, du désir il conclut au fait, et conduit en paradis tout le genre humain. Cette conséquence lui paraît plus glorieuse pour Dieu , puisqu'elle attribue une plus grande efficacité aux souffrances du Sauveur.
Il partage le règne de Jésus-Christ en deux périodes; la première, depuis la naissance du Messie, celle où nous vivons; l'autre, -celle qui s'écoulera entre la résurrection et le jugement dernier. Par sa longue durée , qui cependant aura un terme, elle correspondra à ce que l'Ecrilure ap^ jpélle éternité. Les justes sont admis au ciel immédiatement après leur mort ; mais les pécheurs , dans le cours de la seconde période , subiront des peines dans les divers états par lesquels il plaira à Dieu de les faire passer, jusqu'à ce que, ramenés à l'obéissance envers leur Sauveur, ils soient purifiés. Alors commencera la grande et dernière pé-
^ The mistery hidfrom âges or the salivation of ail men, in-8°. , 1784.
2 Rom. 5.12, etc. — Et Coloss, i, 19-20. — JSph. i. g^io. — I*. Timoth, 2.4.
plflVERSALISTES, etc. tl3
riode dont parle l'Apocalypse ^^ où Dieu sera tout en tous , et les enfans d'Adam seront admis au bonheur sans exception. Ghauncy prétend que ce salut universel est le but auquel il faut ramener toute la révélation. Il est une classe de Latitudinaires qui , en admettant comme Ghauncy, le salut universel, motivent un peu différemnient leur opinion.
Le péché du premier père a souillé toute sa pos-. térité ; il a corrompu toute la masse : son crime est le nôtre. Mais Jésus-Ghrist est le prince de la paix : toutes les menaces consignées dans llScriture ont été épuisées sur sa personne. En prenant notre nature, il nous a unis à lui, comme les branches le sont à Tarife ^. Quand , dans la loi mosaïque, Dieu prononce la sentence de malédic* tion et de mort contre quiconque n'observera pas les préceptes , il parle comme législateur. Mais ce même Dieu , revêtu de chair, s'est montré sur la terre ; il a accompli toute la loi ; il s'est fait anathème pour nous, et dans l'Évangile il parle comme Sauveur : ayant expié pour tous, ses actions, ses soufirances, ses mérites, sont les nôtres ; nous ne sommes plus sous la loi , pas plus qu'une femme n'est sous la puissance de son éponx lorsqu'il est décédé. La loi est éteinte , la mort même n'existe
^ Apocal. 5.IO.
^ Joan. 17. iki'iZ. — Rom, iîi.5. — Eph, i, 22.^3, ibid. , 2.16. — Coloss 1.18, ibid^ 2.10, etc.
ai4 DES SECTES RELIGIEUSE^.
plus. Jésus-Christ la détruite , et n'en a laissé qoe Vonabre : ainsi , ayant été perdus par le péché du premier Adam , nous sommes rachetés par les mé^' rites .du second.
Il y a deux jugemens , Fun qui embrasse le passé et. le présent, car Jésus-Christ a dit que présen* tement se fait le jugement de ce monde , et que le prince de ce monde sera jeté dehors ^ H est déjà juge ^
Chacun doit se juger soi-même pour n être paa jugé ; sinon il comparaîtra au second jugement avec les incrédules.
Puisque ces Universalistes se fondent sur la Bi-* ble y on pourrait leur objecter que saint Paul luimême n'osait pas se juger, et reconnaissait que Dieu est son juge ^. D'un autre côté » celui qui ne croit pas est déjà jugé * ; mais continuons à en-^ tendre nos docteurs.
Ceux qui n'auront pas exercé le jugement sur eux-mêmes,, par exemple les inc^rédules, seront néanmoins placés à la droite de Jésus-Christ. Il est mort pour eux et il leur dira : « Venez , les bien« » aimés de moii père, possédez le royaume qui )xyous a été préparé dès le commencement da » monde. » A sa gauche seront les anges rebelles,
^ Joan., ia.3i.
^ Ibid. , 17.17.
^ i«. Gorinth. , 4- 3*4* ♦ Joan. , 3,18,
UNIVERSALISTES, itc. ^iS
auxquels il dira : « Allez , maudits au feu éterneL » Ainsi le second jugement, ou jugement dernier, n'aura lieu que sur deux classes d'êtres ; les anges rebelles et les hommes qui fte se sont pas jugés de leur vivant. .
Les partisans de cette opiqiion prennent le nom de Consistans-'Universalistes , de Chrêtiens^Um-^ versalisteSy et appellent ceux qui suivent les sentimeds de Chauncy, UnwersaUstes-Pharisiens , qui veulent se justifier eux-mêmes.
Les Consistans regardent lés sacremens comme Y dés ombres, des emblèmes : telle est Tidée quils attachent à la célébration de la cène. Quelquesuns prétendent même que toutes les fois qu'ils se nourrissent de pain et de vin, ils remplissent ce précepte : Faites ceci en mémoire de moi ; et qu'alors le Saint-Esprit les nourrit de Jéçus-Christ, qui est le pain dévie. Quant.au baptême, c'est l'immersion de l'âme dans la vérité, par Tensei-; gnementdel^Esprit'-Saint; c'est Jésus-Christ , qui lui-même l'administre dans le feu et l'esprit. Us ne condamnent pas , à la vérité , l'usage de verser de l'eau sur la tête d'un enfant , mais cela leur pa^ rait superflu ; ils se contentent de vouer les leurs k celui qui leur a donné la vie.
La même doctrine avait été prêchée en Angleterre, parlâmes Relly, qui , dans cette île , avait exercé le ministère sous la direction de Whitefield^ dont il partageait alors les sentîmens; mais ensuite, révolté par le dogmatisme de sonmakre,
^l6 DES SECTES RELIGIEUSES.
qui admettait^ comme Calvin , la réprobation positive, Relly, parcourant les extrêmes, professa le salut universel. Wesley disait que Relly et ses adhérens le haïssaient^utant que s'il était le pape, et dix fois plus que s'il était le diable, car le diable à leurs yeux n est pas un objet d'horreur, ils pensent qu'il sera réconcilié avec le ciel.
Relly, étant allé aux Etats-Unis, y forma une congrégation, laquelle, après sa mort, fut dirigée par Murray, qui, d'Angleterre, était allé à Boston , propager les mêmes idées et qui devint ensuite chapelain du général Washington.
Les Consîstans - Universalistes ont quelques Églises gouvernées par une constitution que rédigèrent, en 1789, leurs ministres assemblés à Philadelphie. Une autre assemblée se tint en Massachusetts, Van 1794 9 et depuis cette époque ils ont une réunion annuelle où trente à quarante congrégations sont représentées ^ Les principales, en 1807, étaient celles de Boston et Philadelphie. A la même époque , des ReUfans étaient disséminés dans quelques coins de l'Angleterre , surtout en Devonshire , et ils avaient encore une chapelle à Londres ^. Ingersol dit qu'ils ont cent vingt prédicateurs dans les Etats-Unis ^.
^ Collection ofy etc. , tom. x , pag. 72.
^ A sketch oy dénominations , etc. , par Evans, m-12» Boston, 1807^ pag. 1237; et Southey, tom. 11, pag. 3ii et suiç.
* Ingersol, pag. 52.
UNIVER^ALISTES, ktc ^IJ
• Elhanan Winchester , né à Brooklin, Tan 1757, fut d'abord ministre Baptiste , puis , en 1 778 , zélé Calvitiiste et ministre dans le Sud ; puis utilement employé pour instruire les nègres ; puis, en 1787, à Philadelphie , prédicateur du salut universel et de ]a restauration générale. Son système est semblable à celui du docteur Ghatfncy. Winchester ^ décédé en 1797 > à quarante six ans, a laissé entre autres ouvrages quatre dialogues sur la restauration générale, publiés Tan 1^800, a vol. inrS*'.
Samuel Haven , ministre à Fortsmouth , en New-Hampshire , mort en 1806, Calviniste modéré , embrassa les sentimens de Chauncy, sur la restauration générale, et cependant jamais il ne les prêcha , disant qu il ne voulait pas risquer son salut sur ce fondement.
James Huntington, ministre de Goventry, en Gonnecticut, mort en 1796, avait composé, sur le salut universel, un nouveau système, publié Tannée suivante > sous le titre . de Calvinisme perfeC' tiowié-. Ses idées rentrent dans celles de Murray.
Selon lui , la loi et l'Évangile sont diamétralement opposés. Les menaces de la loi sont le cri de la justice, mais TÉvangile n'a pas de menaces; il n'est que la bonne nouvelle. Par la loi nous sommes dignes de tous les chàtimens ; par Jésus- Christ nous sommes dignes de la v ie éternelle*
^ Cahinism improved or the Gospel illustrated as a sysitm of real grâce , etc. , in-8".
Î^l8 DES SECTES RELIGIEUSES.
La loi proclame ce que nous màritoûa ; l*Evan-* gile, ce que Jésus-Christ a mérité pour nous. Car il 8*est substitué à tous lescoupable»; tous nos péchés lui sont transférés : il les a expiés pour nous ; il nous sauvera tous.
Les Universalistes ont pour adversaireç, i% ceux qui admettent l'éternité des peines; 2**. ceux qui pensent que la punition infligée aux méchaiis sera d'être détruits : de ce nombre sont John Taylor, de Norwich, et Samuel Bourne , de Biraùngham-y mort en 1796^ le même qui a écrit contre l'éternité des peines, en réponse à Chandler^ çt dont les sectateurs sont désignés sous le nom de Bour^ neanSy on Destructionistes . Avant eux le docteur Watt avait soutenu que les enfans des pervers, mourant en bas âge, étaient anéantis. Leur sys*tème est mitoyen entre les peines étemelles et le salut universel. La punition des méchans est appelée, dans la Bible , la mort éternelle* Ces ex» pressions, disent-ils, annoncent un anéantisse^ ment final, car aucune loi ne peut infliger la mc»rt pour un temps limité ; d'ailleurs cette punition ne peut avoir pour but de les corriger. Cependant ils repoussent l'emploi du piot annihilation j sous prétexte qu'il n'est pas scriptural. Cette doctrine d'anéantissement est contraire au plan de la Divi^ pité et aux vérités révélées. Le mot destruction est employé quelquefois dans l'Ecriture pour signifier seulement la cessation de la vie actuelle^ mais sans contredire les promesses de la résurrection (générale.
UNIVER8ALISTE8, etc. aiQ
D'après les principes du proteslantisme , les idées les.plus étranges^ les plus bizarres ^ naissent , meurent, renaissent et se perdent dans le vague ûnmense des interprétations arbitraires.
Les défenseurs de Tétemité des peines allèguent en preuve une foule de textes sacrés que les Universalistes torturent pour y trouver un sens conforme à leur système. Aiw j signifie âge, siècle; en conséquence , Scarlet, dans les notes jointes à sa version anglaise du Nouveau Testament, propose de traduire le dérivé oLitùvioq'psir age-lastirig, qui durera des siècles, au lieu de ei^er-lasting , qui durera toujours ou éternel. Cette manière d'expliquer le texte rentre daçis telle de Doederlein , qui dans aid^vioç trouvait un temps indéfini plutôt qn infini. En partant de Thypotbèse , que le sens du mot alwio^ est ambigu , Broughton dit que rEsprit-Saint s'est servi de ce terme amphibologique par des vues conformes à sa sagesse; c'est afin que, d'une part, les hommes éviteiit le péché par la crainte d'un châtiment éternel , puisque le mot original peut admettre cette acception ; çt que de l'autre. Dieu se réserve la liberté de limiter la durée de cette punition sans blesser sa véracité ^ La circonspection avec laquelle l'auteur propose un pareil système, suffit-elle pour ea excuser le ridicule?
Malheureusement pour Scarlet, Broughton et
^ Dissertations onfuturity.
aïO DES SECTES RELIGIEUSES.
leurs partisans , Tusage, père de^ langues, qui, dans toutes , sans égard pour la dérivatioil , érige en loi tant d'anomalies, et qui fixe l'acception des mots, l'usage a déterminé chez tous les peuples celui diétemeL Le simple ix>n sens indique d'ailleurs que les passages suivans ne comportent pas une autre signification. « H vaut mieux entrer » dans la vie n ayant qu'un pied ou qu'une main , » que d'en avoir deux et être jeté au feu étemel *.
» Jésus-Christ dira aux réprouvés : Retirez-vous » de moi , maudits ; allez au feu étemel , qui a été » préparé pour le diable et pour ses anges... Alors » ils iront dans le supplice éternel , et les justes » dans la vie étemelle ^.
» La fumée de leurs tourmens s'élèvera , dit » saint Jean , dans les siècles des siècles, sans qu'il » leur reste aucun repos , ni jour ni nuit , etc. ^: saint » Jean-Baptiste déclare que celui qui ne croit pas » au fils ne verra pas la vie, mais que la colère de » Dieu demeure sur lui *.
» Le péché contre le Saint-Elsprit ne sera par- » donné ni en ce monde ni en l'autre ^. »
Abraham, parlant au mauvais riche ^ lui ao-
^ Math., 18.8. — Marc. 9*42.
^ Math. , 25. 4i et 46.
^ Apocalyp. , 14* n. Yoyez aussi ibid, 19.3 et ao.io. — a Thess. , i ,9. — Jud. , i3 , etc. , etc. ^ Joan. ^ 3.36.
^ Math. 9 12. 3i.32. — Marc, 3.29. — Luc, 12.10.
UNTVERSALISTES, btg. 3^1
nonce : « Qu'il y a poyr jamais un abîme entre lui » et le pauvre Lazare ^ » •
Par quelle singularité voudrait-on que l'acception du mot eVeme/, jigMÉil s'agit de punition y fût autre que quai^^^Ht question de récompense ? ^^^^^
Cette simple réflexion écarte tous les paralogismes et les fausses interprétations que les Uni^ versalistes ont appuyés sur le sens du mot
Ici s'applique , avec beaucoup de justesse , un raisonnement identique k celui par lequel on réfute ceux qui nient la présence réelle. Supposons pour un moment, leur dit le Catholique, que je suis Calviniste ; avec vous je déclare que ces paroles du Sauveur : ceci est mon corps , ceci est mon ^a/îg^, -signifient seulement, ceci est la figure. Mais si, au lieu de la figure, Jésuis-CHrist avait voulu énoncer la réalité de sa présence ,• aurait-il pu s'expliquer autrenàent et plus clairement ? De même, disons -nous auxUniversall^tes, si par ee mot (xio^yioç, étemel y Dieu avait voulu indiquer une durée infinie , aurait-il pu employer un langage plus positif? *
Ëberhard a très-bien senti cette difficulté dans son Examen de la doctrine touchant le salut des Païens , ou Nouvelle apologie pour S ocrate ^. La
^ Luc, 16.^6.
2 In-8''. , Amsterdam, 1773.
2122 DES 8EGTES RELIGIEUSES.
Sorbonne avait censuré le roman de Bélisaire i Turgot, sous le nom d'un bachelier Ubiquiste^ voulut persifiler la Sorbonne par une réfutation ironique des proposîiMÉ^|m'elle avait condamnées dans Marmontcll^^^wird , persuadé que cette pièce dérisoire est Î^^R^e de la faculté , a»' sure gravement qu'elle a commis une grande im-« prudence et prêté le flanc par cet écrit ^
Le ministre Eberhard , résolu à sauver les mécbans comme les bons, range au nombre des per* sécuteurs de Socrate, quiconque élève des doutes sur le salut de ce philosophe , qui , au moment de mourir , ordonna d'immoler un coq à Ësculape. Refuser de le canoniser c'est, selon Eberhard y se mettre à côté d'Anitus et de M elitus , ses accusateurs ^. il traite avec un mépris , dont il est difficile de se faire une idée , saint Augustin , qu'il nomme le Père des prédestinatiens. On croit voir un maître qui, d'un air doctoral, donne des fé<^ rules à un écolier : l'illustre évêque d'Hippone est bien au-dessus de telles critiques. Celle qu'on a dirigée contre lui dans la Noui^elle apologie pour Socrate , doit être comptée parmi les erreurs d'EberEard. J'estimais les talens de l'auteur, et j'aimais s^a personne ; mais l'auguste vérité est encore plus sacrée que l'amitié,
** Dictionnaire des anonymes, par Barbier, tom. i^ pag. 267 et 268.
2 Page 369.
-UNI VERS ALIST^S, em. aî3
Eberhard cherche dans tous les siècles chrétiens des sayans qui, selon son expression ^ soient accourus au secours des Païens. Il nie le péché originel, le dogme d'une propitiation sanglante : il cherche dans la gentîlilj^ et dans la chevalerie des vertus appuyées suf d'autres bases que la religion; et, quoique ayant Tair d'ddniettre là révélation, il réduit tout lessentiel du christianisme à son influence morale. C'est lui donner autant de privi* léges qu'aux écrits d'Epictète et de Sénèque. Vient ensuite sa dissertation contre l'éternité des peines; mais comment sortir de l'embarras que lui cause le célèbre passage de l'Evangile : ceux-ci iront dans le supplice éternel , et ceux-là dans la vie éternelle ^ ? « On peut soupçonner, dit-il , que des » copistes étourdis, en voulant faire les entendus, » ont cru faire merveille en complétant l'antithèse i} par la répétition du mot , qui manquait selon » eux à la symétrie, et qu'ainsi ils ont mis la peine » éternelle et la joie éternelle l'un à côté de l'au- » tre*.» On peut soupçonner ! Lecteur, que ditesvous de cette preuve? Si elle vous' parait faible, l'auteur vous en fournit une auti'e : « C'est que la » vérité de la révéktion même reçoit sa première » certitude de ce que la raison la reconnaît pour » vraie ^. » Et comme la raison d'Eberhard con-
^ Math., 25.41.
Page
ibid.
2 Page 5oo.
^^4 DBS SEGT£8 RELIGIEUSES.
teste ici à la révélation sa certitude , bon gré mal gré, soyez de son avis. Craignez d'ailleurs d'être comparés avec Anitus et Melitus.
Cependant Huet, ministre de l'Église wallone dUtrecht y n a pas redouté ce danger. Dans ses Réflexions surla nom^eUe apologie pour S ocrate % il ne ferme pas les cieux aux Païens , mais sur l'éternité des peines il combat Eberhard. Celui-ci avait enregistré au nombre des Universalistes, Tillotson, que Huet compte seulement parmi ceux qui , sur. ce sujet , ont élevé des doutes.
* Il attaque ensuite le système. Eberhard croit donc que la notion vulgaire, d étemels tourmens, ne peut produire que méchanceté et que misère dans le monde. H ne veut pas dire sans doute que cette doctrine soit propre à faire retomber les gens de bien dans le vice , mais à y retenir les vicieux. Supposez que nous ayons un méchant à convertir, par lequel de ces deux moyens y réussirons - nous le mieux , ou de lui dire : En persévérant dans le crime , non-seulement vous vous excluez d'un bonfieur étemel , auquel vous pouvez encore parvenir par une repen tance sincère; mais, outre cela vous vous exposez à des peines qui ne finiront jamais ; ou de lui tenir le langage que voici : En persévérant dans le crime , vous retardez considérablement votre bien-être. Comme être raisonnable y vous parviendrez tôt ou tard au
^ In-8"., Utrecht, 1774.
UNIVEftSALlSTES, etc. «a5
bonheur; mais ce ne sera qu'après de longues peines; et les pas que vous faites actuellement en arrière y dans le chemin de la perfection ^ manqueront pendant toute votre étemelle existence à la somme totale , et à la longueur du chemin parcourtgf La question me parait aisée à résoudre; et pour peu qu'on y réfléchisse, on doit convenir, ce mesemWe, avec Tillotson, que, si unejois les hommes venaient a se délivrer de la crainte des peines éternelles , il leur manquerait le frein le plus propre à les détourner du mal.
ft Le système du rétablissement est incompatible avec la déclaration du Sauveur , touchant Jwdas^î car quelles que soient ses souffrances, si elles doivent servir à Iç corriger et à le conduire à une béatitude éternelle, il lui sera bon d'être né^ et c'est ce que le Sauveur nié : je ne vois pas du xnoins qu'il soit possible d'expliquer autrement ce passage.
» Je n'ai garde d'imputer, à ceux||ui adoptent le système du rétablissement général, la conséquence terrible que vous allez lire; mais elle n'en découle pas moins de leurs principes , et je ne vois absolument point comment ils pourraient s'y prendre pour leluder. C'est que la religion et la vertu ne sont nécessaires ici-bas, relativement à la vie future, que pour arriver plus tôt au bonheur, puisque ceux qui auront eu le courage de
^ Math., 26.!i4- — Marc, 16.21.
aa6 DES SECTES RELIGIEUSES
braver les peines k venir, n en serpnt pas tnoins sauvés quelque jour. Mais ils seront puniâ , dira-ton , à proportion de leurs crioiesL; et ce ne sera qu à force de peines qu'ils deviendront bons , et heureux. Fort bien ! mais ne doit-on pas prévoir que les mêmes raisons quon allègue pour montrer que ces peines ne seront pas éternelles, leur serviront à se flatter qu elles seront encore moins longues et moins sévères qu'on ne le pense? Dieu, dit-on , est trop sage , trop bon, trop juste , pour punir éternellement ses créatures : il est moralement nécessaire que les peines finissent dans son rojaurne : . ce qui manquera éterneUem^t à la perfection de ceux qui ne seront pas convertis de bonne heure, n'empêchera pas qu'ils ne soient dans un état fort heureux. Sans doute que des hommes sages et pieux nen travailleront pas moins à hâter leur salut par leur persévérance à hien^faire ^. Mais les vicieux n'y chercheront-ils p9S des pr^extes pour vivre comme bon leur semble, dans la persuasion que^ quoi quHl arrive, ils seront un jour heureux? Et l'athée même^ quand on voudra le convertir par la crainte d'être un jour puni par le Dieu qu'il brave , ne pourra- 1il pas répondre que si les choses sont comme on le dit , il en sera quitte pour quelques siècles de misère , qui le conduiront à une éternité de bonheur, puisque , selon ce système , il n'y a ni scélé-
^ Rotn. ,117.
IJNIVËRSALISTES, etc. ^2J
rat, ui impie, ni démon qui.ne doive un jour, en vertu des perfections divineâ , devenir éternellement heureux ?
Ici s'intercale très-bien une anecdote rapportéepar Lambert, dans son voyage du Bas-Canada et des Etats-Unis^ «r un procès criminel contre un homme qui se disait Universaliste^ Le jugç no manque pas de faire observer que le coupable trouvait sa justification dans les pTincipes de la secte , d'après lesquels tous les hommes seront sauvés, quels que soient les crimes qu'ils aient commis ^
A cette anecdote on. peut joindre la suivante : Deux ministres à Philadelphie, M'Caulay et Abner Kpeeland , dans une église d'Universalistes , en présence d^un nombreux auditoire, proposèrent de débattre la question : Si une portion de l'espècehûmaine sera éternellement damnée ou #nfin sauvée? On choisit Itois modérateurs ou juges pour écouter attentivement , et des sténographes pour recueillir les débats^. J'ignore si la conférence eut lieu, et quel fut le résultat.
On a parlé d'une secte qui s'intitule Anti-- Sectarienne^ composée de njembres qui, sans former aucupe agrégation , serait disséminée dans toute» sociétés religieuses , ce qui a fait dire
^ Traifels through lower Canada , etc. , by John Lambert, in-8". , London, i8io , tom. m , p. 44 et suw. , et 91 et suw.
'^The Christian oh tenter, tom. i, pajç, 708 ou 78 et suiif,
tia8 DES SECTES RELIGIEUSES.
aux auteurs du Christian observer.., qu'au lieu de considérer comme secte ces hommes opposés à l'esprit sectaire, il faut les annumérer aux Unîversalistes.
L'erreur des Universalistes , qu'on a nommés quelquefois Docteurs de misémcorde, n'est pas nouvelle. Censurée autrefoivS dans Origène, dans Réthorius, elle fut reproduite en 1592, par un des hommes les plus versatiles en fait de religion ; Puccius, dans un ouvrage fameux, qu'il dédia au pape Clément VIII ^ ; et long-temps après par Pierre Cuppé , <îuré du Bois, diocèse de Saintes, si toutefois ce nom n'est pas supposé ou eniprnntë pour donner quelque crédit à une plate brochure réimprimée en 1783 , sous ce titre : Lé ciel oui^ert à tous les hommes ^. Zuingle , qui avait professé la n^me doctrine, fut réfuté par Osiander,. Lyserus et d'autres théologiens protestaps. Cependant cette erreur , actuellement si répandue parmi les sectes modernes, y trouva des partisans dès le seizième 'siècle. Elle en eut surtout chez les Mennonites hollandais et les Anabaptistes allemands. Cest la doctrine des Sociniens , qui trouvent dans toutes les sociétés chrétiepnes, ou désignées comme telles , les dogmes suffisans pour le
^ De Christi servatoris efficacitate in omnibus et singulis hominibus , etc., in-8°., i5gi ; de là furent appelés Puccianistes ceux qui adoptèrent son opinion.
2 Par feu Pierre Cuppé, etc., nouvelle édit. , in-8°. , Londres, 1783.
UNIVERSALISTES, etc. 2219
salut. Une lettre de Samuel Crellius, écrite d'Amsterdam , en 1740 , déclare que les Unitaires croient .au salut général même de pieux Trinitaires , non en tant que Trinitaires , parce que Terreur , dit-il , . ne peut sauver personne , ïnais comme pieux Chrétiens'* . Us ont été combattus par Abraham Calovius, Hootnbeck , Scherzen^ , etc.
La doctrine de la restauration universelle parait avoir été celle de Chiliingworth , car son dire, fdi toujours été charitable , je vous prie de l'être envers moi , était la réponse anticipée à la question : si un Turc , un Socinien , un Papiste peuvent être sauvés ; et à la fin de l'ouvrage de Cheynefl y sur la maladie et la mort de Chiliingworth y est un catéchisme recueilli de ses œuvres , d'après lequel un homme peut être sauvé , quoiqu'il révoque en doute l'authenticité d'une partie des livres saints ^
Outre les écrivains qu'on vient de nommer , la doctrine universaliste a eu pour apologistes Baxter, dont l'ouvrage anglais fut traduit en allemand ,. en 1721 , sous ce titre : La vraie Eglise dans
1 Cette lettre est insérée dans les Acta historica , t. vit, pag. 976 et suiif.
2 Engelberti Klupfelii institutiones , pars a* , lib. II , p. 197 et 198.
^ Chiliingworth' s novissima, or the sicknes , heresjr, death and burial of JVill- Chiliingworth , by Francis Cheynell, petit in - 4"- , London , i644» i^ '^'^«t pat paginé.
23o DES SECTES RELIGTEUSES.
toutes les sectes ^ ,• Rust , évêque anglican , de Drumore en Irlande, Jér. White, le docteur Cheyne , Ranisay , dans ses Principes philosophiques de la f^ligion naturelle et réyéléej Burnet , dans son ouv rage , de Statu mortuorum Hartley, dans ses Obseivations sur l'homme; Stonehouse , etc. , etc. 0" se rappelle le bruit occasioné par un sermon du ministre Petit-Pierre de Neuf châ tel , et la réponse de 1 mcrtdule Frér déric II , sur ce sujet , à milord Maréchal ^. Bitaubé, qui avait déjà insinué cette doctrine dans son Examen de la confession de foi (/w ficaire sa^^ojard y imprimée à Berlin en 1763^ , nV pas jugé à propos de l'insérer dans la' collection Tit)uvelle de ses* œuvres. Cette liste ( si oa en excepte Ramsaj ) , ne se compose que de Protestans : néanmoins ils ont été combattus même par des écrivains de leur secte, tds'que Dan. Taylor, Fischer, André FuUer, Jonathan Edwards; Ce dernier, né à Windsor en Connecticut , l'an lyoS , ministre presbytérien, président du collège de New-Jersey, mort en 1768, est auteur.de deux ouvrages célèbres , l'un sur le Libre arbitre , 1 autre Y Histoire de la rédemption *. Profond dialecti-
^ Die wahre Kirche in allen secten»
^ Lettres de Muller, traduites parniadame de Steck» in-8". , Paris, 1812, p. igS, letti'e 60.
3 In-8"., 1763, Berlin.
^ ^ A Careful and strict inquiry into the modem premailing notions ofthcfreedam of PVilly in-8".,Albany, i8o4> c^ History ofthe rédemption, i774»
UNIVERSALISTES, etc. a3l
cien , il a , parmi les çongrégationalistes d'Amérique, un grdnd nombre d'admirateurs qu'on nomme les JE dwardean s ^ Son fils, le docteur Edwards, né en i745, mort en 1801 , a écrit dans le même sens , ainsi que Nathan Strong , ministre à Hartford. en Connecticut; dans un ouvrage imprimé en 1 796 ^ , il concilie la punition éternelle avec riufinie bonté de Dieu, et signale comme anti'-scripturales les idées de Huntington, sur le sacrifice expiatoire de Jésus-Christ.
Strong soutient qu'il n'y a pas d'opposition entre la loi et l'Evangile; que ni l'une ni l'autre ne peuvent sauver ou damner indépendamment des actions de l'homme ; que pour être sauvé il faut expier ses péchés et avoir la foi en Jésus-Christ. .
Mais quiconque a étudié . l'esprit actuel des diverses sectes, pensera que Strong, au milieu d'elles , crie à peu près dans le désert. La plupart de leurs docteurs torturent les textes les plus clairs de l'Ecriture, pour les plier au caprice des passions; sous prétexte d'amour pour le prochain, ils élargissent le chemin du ciel , que J-ésus-Christ déclare si positivement très-étroit; et, ne laissant à Dieu que sa miséricorde, ils veulent lui ravir sa justice. Jésus-Christ, disent-ils, est venu pour sa'uver les pécheurs et non les justes. Dans ce
'' Publics charact ers f 1806, pag. 352.
^ The doctrine of eternal misery reconciliablé whîtà the infinité benei'olence ofgod, etc. , ib-8*. , 1796.
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système, la conversion est peu nécessaire, puis* que déSnitivement tout le monde aura part au bonheur. Par tine conséquence évidente, il est inutile de chercher où est la véritable Eglise. Le docteur Ammon , dans un sermon sur la défection qu'éprouve le Luthéranisme , dit : Il faut plaindre les déserteurs et non pas nous ; dans un autre il s'objecte qu'on reproche aux Protestans aadmettre au salui des hommes de toutes les Eglises ; il répond : Cela ne compromet pas la pureté de notre foi; il nourrit la charité fraternelle, et fait la gloire de l'Église évangélique.
Ainsi, le Protestantisme donnant la. main au Deïsme, à l'indifférentisme , ouvre le ciel aux hommes de toutes les sectes : après avoir tant crié contre le purgatoire , un grand nombre de ses docteurs, niant l'éternité des peines , éteignent Tenfer et ne veulent plus qu'un purgatoire. Mais , dans leur système , à quoi bon mêoie ce purgatoire , ces peines qui auront un terme ? Et puisque les Universalistes se parent d'une affection si tendre pour tout le genre humain , comment peuventils supporter Tidée même de chàtimeus infligés temporairement? Il est bien plus simple de détruire encore le purgatoire , et de donner aux plus grands scélérats un bonheur moindre peut-être que celui des hommes vertueux . mais qui n'en serait pas moins un bonheur éternel. Bosaùet, dans son avertissement sixième aux Protestans, prouve très-bien que ce système dérive immédiate
UNIVERSALISTES, itc. 233
ment (Jes principes de la réforme. La maxime une fois établie que l'interprétation de l'Ecriture est laissée à l'esprit particulier sans l'interposition d'aucune barrière y il faut en subir toutes les conséquences. Le salut universel en est une pour ceux qui prétendent le trouver dans les livres saints. Dès lors je suis moins surpris de lire , dans des ouvrages anglais 9 que les Catholiques et les' Calvinistes sont actuellement les seuls qui prétendent que le salut est exclusivement attaché à un système de croyanoe. Quoi ! les Calvinistes aussi ? Certes, l'auteur de cet article leur fait une concession à peu près gratuite ; restent donc les Catholiques seuls, et dès lors pourquoi cette ferveur de prosélytisme , qui, dans ces dernières années , a fait explosion chez les Protestans. Pourquoi tant d'efforts pour, convertir des gens qui peuvent trouver la route du salut dans la religion à laquelle ils sont attachés?
La croyance catholique sur cet objet est irrévocablement fixée , et tous les eflForts de l'erreur viendront à jamais se briser contre ce principe qui irrite si fort les incrédules : Hors de F Église, point de salut y comme il n'y en pas eut hors de l'arche de Noé, qui en était la figure.
L'Eglise désavoue, et quelque jour peut-être elle proclamera de nouveau , que depuis longtemps sont frappées d'anathèmes les erreurs de trois prélats , la Luzerne , ancien évéque de Laugres; Duvoisin, évêque de Nantes; Délia Torre,
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archevêque de Turin , approbateur du discours scandaleux (Je Sineo. La vérité heureusement a trouvé des défenseurs en deçà et par delà les monts, le P. Lambert , Palmieri, Gautier^ Carréga. Renvoyons pour ces détails à ce qu'on a lu dans le chapitre concernant les nouveaux Pélagiens.
Le Sauveur nous dit que personne ne va au père que par son intermédiaire , et que celui qui ne croira pas sera condamné \ Saint Augustin , et dans ces derniers temps Arnaud ^ ont parfaitement développé cette nécessité de la foi en Jésus-Christ; On ne la trouve pure que dans le .sein de l'Eglise catholique , qui , traversant les siècles , voit successivemeut autour d'elle les schismes , les hérésies s'élever, Tassaillir, s'éteindre, tandis qu'elle reste la colonne de la vérité.
^ JoaD.^ 1^.6, etc.
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