‹ Histoire des sectes religieusesChapitre 46 sur 59 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

«ElTI^EAai IT LA NOUTBLLl SBCTB SVIÊDOISE.

En 179a ^ sckus )a présidence du professeur TVul « parut à Upsal une dissertation sur des controvtw»* relîjçîeuses arrivées récemment en Suèdt^ V 11 est à r^retter que fauteur se soit borné il quelques faits au lieu de présenter le tableau histo>rique des variations et nobveautés religieuses, dans cette contrée , pendant le siècle dernier. Il a^étend assez longuement sur Jean Conrad Dippel, espèce d'illuminé , plus connu sous le nom de Cliristien Démocrite^ qu'il prend dans ses ouvrages.

Dippel, né à Darmstadt, en lô'jg, eut une jeunesse assez dissolue; se fit médecin, alchimiste, théologien, prit ses grades à Leyde, devint conseiller à Altona, fut condamné, en 17 19, à une prison perpétuelle , dans File de Bornholm , puis

^ Dissertatio historica de religionis in Suecid controt^ersus quibusdam recentioribus , etc. , in-4®. ^'^ Upsaliae , 179a.

8KEVI-KAKE. 4^i

éhvgi en 1736, Il sivait U répotation de guéryr les personnes affectées de la pierre, ce qui le fii appeler à Stockholm, en 1727, pour traiter le roi Frédéric , atteint de eette maladie. Accueilli pÀt la noblesse siié4oise , il eut pour ennemi le clergé ; on appeUit Dippel le fouet de celui-ci et le meâsie de cellerlà. ^

En 1739; il fît imprimer à Francfort, sous le titre de Démonstration éi^angéUque , irn livre latin igL-^"*. , dans lequel il rejette la justice vindicatrfé de Dieu , et ne lui attribue que Famour. Ses opinÎQQs le firent es;] 1er de Suède; de Ik il vint èd Di^nemark , en Allemagne , et s empoisonna avee d^ Varsenic, en 1734 ' ^^^^ ^^ citad!ellede Wett* genstem.

Quelques années avant Tarrivée de Dippel , dèb 1713, le gouvernement avait pris des mesures répressives contre de? réunions clandestines dé Pié^ tintes.

En 1734, un nommé Charles-Michel Von Stro^ kirch, directeur des fortifications, adressa au clergé suédois assemblé, un écrit par lequel il déclarait se soustraire à son autorité. Bientôt après , avee neuf personnes des deux sexes , il forma le^ ]K>;^au d'une Église séparée, qui , rejetant le culte 6xtéi*ieur, les sacremens, le ministère ecclésiastir que, admettait riospiration immédiate. Ses prosélytes ayant persuadé à quelques personnes de ne plus fréquenter les églises ^ de ne paft faire baptiser leurs enfans , attirèrent sur eux [\

du gouvernement. Fant ne dit pas ce que devint Strokirch ; mais un de ses disciples , nommé Bo* sen , ayant publié en suédois deux ouvrages quiétistes^ Tun de sa façon, Fautre, traduit de madame Guyon , il fut banni en 1741 -

La même année, 1734, où Strokirch avait fait schisme , des états danois et d'autres contrées , s'était rendue en Suède ^ une petite société de Piétistes qui , affligés des désordres dont la terre est inondée, cherchaient vers le Nord une tle où ils seraient à .l'abri de ce^e contagion morale. Ils s'étaient embarqués sur la Baltique , mais aucun d'entre eux n'était en état de conduire un vaisseau , leur inexpérience les exposait à des dangers inévitables, ils s'étaient hâtés d'atteindre la petite ile de Wermdoc près Stockholm.

- Le mépris qu'ils affectaient pour les sacremens, le culte public et les ministres , leur attirèrent de» désagi*émens. En 174^ , arrivèrent d'autres membres de la société. C'était, unlreste des sectaires qui, quelques années auparavant^ s'étaient séparés ouvertement de l'Eglise suédoise. En 1746 , des lettrés-patentes du roi Frédéric leur aésuràrént, soùs quelques restrictions, la liberté de rester dans, le royaume- Plusieurs citoyens riches, et ayant à peu près lés mêmes opinions , fournirent des secours abondans à ces ' Séparatistes , sur les-

^ Acta histonah-ecclesiastica y Weimar, 174?* *o™« "^'Z P^. 1 13 et sui$f, . . .

SKEVI KARE. 4^^

quels la persécution quHls avaient souflFerte répàndait de Tintérôt , et qui étaient résolus à sacrifier leurs biens temporels , même à s'expatrier , plutôt que de rentrer dans une communion qui les exposait y disaient-ils y à une corruption incurable. La même année , un négociant nommé Almquist leur ayant donné la terre de Skevik , dans la paroisse de Vermedoc , ils s'y établirent ; de là ils furent appelés Skevi-Kare , et dans cet asile ils ont vécu jusqu'à présent sans trouble , sans variation dans leurs principes , sur lesquels Gatteau et Fortià d'Urban ne donnent aucun détail ; mais ils s'accordent k louer en eux des mœurs exemplaires^ un caractère paisible , un esprit d'ordre et de propreté ^ ; ces éloges spnt confirmés par Te professeur Odman^ qui, en 1792 / publia en suédob une suite à t Histoire de la religion et de l'église chrétienne du docteur Schroeck ^ , et qui donne la notice suivante de la doctrine des Skevi-Kare.

« Ils professent que c'est par la grâce et par la croyance en Jésus -Christ qu'ils sont justifiés , et nullement par leur propre mérite ou par leurs œuvres ; ils n'ont jamais abandonné la véritable assemblée des fidèles ou la communion des saints ,

^ Tableau général de la Suède , par Gatteau , in-8^. , Paris ^ 1790; tom. i, pag. 11 5. Voyage de deux Français dans le Nord (par Fortia d'Urban), tom. 11, pag. 4^-

2 Fortfàllnùig al J, Mat, Schroecks christna reUgionens och forsamlingen historia , fqrfattad af theoL prof; doct; Sam. Odman, etc., Upsala, 1792, p. 4o8, etç^

et ne sont séparés que de la société des impies ^ lesquels , par leurs blasphèmes et les œuvres de la chair y se montrent les adhérens de l'Ante-Christ; de concert avec les vrais membres de Jésus- Christ , ils adorent Dieu le. père , dans l'esprit et dans la vérité , ce qui constitue le vrai service divin ; ils regardent les exercices de la dévotion , tant particuliers que publics , comme très-bons , lorsqu'on 'se préserve de la contagion du monde* Il est évi* (!ent que le démon est plus servi que Dieu par la fréquentation de TÉglise et par la communion y telles qu'elles se pratiquent ordinairement ; dès lors le précepte divin leur commande de fuir Babylone ; là où est Jésus avôc deux ou trois per-^ sonnes , réunies dans l'esprit de son amour , là se fait la véritable fraction du pain ^ et se boit le vrai calice de bénédiction ; où l'Esprit-Saint domine dans la vraie foi , là se fait la véritable immersion au nom de la Sainte-Trinité ; on y reçoit lé baptême proprement dit ; on est lave dans le bain de la nouvelle naissance. Coinime l'impie Église antichrétienne n'a point de véritable communion ^ mais un repas qiii est jeté aux pourceaux et aux chiens , par idolâtrie et pour couvrir le pécheur , ils ne sont pas à portée de recevoir la communion apostolique ; obligés de s'en priver, comme le seraitun Luthérien dans un pàys'catholique, ils se contentent du spirituel et du céleste. Ils ne méprisent point les pasteurs restés dans la voie droite ; mais la soi-disant Église étant devenue, ches toutes les

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