PETERSEN
des adhérens à Altona. Des renseigoemens certains m'apprennent qu'on en trouve égaflement dans la Prusse occidentale , où ils ont des assemblées particulières. Distingués par leur établissement, ils le sont aussi par la régularité de leur conduite et la droiture de leur caractère ^ Un savant professeur de théologie à Halle , le docteur Tholuck, par une lettre du 26 octobre iSsS, m*apprend que près de Thorn est une société de Gicliteliens , dont le nombre, dans ceâ dernières années, a beaucoup augmenté.
Secte de Petersen. — Vers la fin du dixseptième siècle, Rosemonde Julienne, comtesse d'Assebourg, en Allemagne, étant tombée en démence , annonçait qu'elle jouissait de la vision béatifique de Dieu , qui l'avait chargée de manifester ses volontés sur la ten^e. Jésus-Christ lui apparaissait dans sa gloire, et lui dictait des réponses à des lettres qu'elle n'avait pas encore ouvertes. Les rêveries de cette femme, qui, pendant quelques années , occupèrent l'attention publique , devinrent l'objet d'une correspondance entre ïà princesse Sophie de Brunswick et Leibnitz. Ceux qui veillent , dit-il , sont dans un monde connu , mais ceux qui rêvent ont chacun leur monde patticulier. Si l'exaltation des idées les conduit à la vertu , pourquoi ne Tappellerais-je pas une gr^e ?
^ Henke, tom. tv , pag. 348 ^t snw. '-^ fiuth, torii. i , pag. 542. — Baumgarten , pag. ictSg,
car îl ne faut pas s'imaginer que toutes les grâces doivent être miraculeuses. .Quand on parle de ce qui surpasse la nature , on entend celle des substances finies; mais ce que l'on fait avec l'aide de Dieu , s'il n'est pas naturel à l'homme , il est du moins naturel à Dieu, et ne surpasse pas la nature divine. D'après les détails qu'on lui a communiqués , il pense que l'état de la prophétesse s'explique par l'influence de l'imagination de la mère lorsqu'elle était enceinte ; influence développée , fortifiée par l'éducation, qui est une seconde nature. L'amour divin, objet purement spirituel , n'est pas du domaine de l'imagination ; mais l'humanité de Jésus-Christ, retracée par la peinture et par les phrases de l'Écriture , laisse des traces dans le cerveau, A l'occasion des rêveries de la comtesse d'Assebourg, futréimprimé, à Helmstadt, l'ouvrage de Gerson , De Probandis spiritibus.
Jean - Guillaume Petersen, surintendant de Lunebourg, se constitua le panégyriste de la comtesse , et se donua lui-même pour inspiré , ainsi que sa femme Jeanne-Eléonore de Merlan , qu'on appelait la sibylle de Lunebourg. Il mit au jour un opuscule , dans lequel , appuyant les visions de la comtesse, il prétend qu'elle les a reçues de Jésus-Christ même. Le consistoire , qui déjà lui avait interdit de prêcher le millenarisme ^ jugea que la publication de son écrit était plus dangereuse encore que des sermons passagers , puisque les écrits , provoquant une controverse publique ,