CHAPITRE VIII
GLASSITES , SAlCBEMAiriAirS , ALLENITES^ DALiÙ'STES , BAL-
CHBISTES.
John Glass, né Tan lôgS, à Auchtermuchty , comté de Fifé*, enEco^e, fut d'abord ministre de rÉgli^ écossaise. II eUt uii fils^ Gréôi^ Glafô, dUtèulr d'une ïiisU>ire des Gaiîàries , qui i'etdtitiàant dans sa patrie avec une soninle d'argent considérable^ l'équipage du' navire conspira contre lui, le! tua ain^ que da femme, et s'emparra du trésor. Misiis les assassins, étant arrivés en A.ngleterrë, fbi*^t dénoticés, saisis et pendus. John Glaâs,'qui aspirait au moment d'embrasseï* son fils , fut cons^ Usrné en apprenant sa mort. Alors il va dans son temple, monte en chaire^ et dit, entré autres choses : Que ce serait une grande preuve de la bonté divine, si son cher George Giass et ses assassins se trouvaient réunis au ciel '.
John tjrlass enseignait que tout établissement c«Vf/ en faveur d'une religion est contraire à l'Ecriture. C'était attaquer directement l'Eglise
^ Quarterfy review f octobre i8i3, pag. i7.5 tstUs^,
tiLA^SlTES, tTË. 1 II
écossaisse; accuâè de vouloir la déttuirè, il fbt cité, en 1728, devant le presbytère, qui le snisjpendît, ce qui ne lempêtîha pas dé continuel" ses fôiictions; Alors il fût traduit deiratit le sjrnodiî, qui le déposa. Pdtl^'étaye^ ôtf doctrine, il puMiâ beaucoup d'écrits , dans un: dësqnéib^ j intitulé : ' Le Tlsmoignagi^du roi des Màrifrs , il sattàicfre à développer la pardlè dû^ Sauvéui', mon f&^dUmé n est pus de ce rM}ndéj et si? justifie contre là sentence du synode \ Mîîiisti^ à Teàling, près Dundee ^ il eut poù^ sectateurs iine partie de sed paroissiens, qui ,* sous sa dît^ctiicrn , fôrttièretlt une congrégation séparée* Ils h'^taiëtit qiienvirôÉi deux cents. Ge nonâkbr^ t^'acctùt lorsqu'il eut udé église à Dundee, puis il s en établit à Ediniboui^, Perth^ GlaBcov^'èt d'autres villes: Ce schislnièf dans- l'Église écossaisôe : étant le prcJinîér dépuiè la . révolution de 1668, ilcéùsa une grande rdmeur.^ *
James Hervey, connu en France par ses Méditations sur les tombeaux j avait déployé toute l'étendue de son taleiit dans ses dialogué^ enire Theron et ^5pfl^/e , publiés en 1757. Ily soutient^ lav dépravation totale de Thômme par le péfcHë^ originel, et sa régénération par l'imputation àëli' justice de Jésus-Christ. Get ouvragé, attaqué pai* John Wesley, le fut %alémeilt par lé gèïidife
^ En 1782 , la collection de ses œuvres a été publiée à Perth, en cinq volumes.
de GlasSy Robert Sandeman^ né à Perth vers l'an 1718.
Sandeaiap, sous le pseudonyme de Palemon^ dans ses Lettres sur les dialogues de Theron et dÀspasie^ qui choquèrent également les Galvipisles et les Arminiens , repousse , comme anti-scripturaire y la . notion de la foi donnée par Her^ vey. Il prétend- qu elle est un simple assentiment à la doctrine de Jésus-Christ, ^t que les dogmes énoncés par Calvin, sur la nature de la justification, .sont erronés. Cette, contestation en amena une autre, sans toutefois rompre, à cette époque Tunité entre les Glassites d'Ecosse et les Sandemanians de Londres; car, en 1762, une congrégation de ces derniers s'était formée dans la capitale anglaise; d'autres s'établirent en divers comités. A Londres ils ont une Eglise d'une centaine .de personnes, à Saint-Mavtin-le-Grand. Vers 1766, Sandeman, étant allé dans le Nouveau-Monde, forma des Eglises d^ans le New-Jersey, à Portsmouth d'Amérique, à Danbuty en Connecticut, et à Boston ; mais , comme il prêchait Vobéissance passive f cette doctrine, détestable en tout temps, fut très-mal accueillie dans un pays où la liberté se préparait k faire explosion. Il mourut à Danbury le 2 avril 177 1', avec la réputation d'un écrivain habile, mais caustique.
Les Glassites ou Sandemanians veulent qu'on
^ Collection of Mas sachusett* s, etc., tôm. x, pag. 61.
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interprète toutes les paroles de Jésus-Christ dans leur sens naturel; ils prétendent, par leur croyance et leur conduite, se conformer à la primitive Église, pratiquer la discipline qu^elle suivait, éviter soigneusement tout ce que dotre Seigneur et les apôtres ont condamné.
Chez le^Sandemanians, la hiérarchie se compose d'évêques, d'anciens, de docteurs. Ils ont aussi des diaconesses.
Ils excommunient les scandaleux, les incorrigibles. Une discipline sévère maintient le Jjon ordre dans leur secte. L'unanimité seule fait la loi; pour les aflfaires importantes on consulte le sort , d'après ce qui est dit au- chapitre XVI des proverbes : les billets du sort se jettent dans un pan de robe, mais c'est le Seigneur qui en dispose ^
Ils admettent le baptême et la cène. Celle-ci se distribue tous les dimanches , pour imiter les apôtres qui persévéraient dans la prière et la fraction du pain ^. Outre le dimanche , ils s'assemblent les mardi et vendredi.
Ils s'abstiennent des viandes suffoquées et du sang; condamnent les loteries , les jeux de cartes et de dés; pratiquent le lavement des pieds, dont ils croient le précepte imposé par Jésus-Christ; font une collecte hebdomadaire pour subvenir à
^ Prov. i6,33.
2 Act. 2,4^.
El4 DES SECTES RELIGIEUSES
Tentretien du culte et aux besoins des pauvres , dont ils ont soin à tel point que la communauté de biens semble presque établie parmi eux. * Dans Vintervalle du service du matin à celui du soir y ils ont des Agapes ou fêtes d'amour. Ces jours-là les pauvres dînent chez les riches; chacun embrasse son voisin : ils croient cet acte ordonné dans plusieurs textes de saint Paul ^ . La même chose se pratique à la réception d'un prosélyte ^.
Ce tableau de croyance, de gouvernement, de discipline y présente les Glassites et les Sandemanians comme identiques; mais en 1798 se manifesta entre eux une divergence d'opinions subtiles et presque métaphysiques. Si des Anglais instruits avouent qu'elle échappe à leur sagacité, un étranger peut-il se flatter de la saisir? Essayons cependant.
La foi est un don gratuit de Dieu , et personne ne peut être sauvé par le mérite de ses œuvres; jusque-là on est d'accord; mais, disent les uns, les œuvres de la foi et l'ardeur de l'amour nous garantissent que nous sommes dans la voie de la vérité, que nous sommes enfans de Dieu. Par -là nous obtenons un avant-goût du bonheur céleste. Cette consolation, la plus grande qu'on puisse obtenir ici-bas , est pour nous la preuve la plus éclatante que Jésus est le fils de Dieu.
1 Rc4lt 16,16. — Corinth. 16,20.
2 Sinclair, 21 vol., in-8**. , 1792, et années suivantes, tom. VIII, pag. 232,
GLASSITES, ETC. Il5
Les autres soutiennent que ces eonsolation$ ne sont pas promises aux œuvres de la foi, à la ferveur de Vamour, mais elles abondent à mesure que l'on fait des progrès dans la connaissance de Jésus-Christ y par renseignement du Saint-Esprit , au moyen de la parole divine. Plus nous connaissons les dons inefiables que nous avons reçus par Jésus -Christ, plus nous sommes reconnaissant envers Dieu, et empressés de lui obéir par les ceuvres de la foi et l'ardeur de l'amour.
Pour appuyer leurs opinions, les deux partis allèguent des textes bibliques et les expliquent à leur manière. On fit des efforts en 1801 pour éteindre cette division,- mais une lettre, dans laquelle on insinuait que des contendans du parti opposé étaient mus par des considérations de sagesse humaine plus que par la crainte de Dieu, choqua vivement ceux auxquels elle était adressée. La rupture prit alors un caractère plus décidé; et, depuis cette époque, la scission parait complète.
James Allen, qui, en 1762, s'était joint aux Glassites et Sandemanians alors réunis, fut environ sept ans ministre chez eux, et par ses exhortations fit ériger des Eglises dans le nord de l'Angleterre ; mais la piété d'Allen ne lui permettant pas de tolérer la conduite mondaine de certains membres, il s'en plaignit; ses instances réitérées n'ayant eu aucun succès, il quitta la secte,
et forma une petite congrégation séparée, qu'il
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dirigea jusqu'à sa mort, en i8o5. Il a écrit quelques
ouvrages.
David Dale, qui, ainsi qu'Allen, avait été lié
avec les Glassites, mais comme lui, mécontent
de la conduite de quelques membres, les ayant
quittés par les mêmes motifs, il établit à Glascow
et dans plusieui*s villes d'Ecosse des congrégations
séparées. Les Dalléistes différaient des Glassites
sur quelques points de doctrine, de discipline et
de pratique.
Balchristes. — Vers le milieu du dix-huitième
siècle, deux ministres de l'Eglise nationale d'Écosse, Smith et Ferrier, abandonnèrent cette communion, et formèrent quelques Eglises sur le plan des Indépendans. La première, où Smith oilicia en cette qualité, était dans un petit village appelé Balchristj. De là ces nouveaux sectaires furent appelés Balchristj'People. Mais, après la mort de Smith , son associé Ferrier se réunit aux Glassites. La plupart de ses adhérens imitèrent son exemple, et Ton croirait que la secte est éteinte, si le savant auteur de la statistique d'Ecosse ne nous apprenait, dans son article sur la ville de Perth, qu'on y trouve une petite société de Balchristes ' .
^ Sir Joho Sinclair, tom. xviii, pag. 534*
SECEDERS, ETC. tV