Diod., XIX
2. Ou un peu plus, 1000 + 300 hommes, d'après Appien {Syr., 54).
LE PARTAGE DE l'eMPIRE d' ALEXANDRE 19
pularité qui s'attachait partout à la domination brutale d'Antigone, exercée par des fonctionnaires formés à Técole du maître. Il rassura ses gens alarmés en faisant appel à la fois à leur amour-propre de vétérans et à leur crédulité. Ne savaient-ils pus que mille présages lui garantissaient le succès; qu'il avait ceint un jour par hasard, mais par un hasard significatif, le diadème d'Alexandre : que l'Apollon de Milet, qu'Alexandre lui-même, apparu en songe, lui avaient prédit sa grandeur future ' ? S'il y avait quelques périls à atfronter, les vieux compagnons d'Alexandre n'étaient pas hommes à reculer.
Séleucos vit se vérifier de point en point ses prévisions. En Mésopotamie déjà, les garnisons macédoniennes se déclarèrent pour lui après un semblant de résistance. « Lorsqu'il entra en Babylonie, un grand nombre d'indigènes vinrent à sa rencontre, lui offrant de l'aider en tout ce qu'il lui plairait de faire. C'est que Séleucos, ayant été quatre ans satrape de la contrée, s'était montré bienveillant pour tous; il s'était concilié l'affection des masses et s'était de longue main préparé des auxiliaires pour le cas où il lui serait donné de disputer l'hégémonie. Il fut rejoint par Polyarchos, un préposé de district, avec plus de mille soldats. Les partisans restés fidèles à Antigone, voyant l'élan irrésistible de la multitude, se réfugièrent dans la citadelle, dont la garde était confiée à Diphilos. Séleucos assiégea la citadelle, la prit d'assaut et en fit sortir les enfants et amis qui y avaient été détenus comme otages, après son départ pour l'Egypte, par ordre d'Antigone. Gela fait, il enrôla des soldats, acheta des chevaux et les distribua à ceux qui étaient capables de les monter. Son affabilité envers tous fît naître les meilleures espérances, et il put compter sur l'empresse-
1. Voy. la série des présages dans DioJor., XIX, 90. Justin., XV, 4, 2-6. Appian., Syr.,'àG. Pausan., I, 16, 1. Versions diverses, dans Justin et Appien, concernant la fameuse ancre des Séleucides, figura quae in femore Seleuci nata cura ipso parvulo fuil, ou cachet donné à S. enfant par sa mèi-e.
ment d'une population prête à parlager ses périls en toute circonstance. Voilà «Iiï qudlo l';if;on Séleucos recouvra la Babylonie ' ».
La rentrée de Séleucos à Babylone fut un événement assez insignifiant en soi, car Séleucos, qui avait déjà été dépossédé une fois, pouvait l'être encore par la suite; mais il prit plus tard dans le souvenir des peuples une telle importance que la date de cette restauration servit de point de départ à une nouvelle ère, Tère des Séleucides (1" octobre 312 a. Chr.) [f ]. On aurait pu aussi bien la dater, comme l'Hégire de Mahomet, de la « fuite en Egypte », si l'on n'avait voulu se conformer à un usage monarchique. La persécution ne grandit que les chefs de religions; elle est un souvenir plutôt importun pour les rois, dont la grandeur se mesure au succès.