SIOVITES ( CITOYENS DE SION ) , FAÈRES DE SION
Les Sionites ont été regardés , par divers auteurs \ comme une branche de la secte d'EUer, qui avait pris le surnom de Père de Sion^ et donné à sa femme celui de Mère deSion. Cependant on ne voit aucune connexité entre ses sectateurs, les Ronsdorfiens, et une petite colonie de NorwégienSy résidans la plupart à Bragernes, qui , après avoir fait schisme avec l'Église luthérienne, dans leur pays, furent exilés en 1742. Quatre d'entre eux obtinrent, le 6 février 1744 j"^" roi de Danemark, Chrétien VI, la permission de s établir dans le Holstein. On leur laissa le choix entre' les villes de Fridérichstadt , Fridéricia et A.ltona. Ils donnèrent la préférence à celle-ci , et en vertu de la permission, la communauté entière partit pour cette ville , où ils arrivèrent au nombre de quarante-huit , hommes , femmes et enfans. Un journal du temps les peint comme des hommes à
^ fiaumgartcn , pag.. i f45.
grande barbe , qui se croyaient inspirés et investis du don de prophétie ^ .
L'aflFectation d'une sainteté particulière se faisait remarquer jusque dans leur costume. Chacun avait une ceinture de lin, et au bras un bandeau l>lanc sur lequel était brodé en rouge le mot Sioriy auquel était joint un caractère mystique. C'était pour représenter le règne du roi de Sion , dont ils étaient les enfans , et ce roi considérait le bien et le mal qu'on leur ferait, comme fait à luimême. Ils distribuaient des passe-ports d'agrégation à leur société. Quelquefois la société entière gravissait une colline, près de Brostel, pour y • célébrer l'office religieux, Tous les jours ils allaient se prosterner dans une prairie voisine de la ville et y récitaient leurs prières à haute voix. Désapprouvant la cène et le baptême des enfans, ils changèrent les noms de ceux qui furent rebaptisés; un d'entre eux , nommé Jurgen ou George Kleinow, était leur (^eî prophétique^ car il l'assurait et tous le croyaient. Un autre membre, Joren Bolle , qui avait étudié la théologie à Copenhague, était leur apôtre ou ministre, et célébrait les mariages.
Quoique ces sectaires parussent honnêtes gens y leur séjour dans cette ville fut réputé dangereux , parce qu'ils refusaient de se soumettre aux lois établies, surtout relativement à la célébration des
^ Acta historico-ecclesiastica , tom. u, pagt 44^*
SIONITES. 4'.'
mariages , ce qui détermina le. gouvernement k leur enjoindre, le 14 août de la même année, de se retirer. Les uns émigrèrent , d'autres quittèrent leur barbe et leur ceinture et se conformèrent aux lois du pajs. Les mariages célébrés par leurs ministres furent successivement réhabilités dans TEglise luthérienne , par le probst ( prévôt), avec les proclamations et formalités d'usage, y compris le mariage du prophète George Kleinow et même, en 1749 9 celui du ministre Joren Bolle.
En 17479 ces Sionites avaient remis, par écrit au probst d'Altoua , la déclaration suivante :
« Nous nous appelons Disciples et étrangers j » notre assemblée 8 appelle En ut lendigheds for- » samlingy ce qui peut être traduit par ces mots : )y Réunion de pèlerins ou étrangers y permettant »> à tout autre de nous donner tel nom qu'il lui » plaira et souffrant cela avec patience '. »
Ces Sionites, quoiqu en apparence réunis à l'Eglise protestante, continuent paisiblement à vivre comme Séparatistes. On raconte de Joren Bolle , le ministre, l'anecdote suivante :
Il s'occupait à dévider de la soie , mais le gain de son travail étant insuffisant pour sa subsistance , quelques habitans , dont il avait obtenu l'estime, lui donnaient régulièrement des secours. En 1780, malade et voyant approcher sa fin , il
^ J.-Ad. Boliens , Ifîstorische kirchen nachrichten von (1er stadt Altona, in-8*». , Altona, lygt).
4l2 DES Sl-CTES RELIGIEUSES.
écrivit à Tun deux : « Monsieur, vous recevrez la ») présente après ma mort, et quoique le terme )» auquel vous avez la bonté de me donner huit » marcs ne soit pas encore échu , je vous prie de » les donner au porteur, car ce que j'ai ne suffirait » pas pour mon enterrement \ »
En 1787, on annonça que dans la contrée de Rrzcozorz , pvès de Collen , en Bohème , quelques familles avaient formé une nouvelle secte de Sionites^ du nom du coteau où ils résident et qu'ils regardent comme aussi sacré que la montagne de ce nom près de Jérusalem. Ils se disent Chrétiens, et cependant ils rejettent le baptême , parce qu il est écrit aux Actes des apôtres Vous serez baptisés dans le Saint-Esprit ^. Quelques-uns préfèrent la circoncision et sont nommés Abrahamites ^ On a travaillé à les convertir les uns par l'instruction , les autres à coups de bâton ^ . La première méthode fut toujours celle de la religion , la seconde celle de la tyrannie.
^ Lettre de M. Meyer, chanoine de Hambourg.
2 Act. I, 5.
' Henke, pag. 4o5.
* Acta historico-eccles. j etc.,- 1787, |)ag. 63ietsuiv.
ABRAHAMITES. ^li