BAPTISTES
pas à l'église, et marque, par sa- retraite, qu'il proteste contre les .honneurs qu'on rend à un saint qui lui semble ne les pas mériter, atten* dant avec impatience que le sien vienne pour enchérir sur la beauté de la fête , et voir le parti opposé dans la retraite à son tour, et dans la mortification. Telle est, sans exagération, la situation de tous les monastères de religieuses sur cet article. Cette contrariété a souvent produit fles effets très-fâcheux. Mais le plus terrible est celui qui est arrivé , depuis quinze jours , dans un couvent de la ville de Béja. Les religieuses étant ensemble, le propos tomba malheureusement sur les deux saints. Aussitôt disputes, vivacités, et la querelle s'échauffant, injures et coups de poing. Le combat dura jusqu'il défaillance de part et d'autre , mais la haine demeura si vive entre les deux partis, qu'ils ne songèrent depuis qu'à se venger l'un de l'autre , aux dépens du saint ennemi. Les Évangélistes furent les plus promptes. Elles se saisirent d'un saint Jean-Baptiste, le dépouillèrent, le fouettèrent, lui firent mille autres indignités , t enterrèrent dans une fosse qu! elles firent dans le jardin^ et finirent par danser sur la fosse , en chantant des chansons les plus extravagantes. Les Baptistes étant les plus faibles, elles ne purent empêcher le désordre, ni tirer raison de l'injure faite à leur saint ; mais elles en ont été vengées d'une manière terrible. La nuit même de cette impiété, les Evangélistes y au
nombre de vjugt, soit par punition de Dieu, soit par lefTet du trouble çTun violent remords de conscience, tombèrent dans une espèce de maladie contagieuse, si. dangereuse, quil en est mort treize eu quatre jours , et que l'on espère peu des autres. ^ » .
Un prédicateur évangéliste, mettant en parallèle les deux saints , s'attacha à prouver que saint Jean- Baptiste était de beaucoup inférieur à saint Jean levangéliste , parce que, i°. il était Juif, ce qui ne lui fut pas difficile à prouver. 2"*. Qu'il était mort sans confession, et par conséquent sans absolution. S"". Que par manque de confession et d'absolution, il éiait allé en enfer, d'où N. S. J.-C- ne l'avait retiré qu'après sa mort ( ici il appliqua le le texte : Descendit ad inferos ). 4**- Que pour preuve de tout ce qu'il disait, l'Eglise s'était toujours opposée à ce que l'on cbantât le Credo à la messe de sa fête , caj il n'a jamais été honoré par elle comme Chrétien, mais simplement comme précurseur de J.-G. Que de sottises l!I
Les mouvemens politiques, qui depuis quarante ans agitent TEurope, et auxquels le Portu-r gai prend une part si désolante, ont donné une autre direction aux esprits, même dans les mo-
^ Lettre de M. Bouille , président au grand conseil , pendant qu'il était ambassadeur en Portugal, à M. '***, dans les Mélanges historiques, etc. , par Michàult , avocat, in- 12, Paris, 1754, pag. 867 et $ui^, , arttde :23.
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nastères, qui d'ailleurs, pour la plupart, sont supprimés ; mais il n'est pas rare qu'à une folie éteinte, succède une folie nouvelle, car dans tous les siècles , dans tous les pays , cette pauvre raison , dont les hommes sont si fiers , trébuchant à chaque pas, les avertit sans cesse de sa faiblesse.