‹ Histoire des sectes religieusesChapitre 29 sur 59 · PIÉTISTES, ETC · texte numérisé non relu

PIÉTISTES, ETC

Les Piétistes reconnaissent les livres svnaboliques , en ce qu'ils ont de conforme à l'Ecriture ,• c'est, dit Ëdzard^ comme si un habitant de l'Angleterre promettait de payer à quelqu'un un billet de mille écus avec la condition de reconnaître pour roi Guillaume III , s'il est légitime. Le Piétisme promet la vie éternelle aux damnés et aux démons , il introduit dans l'Eglise l'idolâtrie , le culte et l'invocation de Satan , il conduit à la magie , en supprimant l'inquisition contre les magiciens ^

La ville de Strasbourg eut, depuis 1700 à 1706, des conventicules de Piétistes, très -unis entre eux, qui, si l'on en croit Hardtsclimidt , condamdamnaient l'usage du vin quoiqu'ils en bussent largement ; seuls ils se croyaient les vrais membres de l'Eglise , décriaient les ministres , et niaient l'efficacité de leur ministère. Les femmes quittaient leurs ménages pour accourir à ces réunions, où elles avaient des extases; les temples étaient presque déserts. On bannit de la vill(î les chefs des Collèges depiétéy ce qui amortit le zèle, toutefois sans l'éteindre ^ , et qui pouvait, au contraire, l'enflammer d'avantage. La plupart des gouvernemens protestans intervinrent dans cette dispute.

^ Impietas cohortis fanaticœ ex propriis Spenerore^ chenbergii , etc. , per Sel. Edzard , in-4**. , Hamburgi ,

^ De conçenticidis disputatio historica , etc. , praeside J.-N. Hardtschmidt, in-4°. , Argentorati , ijoS.

34o DES SECTES RELIGIEUSES.

Un édit du roi de Suède, en i'jo6 , défendit aux étudians d'aller aux académies étrangères où florissait lePiétisQie, et prohiba, sous peine d'exil, les Collèges de piété , ce qui n'empêcha pas les Suédois, faits prisonniers en 1709 à Pultava, et transportés en Sibérie , d'entretenir un commerce de lettres avec Franck et d'autres Pietistes de Halle. Ces défenses furent renouvelées en 1713, par le sénat de Suède, et en 1720 et 1726 par le roi ^. On peut voir dans Henke la liste nombreuse des édits , et la liste plus nombreuse encore dès écrits contre la secte de Spener , surtout' à la fin du dix-septième siècle et au commencement dii dix-huitième. Entre ces écrits, un des plus singuliers est celui de Schelging , Abrégé des controverses dont le Piétisme a été le prétexte^.

Les livres symboliques des Protestans sont , dit-il , nécessaires; et cest avec raison quon les appelle divins ^ Il n'y a pas d'erreurs dans la confession d'Augsbourg, ni dans l'apologie de cette confession , ni dans le catéchisme de Luther , ni dans la formule de concorde. Les Collèges de piété sont condamnables; ils ont affaibli l'autorité des ministres, fait négliger le culte public, et

^ Historiola controifersiarum de viribus hominis in religionis negotio , etc. , par Frant , in-4"» » Upsal , i8oi.

2 Allgemeine geschichte der Christian kirche, etc., von d^ H.-P.-L. Henke, m-8®. , Braunschweig , 1801, toin. m, pag. 5i î e^ suù^. ; et SaB , etc.

3 Synopsis , etc. , pag. 57 et suù^.

PlÉTJSTfiS. r.TC. 341

causé un tcliisrae : les Piélistes ^ont des rigoristes outrés contre lopinion desquels Schelging prétend qu on peut boire et manger dans un repas jusqu'à satiété, et même pour le plaisir ^; il innocente Jes spectacles, les théâtres, la danse, et déclame contre des gens qui crient comme si le salut de V Eglise était dans les pieds ^.

II n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de rapporter tout ce qui a été dit contre le Piétisme. Les ouvrages de Krause , de Duttenhot'er , peuvent, à cet égard, satisfaire et même fatiguer la curio* site ^ Mais, en traçant cette notice, il était important de faire remarquer son affinité avec les rêveries de Jacques Boëhm , avec la doctrine des Quiétistes et des Gordicoles. On a vu précédemment que Poiret estimait les écrits de fioëhm ; Franck et ses disciples estimaient beaucoup Poiret, et surtout son ouvrage : La Prudence des justes.

Le Piétisme neut jamais que des assemblées séparatistes. Mais il a des adhérens dans les diverses sectes, et particulièrement celle des Moraves ; leur fondateur Zinzendorf en faisait grand éloge. Les Piétistes ou Moraves composent )a majeure partie des sociétés formées à Bâle , à Stutt-

^ SyDopsis, pag. 356 et suw,, 879 et suU^

^ Pag. 38^ et suiv,

^ FreymiXthige untersuchungen liber pietismus und orthodoxie, von M. G.-F. Duttenhofer, in-S". , Halle, 1787; Historiche und psychologische Bemerkungen uber pietisten und pietismus , von Krause, Halle, in»8".; i8o4»

gard et en d'autres villes d'Allemagne , pour propager l'Evangile , et qui ont des correspondans à Strasbourg et à Mulhausen. Parmi leurs affidés on citait le docteur Jung, dont un ouvrage, sur les manifestations des esprits ^ , a fait du bruit en Allemagne. Quelle que soit la manière d'envisager ses opinions, on ne peut lui contester du talent, des moyens , et une droiture qui commande l'estime; c'est une justice que je me plais à rendre à un homme que j'ai connu personnellement et à plusieurs de ses amis.

Les Piétistes ont une propension décidée : 1°. Pour des ouvrages aflfectueux et généralement estimés , tels que ceux de Thomas à Kempis, saint François de Sales , Scupoli , Segneri , sainte Thérèse , à raison des sentimens tendres qu'on y trouve en abondance ; les Maximes spirituelles ^ du frère carme Laurent de la Résurrection; celles qui concernent la présence de Dieu sont excellentes ; le commentaire espagnol et fort rare, sur l'Apocalypse, par Grégoire Lopez, solitaire du Mexique ^ ; ( le père Richard dit que Bossuet en faisait beaucoup d'éloges ^ ); la vie très-édifiante

^ Théorie der geister-kund , etc. , von Jung, in-8*». , Nuremberg.

2 In-12 , Paris, 1692.

* Tratado del apocalipsi de Gregorio Lopes^ , in-4°- > 1648, Madrid.

^ Dictionnaire des sciences ecclésiastiques, article Grégoire Lopez.

PIETISTES, ETC. 343

de LopeZy traduite en français par d*Andil1y.

2**. Les Piétistes recherchent les ouvrages mystiques j sans en excepter la vie de Marie Alacoque, Marie d'Agreda , les lettres d'OUier , fondateur de Saint-Sulpice , qui contiennent ce que les Anglais appellent des Nonsense , mêlés à des idées saines. Les ouvrages de mademoiselle Brohon , dont on a parlé à l'article des J^ictimes j ceux de Bernières de Louvigny , entre autres son Chrétien intérieur^ qui eut douze éditions. Il contient aussi les Pensées y ou Sentimens du Chrétien intérieur sur les principaux mystères de la foi ^ Il y règne un ton de mysticisme assez étrange* Jugez - en par ces phrases : « Esprit du monde et de la » nature , tu ne vois goutte ici ^. — Près du sépul- » cre de Jésus-Christ , mon âme se tua elle-même » par amour de Dieu. — Je lui fis cette épitaphe : » Ci-gît une âme morte d'amour. »

3°. Les Piétistes, en Allemagne, recherchent encore les écrits de Paul-Gérard Arndt , qui est leur Taulère, leur à Kempis, de Tersteggen, Bengel , Storr. Les liturgies , prières et cantiques empreints de mysticité, ont pour eux un attrait spécial.

Cette pauvre raison humaine, que certains philosophes exaltent si haut , est une houssole qui décline sans cesse. Les pays et les siècles les.

^ Id-i2, Paris, 1680.

2 Pag. 3ao et passlm.

344 HKS SKCTES lk£LlGl£US£S.

plus Tantes sont précisément ceux où la ver** saiilité des usages et des opinions est plus fréquente.

Le Piétisme , peu de temps après sa naissance » propagé rapidement en Allemagne ^ y obtint une faveur signalée ; ensuite arriva le temps où , pour être à la mode, il fallait réfuter, injurier , exiler les Piétistes ^ Infaillible moyen d'assurer l'exi-* stence d'une secte , et de lui attirer des prosélytes. Aussi le Piétisme a traversé le dix - huitième siècle sous des formes très - variées dans diverses^ communions protestantes. Depuis quelques années il occupe vivement les tètes en Allemagne et en Helvétie. Nous le retrouverons .dans lés Sépara-* tistes Wurtembergeois , et dans les conventicules qui agitent le pays de Yaud, depuis que la dis-corde a secoué ses brandons , et opéré une scission dans rÉglise genevoise.

PiBTisTEs DE BiscHwiLLER , ctc. — D'aptès cc qui précède , le lecteur sait que le terme piétisme a des acceptions tariées et s'applique à des sociétés iden^tiques par le nom , mais différentes quant à la doctrine; ce qu'on va lire en office de nouvelles preuves.

Depuis un siècle, et peut-être plus ^ une secte peu nombreuse de Séparatistes , appelés Piétistes ,

^ ^oy, le Prédicateur évangélique , ou sermons de Jean-Frcdéric Nardin, in -8., Paris, iS^i, tom. i ,, pag. 8 de la vie de Tautenr.

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égalemeul opposés aux Calvinistes et aux Luthériens^ est disséminée sur les deux rives du Rhin^ dans des villes et des villages dépendans de la France , de la Prusse , de la Bavière , surtout à Bisch veiller, Bergzabern , Pirmasens, Deux-Ponts, Nev^stadt, Ëdenkoben, etc.

La plupart, artisans ou cultivateurs, sont en général peu instruits, peu communicatifs , et s'enveloppent d'un silence qui tient du mystère ; ce qui parait constaté sur leur croyance se réduit aux articles suivans.

Ils admettent la Bible, reconnaissent la divinité de Jésus-Christ y voient, dans les communions protestantes et partout, la Babjlone qui doit succomber prochainement: quelques-uns fixent à Tan i83o l'époque de leur délivrance et le triomphe de leur doctrine qui s'étendra sur tout le globe.

Entre leurs mains circulent quelques imprimés. Les ouvrages de prédilection sont ceux d'Armsbruster et Adam MuUer.

Ils ont des réunions journalières , le matin pour prier, le soir pour des lectures édifiantes.

Ils n'ont ni sacremens , ni symboles , ni sacer» doce. Le droit d'instruire, d'après l'inspiration privée , appartient indistinctement à chacun. Quelques relations venues d'Allemagne disent que, dans certaines réunions , entre autres àSden-i koben, ils s'agenouillent dos kdos, se donnent

de grands coups de léte contre les murs ; ils attachent une foule d'idées mystérieuses au nombre de six cent soixante- six de l'Apocalypse, et au nombre quarante, à cause des quarante ans de séjour des Israélites dans le désert, des quarante jours de jeûne de Jésus-Christ.

Leurs chants sont , dit-on , graves et harmonieux ; une discipline sévère les éloigne des danses et autres récréations mondaines.

Lorsqu'un d'eux est malade , on n'a pas recours à la médecine; ils s'agenouillent, prient pour lui, attendent le secours divin et s'il meurt, l'inhument sans cérémonie.

On s'accorde à dire , qu'en général leur costume est négligé et malpropre ^

Ils assurent que dans les cantons dépendans de la Bavière et de la Prusse, entre autres k Schwartzenau , près de Berlenbourg , et à Edenkoben, ils ont éprouvé des vexations qui les ont réduits à chercher un asile dans le duché de Hesse- Darmstadt.

Quelques familles de la même secte sontéparses dans la ci-devant Alsace , surtout à Bischwiller , petite ville, chef- lieu de canton. Protégées en quelque sorte par leur caractère paisible et l'exiguité de leur nombre, eUes avaient échappé à

^ Der catholick, in-S*». , Strasbourg, i8aa, tom. ti . pag. 19, etc.

PIÉTISIES, KTC. 347

Tattention publique jusqu'en 1822, époque à laquelle celles de Bischwiller , formant en totalité quarante individus , furent dénoncées comme ayant, au nombre de plus de vingt personnes, des réunions clandestines dans la maison de Nordman, et coupables d'outrages envers la morale publique et religieuse, etc. , etc. Ces accusations furent admises par le tribunal correctionnel de Strasbourg, qui, le 26 juin 1826, prononça diverses peines, dont la principale, contre Nordman, le condamne à trois mois de prison, à trois cents francs d'amende, etc.

La cause fut déférée par appel à la cour royale de Colmar, qui, le 26 avril 1826, rejeta l'accusation d'outrage envers la religion de l'état et la morale publique, et renvoya les prévenus de la plainte, sans dépens.

Le procureur général s'étant pourvu en cassation de cet arrêt, les Piétistes trouvèrent un éloquent et zélé patron. le nom d'Isambert se rattache honorablement à la défense de toutes les libertés que je n'appellerai pas légitimes ^ car la licence ne le fut jamais, cette épithète serait un pléonasme.

L'article 5 de la Charte sanctionne le principe du droit naturel sur la liberté des cultes; mais le Code pénal, articles 291 , 2 et 4> t^xige que les réunions périodiques de plus de vingt personnes , pour s'occuper de matières religieuses, pour exercer un culte, obtiennent préalablement la per-

missiou de Fautorité municipale. L'infraction de cette loi est punissable d'une amende -de seize francs à deux cents francs.

Vouloir désarmer la société contre l'abus éventuel des réunions quelconques , serait un attentat coupable, et telle n'est pas l'intention du défenseur des Piétistes ; il admet , il veut à l'égard des cultes une police surveillante et répressive, mais non préventive ; il soutient que pour ne pas heurter l'esprit de la Charte , au lieu de réclamer l'autorisation municipale, une simple déclaration doit suffire.

Sur ce débat intervient, le 3 août 1826, l'arrêt de la cour de cassation; elle établit que les articles cités du Code pénal se concilient parfaitement^ tant avec le principe consacré par la Charte, qu'avec le besoin des mesures de surveillance. La cour royale de Colmar, en renvoyant Nordman de la plainte portée contre lui, a violé les articles cités du Code pénal, en conséquence :

La cour de cassation annule, mais seulem^^nt quant à ce , la décision de la cour royale de Colmar, et pour être statué de nouveau sur ce chef, elle renvoyé devant la cour de Metz.

A Metz , les Piétistes eurent pour défenseur un jeune avocat (Dornes ) , digne de marcher sur les traces d'Isambert. La Cour royale, en iS^'y, décide comme la cour de cassation^ que, pour jouir de la libeSrté de culte , lassentiment de l'autorité pu-

PIÉTISTES, ETC. 3;f9

blique est nécessaire, Nordmaa a violé ]a Joi en prêtant sa maison à l'assemblée des Piétistes , sans avoir rempli les formalités exigées par le Code pénal , elle le condamne k seize francs d'amende et aux dépens.

Une lettre, du lo juillet 1829, annonce que les Piétistes ayant fait leur déclaration à la municipalité , ils sont tranquilles. Leur cause est absolument semblable à celle des Anti - Concordatistes, ou Louisets , disséminés dans quelques-uns de nos départemens occidentaux. Ceux de Fougères éprouvèrent , il y a deux ans , quelques tracasseries, nonobstant la déclaration faite au commissaire de police , par un prêtre nommé Juvigny, leur directeur; la cour royale de Rennes, par son arrêt du i". août 1828, jugea que cette déclaration le mettait à fabri des poursuites indiquées par le Code pénal; et cet arrêt ayant été déféré par le procureur général à la cour de cassation, celle-ci, par son arrêt du i3 septembre même année, a maintenu celui de la cour de Rennes.

Il est surprenant que, dans les plaidoyers , on n'ait fait aucune mention des Anabaptistes épars dans l'e-t de la France. Je doute qu'ils aient bâti aucune église , leur usage étant de se réunir pour le culte dans l'habitation de l'un d'eux. Sans doute ils ont fait leur déclaration à l'autorité civile.

Les arrêts de trois cours royales, et de la cour

35o D£S Sectes religieuses.

de cassation , sur ces sociétés peu nombreuses et presque imperceptibles, nous ramènent à la question complexe de tolérance religieuse et de tolérance civile. Sans cesse l'ignorance et la mauvaise foi entourent de nuages cette matière tant de fois débattue , parfaitement éclaircie , et sur la^^iuelle , dans l'impossibilité de dire quelque chose de neuf, on est presque réduit à répéter.

La tolérance religieuse , qui envisagerait tous les cultes comme également utiles et vrais, ou comme nuisibles, faux et indifférens, ne serait guère qu'un athéisme pratique. Un être raisonnable ne peut être indilféreut sur la religion , car la gloire de Dieu et le salut de notre àmc , voilà le but final auquel nous devons tout rapporter dans notre court pèlerinage sur la terre, qui n'est que le vestibule de l'éternité.

// ri y a quun Seigneur, une foi , un baptême ^ Il ne peut exister qu'une religion véritable, puisque la vérité est une; et, comme l'a dit celui qui est la vérité même, il n'y a qu'un bercail , dès lors qu'une voie pour arriver au ciel.

L'unité catholique repoussera toujours cette tolérance religieuse, ou plutôt irréligieuse, qui serait un amalgame incohérent et coupable de l'erreur et de la vérité , de la sagesse et de la folie^ de la lumière et des ténèbres.

^ Ëpbèse ,4-5.

PIÉT18TES, ETC. 35l

Ç n'en est pas de même de la tolérance civile, expression impropre, qui, sans approuver tous les cultes, assure à chaque homme le droit naturel d'exercer , à ses risques , celui qu il a choisi .

La religion est le rapport individuel de l'homme à Dieu. Les opinions religieuses sont le résultat des opérations de son intelligence , trop soi^vent égarée par des motifs secrets qu'il ne sait pas toujours apprécier , et dont il ne doit compte qu'à Dieu; s'il se trompe, c'est son affaire; on lui doit quelquefois des conseils, et toujours des prières, pour demander au ciel de l'éclairer; mais doué d'un libre arbitre , dont il peut user ou abuser , il est maître de suivre pu de rejeter ces conseils; autrement la religion ne ferait que des opprimés et des hypocrites.

La liberté de penser a pour conséquence immédiate la liberté de publier ses pensées, d'y conformer sa conduite, en ce qui ne blesse pas la morale naturelle ni les lois; conséquemment le droit d'y joindre les actes du culte extérieur , de se réunir à ceux qui pensent comme lui pour l'exercer. A cette réunion, seulement, commence la surveillance du magistrat , qui n'a pas le droit d'intei*venir dans les choses de la conscience. La conscience est une forteresse où il ne peut pénétrer. L'orthodoxie et l'hérésie sont hors de sa compétence. Tout ce qu'il peut, tout ce qu'il doit , concernant le culte extérieur, c'est d'empêcher

35l DES SECTES RELIGIEUSES.

qu on ne le trouble , et qu'il ne trouble. Principe irréfragable que je proclamais au sein de la convention nationale, en réclamant la liberté du culte, le I*'. nivôse an III ( 21 décembre 1794) ? où je fus assailli par une tempête d'imprécations etd'outrages.

FRÈRES MORIYKS. 353

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