SOCIÉTÉ DB KOEHTHAL ( VALLÉE DES BLÉS
Les membres composant Tagrégation rcligietise de Komthal ont , comme ceux de Tarticle ptécédent^ abandonné l'Église luthérienne du Wurtemberg; mais, s'étant séparés eux-mêmes des autres Séparatistes y cette considération exige une notice spéciale.
En 1818, Théophile-Guillaume Hoffmann , notaire royal et bourgmestre de Leonberg , voyant que la disparité de croyance entraînait un grand nombre de Wurtembergeois en Russie et en Amérique, pensa qu'un moyen efficace d'ôter à d'autres dissidens le désir de les imiter, était de réclamer l'intervention de la puissance publique pour les soustraire à la juridiction du consistoire luthérien et leur obtenir la liberté de leur culte. Un décret royal du 22 août 181 9, sanctionna leur séparation de l'Église luthérienne , et approuva le plan rédigé par eux-mêmes de leur organisation religieuse et de leurs rapports avec l'état ^ Ils étaient alors
^ Kornthal, der gnadist prwiUgirten poUtisch-religio-
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environ quarante familles, dont le nombre s'accrut rapidement par l'accession de beaucoup d'autres.
Alors ils acbetèrent la ci-devant seigneurie de Kornthal , bailliage de Leonberg , à deux lieues de Studgart. Ce domaine , composé de mille arpens de terre arables et de bois , avec quelques bâtimens , leur fut adjugé pour cent quinze mille florins.
Un de leurs premiers soins fut de construire une maison d assemblée (c'est ainsi qu'ils appellent leur temple), spacieuse et capable de contenir environ deux mille personnes. La pose de la première pierre ^ fut l'objet d'une solennité éclatante. Le frère Hoffmann paraphrasant la vision mystérieuse de l'échelle de Jacob , appliquait au nouvel édifice le texte « que ce lieu est terrible : c'est vé- )) ritablement la maison de Dieu et la porte du » ciel ^. »
La dédicace de cet édifice fut l'objet d'une auti*e solennité , qui attira une grande affluence du voisinage. Ensuite, soit curiosité, soit dévotion, beaucoup de gens venaient, même de six à huit
sen gemeinde daselbst gemeinde ordnung. Studgart^ in-8°. , 1821 ; Die seine koniglichen maj estât çoUzo^ gène urkunde , ûber das der burgerUch religiosen gemeinde zu Kornthal erthcilte prwilegium, in-is, Ludwigsburg, 1819.
1 BeschreibuTig der feierlichkeiten beUegung des grundsteins , etc., in-12, Lud wigsburg , 1819.
2 Genèse , chap. XXVIII.
lieues de disUince, pour assister & leur culte. II est organisé à peu près comme celui des Églises protestantes^ dont ils sont légalement détachés ^ quoiqu'ils en adoptent les dogmes, qu'ils enseignent le catéchisme de Luther , et qu'ils aient une litui^ie conforme , non à celle que certaines Églises luthériennes ont adoptée dans les dix-huitième et dix-neuvième siècles, mais à celle de i582. Dans ce qui suit on remarquera que sur divers articles leur régime se rapproche de celui des frères M oraves.
Us répugnent à ce qu'on les désigne comme secte, d'autant plus qu'ils ont la prétention d'être une Église apostolique , d'après le plan consigné dans les Actes des apôtres ^, et développé par Schmidt dans son Abrégé historique de la religion chrétienne ^.
Leur office religieux offre une suite de chants , de prières , de lectures bibliques et la cène qu'on distribue chaque quatrième semaine.
Huit jours avant la cène on assemble séparément les hommes mariés et les veufs , les femmes mariées et les veuves , les garçons , les filles. *
^Geschiehte und çeranlassiing zu der bitte etc., iii-12^ 181 8l, pag. 58. Dans cet éciît, Hoffman expose le détail historique de tout ce qui a préparé et précédé l'organisation de sa société jusqu'à cette époque.
^ Abriss der geschichte der chriêtUchen religion.
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Outre les dimanches, ils ont les fêtes
De Jésus-Christ ,
Des Apôtres,
Saint-Etienne y
Nouvel An ,
Epiphanie,
Jeudi Saint,
Vendredi Saint,
Pâques ,
Ascension ,
Pentecôte ,
Saint-Jean-Baptiste ,
Annonciation ,
Purification de la Sainte-Vierge.
Ifs ont aussi par mois un jour de pénitence et de prières.
Leur clergé se compose de lecteurs, d'anciens et d'un président ( Forsteher) auquel on dpnne le titre d'évéque. Pour célébrer il a un yétement blanc.
Un vorsteher^ ou président laïc, dirige les affaires temporelles. Tous leurs officiers ecclésiastiques et civils sont élus par la communauté, qui a également droit de suffi:*age quand il s'agit d'ad« mettre des prosélytes.
On évite tout ce qui a l'apparence d'une communauté de biens.
Chaque membre de la société peut s'en détacher, la quitter et emporter son mobilier, mais il ne peut vendre ses immeubles qu'à un autre mem-
^^H m n ?iM:TI>.S BKUGtKlISES.
Iii^«, oi NÎl iiotmiivf» pas dacheteur, la commuilittllc* iiolii^u*.
liCMiliuu M*to», sôpart^ dans la nuiison dossi^mhlvr . pour lo oulto , le sont même dans le
Ï4^N tH*|\a«i ?ïi>mptucnïx aiîx baptêmes, aux enterivini^ws • îi4M^l aWIîs. ainsi qiïT les souhaits du nou-
^vl an.
l"^n i>r }v\rrr >amiiT> /*f /l^mil.
1.R Wr^'/»^iif'«^^ ^àjt^tTs les personnes d'autres ,vlic^«%n^ 4->i; ^^yAv^8^^fUlent recommandée.
1 t ywt>vN'^«? ->c proscrite, mais on a soin des t^oiNN3^ > jiisw vieillards; une partie des collectes ^•v >i» *^^^ pour ces objets est destinée à répandu b ^^^ttiiissance de l'Evangile chez les ido-
l>t';î^ vvoles sont établies pour les deux sexes. s^oii(uVn n ambitionne pas d'y donner une édu- ^ 4Ui>u di stinguée , on les cite avec éloge , et même ^te^ parens qui n'appartiennent pas à la société v placent leurs enfans, tant à cause de la modicité dm prix de la pension que par la certitude qu on V inculque la piété et la vertu.
Personne ne peut se marier sans l'avis des présidens, surtout s'il est question d'épouser une personne qui n'est pas de la société.
Aux deux chefs ecclésiastique et laïc est confié le gouvernement de la communauté. Le chef
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laïc actuel est un nommé Brassier^ qu'on dit plus politique qu'enthousiaste. Le chef ecclésiastique est Hoffmann, dont les sermons un peu vulgaires sont néanmoins appropriés aux besoins de la communauté. L'un et l'autre sont autorisés à visite? les familles pour s'assurer^ chacun dans la sphère de ses attributions , si tout est conforme au plan de l'institut, car les délinquans, en certains cas, peuvent être temporairement privés de la cène, ou même exclus définitivement.
Aucurr des membres ne doit, soit en public, soit en particulier, se permettre des propos qui heurteraient les principes dogmatiques admis dans la société.
Aucun frère ne peut porter plainte devant les tribunaux sans en avoir obtenu la permission de» aticiens.
Chacun a sa vocation déterminée nour l'exercice
d'un métier ou d'un genre quelconque de commerce.
Tous les objets de consommation ont un prix fixe de même que la main-d'œuvre.
Aucun frère ne peut prêter de l'argent. La communauté a une caisse où chacun peut obtenir des avances, en indiquant la destination de la somme qu'il emprunte.
Aucun membre ne peut loger un étranger, ni prendre un domestique étranger, sans en prévenir le çorsteher.
Les diverses branches deTéconomie rurale et des arts mécaniques forment Foccupation habituelle de cette colonie.
Depuis 1821, une espèce de journal, publié par numéros, à des époques indéterminées, offre, sous le double aspect des affaires religieuses et civiles , une notice historique de rétablissement qui prospère*, et sa prospérité s'accroîtra tant^que la ferveur primitive, la régularité des mœurs et l'amour du travail s'y conserveront.
Une lettre d'Âugsbourg ( 20 octobre 1828) portait ce qui suit :
« La secte de Kornthal se soutient avec sa dé-^ votion mystique, répandue dans cette contrée et dans presque toute l'Allemagne, c'est la doctrine Bourignon, nuancée par la doctrine protestante et adaptée, par des gens de lettres, des ecclésiasti-. ques, à la philosophie de Hegel. La foule de brochures et de gros livres, plus ou moins teints de ces couleurs, est incroyable. Ce sont des sermons , des dissertations, des romans* Il en est dont les idées, nageant entre la dévotion exaltée et la sensualité sentimentale, révoltent le sens commun. Quelques-uns de ces écrits attestent la bonne foi des auteurs; mais parmi ceux que j'ai feuilletés, je n'en trouve aucun qui inculque les devoirs de
^ Fortgesetzte Nachrichten çon der gemeinde Korn-thaï, etc.
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Thômme comme citoyen et les préceptes du véritable Chrétien ^
^ Lettre de madame Huber, digne fille du savant Heyne de Gottingue. Cette femme, distinguée par ses talens, est morte, le i5 juillet 1829, à Augsbourg.
45a, DES SECTES lELIGIEUSES.