JÉRUSALEM
Emmanuel Swedenborg , fils de Jesper Swedberg, évêque luthérien de Skara en Westrogdthie, naquit à Stockholm le 39 janvier 1689. En 1710 commencèrent ses voyages en Angleterre, Hollande , France et Allemagne. Rentré dans son pays en 1 7 1 4, il mérita la confirmée de Charles XII et celle de Marie-Ulrique-Eléonore , qui , en 1719, lui donna des lettres de noblesse , et changea son nom de Swedberg en celui de Svsredenborg , qu'il a toujours conservé. Sandel prononça la même année son éloge à Facadémie des sciences de Suède , dont Swedenborg était un membre distingué. Il était en outre assesseur du collège des mines , et avait publié des ouvrages de physique , dont trois volumes in-folio sur la métallurgie, étaient autrefois cités comme classiques.
De Tétude du monde matériel il passa à celle du monde intellectuel, devint théosophe, s'attribua une communication fréquente et immédiate avec les êtres spirituels, et des révélations
sans nombre concernant le culte de la Divinité, le sens de TEcriture , l'état des hommes après leur mort, le ciel,. l'enfer, les autres mondes et leurs habitans ; c'est le sujet d'une vingtaine d'ouvrages sortis de sa plume féconde , et traduits presque tous en anglais et en français : les Arcanes célestes ,• les Traités du Jugement dernier ^ et de la destruction deBahjrlonej Traité du Cheva^l blanc, dont il est parlé dans t Apocalypse -, Traité de la Nouifelle Jérusalem-, V Apocalypse révélée-, Traité de V Amour conjugal , de la Sagesse évangélique, etc. ,etc. Ces écrits, dénoncés au clergé suédois , fut eat examinés par une assemblée d e^ véques et de professeurs qui en portèrent un jugement favorable, si l'on en croit l'ex-bénédictin Pernety, un de ses sectateurs. Catteau,qui a longtemps habité la Suède, dit au contraire qu'ils furent déclarés dangereux et hétérodoxes ^
L'un des plus fameux est intitulé : Men^eilles du ciel, de Venfer, des terres planétaires et astrales, d après le témoignage de ses yeux et €te ses oreilles. Pernety, qui l'a traduit du latin en français ^ , nous apprend que l'évêque SwedBerg , père de Swedenborg , était déjà entêté d'opinions analogues à celles qu'a débitées son fils. Celui-ci a prodigieusement grossi cet héritage. « Voilà, dit
^ Tableau général delà Suéde, par Catteau, Paris, «790» article Religion.
2 2 vol., in-8*., Berlin , 1782." ^ u»
» Pernèty , l'homme envoyé du ciel pour nous ap- » prendre ce qui s'y passe ; et si l'on ne peut le » placer au nombre des saints Pères , au moins on n doit le considérer comme un moraliste pur et » ingénieux ^ »
Lindsey racontait en 1790, comme le tenant d'une personne vivante, qu'un ami de Swedenborg se promenant à côté de Cheapside avec le baron , celui-ci tout-à-coup se prosterne de son long. L'ami lui en demande là raison. « Ne voyez-vous pas , dit » Swedenborg , Moïse qui passe?» «Un homme , » dit Lindsey , qui voit passer Moïse à côté de » Cheapside, peut y voir toute autre chose ^».
Swedenborg eut une vision à Londres en 1743 ^ Pendant qu'il dînait , le Seigneur lui apparaît entouré de lumière, et lui dit: iV^e mange pas tant, une seconde vision lui dévoile cet être lumineux. C'est Dieu qui l'a choisi pour expliquer les livres sacrés. Il ne se donne pas pour prophète, il déclare même ne pas connaître l'avenir > mais communiquer avec les anges, les esprits , et par conséquent avec les hommes nouvellement décédés. Il a su par eux des choses qu'eux seuls connaissent. '
Il y a trois articles essentielsà croire : la divi-
^ Voy. le Discours préliminaire.
^ A second address to the students of Oxford and Cambridge relating to Jesu Christ , etc. , by Théophile Lindsey, in-S"., London, 1790, p. 178.
^ Responsum ad epistolarn ab amico ( le .docteur Harley)a^me scriptam^ Londini, 1769*
nité de Jésus-Christ , la sainteté des Ecritures, la vie qui est charité. Quelles que soient les erreurs auxquelles un homme s'est livré , s'il évite le mal et fait le bien , non par des motifs d'intérêt , d'ambition, de vanité, mais par haine pour le mal et par amour pour le bien , il pourra être régénéré, sauvé, et arriver à la lumière.
Les trois personnes de la Sainte-Trinité ont été mal comprises , elles sont concentrées en Jésus- Christ. La Trinité humaine comprend, dans chaque individu , 1 ame , le corps et l'opération qui en procède. Cette Trinité forme un seul homme ; de même la Trinité divine n'est qu'un Jéhoi^ah y qui est à la fois créateur, rédempteur, régénérateur. Le Père est lessence, le Fils sa forme manifestée, le Saint-Esprit son énergie ou opération divine. Jésus-Christ glorifié , est ce Jého^ah^ car il ne diflfère du Jéhomh des Juifs , que comme Dieu non manifesté diffère de Dieu manifesté. Ainsi la Trinité est dans le Seigneur Dieu , rédempteur et sauveur Jésus-Christ, qui comprend le Père, le Fils et le Saint-Esprit; car Dieu est un en essence et en personne. Ce système , comme on voit , renouvelle les erreurs de Noet , Praxeas et Sabellius, qui, rejetant la distinction des personnes divines , prétendaient que les titres de Père , Fils et Saint - Esprit , n'étaient que des dénominations empruntées des actions diverses de la Divinité pour sauver le genre humain. De là ils inféraient que Dieu , unique en personne , s'était incarné et
avait souflfert ; de là le nom de Patri-passiens oa Passionistes donné aux sectateurs dePraxeas.Ges erreurs furent reproduites , au commencement du siècle dernier , par Harman Deusingius , dans son Histoire allégorique de l'Ancien et du Nouveau Testament '.
Tout dans la Bible renferme un sens caclié sous le voile du sens littéral. Il y a trois sens , le céleste, le spirituel , le naturel , unis par des correspondances ; car tous les oBjets matériels, depuis le plus petit jusqu'au plus grand , représentent des choses spirituelles ^. La sagesse égyptienne , à laquelle Moïse fut initié , n^était que la science des correspondances. De là viennent les hiéroglyphes, qui n'étaient que des correspondances bien connues des sages de l'Egypte ^.
Le monde naturel correspond au monde spirituel. Les miracles de Jésus- Chrisf ont été faits dans le sens naturel ; mais au second avènement ils seront dans le sens spirituel, et montreront les opérations de la grâce sur l'esprit. Quand Swedenborg a donné à un mot le sens spirituel , il lui applique
1 Hist, allegorica f etc, în-4°., Franqueriae, 1701.
^ Du commerce de Tâme et du corps , traduit du latin de Swedenborg, par M. P. (PaiTaud ) , in-12, Londres et Parîs, 1785, pag. i5.
^ La Sagesse angélique sur la divine Providence , etc. , traduit du latin de Swedenborg, par J.-P. Hcvel, in -8°. , Paris, 1823, p. 224. — The intellectual repository for thc newchurch, in-8*., London, 1816, pag. 217 et 218.
SWEDENB0RGI8TES. Sq
la même acception dans toute la suite du discours. Par exemple , quand il présente rintellîgence et la doctrine noyées dans la mer Rouge, les chevaux de Pharaon figurent Tintelligence , les chariots figurent la doctrine, et le tout finira par l'enfer, qui est la mer Rouge.
(( Qu'il y ait dans le monde spirituel un soleil M autre que celui du monde naturel, c'est ce que je » puis justifier, dit Swedenborg, parce que je l'ai vu. » Il paraît semblable à un globe de feu, comme » notre soleil , à peu près de même grandeur. Il » est éloigné des anges comme le nôtre l'est des » hommes. Il ne se lève point , il ne se couche pas » comme le nôtre; mais il demeure immobile dans » son élévation moyenne , entre le zénith et l'ho- » rizon ; et par-là les anges jouissent d'une perpé- » tuelle lumière et d'un printemps éternel » '.
Au moyen des sens correspondant s'établit entre Dieu et son Eglise une communication qui lie le monde intellectuel au monde visible. Les honimes , jusqu'au temps de Job , avaient connu cette science des correspondances , perdue depuis le temps du patriarche ; elle a été heureusement retrouvée par Swedenborg , à qui le Seigneur l'a manifestée pour en faire part à la race humaine; et afin que l'Eglise, fondée sur la Bible , mais qui décline , reprenne sa vigueur et soit conduite par l'Esprit divin. Swedenborg tâche d'adapter à toutes ses rêveries des citations bibliques.
^ Du commerce de Tâme et du corps, etc. , p. lo.
Dès le moment où il eut obtenu les faveurs célestes , ses yeux s'ouvrirent ; il conversa face à face avec les anges. Il eut accès dans leurs maisons ; elles sont disposées comme les nôtres , mais beaucoup plus belles et avec des appartemens très- variés ; elles sont entourées de portiques , de jardins , de vergers magnifiques. Ces demeures sont rapprochées , distribuées en villes ; ces villes en rues , en places, cum plateis , viis etforis ^ C'est une erreur de croire que les anges aient été créés sans être destinés à fixer leur demeure dans des corps matériels ou tabernacles terrestres, dit un de ses disciples : chaque planète est gouvernée par un esprit, un ange^. Qui pourrait révoquer en dotite cette assertion , puisque nécessairement elle sera démontrée, si l'on en croit le comte de Maistre , l'un des oracles de nos ultramontains^?
Ces anges , selon Swedenborg , ont la forme humaine , et sont vêtus ou paraissent l'être , excepté ceux du ciel supérieur qui sont nus ; car il y a trois cieux, composés chacun d'une multitude innombrable de sociétés ; mais tous les anges ont des habillemens correspondant à leur sagesse : voilà pourquoi les uns ont un costume plus somptueux que les autres.
^ Le Traité de Cœlo et Inferno , pag. 72, n®. 184.
^ The intellectualrepository ofthe nè'W church , Do- i 9 1 pag. 170 et suw, , et n". 20.
^ Soirées de Saint-Pétersbourg, etc.
Chaque société céleste est un ciel abrégé , et chaque ange en est un sous la plus petite forme. Ils vivent en rapport habituel , ont une manière d'écrire qui leur est propre , et devisent entre eux sur les choses domestiques , l'état civil , la vie morale* et spirituelle ; tous peuvent s'entendre , car on ne parle qu'une seule langue dans le ciel. Un jour il disait aux anges , que sur la terre « on > nomme paix le temps où la fureur des princes D pour l'effusion du sang humain, afin de isatis- » faire leur orgueil et leur ambition , ne les tour- » mente pas * » . Cela est maljieureusenient trèsvrai ; mais ces paroles sont une addition faite au texte par Pernety, traducteur infidèle, qui souvent retranche à volonté , dénature et altère le sens de son auteur. Il n'a guère mieux traité l'ouvrage intitulé : La Sagesse angéUque sur V Amour disnn et là Sagesse dmne.
Il y a des anges mâles et des anges femelles. Les mariages au ciel ont lieu comme sur la terre. « L'intelligence et la volonté sont les deux chambres ou appartemens de l'âme. Le mari fait la fonction de l'intelligence , la femme celle de la volonté : c'est l'union du bon et du vrai*...... Le
bon et le vrai sont les seules générations résultantes des mariages contractés dans le ciel ^. »
Des anges il descend aux hommes, et déclare
^ Ibid, , pag. 276.
^ Merveilles du ciel, t. i, p. 200.
que ]es époux après leur mort seront réunis; Tamour naturel sera fini, mais comme le véritable amour conjugal consiste dans l'union des esprits et des volontés , cette union mentale sera parfaite, et les époux seront élevés par la sagesse et le bonheur au rang des êtres angéliques.
Les hommes dans Vautre vie ont des corps, une forme humaine, des habits , des logemens; ils conservent leurs affections. Tout présente une conformité de notre monde avec le monde spirituel , conformité de plaisirs , de peines , d'occupations. Il y a même des temples, on y prêche ; Swedenborg a quelquefois assisté à des sermons prêches par des anges. Il n'y a pas moyen d'en douter, car il l'assure \ Une fois il a vu trois cents membres de l'Église réformée , tous des savans , qui parurent de loin comme des veaux , ensuite comme dés chevaux morts ; il explique tout cela. Dans le monde spirituel , il s'est trouvé avec quelques évêques d'Angleterre; avec le pape Sixte- Quint, qui, six ans avant sa mort, avait reconnu que le vicariat était une invention pour dominer; avec des esprits qui mangeaient des figues; ils lui en donnèrent , et ces figues devinrent des raisins ^.
^ Merveilles du cielf tom. i, pag. i4o.
^ L'Apocalypse révélée , dans laquelle sont découverts les mystères qui y sont prédits, et qui ont été cachés jusqu'à présent, etc., par Emm. Swedenborg, traduit pai* Moet, de Versailles, in-8°. , Paris, 1823, tom. n, pag. 81 et suw. , 192, 233, 387, etc.
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Les corps actuels ne ressusciteront pas ; après la moit chacun est revêtu d'un corps spirituel qui était enfermé dans le matériel. Le monde des esprits est comme le purgatoire des Catholiques ; car c'est le lieu où arrivent tous les hommes décédés, et où ils sont préparés pour le ciel ou pour Tenfer , excepté un petit nombre , qui sont immédiatement admis dans la gloire ou jetés dans les tourmens. Les méchans ne peuvent pas vivre dans le ciel ; l'atmosphère céleste les suffoquerait. Dans l'autre vie comme dans celle-ci, il y a divers degrés de perfection ; le riche qui a fait bon usage de ses trésors, aura dans le ciel un beau palais '.
Swedenborg rejette la doctrine d'expiation , de prédestination , de justification par la foi seule ; car il n'y a pas de salut sans repentance, Luther et Calvin n'ont séparé les œuvres de la foi que pour avoir un prétexte de rompre avec les Catholiques. Dans les rapports de la mission Swedenborgiste , on traite d'horrible la doctrine des Calvinistes ^. Par les boucs mentionnés dans le prophète Daniel et saint Mathieu ^., et qui seront placés à la gauche de Jésus-Christ au jugement dernier, il faut entendre ceux qui croient que la foi seule justifie. Tels sont les Protestans. Il leur préfère les Catholiques , qui joignent la charité et les œuvres à la
^ Ibid.y p. aSg.
^ Le sixième rapport, n®. 9.
3 Daniel , 8, 2-^i4* > et Math. , 25-33.
foi ^Malgré cette préférence, nous verrons ci-après Swedenborg déroger un peu à sa décisioi^, dans la répartition qu'il fera des places en paradis. L'Ecriture ne parle pas de la fin du monde, mais de la fin du siècle. Or, la fin du siècle signifie la fin de l'Église. Il y a quatre Eglises sur la terre : la Très-Ancienne ou Adamique , l'Ancienne ou Noétique, l'Israélitique , et la Chrétienne. Toutes ont leur commencement, leurs progrès et leur fin , qui a lieu lorsqu'il n'y a plus de foi ni de charité. A la fin de chaque Eglise il se fait un jugement sur les hommes morts et rassemblés dans le monde des esprits. L'Eglise chrétienne, soit catholique, soit protestante, est actuellement à sa fin : Jésus-Christ s'est incarné pour préparer la voie à la cinquième Église. Le jugement final a commencé en 1757, époque à laquelle ont commencé également le second avènement de Jésus- Christ , non en personne , mais dans un sens spirituel, et la Nouvelle Église Chrétienne, désignée dans l'Apocalypse par les Nouveaux Cieux et la Nouvelle Terre , c'est la Nouvelle Jérusalem. Pour la préparer, Svsredenborg , rempli de l'esprit divin , a reçu l'ordre positif d'expliquer la parole sacrée et d'ouvrir les cœurs à une union plus intime avec Dieu.
'' Exposition sommaire de la doctrine de la nouvelle Eglise, par Emm. Swedenborg, traduite en français, in-8°. , Paris , 179'^ , pag. 47 ^^ ^mîm. et pag. 1 15 et suw.^ etpassim.
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Il admet au ciel les Païens s'ils ont bien vécu , ainsi que tous les enfans morts sans baptême : il n'y a en enfer que ceux que leurs péchés y précipitent; et le feu infernal n'est que l'amour céleste métamorphosé par l'amour de soi et du monde. L'essentiel ici-bas est de n'être pas dominé par ces deux amours; du reste il ne pense pas qu'il soit si difficile d'aller au ciel qu'on le croit communément.
On conçoit qu'après avoir sauvé les Païens , il n'a garde de refuser cette faveur aux Chrétiens d'aucune société. Dans le ciel les Hollandais sont au midi y les Suédois vers le nord; ceux des Anglais dont la conduite a été guidée par la foi et la charité, sont placés au centre, parce qu'ils connaissent mieux la Bible. Us ont eu d'autant plus de facilité d'acquérir des lumières , qu'ils ont icibas une entière liberté de penser , de parler et d'écrire ^
Il y a dans l'autre monde des villes ressemblantes à Londres : les Anglais s'y rendent la plupart après leur mort. Les villes hollandaises ont une structure singulière, les habitans sont très-édiâans : si un espion y entre on le surveille.
Les Juifs ont pour gouverneurs des Jui& convertis au christianisme et attentifs à punir ceux qui parlent mal de Jésus-Christ ^. Ils négocient en pierres précieuses.
'' Tom. II, pag. 3.
^ Merveilles du ciel, par Pernety.
Swedenborg place les Quakers dans iin désert ; il maltraite les MoraveSy qui, selon lui , ont la charité eh horreur, regardent FAnçien Testament comme inutile , méprisent le Nouveau , n'ont égard qu'à quelques textes de saint Paul , et sont Ariens. Assurément , quiconque les connaît repoussera le jugement quen porte le théosoph^ suédois.
Il a parlé à Mélanchthon. Je liri demandai quel était son sort, il ne voulut pas me répondre; d'autres m'apprirent que couvert d'une; peau d'ours il se tenait tantôt sous une voûte de pierre crevassée de toutes parts, tantôt il était en enfer. Calvin est au ciel , mais Luther n'y est pas admis, et quelquefois il est cruellement tourmenté ^
Autour des Réformés, cependant à quelque distance, sont placés les Catholiques. Ceux qui avaient vécu chez les Jésuites se glissent furtivement chez les Réformés pour les séduire; mais on les renvoie , et on les précipite en enfer ^, où sont quelques-uns des saints révérés par l'Église catholique : les autres sont au ciel.
Louis XJV , de son vivant , lisait la Bible , adorait Dieu sincèrement et reconnaissait le pape pour chef de l'Eglise. Ce roi est élevé en dignité et gouverne au ciel une bonne«société de Français. On ne nous dit pas si dans cette société se trou^
^ Exposition, etc., tom. 11, pag« 122 et suw, ^ Ibid,^ p. 123.
valent ses maîtresses , ses nombreux bâtards , et * "*'': celles et ceux de son successeur , le sardanapale moderne. Swedenborg a conversé avec Louis XIV . et avec Louis XV; 11 a dissuadé celui-ci de faire, accepter la bulle Uhigenitus , (jtii a causé des troubles ^
Swedenborg donne une Statistique détaillée du ciel, de l'enfer et des planètes, dont il décrit les habitans et leis mœurs. Dieu les a créés ^ non du néant, mais de lui-même ^.
Sa description du monde spirituel est le fruit de rimagination la plus richç. Milton lui-même naiu*ait pu s'élever au-delà. Les tableaux politiques de Swedenborg sont historiques- pour ses adhérens.qui l'ont cru sur parole, et parmi lesr quels on cite des hommes connus dans Ja littératul'e. . • •
Ils lui ont attribué des connaissances miraciïleuses; par exeipple, d'avoir dit à la reine Ulrique, de Suède, ce quelle avait écrit dans une lettre à son frère, le prince de Prusse ^ Les visions de Swedenborg sont un phénomène assez étrange; il les a, dit-on, débitées de bonne foi,
^. Exposition , etc. , pag 126. .
^ Traité du Ciel, de TEnfer, et le traité de Telluribus.
' yoy, dans l'Abrégé dés ouvrages de Swedenborg, pég. 4^ , du discours préliminaire , la lettré de M. de Stahhamne, quLp'était'pas un de ses sectateurs, et la lettre du général Tuxèn, dans le New -Jérusalem magazine, in-8". , London., 1790, p. 258.
parce qu^ ne se défiait pas de Fillusioii de ses sens. Un savant de Berlin ( Nicolaï) prétend avoir éprouvé les mêmes phénomènes dans le coui^s dVne maladie; mais toujours lùaitre de sa raison , il les a étudiés , dit-U , en observateur. Il en a rendu compte à l'académie des^sciences de Prusse , par un mémoire que Biester a inséré dans ses Feuilles berlinoises. Le$ partisans de Swedenborg contestent la justesse de cette comparaison. Ils demandent si Vétat passager de Nicôlàï , malade , peut être assimilé à celui d'un hômpie qui éprouve ces phénomènes pendant vingt-huit ans, en pleine santé et jouissance de toutes ses facultés intellectuelles. Non, sans doute; mais c'est reculer la difficulté au lieu de la résoudre, car elle conduit à examiner quel était l'état moral de Swedenborg. La force de corps et la faiblesse d'esprit ne sont pas incompatibles. Une multitude de faits attestent quune santé parfaite peut subsister très-long-^ temps avec- l'aliénation mientale.
Lavater, ayant ouï-dire que Swedenborg avait commercé avec les morts, lui écrivit le 24 août I ^68 , et lui adressa les questions suivantes : « Félix î> Hess, un de mes amis mort, m'apparaîtra-il? » Quand et comment? Me révélera-t-il quelque » chose concernant le bonheur des cieux , et ma » destination. ecclésiastique, sur la terre? Serai-je » assez heureux pour converser avec les anges et » les décèdes^ les interroger sans violer le com- » mandement de Dieu; et comment pourrai-je
» obtenir cette faveur? te songé que j aï eu le 9 » juin venait-il de Félix Hess? » Lavâi^ér, n'ayant pdô reçu de réponse d'un homme qu il croyait insprîré, lui écrivit de nouveau \
Bamiel , * dans un de ses romans en forme d'histoire, avait insinué que lès Swedenborgistes pOtivâient appartenir à ces loges occultes, dont le plâfi était de renverser tous les autels et tous les ti*6nes. Cet homme, toujours riche en épithètes outrageantes, avait accusé d'athéisme le théosophé suédois*. Cette calomnie est Tabsurdité même aùi yeux de quiconque cdtlnatt lés écrits dé Swedenborg, et qui sait apprécier ceux de Taccusateur, Clôwès perd son temps à la réfuter et à prouver que , selon Swedenborg , tous les rois , en vertu de leur royauté , et toUs les prêtres , en vertu de leui* sacerdoce , représentent là Divinité \ Clowés associant ensuite ses rêvérîesi à celles de son héroè', assuré que celili-fci n'a pas fait une révélation nouvelle, mais dégagé l'ancienne des fausses explications qui en avaient détruit lefficacité. Ses vïsiôtiâ ne sont pas au rang de celles des liyrea saiîits, celles-ci sont regardées comme inspîra-
^ The IS^&W' Jérusalem magazine, pag. 179 et suw,^ et i^Ag. 2^5 et sittp,
2 Voy. ses Mémoires sur le Jacobinisme , tom, iv.
• Arcana eœlestia, n°. 8670^ et Letters to a member ofparliament on the character and writings oj* baron Swedenborg y etc. , by Clôweâ rector of Saint- John-chiirch, in-S**.-, Manchester, 1799.
lOO DES SECTES RELIGIEUSES.
tions , celles de Swedenborg comme illustration ; c'est Tillustration qui lui a fait comprendre les écrits inspirés. Ses ouvrages contiennent les expositions les plus solides de l'Ecriture, ceux d'Aristote, Locke, Mallebranche, Wolf, Leibnitz, Reid, Stuart, n'étaient que des rayons de ce jour lumineux qu'on doit à Swedenborg, a Mal à propos » a-t-on voulu le comparer à Brothers; celui-ci » n'est qu'un enthousiaste , comme le docteur Dée D et ses adhérens du temps de la reine Elisabeth , » dont parle Casaubon ; ou tel que les prophètes » extravagans des Cévennes , peints par Lacy , ou î) ceux de la société d'Avignon , dont Bryant et » Wright, témoins oculaires, ont donné récem- » ment des détails. »
On voit, par ce dernier article, que les sectateurs de Swedenborg sont bien revenus de l'idée que la société d'Avignon fût de leur parti. Dans le journal intitulé : The New- Jérusalem magazine , ils s^étaient flattés d'avoir beaucoup d'adhérens à Paris , à Rouen , où l'on en trouve à peine quelquesuns. Ils avaient assuré la même chose du Danemark , où Ton ne connaissait guère qu'une douzaine de Swedenborgistes , dont pas un Danois , mais tous Suédois \ Adam , écrivain écossais , a été complètement induit en erreur, quand il assure qu'à Copenhague, on a bâti une église magnifi-
' ^ Lettre de M. Munster, de l'académie des sciences de Copenhague, i'] juillet 1799.
SWEDENBORCrSTES. lOI
que pour répandre la doctrine de Swedenborg ^.
Quelques articles de* ce journal ont été rédigés par un chirurgien français , nommé Chastahier, qui prétendait avoir formé à Paris unp petite société exégétique , dans laquelle étaient des gens de lettres de la première isolée. Je doute qu'on puisse citer un seul homme de lettres, excepté Moet, ancien bibliothécaire de Louis XV, mort à Versailles plus qu'octogénaire , qui a fait en notre langue des traductions de presque tous les ouvrages de Swedenborg; quelques-uns ont été imprimés dans ces dernières années ; et Pàrraud , qui a traduit le Traité du commerce de Vâme et du corps.
C'est un ami de ce bon Charles Berns Wadstrom. Suédois, mort à Paris le 5 avril 1799, ^"^ a publié divers ouvrages, entre autres un in-4**. curieux sur les colonisations. Persuadé comme on l'est dans la secte que la Nouvelle Jérusalem est dans l'Afrique , Wadstrom était allé visiter ciette contrée en 1787, avec Sparmann. Ce dernier ne se défendait que faiblement d'être aiSilié aux Swedenborgistes , quoiqu'il les traitât de visionnaires.
Par suite du préjugé qui place au sein de l'Afrique la Nouvelle Jérusalem, on les a vus mettre un vif intérêt à la formation, dans cette contrée , de colonies libres, près du cap Mesurada. A des rêveries associant des sentimens louables, ils con-
^ F'oy, Adam, tom. m, pag. 4io.
»02 BES SJÇjC.TES pEtljGlEl^SES.
danineni resçUyagie des pègres : t^e e^t |a raison pour laf] pelle ils ODt çoopér<é à TèU^li^sexpient de Sierra - Leone y où résidèrent pejidant quelque temps Afzelius et Ulric Nordenskio^d ; celui-ci a fait un traité sur Tutilité des .colonies dans les d^sux Indes et en Afrique.
On assure que Gustave III avait ujfie propep- SJpn niarquf^ yers la nouvelle $ecte , QgfDfne ,verb t(put ce qui 3e rapproche du systèrpe des théosophes; i|l avilit ipême çon^ul^é june magicieppe. Auguste IN^ordenslùold lui dédia une brochure intitulé : Formules de la réunion de rassemblés de la Nouvelle Jérusalem^, dans laquelle, as^iniilant les écrits de Swedenborg à l'Ecriture-Sfiinte , ^ demandait le libre exercise du culte pour sa sçcte, qui u*a p,a$ de temples en Suède. Il paraît nié|||e que dans celte çpnti'/ép les Swe(^enborgystes n'eurent jamais bçau.cQup dp prpsé|jtiBs; et je pjcésume que Staudlin a jeté induit en {erreur lorsqu'il assure qu on y ep cpippf ^ plfis de deux pciille ^. Des renseignemjens pouy e^ux i*éduisent ce nombre de nipilié,
En 1 787 , ^ ét^it fof ipée ^ S|:pdLhQl]:p une petite société exégétique et philanthrçpique , qui , aux rêves de Swedenborg , youlait ç^ttaçher le
système du magnétispie. Elle crQy^H Q^Q la Pi?ovidençe nous oi^vre des çommpnicatipps avec les
'^ Voy. Forsamlings forme?i uti de Nya Jérusalem uf Augiist Nordenskiold , in-4°. , Kiopenhaven , 1790. ^ Annales du magnétisme animal, n<». 25, janvier 1816.
$W£D£|il^OBOI$TKS. lo3
morts par la voie 4ie8 somniloques. Les magnétiseVfrSi loujoqrs eoplil) vers les idées théosophiques , ^e soiit empressés de la citer. Le duc 4e Sqderniaiiie , depuis VQÎ sous le nom de Charles XTIJ, m était ipembrie. Le prince Charles de Hesse avait écrit à la société. Dans sa lettre il professe son admiration pour Jésus-Christ. ËUe vit avorter ses efforts pour en i^riger en divers pays, entre autres à Strasl^Qurg ; ellermême n'eut qu'une existence éphémère. Le docteur Rosenmullet ne fut pas le seul à écrire contre elle ^ Qna ridiculisé }es Sv^edenborgistes dans des pamphlets , et l'ascendant de la raillerie , joint k celui de la raison , les a réduits en Suède à un très-petit nombre disséminés dans le Gothland. On trouve quelques Svsredenbprgistes en Hollande y en Suisse , dans l'Appen^el, surtput à Saint-Qal; Tafel a traduit en allemand qqelque^ écrits du patriarche de la secte, dont il a publié une apologie réfutée par le professeur Steudel ; mais l'Apgleterre est la contrée qui en ofire iip plus grand nombre. Dès 1783, ils avaient à Londres une association. Ha ont présentement trois chapelles dans cette capitale. Ils en ont à Bristol , Birmingham , Derby, I]ull, Boston, Manchester. Cette ville est pour ainsi dire la métropole de la secte. En 1816 parut une relation faite par un vieillard , de sa visite
^ Acien, urkunden, etc. , 1789, pag. ^i3 et suiv, ; 216 347, etc.
I04 DES S^ECTE^ RELIGIEUSES.
dans trente-deux congrégations swedenborgistes ^.
Ils ont établi des missions , dont on publie les rapports; le quatorzième, en 1816, nous apprend que,:dans un canton voisin de Manchester , les membres d'une chapelle de la Nouvelle Jérusalem s'étaient persuadés^ d'après un passage de Swedenborg , qu'ils devaient s'abstenir de manger de la viande : on leur fit voir qu'ils avaient mal interprété le sens de l'auteur.
Un journal intitulé : le Dépôt intellectuel de la nouvelle Eglise ^, seconde puissamment la propagation de leur secte , et revendique pour Swedenborg le système du docteur Gall , concernant les crânes ^.
Dans un cahier de ce journal, où l'on examine si les pères de la race humaine étaient blancs, noirs ou cuivrés., l'auteur assure que Moïse, comme Job, connaissait parfaitement les corres^ pondances entre le monde temporel et visible et le monde spirituel et invisible. Mais avant Moïse existait une bible scythienne, de laquelle il copia mot pour mot les six premiers chapitres de la Genèse ^; dans un traité sur le même sujet , Astruc s^était borné à des conjectures.
L'auteur swedenborgiste présente , comme certaine , une opinion dont il n'allègue pas les preu-
^ F'oy, ce rapport, p. 3.
2 The itUeUectual repository ofthe new church,
^ N°. a!x, pag. 23a.
^ N^ 20, London^ 1816^ p. 217 et 218.
SWEDENBORGTSTES. Io5
ves, opinion néanmoins admise dans sa secte et <pii se trouve dans un livre très-bizarre attribué à défunt Henri de Bulow ; le journal prétend que ce code scjthien existe encore. Bulow, aq contraire , d'après Svs^edenborg , répète qu'une Bible écrite avait été perdue chez quelques tribus de la Grande- Tartarie ^ Les extraits suivans donneront une idée de son ouvrage.
« Ce n'est que par la vue de l'homme intérieur, dont le corps n'est que la redingote , qu'on peut voir dans le monde spirituel. Chez la femme , la sagesse est l'intérieur , l'amour est l'extérieur de son esprit. Chez l'homme, l'amour est l'interne et la sagesse l'externe de son esprit. Voilà la différence essentielle des deux sexes. L'homme est la sagesse de l'amour, la femme est l'amour de la sagesse. L'homme est le vrai , la femme le bon. ha Jbrme humaine spirituelle est formée dans le corps de l'homme pendant sa vie , sur ce globe, par lès pensées et les affections; belles, si le vrai et le bon sont reçus par la régénération, mais difformes dans ' l'homme non régénéré , c'est l'état de la masse en Europe. Ainsi ]igf& personnes qui désirent être jolies dans l'autre mocide, doivent fuir le mal, même en pensée et surtout en volonté, encore plus en action.
^ Nunc permissum est, ^— Coup d'œil sur la Doctrine de la nouYelle Eglise chrétienne, ou le^ Swedenborgianisme, ouvrage posthume de Henri de Bulow, in-8**., Philadelphie, 1809, p. 4^*
^eipent du Seigi^i)i;,;C'0st-^Mi^a dft cbrisdamsme. Ils prép^erpnt le d^efnin sain^ je savoir. Les autres nations de rEurppe s imagiomt que les Fiançais.scn^t }es plps corrompus; et c«st le contraire. Il n'y a que deux nation^ en Ekirope^les Anglais et les Français. Or, les Anglais sopt insulaires et poin tEurppéens , ils s'isolent çp ennemis du genre hymain.
)) J)epf|i^ 1 8^? i 1 347 > W commencera à recon- |i^itre pi||)liqu9n^ent: la oouvj^lie Églises Une telle religion çioi^: piroduirp des formes agréables. Peut .être s(3rjE(it^l de mise dç ne conclure les mariages qu'à la Pentecôte^ Les enfans,dans notre hémisphère, naîtraient P^i^que toujours au commencem^ent de la j^}le saîgoii. , . ;
D Les enfpns mt^rf^^ç^pt préparés par éducation 4f)ns le ciel , pour le ciel ; ik ne sont pas encore des aqges, ma^^Isie deviennent ^
Fatifpié dje ces ^ét^^ puérils, le lecteur reposera ses rçfflexioi^s sur la suivante , tirée du même ouvrage : (( L'ipeptie fs^tjp^rdre les trônes de nos «jours et iq'est un caractère distinctif de notre âge » que chacun paraît ce qu'il vaut ^. ^>
Les Swedenborgisles , attaqués par divers auteurs, et surtout par Priestley, leur ont opposé
* Coup d'œil •e^G. , pag. 55 , 27 et a8 , 33 , 35 , 67, 76 , 78. ' Ibid,f pag. 70.
r^ombfiB d'é<f}:^f^. rflQ,be^ ^^ij^isiçaii^h jpml^lia booîfpjui, en idi^yle Sceofd^ séries ij^iT^ desumtqin^s ef des ^fffûfç^res \ ^^^^^e préc^ent^ ^Y3it paru le fno^pke de ifit NouwUe Jérusalem^ triomphe assuj^é, :Si,l:<>n îÇ»;fiTOit l'^Htcw, pf(r.le;fp,aitéde,|a s^int&T^lUaiipe e^tre Uic^s grands
^Q^Qtfâts duNprî4: IpjfffiUGoqp (ïft^tïP^.o^vrftg^8 en fxeur (}fi swedei|J?OFgjftnisifne pi^t pmr wtpurs^lè i»ên^çjaindi$fnafshjy|-^trobe,G^ Pf ou4 f co^ppsé ksi f^jfxnuôs angUises qui JGo»^ 3uil^eàla lif^rgie des Swed^^l^rgiste^, id,<l^nt la cinquième é^ifioii pç^niJi à JliOpdfe», en 1797 ^ L'auteif^ de.pjE^t jçcritj|e3 a vus qèléjairer leur offi^, it% aclfninistf^er ^n baptême ii^vpUde; car la &s* jX^e.^^% : Jie i;^ baptise iqu nom dU seigwur Je- Sif^rÇlf^fisf j, qui est ^ère. Fils et SaintrE$piit. Au qf^atrièrne siècle les Agnpetes baptisaient 911 • nom d^ Jésj^s-Qhr^§t et non (d^ la .Trinité > mais' pqn p^js sousla fqrnude de 1^ S[ouY^l)e Jém&alem* Avs|n|:;jeux If^s Paulianist^s avaient pareillesnent cjiangé la formula sacrarae^t^Ile , et le concile de ^icée(panon 19) ordonna ^\^ rebaptiser ceux qui
^ A seal upon the Ups ofunitardan , trinUarian , etc. , ii^-8j°., l^anc^ester, ï^i4v
^ Glowe^y i|^ <^e Içurs n^nistres , a i^prin^é àf,% on-r vrages sur les Pai^aboles de J.-Ç. ^^ sur l'Evap^il^ de s^if^t Mathieu , sur le Médium ; çtc.
' The liturgy of the New-Church , etc, , signified hy thé Nev^-J crus aient the révélation , etc. y 4"*- édition ,^ in-i2, Londpii, 17^7*
reviendraient à l'orthodoxie. Le ministre swedenborgiste exhorte ensuite les parrain et marraine à élever l'enfant çelon les préceptes de rÉcritui'e- Sainte , ét^la doctrine céleste révélée par le Seigneur à Emmanuel Swedenborg.
Dans un plan imprimé, lorsque les Swedenborgistes concertaient l'organisation de leur culte, ils avaient inséré sur la confirmation et sur la consécration sacerdotale , deux articles qui furent rejetés, sans doute, puisqu'on ne les trouve pas dans leur liturgie; elle est conforme à ce qu'on vient de lire sur la doctrine du théosophe suédois. Il avait observé que les anges , pour adorer Dieu , se tournent vers l'Orient, car FOrient, dans le ciel, est le lieu où parait le Seigneur; en conséquence , on prescrit de les imiter. L'office commence par quelques passages de la Bible adaptés au culte public. Après une confession générale et une déclaration que Jésus-Christ est le seul Dieu du ciel , on fait une prière à genoux ; dans l'administration de la cène , le ministre remet le morceau de pain dans la main de chaque assistant , etc.
-A la suite de la liturgie on trouve le catéchisme , une cinquantaine d'hymmes composés par Joseph Proud; et même un catalogue d'ouvrages conceriiârit la' Nouvelle Jérusalem ; catalogue incomplet , car depuis cette époque d'autres écrits ont paru sur le même sujet.
Les prosélytes de Swedenborg , aux Etats-Unis ,
ont érigé des temples à Philadelphie , à Baltimore, New-York , etc. Comme leurs frères d'Angleterre , ils répandent les écrits etla doctrine de leur patriarche jusqu'aux Grandes-Indes. Sept journaul ont été établis pour le même objet. Cinq à Londres , en 1790, 91 , 92, 99 et 1812. Un à New- York, un à Philadelphie, en 1817. Ils en avaient expédia des envois h défont Christophe, soi- disant roi
d'Haïti ^
Combien durera cette société? el|e n'a plus l'attrait de la nouveauté; elle n'a pour étais que des révélations chimériques adoptées par quelques hommes abondamment pourvus de crédulité ; et quoique dans ces sociétés, séparées*de l'Eglise catholique, l'absence d'une règle de foi qui éclaire et dirige l'esprit, laisse un libre accès à tous les égaremens, quelques notions de raison universelle qui surnagent au milieu des rêveries les plus répandues, ne promettent à la secte ni beaucoup de prosélytes, ni une longue durée.
^ P^oy. le 16"»®. rapport de la société, pag. 5^ etc.
liO DES SECTES RELIC lEtJ SES.