Liv., XXXIV
placer ce que rapporte Appien d'une « seconde expédition » dans riïellcspont. « Antiochos, dit-il, ayant abordé en Chersonèsc, fit et défit beaucoup de choses en Thrace. II affranchit ceux des Hellènes qui étaient sujets des Thraces et fit beaucoup de gracieusetés aux Byzantins, à cause de la situation avantageuse de leur ville à l'entrée du détroit. Il détermina, par présents et par intimidation, les Galatcs à faire alliance avec lui, dans l'idée qu'ils feraient de bons soldats, vu la grandeur de leur stature '. »
Pendant ce temps, ses amis et ses ennemis le compronettaient à l'envi. Nabis de Sparte, serré de près par Flamininus, affirmait que « Antiochos et les Etoliens allaient venir à son secours » ^ Le nouveau roi de Pergame, Eumène II, qui avait succédé en 197 à son père Attale I, se chargea de barrer le passage, le cas échéant, aux auxiliaires que Nabis attendait peut-être du côté de la mer Egée, et l'on dit à Pergame qu'Eumène partait en guerre « contre Nabis et \.ntiochos » \ Tout le monde grec, depuis la proclamation jar Flamininus de la liberté des Hellènes, était en effervescence : le passé se liquidait d'un seul coup. Requêtes et ricriminations, vieux documents invoqués à l'appui de prét(ntions nouvelles, intrigues de toute sorte, les Romains aicueillaient et surveillaient tout cela, prenant bonne note d(S points et litiges dont leur diplomatie pourrait tirer parti. Li nom d'Antiochos dut figurer plus d'une fois dans les ddéances des uns, les bravades des autres, et dans les rapp(rts des agents du Sénat.
Cependant, Antiochos revint à Ephèse, soit en 195, soit plitôt au cours de l'année suivante. C'est de là, au rapport d'ippien, qu'il aurait « envoyé comme ambassadeurs à Rome L^sias, Hégésianax et Ménippos, pour sonder les intentims du Sénat ». Le rapprochement de textes différents et
1 Appian., Syr., 6.
L Liv., XXXIV, 37.
Z Inscv. Pergam., n. 62.
18i CHAP. VI. — ANTI0CH05 III LE GRAND
divergents complique la Irame déjà fort embrouillée des relations diplomatiques en un temps où tout le monde négociait, et où l'on rencontre toujours quelque ambassade en chemin '. Les diplomates ici désignés par Appien doivent être ceux que Antiochos avait envoyés à l'Isthme, qui étaient venus l'informer à Lysimachia, qu'il avait accrédités de nouveau auprès de Flamininus en quittant Lysimachia, et que Flamininus avait renvoyés au Sénat comme étant incompétent lui-môme pour statuer sur les propositions faites par le roi de Syrie. Ils étaient donc à Rome en ce moment, attendant une audience que le Sénat ne se pressait pas de leur accorder; mais Antiochos dut leur envoyé* d'Éphèse de nouvelles instructions -.
Antiochos eut sans doute l'illusion de croire qu'il allait être enfin fixé sur l'accueil que le Sénat ferait à ses avances, et il perdit l'année 193 à attendre le retour de ses envoyés. Nous le retrouvons durant l'hiver de 193/2 à Raphia, occupé à célébrer le mariage de sa fille Gléopâtre avec le roi d'Egypte Ptolémée V Épiphane ^ Il était persuadé qu'il entendait mieux que personne la politique des alliances de famille. I! n'avait pas cherché de princesse étrangère pour son fils e. successeur désigné, mais il lui restait encore des filles susceptibles d'être avantageusement placées. Il avait marié quelque temps auparavant (en 195 ?) à Ariarathe IV de Cappadocî sa fille Antiochis, princesse astucieuse et sans scrupules, digne émule de l'autre Antiochis qu'il avait donnée jadis \ Xerxès d'Arsamosata. Il offrit la fille qui lui restait à Eumèœ de Pergame : mais celui-ci, prévoyant l'avenir, refusa l'hoineur d'être le gendre d'un monarque déjà en délicatessB avec les Romains *. Pour le moment, Antiochos pouvat