‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 109 sur 297 · Cf. Appian., Syr., 6 et Liv., XXXIII · texte numérisé non relu

Cf. Appian., Syr., 6 et Liv., XXXIII

2. Débat entre Ménippos, Hégésianax et Flamininus, en séance du Sén*, en 193 (Liv., XXXIV, 57-59).

3. La date dans Liv., XXXV, 13, 4 et Hieron., (an XIII de Ptolémée Épiphaie = 193/2 a. C. ; ci-dessus, p. m, 1). Cf. Hist. des Lagides, I, p. 384, 1.

4. Appian., Syr., 5. Il épousa plus tard Stratonice, fille d'Ariarathe IV le

comparer avec orgueil l'heure préscnLe au temps où il rentrait désespéré dans cette même Raphia, fuyant devant le roi d'Egypte et renonçant à lui disputer la possession de la Cœlé-Syrie. Aujourd'hui, le roi d'Egypte, dont les Romains avaient voulu faire leur instrument, devenait son gendre, et, en vertu d'un contrat qui pouvait passer pour un chefd'œuvre d'habileté, il donnait comme dot à sa fille l'usufruit de la Cœle-Syrie, la Phénicie, la Judée et Samario ; mais il en gardait l'administration, et, pour se couvrir des dépenses administratives, la moitié des revenus [f]. Il retenait ainsi d'une main ce qu'il donnait de l'autre, et mettait fin à un différend plus que séculaire sans se dessaisir de l'objet contesté. Le commentateur du Ps. -Daniel est même persuadé qu'il comptait sur ce mariage pour « étendre son royaume [regnum) en Egypte ». Si on ne vise que le résultat de ces clauses, on peut dire avec Josèphe, en termes plus simples, que les deux rois se partagèrent par moitié le revenu des susdites provinces *. Antiochos avait là un moyen de s'immiscer dans les affaires de l'Egypte, comme détenant entre ses mains, à titre de débiteur, une part notable des ressources financières du Trésor égyptien .

Tranquille du côté de l'Egypte, Antiochos se remit aux affaires d'Asie Mineure, d'oiî pouvait surgir à chaque instant une occasion de conflit avec Rome ou avec ses alliés, Pergame et Rhodes. Sans s'arrêter plus que le temps nécessaire à Antioche, il se dirigea vers la Cilicie, franchit le Taurus et arriva vers la fin de l'hiver à Ephèse. Dès le début du printemps (192), il envoya en Syrie son fils aîné Antiochos, avec mission de surveiller les provinces de la Haute-

Cappadoce, et réconcilia son beau-père avec les Romains (Liv., XXXVIII, 39, ad ann. 188 a. C). Cf. ci-après, pp. 217-233.

1. Joseph., XII, 4, 1 (6taip£6évT(ov sic àjisoTÉpo'Jî toùî paff'.>keîç xûiv tpôpwv). D'autre part, S. Jérôme [loc. cil.) dit que Antiochos constitua comme dot à sa fille la Cœlé-Syrie et la Judée — data ei dotis nojnine Code Syria et Judaea, ce qui n'est pas absolument contradictoire. Voy., sur toutes ces questions, Rist. des Lagides, I, pp. 382-387.

186 THAP. VI. — ANTIOCHOS III LE GRAND

Asie, et partit avec toutes ses troupes de terre pour soumettre les Pisidiens des environs de Sidé '. L'aiïaire n'était pas de première importance, mais il évitait par là d'alarmer son voisin de Pcrgame.

A peine avait-il quitté Eplièsc qu'y arrivait le commissaire romain P. Villius, un des trois légats dépôchés à Antiochos après l'échec des pourparlers que les ambassadeurs du roi, préalablement sondés par Flamininus et la commission des Dix, avaient pu enfin entamer avec la curie romaine. Aux raisons de droit international alléguées par eux, le Sénat avait répondu par une afiirmation éclatante et officielle de son zèle pour la liberté des villes grecques. Antiochos avait h choisir entre le respect de l'autonomie des cités ou la guerre, et c'est ce qu'étaient chargés de lui signifier les légats sénatoriaux, P. Sulpicius, P. Yillius, P. iElius, anciens membres de la commission des Dix, auxquels il avait déjà eu affaire à Lysimachia -. Ils avaient eu soin de passer d'abord par Pergame, où Eumcnc avait poussé de toutes ses forces à la déclaration de guerre. P. Villius, laissant son collègue Sulpicius malade à Pergame, vint seul à Ephèse. En attendant le retour du roi, il eut avec Hannibal des entrevues répétées, qui eurent pour résultat, sinon pour but, de rendre le Carthaginois quelque peu suspect à son hôte. Enfin, comme Antiochos tardait à revenir, P. Villius alla à sa rencontre à Apaméc (Kibotos) en Phrygie. L'entrevue d'Apamée ne pouvait pas aboutir; on ne fit que répéter de part et d'autre ce qui s'était déjà dit, et, au surplus, Villius n'était pas autorisé à modifier ses instructions, La nouvelle de la mort du fils aîné du roi fournit un prétexte honorable pour interrompre le colloque. La cour prit le deuil, et Villius se retira discrètement à Pergame. De son côté, le roi rentra à Ephèse, accablé d'un chagrin qui ne lui épargna pas

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