‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 100 sur 297 · Liv.,XXXI · texte numérisé non relu

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mais indirectement à Antiochos. Celui-ci savait maintenant que, s'il passait la frontière de l'Egypte, il n'aurait pas atîaire seulement aux F]gyptiens. Justin dit même que les Romains intimèrent expressément à Philippe et à Antiochos l'ordre de « s'abstenir de l'Egypte » '. Du reste, si Antiochos avait compté sur la collaboration de son allié Philippe, il l'aurait attendu en vain. Le Macédonien avait passé l'année 201 à batailler contre Attale et les Rhodiens, changeant de direction et de projets au gré des circonstances. Il avait fait une course furieuse à travers les Etats du roi de Pergame, brûlant et saccageant tout sur son passage; puis il s'était jeté sur les possessions des Rhodiens en Carie, soudoyant un traître pour incendier leurs arsenaux et déchaînant contre eux dans la mer Egée les pirates crétois que ses agents conviaient à la curée. Battu à (^hios, mais vainqueur ou à peu près à Ladé, il était évidemment, dit Polybe, en mesure de cingler vers Alexandrie. Mais, au lieu de rejoindre Antiochos et d'opérer de concert avec lui, Philippe retourna en Macédoine (200). Polybe l'appelle un écervelé (aav.tô orO, et, tout en connaissant la partialité du grave historien pour les Romains, nous sommes mal placés pour réformer son jugement ^

Il y eut ainsi dans les hostilités un moment de stagnation que les faibles mirent à profit pour invoquer la médiation et la protection des Romains. La curie romaine était alors le rendez-vous des ambassadeurs et délégués de tous les Etats et potentats hellénistiques. La prise de Carlhage et la paix ruineuse imposée aux compatriotes d'Uannibal (201) laissaient à la toute-puissante Assemblée le temps d'ourdir les trames diplomatiques dans lesquelles devaient se prendre l'une après l'autre les républiques, ligues et monarchies riveraines de la mer Egée. Le Sénat écouta les récriminations d'Altale et des Rhodiens contre Philippe aussi bien que

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