LECTEURS
iSept jeunes gens , dont trois hommes , et quatre personnes de l'autre sexe , commencèrent à se réunir le dimanche, de quatre à huit ou neuf heures du soir, pour des lectures et des entretiens pieux. Cette société naissante fut, comme il arrive toujours en pareil cas, blâmée par les uns, louée par les autres; mais bientôt elle eut pour prosélytes la plupart des habitans du village de Rosvick, puis un grand- nombre de la paroisse de Neder-Galix, où, depuis Fan 1780, conséquemment avant la naissance des nouveaux Lecteurs, existaient des réunions ascétiques. Les conquêtes des Lecteurs s'étendirent progressivement à d'autres paroisses, surtout à celles de Skellefle et de Nisatra. Aux réunions du dimanche elle ajouta celles du samedi. On y lisait les sermons de Luther, ceux de Patterson, du docteur Nohrborg , et le livre piétiste de Jean Arndt, intitulé : Le vrai Christianisme, ouvrage qui a été traduit en diverses langues, même en français, par Samuel de Beauval. Quelques difficultés s'élevèrent sur les sermons de Talleson, dont l'orthodoxie fut contestée en ce qui concerne la foi, car ils tiennent fortement au dogme luthérien que les Théologiens protestans nomment satisfactio vicaria^ la justice imputative. Dans ce système , les mérites de Jésus-Christ sont imputés à l'homme. Le salut est le prix de sa foi, et non des bonnes œuvres. Mais comment accorder cette assertion avec l'estime qu'on leur attribue
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pour l'ouvrage d'Arndt , qui insiste très-vivement sur le prix des bonnes œuvres?
En 1810 commença l'usage de prêclier dans leurs assemblées , et d'y expliquer la Bible. Quatre ans après, plusieurs d'entre eux se répandirent dans les provinces en qualité de Missionnaires,^ et ils obtinrent des succès. On cite particulièrement Olof Palengreeli, qui, pour se livrer plus librement à là fonction de prédicateur, vendit ses biens, parcourut divers cantons, se rendit ensuite à Upsal pour suivre des études théologîques, et mourut en 181 4; doué de talens extraordinaires, de vertus émineiites et d'un zèle ardent pour la propagation de l'Évangile, il était en quelque sorte le coryphée de la société. Son cousin, Teus Palengreen, ordonné ministre H y a quelques années , marche sur les traces de défunt Schubert, professeur de théologie à Greipswalde, qui, en 1817, voyageant en Suède, a examiné la secte des Lecteurs ^ il reconnaît en eux une piété vive et une conduite irréprochable.
Jacques-Otto.Hoof , ministre à Sveuljunga , est cité comme fondateur de la société des Lecteurs , dans la SuMe occidentale.
Depuis la fin de l'année 1808, la doctrine de la Croix est l'objet sur lequel il insiste le plus dans ses sermons , qui attirent toujours un nombreux auditoire. Ses talens, comme prédicateur, rehaussés par l'éclat d'une vie intègre, lui ont attiré une foule de sectateurs , qu'on appeBe Hoo-