CHAPITRE XIX
ÉBASTIAinSTES.
Parmi les hommes auxquels la flatterie con* temporaine décerna le nom de Grands , il en est peu dont la postérité n'ait brisé le piédestal, tandis qu elle attachait, en caractères ineffaçables, cette épithète aux noms des hommes qui Tout conquise par leur vejtu. Tel fut Alfred le Grand, objet de la vénération des Anglais. De là était née l'opinion, jadis répandue en Angleterre, qu'un jour Alfred devait reparaître. Cette erreur n'appartient plus qu'à l'histoire.
Bientôt il en sera de même de l'opinion, encore subsistante en Portugal, que le roi Sébastien , tué en Afrique à la bataille d'Alcacerquibir, n'est pas mort, qu'il reviendra pour élever sa nation au plus haut degré de gloire et de bonheur. Une secte tout à la fois religieuse et4)olitiqtie se forma d'après cette croyance, qui s'est modifiée à trois époques difl^rentes.
La mort du roi Sébastien avait consterné les Portugais, parce qu ils ne voyaient plus de rejeton
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royal pour lui succéder ; ce qui prouve combiea étaient rétrécies leurs idées sur la composition et les besoins des corps politiques. La douleur (si poignante quand ^ ne pouvant accuser que des causes inévitables ou inconnues , elle est contrainte de se replier , de se concentrer en elle-même ) ; la douleur s'adoucit, au moins légèrement, quand elle peut s'exbaler en reproches contre des êtres raisonnables ou censés tels. Le mécontentement public imputa aux Jésuites d'avoir conseillé à Sébastien la guerre d'Afrique. Leurs apologistes assurent au contraire qu'ils l'en dissuadèrent, mais, qu'entraîné par ses inclinations belliqueuses, il repoussa leurs avis '. Quoi qu'il en soit, les Jésuites , poursuivis par l'animosité générale , y firent habilement diversion en assurant que Sébastien , dont la dépouille mortelle avait été apportée à Belem, n'était pas mort, et sur cette fable bientôt s'éleva un édifice mythologique, dont voici l'esquisse :
Sébastien fut coupable pour avoir entrepris cette guerre , qui fit périr tant de monde , mais il se retira du danger , et s'en fut à Jérusalem pour y faire pénitence. Un jour il reparaîtra, on le verra descendre des nues sur le château de Lîs^. bonne. En compensation de sa déroute à Alcacer^ quibir, il fera la conquête de toute l'Afrique, dé-
^ Resposta apologetica a poema intitulado, o Uraguai^ in-8^ , Lugano, 1786, pag. 253.
4g2 DES SECTES RELIGIEUSES.
livrera la Palestine du joug ottoman , chassera les Turcs de l'Europe, entrera en Portugal avec une armée formidable pour combattre Philippe le Prudent^ qui régnera alors à Lisbonne, le tuera de sa propre main , passera k Madrid pour fonder la monarchie de Castille, et deviendra le chef d'un vaste empire. Dans un ouvrage apocryphe (le 4'- livre d'Ësdras, chapitre XII ), on va chercher une espèce de prophétie : ecce dies veniunt.... aquilam quant vidistiy etc. , pour l'appliquer à Sébastien; il est cet aigle qui doit subjuguer tous les potentats contemporains.
Sous les règnes de Jean III et de Sébastien vivait un cordonnier, nommé Gonçalo-Zannes Bandarra , qui , sans savoir lire ni écrire , composa des couplets , dans lesquels, sous un voile allégorique , il prédisait les désastres du Portugal et sa glorieuse résurrection. La haine universelle contre la cour accueillit avidement ces poésies, qui-, au tableau des calamités actuelles ou imminentes, faisaient succéder la perspective de la plus brillante prospérité. Le cardinal Henri, grand oncle de Sébastien , auquel il succéda , était alors grand inquisiteur. Il fit poursuivre Bandarra parle Saint- Office, qui le condamna à de grandes pénitences; mais l'opinion publique , plus puissante que l'Inquisition, soutint fiandarra. Il enfanta de nouveaux couplets, et en dédia la collection, l'an i556, à l'évêque de Guarda, issu d'une branche légitime de la maison royale. Ces poésies furent
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imprimées k Paris ^ par les soins d'un dominicain portugais , le père Joseph Texeira.
Lorsqu'en suite l'occupation du Portugal par les Espagnols eut vérifié la première partie des prédictions du poëte cordonnier, la crédulité et l'amour -propre des Portugais attachèrent une haute importance à la seconde partie, qui, entr'ouvrant un avenir consolateur , prédisait le retour de Sébastien et le rétablissement de l'indépendance portugaise.
Un imposteur, à Venise, en 1601, s'étant donné pour le vrai Sébastien , fut arrêté et emprisonné sur la requête de l'ambassadeur d'Espagne au gouvernement vénitien. Les Portugais, soutenant qu'il était le vrai dom Sébastien , sollicitèrent en vain plusieurs cours pour lui faire rendre la liberté, et le replacer sur le trône ^ Dans le nombre d'autres imposteurs qui parurent sur la scène , on en cite deux , dont la ressemblance de figure à celle de dom Sébastien favorisait la déception. Les uns furent pendus, les autres envoyés aux galères.
La secte très -nombreuse des Sébastianistes j bravant les décrets de l'Inquisition et les fureurs de la politique espagnole, acquit* plus de consistance par les efforts même qu'on employait à les détruire. Bandarra fut regardé eomme un pro-
'• Journal du règne de Henri IV, roi de France, etc., par Pierre de TEtoile, etc., in- 12, La Haye, i74' » tom. II, pag. 56o et 56 1.
phète, dans toute l'étendue et racception que comporte ce mot. Le Nostradamus de France a son monument à Salon ; un mausolée fut érigé , en 1641, à celui du Portugal, dans l'église Saint- Pierre de Trancoso , par les soins du général Alvaro , et plusieurs fois , au nom de Bandarra , on vit les Portugais se lever en masse contre leurs ennemis '.
Don Jean de Castro , petit-fils du célèbre général de ce nom, avait donné à Paris, en i6o3, et non en i Bo5 , comme Ta dit la Biographie urdçersellcy une paraphrase, et la concordance de diverses prophéties publiées par Bandarra , espèce de commentaire propre à flatter l'amour-propre, à rehausser les espérances de la nation portugaise ^.
«Sébastien est actuellement en prison; mais ce roi, plus grand qu'aucun de la chrétienté, et du sang le plus illustre , car il est de la maison d'Angouléme , c'est-à-dire de France, aura la meilleure part aux promesses de reconquérir la Terre-Sainte. Il paraîtra d'abord à Venise, régnera sur la barbarie, détruira les Infidèles, les Maures et les Musulmans , désignés dans Bandarra sous le nom à' Jl riens , sera canoni^ , et de-
^ ^oy. L'article Bandarra, par Correa de Serra, dans la Biographie universelle.
2 Paraphrase e concordantias de alguas prophecias , fict. , m- 12, i6o3, em Paris.
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viendra le chef de la ligue des princes chrétiens , qui fera triompher le Chris tianisrne dans tout Funivers '. Quand il commencera son entreprise, il y aura un saint Pape, appelé dans quelques prophéties le pape Angelico , qui sera contraint par la tribulation , de se réfugier en France ou dans les royaumes limitrophes , mais enfin il trouvera un asile en Portugal ^. »
Le champ de Terreur est un sol d'une fécondité inépuisable. Le succès prodigieux des prophéties de Bandarra en fit naître beaucoup d'autres dirigées vers le même but; tels étaient, sous le titre di Anacephalaeosis {conclusion) , deux ouvrages imprimés, l'un en 1624, sous la direction des Jésuites, par Emmanuel Bocarro '. L'autre par leur père Antoine Vascdncellos ^ ; ouvrages fabriqués pour établir, d'apr 's le cours des astres , que l'empire ottoman finirait dans le siècle dernier, et qu'à sa place s'élèverait le nouvel empire du Portugal. La sentence de llnquisition contre Bandarra lui imputait des mœurs dissolues. Yasconcellos prétendit que la pureté des mœurs n'était pas nécessaire pour, être prophète, il
^ Voy. folios 2, 20, 3o, 87, 4^» ^5, 79, etc. C'est dans le chapit. XII qu'il est parlé de la canonisation de Sébastien.
2 Ihid, fol. 53 et 119.
^ Anacephalaeosis de monarchiâ lusitanâ, par Emmanuel-Bocarro Francéz, 1624, Lisboa.
^ Anacephalaeosis rerum Lusitaniœ Aut. Yasconcellos.
S appuyait des exeftiples de Balaam et de Caïphe.
On publia un autre livre intitulé : Le royaume de Portugal y jardin de délices y empire du Christ y dans lequel sont entassées de prétendues révélations attribuées aux Sibylles, à saint Isidore de Séville , saint Cyrille , hermite , Jean C^ssien , Euthyme , etc. On multiplia les exemplaires des rapsodies àxxpreto do JapdOj le noir du Japon j ou pretinho y diminutif de jore^o (noir), il est plus connu par ee diminutif, autrement Ladre- Clemente Goraes , qui existait sous Pierre II.
Quand, d'après le cours de la vie humaine, toutes les chances de probabilité sur l'existence de Sébastien furent épuisées, les Sébastianistes publièrent que cette règle était inapplicable aux prophéties concernant ce roi , et que , conservé miraculeusement, il était elrei encoberto, le roi caché.
Si ce roi caché devait se montrer , c'était sans doute quand Philippe II d'Espagne entra en Portugal avec une armée de cent mille hommes, ou mieux encore, quand la maison de Bragance, en 1640, monta sur le trône, car c'était une sorte de restauration. Cependant il ne parut pas. Les Sébastianistes débitèrent que peutêtre sa pénitence n'était pas encore terminée ; Jésus-Christ lui-même n'avait-il pas laissé longtemps le genre humain dans les ténèbres avant de le racheter?
Ici commence une divergence dans les opinions, des Sébastianistes. Les Uns^ obstinés dans
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leur système , ne peuvent le concilier avec l'élévation du duc de Bragance au trône ; mais ( ce petit nombre excepté) tous Tes Portugais, détachant kurs regards de Sébastien , les portent sur Jean IV, premier roi de la maison de Bragance, et croient qu'il est le chef auquel est promis lempire universel; quoique Sébastien fut le seizième roi, le duc était de la seizième génération , conséquemment ses prétentions s'accordtiient avec la lettre des prophéties antiques et modernes. Ils se fondent de nouveau sur le livre apocryphe d'Esdras et sur une lettre supposée de saint Bernard a Alfonse Henriquez. Jean IV est le roi encoSerto , le roi caché. Cependant aucun des Jésuites n'écrit pour démontrer que le duc de Bragance soit légitime. Ils ne paraissent pas à son exaltation, quoiqu ensuite leur intérêt les ait conduits à sa cour. Ils continuent même de donner crédit aux rêveries de Bandarra et de supposer que Sébastien vit encore. C'était contester indirectement les droits de la maison régnante élue par la nation.
Mais après la mort de Jean IV,. les Jésuites, par leur p.ère Vieyra , qui, dès l'an 1647, avait exercé un grand ascendant sur l'esprit de ce roi , firent composer un ouvrage intitulé : Les espérances du Portugal, cinquième empire du monde. Ce Jean IV, ce quasi Jilius hominis {^comrriejils de rhomme) ou vicaire de Jésus-Christ dans le temporel, devait mourir ; mais il ressuscitera pour V. 32
aooomplir les prophéties de Bandarra , fonder ce cinquième empire, et devenir le monarque universel ^ Sous Cromwell, l'Atigleterre eut la secte des Quinto-Monarchistes, qui a laissé en Europe quelques traces actuelleftient encore subsistantes , mais qui, par un cinquième empire, entend le règne temporel de Jésus-Christ sur la terre pendant mille ans ^.
. Vieyra, le plus célèbre des prédicateurs du Portugal, homme de génie ^ mais bizarre , fut toujours regardé comme un des coryphées du sébastianisme , quoiqu'il fût Joannite , c est-à-dire attaché à Jeaïi ly, qu'il signala dans un sermon conmie destiné à la monarchie universelle. Malheureusement le prince mourut , ce qui démentit la prophétie ^ sans déconcerter le prophète ; il était Jésuite, dit un écrivain , et il se mit si peu en peine des railleries , qu il publia son sermon en y joignant une apologie pour faire concorder ses prédictions avec les événemens futurs '.
1 On trouve des détails sur rorigine des Sébastianlstes dans l'ouvrage Deduceao chronologica analitica, etc. , in-4®«, Lisboa, 1767, par le marquis de Pombal , qui fit paraître cet ouvrage sous le nom du procureur général de la couronne, Seabra da Sili^a. Voy. tom. 11 , pag. 46 et iuw.
2 Fby. l'article des Quinto-Monarchistes, ci -devant , pag. 43 et stdv.
• Relation de la cour de Portugal sous D. Pedre II , traduit de l'anglais, in-12, Amsterdam, 1702, tom. i, pag. 225.
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Ou lui reproche d*avoir fatigué le monde par son Histoire de tas^nir. Un décret de Tinquisitipn du nS décembre 1667^ le retint pendant Tingt-deux mois en prison pour son ouvrage : Les Espérances du Portugal. Ce livre est appelé scandaleux et hérétique ^ dans un édit de condamnation, émané en 1775, du roi Joseph P*. Il condamne également « le triple cordon d'amour n à Jésus-Christ , dans le sacrement de TËucharis» » tie , au roi de Portugal , déjà né , et à son royan- » me rétabli , etc. , » par don Antoine Ardizzone Spinosa , imprimé à Lisbonne en 1 68o. C'est nn recueil de douze prophéties débitées par Spinosa , à Goa et à Lisbonne, pour appuyer les sottises de Bandarra sur le nouvel empire , dont un roi de Portugal , attendu et caché ^ doit être le fondateur. L'édit impute* à cet écrit des maximes fausses, scandaleuses , impies et blasphématoires ^
Mais lopinion des Sébastianistes continua de prévaloir chez un grand nombre de Portugais, persuadés que Sébastien était conservé miraculeusement et qu il reviendrait prendre possession de (^on royaume. Lô chevalier d'Oliveira pense qu'on pourrait former une petite bibliothèque de tout ce qui a été publié sur cette matière. On trouve (disait-il en 174^) des personnes si entêtées de cette erreur, qu elles se feraient martyriser plutôt que de ne pas croire que Sébastien est vivant. Ces
^ Mémoires de Pombal , tom. 11 , pag. 287 et suw,
5oO DES SECTES BELIGIEDSES.
Opiniâtres ont formé une espèce de secte que nous appelons Sébastianistes. On n ose les taxer de folie parce qu'il y eut de tout temps parmi eux des savans très-i*enommés par leurs ouvrages, qui ont adopté cette croyance ".
Cîorrea de Serra fait observer que les princes de la maison de Bragance , sûrs de la fidélité des Sébastianistes jusqu'au retour de Sébastien, ont eu la sagesse de ne pas les persécuter, ils ont même paru les favoriser dans diverses occasions; il en cite des preuves , entre autres celle-ci :
Le roi Jean IV permit au marquis de Niza , son ambassadeur en France, de publier une nouvelle édition de Bandarra avec des commentaires dans le vrai sens des Sébastianistes, à Nantes, 1646, chez Guillaume Monier , sous le titre de Couplets de Bandarra , purifiés et imprimés par un grand seigneur du Portugal , offerts aux Portugais , fidèles au roi caché.
Sous Jean Y, Barbosa Machado imprima les mémoires du roi Sébastien, en quatre volumes in-4*- > aux frais du gouvernement , à l'imprimerie royale, avec la sanction de l'académie portugaise. En tête de l'ouvrage est un beau portrait de Sébastien, au bas duquel oa lit l'inscription suivante :
Vivo equidem , vitamque extrema per omnia duco.
^ Voy. Mémoires, etc., concernant le Portugal, par M. le chevalier d'Oliveira, in-12, La Haye, 1743, tom. u, pag. 9 et 10 , en notes.
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Il est à remarquer que les Jésuites fuuent constamment défenseurs de Bandarra et des Sébastianistes, dont la secte mystérieuse et politique, mais appuyée sur des motifs religieux , fut toujours nombreuse, puissante et inébranlable dans ses espépances, jusqu'au règne de Joseph I''. Il existe même un sermon prêché à Funiversité de Gk)ïmbre, par le» père Jean Mauvel, bernardin, pour la naissance de la reine , et imprimé en cette ville l'an 1 746 , sermon où l'auteur, appuyé sur les prétendues prophéties de Cassandre , de saint Isidore , assure avec confiance que le roi Joseph aura un fils , chef de la cinquième et universelle monarchie.
La secte des Sébastianistes parut revivre en 1808, lors de l'entrée des Français en Portugal. On s'empressa d'appliquer à cet événement des prédictions ridicules, d'après lesquelles la reine irait à Evora et de sa main tuerait Bonaparte* Tout cela devait s'efiectuer dans le cours de la semaine sainte. Ces opinions délirantes mrent adoptées, même par des personnes respectables et douées d'un mérite littéraire. C'est un fait avoué par Macedo qui, en 1810, publia sur les Sébastianistes un ouvrage dans lequel il établit qu'ils sont mauvais Chrétiens,*mauvais sujets, mauvais citoyens et les plus grands fous. Entre eux il y a , dit-il , des hommes bons, fidèles et vrais , au lieu que les Francs-Maçons, pedreiros libres ^ sont de la vile canaille. Çélm-ci est mauvais citoyea
par malice, au lieu que le Sébastianiste peut l'être par ignorance et sans complicité avec le premier '. Dans cet écrit, qui ne hrille pas en atticisme , Macedo traite durement le Corse , les Français , et s'occupe sérieusement à prouver que l'histoire dément ces prophéties, dont quelques Sébastianistes ( car il en est encore ) avaient fixé l'accomplissement à l'an 1831. Un Anglais , parlant des Portugais et des Juifs portugais , disait : C'est tme étrange nation, les uns attendent le messie et les autres le roi Sébastien.
'' Os SebastianUtas por José- A^tinho de Macedo» in-^^. , Lisboa, 1810, ii4 pages.
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