‹ Histoire des sectes religieusesChapitre 35 sur 59 · CHAPITRE yill · texte numérisé non relu

CHAPITRE yill

TEEMIMSTES, GICHTELIENS OU ENGELS-BEUDERS OU FRÈRES ANGELIQUES , SECTE DE PETERSEIT, RONSDORFIENS OU ELLE- RIENS, BRUGGLERIENS, BORSENIENS, DEURHOFIANIENS , SCHOR- TINGHUISIANS , BUTTLERIENS , JEAJET DE ROSBNFELD ( PRÉ- TENDU MESSIE ).

Terministes. — Un ouvrage publié en 1698, par Jean Gérard Bôse y donna naissance à la secte , ou , si l'on aime mieux , à la dispute des Terministes, dont la doctrine se réduit à cinq propositions :

i*". Dans rSglise et hors de TÉglise y Dieu a fixé aux hommes un terme de rigueur , passé lequel il ne veut plus leur salut , quoique leur existence terrestre se prolonge. C'est ce que Bôse appelle terminus peremptorius salutis humanœi

a**. Ce terme fatal est fixé par un décret de la Divinité ;

3**. Au delà de ce terme , il ne leur accorde plus aucun moyen de repentir ni de salut. La mesure de ses grâces étant épuisée , il ne faut pas en attendre d'ultérieures ;

4*". Pharaon , Saiil y Judas , beaucoup de Juifs et de Gentils sont de ce nombre;

38d DES SECTES RELIGIEUSES.

5°. Dieu leur accorde cependant encore quel ques bienfaits , mais non dans l'intention de les convertir, parce que ces pécheurs ont laissé échapper le jour où ils pouvaient obtenir grâce.

Le système de fiose fut attaqué en 1 700 , et réfuté dans les sermons de Thomas Ittigius , et dans ses écrits, publiés sous le nom de Thomas à Lipsia, 0X1, diaprés les prophètes, ]es apôtres et l'Évangile , il établit que , tant que Thomme est vivant, une pénitence sincère peut le réconcilier à Djeu. Adam Rechenberg soutint les opinions de Bôse; d'autres théologiens, en sens opposé, prirent part à cette controverse , qui^ pendant quelques années , fut défendue et combattue avec chaleur et quelquefois avec aigreur. Le système de Bose, relégué désormais dans Timmense catacombe des aberrations humaines , n a laissé que des^traces presque imperceptibles dans l'histoire de l'Eglise , où elle est enregistrée sous le nom de Controverse terministique ^

GiCHTELIENS OU EnGELS - BrUDERS , OU FrÈRES

ANGÉLIQUES. — La scctc obscurc des Gichteliens eut pour auteur Jean-George Gichtel , né en i638, à Ratisbonne. Il passa de l'étude de la jurisprudence à celle des livres de Jacques Boëhm , qu'il

^ Voy.. De gratiœ revocatricis termino, par Recheor berg, en 1701, et ceux d'Ittigius, publiés la même année, Refutatio disputationis de statu induratorum^ in-4®. , Wittemb. , 1701. — Et Prœlectiones , etc., in-4®. , ibid. ,1701.

GICHTELIENS. J83

préférait même à la Bible , et s entêta des idées myàtiques de cet écrivain, en y ajoutant les siennes : elles lui causèrent des désagrémens ; il fut emprisonné plusieurs fois , erra dans diverses contrées , finit par s'exiler lui-même en Hollande, et mourut à Amsterdam , laissant des lettres théosophiques en latin , imprimées plusieurs fois ^ , et quelques sectateurs de sa doctrine.

L'Evangile dit , qu après la résurrection les hommes n'auront point de femmes , ni les femmes denaaris ; ils seront comme les anges dans le ci^^. Eu conséquence , Gichtel'voulait que ses disciples fussent célibataires; que voués à la contemplation, s'abstenant du travail des naains , et s offrant euxmêmes en sacrifice pour les autres , ils retraçassent le sacerdoce de Melchisedech , et imitassent les anges : voilà ce qui les fit nommer Engels-Bruders, on Frères angéliques. Waïchs prétend que les opinions de Gichtel , comme celles de son maître Jacques Bôehm, approchaient de TArianisme. Henke compare les Gichteliens aux moines, et Gichtel à saint François d'Assise , auquel ses disciples, les deux cordeliers Albizzi et Pedro de Alva Astorga , ont trouvé quatre mille conformités avec Jésus-Christ. Des inepties de ce recueil,

^ La première en 1701, parles soins deGodef. Arnold^ puis en 17 10 et 1722, à Leyde, sous le titre de Theosophia practica 9 par les soins d'Uberfeld, son disciple.

- Math., 22, 3o.

384 DES SECTES RELIGIELSES.

Etienne Albert composa le fameux livre intitulé : VAlcoran desCordeliers.

Depuis 1719a 1734 , parurent beaucoup d'écrits contre les Frèresangéliques, par J.-H.Kindervater, J.-Gust. Reinbeck, J.-Baltli. Reînhard, Jacques Lange , Jean-Jacques Quand t , etc. Ce dernier, en 1734» publia une dissertation sur le sacerdoce de Melchisedech , qu'ils voulaient s'attribuer. Henri-Christ. Engecke , en 1732, en avait imprimé une autre contre leur éloignement du travail, tandis que l'homme est condamné à manger ^ son pain à la sueur de son visage ^

A Gichtel, décédé en 17 10, succéda Jean-Guill. Uberfeld , comme chef de la secte; Uberfeld étant mort en 1732, un nommé Rous lui succéda. Amsterdam et Leyde étaient les principaux endroits où elle avait fait des progrès ; mais elle était répandue en Allemagne, surtout à Halle, Magdebourg et Berlin. Joachim-IIenri UIze, un de leurs membres , y publia quelques écrits. Un autre de ces sectaires, Jean -Otto Glusing, a donné une traduction allemande de la Bible ^.

Je rectifie , dans cette édition , mon erreur sur la durée de cette société , que j'avais cru éteinte vers la fin du siècle dernier. Henke écrivait au commencement de celui-ci , qu'elle avait encore

^ Genèse , 3 , 19.

2 Baumgarten, pag. 1081 et sidu, — Walchiiis, tom. 11, pag. io3 et 104.

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