CHAPITRE XYII
BAPTISTE» ET JÊVANGÉLISTES.
Parmi les créatares que TEglise présente à la vénération des fidèles, saint Jean-Baptiste et saint Jean révangélis^lDccupent un rang très-distitigué. Mais doit-on les placer sur la ligne de l'égalité, ou assigner à Tuft la supériorité? Quel homme a le droit de résoudre cette question, qui d'ailleurs est oiseuse?.... Oiseuse, comme jadis la dispute des réaux et des nominaux, sur Xunwersale à parte rei; comme celle des Franciscains, sur la forme ronde ou pointue de leur capuce; comme celle où il s'agissait de décider s'ils étaient propriétaires, ou seulement usufruitiers du potage qu'on leur servait; et cependant, en Portugal, sous Jean V, dans le siècle dernier , s'éleva , chez les Franciscains, une dispute niaise, mais trèsacharnée , sur la prééminence entre le précurseur de Jésus -Christ et son disciple bien-aimé. Les anciens Franciscains, ou BaptisteSy tenaient pour le précurseur; les Franciscains, réformés par sainte Glaire , ou E^^angéUstes , étaient pour
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lapôtre saint Jean. Cette dispute fit naître divers opuscules imprimés sous le titre de RapsodieSy titre donné sérieusement, mais qui, dans certaine acception de ce mot , pouvait leur convenir.
Des couvens d'hommes , cette dispute , passant dans les cloîtres (!e religieuses , y acquit une eflFervesceuce inouïe, parce qu*elle y trouvait des têtes plus combustibles. Il en résulta un.schisme dans toute la force du terme. Écoutons, à ce sujet, Rouillé, ambassadeur français en Portugal. ..... « Il n y a point de couveuse filles, en Portugal, où il n'y ait dispute ômig^ , et deux partis formés sur la question de la prééminence entre saint Jean-Baptiste et saint Jean Févangéliste. Il n est^permis à aucune des religieuses de rester sagement dans Tindifférence, et. d'honorer également les deux saints. Il faut de nécessité être Baptiste ou Evangéliste. Ce sont les noms des deux partis. Mais, pour le bien de la paix, les supérieures commandent aux religieuses d'éviter, autant quil est possible, la dispute, et de se conduire chacune suivant leur sentiment sur le fait de la dévotion pour ces saiuts. Chaque parti, le jour de la fête du sien , prend soin de la solenniser avec le plus de magnificence qu'il peut , par musique, illuminations, et surtout par un sermon , dans lequel le prédicateur ne manque pas d'élever le saint qu'il prêche infiniment au-dessus de l'autre; ce jour- là le parti contraire ne parait