CHAPITRE V
HUTCHINSONieirS , JOHNSONIENS , FBEE-THIlfKERS , NOUVEAUX
SÉPARATISTES , WALFÉBISTES.
La presque identité de noms a fait confondre quelquefois François Hutchinson , auteur d'un ouvrage sur le beau moral, avec John Hutchinson , né en i6'j4, dans ITTorkshire , . et fondateur de la secte qui porte son nom. Ayant fait une étude spéciale de Thébreu , il se persuada que les Saintes- Écritures, dont l'original est dans cette langue, contiennent un système complet de philosophie et de théologie. Pour le soutenir et combattre celui de Wpodward , sur Y Histoire naturelle de la Terre , Hutchinson publia la première partie de son ouvrage intitulé : Moses principia y en 1724, et la seconde en 1727.
Voici le précis de ses idées :
Les choses invisibles échappent k nos sens , et nous ne pouvons les connaître que par la révélation. La nature, qui est l'ouvrage de Dieu , nous découvre les perfections et la puissance infinie du créateur. LePsalmiste ^ et saint Paul ^ nous l'assu-
^ Psalm. t8.
2 Rom. 1,20.
RUTCHINSONIENS, etc. 6i
rent. La nature est en quelque sorte le commen* taire des pensées divines ; elles j sont écrites dans un langage qui ne peut être confondu^ dans un texte qpi ne peut êtrp interpolé : l'aspect des choses visibles élève nos Ames vers le souverain Etre^ les dispose à lui offrir Thonimage de ladoration et de la reconnaissance.
Le monde créé renferme les types des choses invisibles : ainsi le firmament par ses trois agens, le feu , la lumière , l'air , est une image de la Trinité ; comme elle , il a unité de substance dans ses trois parties constitqanteSjqui représentent les trois pouvoirs suprêmes de la Divinité dans le gouvernement du monde. C'est au Père que doivent s'appliquer ces paroles de l'Ancien et du Nouveau Testament; Dieu est un feu déi^rant \ Le Fils est désigné par saint Jean , comme la lumière qui est venue éclairer -le monde ^ : le Consolateur, la troisième personne de la Trinité , est désigné sèus le npm d'Esprit ^.
Hutchinson laissa son nom à un parti qui s'accrut considérablement après sa mort, arrivée en 1727 ; surtout dans l'université d'Oxford. Les Hutchinsoniens ne répondent pas l'étude des auteurs profanes ; mais ils 3e défient d'une philosophie qui n'a pas le sceau du christianisme, et des théorie^
^ DeuteroD. 4-24» Hebr. 12-19.
2 Joau. 1-9.
* Matth. 4-2.
enfantées par l'imagination, au lieu d'être appuyées sur des raisonnemens certains ou sur des faits po'^ si tifs.
La nature leur oflFre des marques évidentes du déluge universel, et, comme tous les bons physiciens, dans l'étude des fossiles ils trouvent les preuves de cette subversion du globe.
La langue hébraïque ayant été formée sous l'inspiration divine, est la plus appropriée pour transmettre aux hommes lesvolontés du Tout-Puissant; les termes radicaux de cette langue renfermentdes vérités importantes. L'Ecriture Sainte a presque partout un sens figuratif ; on y trouve les emblèmes de la naissance, de la vie, des souffrances, de ia mort du Rédempteur. Les types de l'Ancien Testament sont l'histoire anticipée du Nouveau '.
On voit par là quel parti eût adopté Hutchinson dans la dispute si longue et si animée entre les théologiens hollandais , surtout au commencement du dix-huitième siècle. On a dit desCoccéiens que, dans l'Ancien Testament, ils trouvaient partout le Messie ; que les Voétiens ayant Grotius et Voët à leur tête, ne le trouvaient nulle part. La ma nière dont Coccéius et Hutchinson envisagent l'Ancien Testament est celle des meilleurs théologiens catholiques , et surtout de Sacy, Joubert et
^ y4n abstract ofthe works of John Hutchinson ^ in-8**. Edinburg, 1753.
HUTCBINSOMEXS. ne. 63
Duguet , disciples fidèles des saÎBts Pères et de la tradition ; mais la conformité sar cet article est la seule qu ou puisse établir entre les Catholiques et les Hutchinsoniens, leurs ennemis déclarés '.
Cette nouvelle secte , attaquée en i ^58 , par John Douglas , évéque de Salisbury, le fut encore dans d'autres ouvrages anglais. On Faccusa même, contre l'évidence des faits, d'être anti-chrétienne. Elle n'a pas formé d'Eglise séparée ; parmi ses adhérens et ses apologistes, les uns Anglicans , les autres Dissenters , on compte des hommes distingués, entre autres Horne, évêque de Norwich, mort en 1*^92, qui s'est fait une réputation par son commentaire sur les Psaumes ; le docteur Romaine , Parkburst , HoUov^ay , et d'autres théologiens anglais et écossais ^; mais elle a conservé beaucoup de partisans , dont néanmoins le nombre diminue.
JoHNSONiENs. — Lcs Johusouiens reconnaissent pour leur fondateur feu J. Johnson , qui , pendant quelques années ministre dissenter à Liverpool, publia quelques écrits, dans lesquels il a consigné ses opinions , dont on va lire le sommaire.
Ils nient la préexistence de Jésus-Christ , cependant il est Dieu parce qu'en lui réside la plénitude
^ Monthly rei^ievi/ y tom. i4, pag- 495.
2 Secular essay containing a retrospectwe ifiew of eçents, etc. , by John Brewster; in-8®. Loiidon^ 1802, p. 191 et suw.
de la divinité ; iaiais ils rejettent la pluralité des personnes. Sur cet article ils sont Unitaires.
Quoiqu'ils nient le péché originel et le décret de réprobation du genre humain , ils déclarent que personne ne peut devenir disciple de TÉvangile, s'il nest éclairé par Tinfluence spéciale de la grâce.
Ils nient Timmortalité de Tàme , et prétendent que rhomme , tel qu'il est constitué présentement , est entièrement mortel ; cependant ils admettent pour Tàme une existence particulière dans l'intervalle de la mort et de la résurrection.
De toute éternité Dieu avait élu le Christ et son peuple , c'est pour Jésus-Christ et son Eglise que tout a été créé ; le Christ se serait manifesté, son peuple eût été élevé en gloire , quand même le péché n'eût pas existé; et, dans cette supposition, le reste de l'espèce humaine eût été admis au bonheur dans un degré inférieur, en s'attachant à Jésus- Christ et à l'Eglise son épouse.
La foi est une communication céleste , par laquelle Tàme vit en Dieu. Un vrai chrétien ne doit concevoir aucun doute, aucune crainte sur son salut.
Sur l'expiation du péché et la persévérance des justes , ils sont calvinistes ; sur le baptême, ils ont la doctrine des Baptistes.
Les passages bibliques , concernant la rest£|.ur9^tion future de la nation juive , ont un sens figura*
HUTCHINSONIENS, etc. 65
tif, et n'autorisent pas à espérer leur rcinlégratîou en Palestine.
Les enfans qui meurent ne vont pas directement au royaume céleste, ils sont réservés pour vivre en état de pureté dans la nouvelle terre qui sera formée après la conflagration générale , et sur laquelle Jésus-Christ régnera avec son Église pendant mille ans ; après ce laps de temps , ces enfans seront envoyés dans quelque région plus glorieuse. Tous les hommes ressusciteront, les méchans seront à jamais malheureux ; mais il ne faut pas croire que des tourmens leur soient infligés. Ce qu'on lit dans l'Écriture à ce sujet est métaphorique , leurs souffrances résulteront de leur état et de la situation de leur esprit , etc.
Ces divagations dogmatiques, qu'on emprunte d^un ouvrage d'Évans, en les abrégeant, sont fastidieuses et sans intérêt. Hàtons^nous de terminer, en disant que les Johnsoniens ont des chapelles à Liverpool, Norwich, dans le voisinage d'Hnlifax et quelques autres lieux. On ne cite parmi eux aucun homme d'un savoir éminent; mais il en est d'un caractère respectable, et très-occupés de matières religieuses. On leur reproche cependant un bigotisme qui blesse la charité chrétienne.
FREE-TniNKERSKIHRISTIANS , OU ChRÉTIENS-LIBRES-
PENSEURS. — On a long-temps appelé libres- penseurs les incrédules qui rejetaient toute révélation ; mais, dans une contrée féconde en sectes nouvelles, l'an 1 799en vitécloreune sous le titre qu'on vient de lire. V. 5
Les fondateurs » membres auparavant d'uue Eglise universaliste et trinitaire, et ensuite unitaire, firent une scission , dont ils publièrent les motifs en 1 800 , dans un écrit qui expose leur doctrine et l'organisation de leur société , ils prétendent ^ Tassimiler en tout à celle qui existait sous les apôtres.
Le Nouveau Testament est la seule règle de conduite ; ils rejettent la divinité de Jésus-Ghrist y le péché originel , la doctrine d'élection et de réprobation y Fexistence de bons et de mauvais an-r ges y l'éternité des peines , telles sont du moins les idées de la plupart des membres ; mais ils reconnaissent en Jésus-Christ une mission céleste pour instruire les nations. Son but fut d'unir dans une même famille tous les hommes , quels que soient leurs pays, leur orifçine.
Le lien qui les unit ne consiste pas dans l'identité d'opinions et de croyance , mais dans la vertu pratique. L'adoration d'un Dieu éternel y juste et bon y l'obéissance aux commandemens de Jésus- Christ , son messager , voilà les actes par lesquels on peut espérer d'arriver à un bonheur dont la résurrection de Jésus-Christ oflFre le gage.
Les LïbreS'Penseurs n'ont ni baptême, ni cène y ni chants , ni prière publique ; adorer de cœur , prier de cœur, leur suffit.
* The (rue design of the church of gqd and the government therecrf, etc.
HUTCHINSONIENS, etc. 67
Pour présider à leurs assemblées et les régulariser y ils ont un ancien et deux diacres éliis pour trois mois ; ils ne sont rééligibles qu'après trois mois d'intervalle.
Chacun , dans leur assemblée^ a le droit d enseigner y fondé sur ce texte de saint Paul : «c Vous » pouvez tous prophétiser l'un après l'autre, afin que » tous lîpprennent et que tous soient consolés ^ » Les discours roulent sur les objets de morale, de doctrine., d'interprétation des Ecritures ; il n'est pas rare que les orateurs se combattent , mais avec modération. Leur croyance a successivement éprouvédes modifications; et, loin de penser q'uon puisse leur en faire aucun reproche , ils y trouvent l'avantage d'avoir fait des progrès dans l'investigation de la vérité.
Par les papiers publics ils provoquèrent , il y a quelques années, une discussion sur l'existence du diable. Leur nombre , qui s'accroissait , commença dès lors à inquiéter l'Eglise anglicane ; et Porteus, évêque de Londres^ fut accusé d'avoir provoqué contre eux l'intervention de l'autorité civile pour faire cesser leurs réunions. Ils manifestèrent publiquement le projet de résister, en revendiquant la liberté de conscience dont jouissent les Dissenters.
Diverses circonstances les ayant mis dans le cas de quitter le local où se tenaient leurs séances, ils
^ I*. Gorint. i4 , 3i.
bâtirent, en 1810, une maison d assemblée^ dans laquelle ils se réunissaient tous les dimanches le matin sans être inquiétés. Leur nombre était , en 1 8 II y de quatre à cinq cents.
Ils adressèrent à TsAitorité publique des remontrances pour n'être pas obligés de se marier devant les ministres anglicans y attendu que le mariage à leurs yeux n a que le caractère de contrat civil ; leur demande ayant été rejetée , ils se soumettent à la forme prescrite. L'auteur d'un ouvrage publié en 1821, croit que les FreerThinkers ont encore ailleurs des réunions '.
Nouveaux Séparatistes de l'Eglise anglicane. -^En i8i5 , quelques ecclésiastiques anglicans , ayant conçu des doutes sur plusieurs articles de leur croyance, se réunirent pour les éclaircir. Ces doutes concernaient spécialement les rites du baptême et des funérailles, les clauses damnatoires contenues dans le symbole athanasien, la constitution de l'Eglise connexe à l'état politique , qui ôte aux pasteurs leur influence ou qui du moins la diminue.
Après diverses conférences en automne de la même année, convaincus que les trente-neuf articles , le livre des homélies et celui des prières corn* munes, contenaient des erreurs, ils résignèrent
^ The religions and religions cérémonies of ail nations y etc., by the rev. G. Nightingale, in-8**. London , 1821 , pag. 236.
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leurs bénéfices entre les mains des évéques, se réunirent près de Taunton , et commencèrent à exercer leur ministère , d'après leurs principes , dans cette ville et dans le voisinage.
Le sacrifice qu ils avaient fait de leurs placer n'empêcha pas la malveillance de les dénigrer. On les accusa dantinomianisme. Ils répondirent qu'ils admettaient, comme les Calvinistes , la j ustification par la foi en Jésus-Christ, mais qu'ils abhorraient les erreurs antinoméennes.
Evans , à qui nous empruntons ces détails et qui paraît un de leurs membres \ atteste qu'ils ont des chapelles nombreuses à Londres , Bristol , Brighton , Ëxeter, Chiltenham , Taunton et autres lieux dans le Wiltshire, le Hampshire, le Devonshire.
Quelques divergences dans leurs opinions sont affaiblies, mais pas encore éteintes. Les uns se rapprochent des Strîcfis-Baptistes sur l'article de la Cène et penchent à une séparation de l'Église anglicane; d'autres sont plus tolérans et moins exigeans sous ce double aspçct.
Baring, considéré comme chef du parti, n'a rien imprimé; mais leur doctrine a été développée dans les dialogues sur la Trinité, par Evans, et l'ouvrage intitulé Godin Christ y Dieu en Christ,,
par Bevan *^
#.■ ^ Toy . Evans , pag. 338 à 344*
^ Godin Christ set Jbrth in twQ letters to a friend.
etc^, in-8^. Loodon^ 18 18.
Ils admettent la doctrine d'élection, d'expiation par Jésus- Christ. Les croyans sont justifiés par. son sang, il est le prophète et le roi de TEglise; mais l'ouvrage, /?/ew en C%m^, annonce parce titre même qu'ils rejettent la Trinité. Dieu est une per« sonne unique qui s'est unie à la nature humaine , dont il est le père. Ainsi , notre médiateur n'est pas Dieu en Christ mais Christ en Dieu. Le Saint- Esprit n'est pas une personne distincte, mais une manifestation, une œuvre de là Divinité. Cette opinion sur la Trinité , ou plutôt cootre la Trinité, est , conune on voit, très-rapprochée du Sweden-^ borgianisme.
Walkeristes. — 'Les sectaires dont il s'agit j, presque tous originairement de l'Église anglicane, s'en détachèrent à la fin du siècle dernier, sous la direction d'un nommé Brown, qui eut pour auxi* liaire Walker, dont la prépondérance a fait donner son nom à leur société. Ce n'est pas toutefois celui qu'ils prennent, car ils s'attribuent le titre de restaurateurs du christianisme primitif ( re^ivers ofprimitwe christianitjr). En 1806 ils étaient' environ cent-trente personnes à Dublin , et avaient dix à douze petites réunions affiliées , dont une à Londres. La courte notice qu'on va lire est puisée dans un manuscrit remis par Walker lui-même à l'auteur de cette histoire , et dans quelques écrits publiés par des membres de la secte.
L'un de ces écrits a été traduit dans notre lan-
HUTCHlN$OiNl£NS, etc. ^t
gue, Essai sur le plus important des sujets ^ On conçoit que ce sujet ne peut être que la religion; mais Fauteur, la considérant avec un prisme qui lui est particulier ) à des observations judicieuses il entremêle ses paradoxes. Après avoir remarqué que le mot grec Ilpeaêtîtepoej signifie un ancien , et qu'on le traduit en français par le mot prêtre ; il ajoute : C est ainsi qu'on essaie de maintenir par la pai'ole de Dieu un système au moyen duquel un corps d'hommes, qui se donnent le titre de mi^ nistres de Dieu y répand dans le monde ses impostures sous le voile du christianisme et s'empare des consciences de ses semblables ^, Les Walkerîstes repoussent l'idée d'un corps sacerdotal; mais ils ont des anciens ou inspecteurs , dont le& fonctions sont seulement administratives et de surveillance.
Dans un autre écrit , Lettres sur le christianisme primitifs ^ on voit qu'ils sont opposés à toutes les sociétés chrétiennes, surtout aux Arminiens, aux Stricts-Calvinistes, aux Antinoméens, aux Baptistes et plus encore à l'Eglise gallicane, qu'ils regardent comme un système antichrétien établi par l'intervention des lois humaines. Pour trouver la religion véritable, il faut remonter aux temps
^ Iu-8«. Paris, 1820, sans nom d'imprimeur, de 29 pages.
2 Ibid. , pag. 28.
^ Lctters on primitive christianity , in- 12. London, 1819, pag i56 et suw.
apostoliques; cor, s'éloigner delà tradition apostolique et des préceptes de Jésus-Christ, c est se pla* cer criminellement au-dessus d'eux. En partant de ce principe, dont ils déduisent des conséquences et tirent des applications , ils rejettent lebap* téme. Si dans les premiers siècles on l'administrait, c'était à des gens qui avaient professé le judaïsme,. le paganisme; mais nous, qui sommes nés de parens chrétiens , n'en avons pas besoin. U suilit, d'après la recommandation de saint Paul aux Éphésiens, de bien élever les enfans ^ On n'est pas plus obligé de se faire baptiser que d aller dans tout le monde , comme les apôtres , baptiser et prêcher. D'ailleurs saint Paul se félicite d'avoir baptisé peu de personnes ^. Ces sectaires ne conaidt^it>ut pas que le but de saint Paul n'est pas de rt^j^lw b Itaplènw» mais de combattre l'esprit de jHirtUrapr^ kH)uel certaines gens se disaient , les Mil» Uu jMirii d\\polK>a > les antres de celoi de 0^|v1h^ *,
U» ^'a^id^uUJhml W premier jour de la semaine IMI m^^KÙv^ d^ la résurrection du SauveoTy et y^'^^lM^I «tisemUe du pain et du vin , symboles CW ^ti^i'Wps et de son sang.
iViliiiie les Quakers , ils rejettent le senaaent , ^¥^4M^ lorsqu'il est exigé par le magistrat, et pré«
* Ephes. 6, V. 4-
* I». Corint. , 1, V. i4*ï7* ^ Jbid., V. 13.
r HUTCUINSONIENS, BTC. jî
tendent qu à la douane il y a dans une semaine plus de parjures qu'il n'y en avait dans ranciehne Rome dans le cours d^un siècle. En général les sociétés chrétiennes, d'après la tradition, expliquent en quel sens il est défendu ou permis de jurer ; mais ils allèguent que la défense est scripturale , et quand on leur objecte que , d'après leur manière d^interpréter le texte sacré, Tobligation de laver les pieds aux hôtes est également scrip^ turale, ils prétendent qu'on ne doit pas ici se fixer sur le sens littéral, mais sur l'esprit du texte, et l'entendre des devoirs de charité , quel qu'en soit l'objet.
Les sexes sont séparées dans leurs assemblées; elles finissent par un baiser de paix , recommandé , disent-ils , dans l'Écriture-Sainte , car ils prennent dans un sens matériel et non métaphorique les expressions de tendresse employées par saint Paul et par saint Pierre , à la fin de diverses épîtres ^. Us veulent même que le baiser de paix soit obligatoire dans certaines circonstances^ entre des parens, des amis, par exemple, en partant pour quelque voyage et au retour; à plus forte raison, disent-ils , à la fin du service liturgique. A l'appui de cette opinion ils citent les textes qui terminent les lettres adressées par les apôtres aux fidèles. En conséquence, à la fin de l'assemblée^ après les
^ Rom. , 16-16. — i«. Gor.^ 16-20. — i*. Thettal.^ 5-6. — I*., Petr. 5-1 4-
prières^ les frères embrassent les frères , les sœurs embrassent les sœurs. Cependant des disputes s'étaient élevées de la part de quelques membres qui s'y refusaient.
A Enniscorthy , dans le comté de Wexford , en Irlande, ils ont une petite société dirigée par une femme qui a déserté TEglise anglicane; son mari , ministre dans cette Eglise, tient trop à ses dîmes pour suivre son exemple.
En Irlande , tout ce qui.n'est pas Catholique est subdivisé en une telle multitude de sectes , que chaque famille pour ainsi dire en forme une à part. Dans le comté de Ross on trouve des Seeckers ou Chercheurs y qui cherchehtDieu dans les champs, sous les pierres , sur les toits.
JACQUES BROTHERS, etc.