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sectes , pt dans tous les partis , la grande prostituée de^Babylonè, ses serviteurs ne sont que les satellites de l'Ante-Christ , infàines esclaves de la chair et de la simonie , etc. »
Au surplus , leur maison peut être considérée comme un couvent dont les statuts sont impar-^ faitement connus. Tous les membres se donnent le nom à' Ami. Les époux ne se permettent d'autre attachement que celui d'un mariage spirituel. Lea donations qui ont été faites & la communauté ^ fournissent amplement à ses besoins. Ceux qui sont en santé mangent à la même table , mais sur des assiettes distinctes^ Ce qui reste n est jamais gardé pour le lendemain. L'usage judaïque est observé en tuant les animaux, dont le sang est jeté. Les entrailles sont données aux pauvres. Le supérieur de la congrégation est le seul qui reçoive des visites. Lorsque les intérêts de la maison l'exigent ^ il se présente quelquefois devant le tribunal et chez les voisins. Tous les autres , à l'exception des domestiques de la maison y vivent retirés du monde , fuient les regards des étrangers , et semblent craindre d'être infectés par le plus léger commerce avec eux. Ils portent un vêtement simple, mais décent et très-propre. Leurs meubles sont modestes et leurs vases à boire sont en bois. Lorsque le curé de la paroisse ou son vicàii^e y viennent exercer les fonctions dé leur ministère, ils sont accueillis par le supérieur d'une manière honnête, mais réservée , et ils sont réglés à une
table séparée. On a remarqué , cependant , que les j4mis cl^erchent à éviter ladministration du baptême dans leur maison; mais, àTexamen annuel des domestiques sur la religion , quelquesuns d^entre eux y assistent à la dérobée dans une chambre voisine Leurs morts sont transportés à Stockholm. Il règne d'ailleurs dans leur maison la plus grande austérité de mœurs, de paroles et de maintien. La conduite des domestiques est étroitement surveillée j on leur enjoint de fréquenter assidûment le service de TEglise , de ne pas se livrer au dérèglement , de ne pas jurer ni se permettre des plaisanteries frivoles. On punit avec douceur le coupable y en lui citant des textes sacrés. S'il ne se corrige pas, on lui donne ses gages et son congé , surtout s'il manifeste du penchant pour le mariage. Us sont très-rcompatissans et secourables envers les pauvres, particulièrement envers ceux qui sont connus pour leur piété. Quel-, quefois ils prêtent la Bible , et l'ouvrage d'Arndt , intitulé : La P^raie foi chrétienne ^ à des personnes qui désirent lire ces livres; jamais ils ne les redemandent. En 1773 , la société se composait de quarante à cinquante personnes, pour la plupart natives d'Allemagne. Il ne reste de l'ancienne compagnie qu'un homme et sept femmes. Le premier, était supérieur, il se nomme Henri Klages et a été cordonnier.
Voilà ce qu'écrivait Odman en 1793- La société expirante, en 181 a, n'avait plus que
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huit membres y et probablement elle est éteinte.
n est surprenant que Fant ne mentionne pas ce qu'on nomme la Nouvelle secte suédoise , dont parle également Catteau , et sur laquelle une note m'a été communiquée par Bourgoing , ancien ambassadeur de France en Suède , ensuite à Dresde ^ où il est mort.
Vers 1 784 9 un compagnon fourbisseur , nommé Collins , homme illettré , d'un ramas confus d'absurdités , se fit une doctrine particulière , et s'empressa de la prêcher. Il serait difficile d'en rendre compte, car elle n'avait rien de fixe. Sous sa direction y à Stockholm et dans les environs , s^a^ semblèrent des prosélytes en assez grand nombre, des artisans , des domestiques, des femmes du peuple. Quiconque se croyait inspiré pouvait prêcher , et il arriva à un laquais de commencer un sermon en servant son maître dans un grand dmer. La secte se répandit bientôt dans les provinces , pu elle portait une dévotion outrée et fanatique. L'un dés sectateurs ayant attaqué , par des injures , un ministre qui catéchisait , le consistoire en porta des plaintes au gouverneur de Stockholm , baron de Sparre : celui-ci en parla à Gustave III , qui défendit de continuer les poursuites, sans défendre la réunion de ces sectaires; il fit jouer une comédie intitulée : La Nouvelle secte y pour en vilipender les momeries. Ce persiftlage empêcha beaucoup de personnes d'en fréquenter les assemblées ; mais des habitons , de ce
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qu'on appelle improprement les basses classes , continuèrent de les fréquenter. Enfin y le ridicule vint au secours du bon sens ; les zélateurs virent successivement diminuer le nombre de leurs disciples , et la nouvelle secte mourut pour ainsi dire d'inanition. Meerman ,qui , depuis 1797 jusqu'en 1800, voyagea dans le Nord, parait s'être trompé en supposant qii'ils étaient Frères mdrâves ^ , seu* lemènt elle avait avec eux quelque analogie.
Un manuscrit, communiqué à Fauteur de cet ouvrage , contient encore les détails suivans :
ce L'IUuminisme a bien quelques partisans, surtout dans l'ordre des Francs-Maçons, dont on fait encore en Suède uue afi^ire très-sérièuse. Le duc de Sudermanie , depuis roi sous le nom de. Charles ^lll, était grand-maitre de cet ordre, et faisait des progrès de la maçonnerie une de ses occupations particulières. II. fut trompé .par un imposteur adroit , nommé Bohemann , dont il a été tant question dans les gazettes. Ce Bohemann, maçon du premier ordre , avait fait beaucoup de dupes , même dans les classes supérieures; Ce qui a transpiré des délits pour lesquels il fut banni de la Suède , fait croire qu'il était vraiment Illuminé et cherchait à faire des prosélytes. Il en avait dana plusieurs provinces^ su'rtoùt en Scanie. Ils corres-
' Voyage dans les contrées du nord et du nord-est de rSarope, par J. Meerman, in-8*. , i8o6, 6 vol.% en hollandais , toÉi. 11, pag. i^3.
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pondaient activement avec lui et entre eux ; et on a vu par leurs papiers qu'ils s'occupaient de divination , de révélations , d'évocations des âmes et de toutes les rêveries des visionnaires. Telle n'est cependant pas à beaucoup près la disposition de la plus grande partie des Suédois, parmi lesquels il y a autant de gens éclairés que dans aucune autre partie de l'Europe. Il faut en excepter les habitans de deux provinces, les Lapons et les Finnois. Les croyances superstitieuses et les actes auxquels elles donnent lieu , sontencore fort en vogue chez ces deux peuples. J'ai même trouvé plusieurs Suédois, raisonnables d'ailleurs , qui n'osaient nier que quelques Lapons fuss^mt doués de certaines facultés tenant de très-près à la sorcellerie; par exemple , de se transporter aussi rapidement que la pensée d'un endroit à l'autre, même à travers un bras de mer. Il en est qui m'ont raconté, comme le ci*oyant fermement, dt^s traits de ce genre, qu'à Paris on n'entendrait pas sans rire de pitié. Ce qui n'est pas moins étonnant, c'est ce qu'on s'accorde assez généralement à dire des prodiges opérés par un Finnois nommé Biœm^ ramriy mort à Stockholm il y a très-peu d'années. J'ai recueilli, aux meilleures sources, des détails sur cet homme, qui, sous les formes les plus simples , doit avoir été un des plus étonnans imposteurs qui aient paru sur la terre. »