Liv., XXXV
2. Liv., XXXIV, o9, 8. Tite-Live ne fait plus mention ensuite de P. ^lius à Pergame.
les soupçons de la malignité publique. Un bruit dont Tite- Live s'est fait l'ëcho attribuait la mort du jeune prince au poison et faisait remonter la responsabilité du forfait au père lui-même, jaloux et inquiet de la popularité d'un fils qui promettait d'être un grand roi '. La disparition soudaine d'un jeune homme de vingt-sept ans, déjà associé au trône, était un événement qui ne pouvait se passer sans commentaires, et toute occasion était bonne pour ameuter l'opinion contre un ennemi de Rome.
A Éphèse, Antiochos fit mine d'abord de s'enfermer dans sa douleur; mais, derrière les portes closes, il « agitait de secrets desseins » avec Minion, qui était comme le président du Conseil royal. Puis il s'absenta tout à coup, laissant à Minion le soin de recevoir les deux légats, P. Sulpicius et P. Villius, qui, sur le désir exprimé par le roi, arrivaient à Ephèse. Il savait que Minion, plus sûr que lui-même de ses chances de victoire, défondrait ùprement sa cause; et, si son ministre provoquait un éclat, il pourrait le désavouer. Minion exposa aux légats les vues du roi. Antiochos consentait bien à reconnaître l'autonomie des grandes villes helléniques comme Rhodes, Byzance, Cyzique; mais il réclamait pour sujets « les Eoliens et Ioniens, qui avaient pris de longue date l'habitude de servir les rois barbares » . Minion crut embarrasser les Romains en leur demandant de permettre à Antiochos ce qu'ils faisaient eux-mêmes en Italie, où ils avaient asservi les villes de la Grande-Grèce. Les légats lui répondirent qu'il ignorait la différence entre ville asservie et ville fédérée : du reste, il leur suffit d'introduire les députés des villes grecques, qu'Eumène avait eu soin de styler et de convoyer à Ephèse, pour transformer la discussion en dispute. On se
1. Liv., XXXV, 14-13. Daprès ces absurdes rumeurs, eam qiioque causam clundeslino facinori adiciebant, qnod Seleuco fdio Lysimachiam dedisset, Anliocho quam darel sedem, ut prociil ah se honore eum qiioque ablegaret, non habuisset; comme si le vrai moyen de surveiller un suspect n'était pas de le garder sous la main. Appien (Si/?'., 12) prétend qu'au moment de passer en Eubée, .antiochos n'était pas encore informé de la mort de son fils.
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sépara encore une fois sans rien conclure, et les Idgats retournèrent à Rome, probablement sans avoir vu le roi '.
Cette fois, Antiochos le comprit, c'était la guerre. Il l'aurait mieux compris encore s'il avait su qu'à Rome on avait dans l'intervalle reçu de Carthage des informations qui, vraies ou fausses, alarmèrent l'opinion publique. On disait qu'un certain Ariston de Tyr, un individu aux allures suspectes, avait été expédié d'Éphèse à Carthage, avec des instructions d'Ilannibal et du roi Antiochos, pour organiser un complot et rallumer la guerre punique. Cependant, le roi tergiversait encore. La guerre étant inévitable, il se demandait s'il valait mieux la déclarer ou l'attendre. Les excitations du dehors ne lui manquaient pas : tous les ennemis des Romains donnaient l'assaut à la volonté du monarque irrésolu. Alexandre d'Acarnanie, ancien courtisan de Philippe et maintenant conseiller du roi de Syrie, Dicéarque, frère du stratège étolien Thoas, affirmaient que, le jour où Antiochos débarquerait en Grèce, les Etoliens, Nabis de Sparte et Philippe de Macédoine courraient aux armes. Ilannibal, tenu d'abord à l'écart des délibérations, jeta dans la balance le poids de sa haine, de ses serments et de ses glorieux souvenirs. Tite-Live, toujours attentif h rejeter sur les adversaires des Romains la responsabilité du sang versé, assure que la guerre fut alors décidée en Conseil royal. Il est permis d'en douter, quand on voit les Etoliens tenter un dernier effort pour triompher des hésitations du roi et envoyer l'ex-stratège Thoas à Ephèse. Thoas annonçait au roi que la Ligue étoiionne l'avait choisi, lui, Antiochos, pour son stratège autocrate ou généralissime. Il l'engageait à ne pas attendre les troupes de la Haute-Asie et à se hâter de prendre la direction du mouvement '. Antiochos hésitait toujours. 11 songeait que, depuis trois ans, ses troupes n'avaient pu encore réduire ni Smyrne, ni Alexandrie de