‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 12 sur 297 · LE RÈGNE DE SÉLEUCOS I NICATOR · texte numérisé non relu

LE RÈGNE DE SÉLEUCOS I NICATOR

Séleacos, roi (^ar) asiatique, s'empare de la Susiane et de la Médie.

§ I. La lutte contre Antigon'e (311-301). — Nicanor, général d'Antigone, battu sur le Tigre. — Ptolémée évacue la Syrie : incursion de Démétrios à Babylone (311). — Les coalisés, sauf Séleucos, font la paix avec Antigone ; Alexandre IV, chef nominal de l'empire, mis à mort par Cassandre (311). — Hostilités entre Ptolémée et Gassandre, entre Ptolémée et Antigone (310-306). — Ptolémée vaincu par Démétrios à Salamine de Cypre (306). — Les Diadoques, à l'exemple d'Antigone et de Démétrios, prennent le titre de rois (305). — Le siège de Rhodes (305/4). — Séleucos en Bactriane et dans l'Inde : accord avec le roi Tchandragoupta (Sandracottos). — Retour à Babylone. — La dernière coalition contre Antigone (302-301). — Ptolémée envahit et évacue la Syrie. — Antigone vaincu et tué à Ipsos (301). — Nouveau partage de l'empire d'Alexandre.

§ II. Rivalités et hostilités en Occident. — Hostilité latente entre Séleucos et Ptolémée au sujet de la Gœlé-Syrie, — Fondation d'Antioche sur l'Oronte (300). — Séleucos épouse Stratonice, fille de Démétrios Poliorcète (299) . — Agitation et intrigues de Démétrios, finalement incommode à Séleucos et à Ptolémée. — Organisation administrative de l'empire séleucide : fondation de Séleucie sur le Tigre. — Séleucos cède Stratonice et l'administration des provinces orientales à son fils Antiochos (294). — Démétrios roi de Macédoine (294), détrôné par Pyrrhos d'Épire (287), remplacé par Lysimaque (286), interné à Apamée par Séleucos (286) : sa mort (283). — Séleucos contre Lysimaque : défaite et mort de Lysimaque à Coroupédion (281). — Séleucos en Thrace, assassiné par Ptolémée Kéraunos (281).

Bien que Séleucos n'ait pris officiellement le titre de roi que six ans plus tard (305), il se sentait déjà hors de pair.

22 ril\P. I. — LE RÈGNE DE SÉLEUCOS I NICATOR

Il n'avait plus qu'à consoliiler uno situation désormais acquise, mais pourtant menacde pni- nn ii'lour oiïonsif que faisait prévoir à bref délai l'irritation d'Antigone, bravé au cœur de son cmpiro. Nicanor, ancien satrape de Cappadoce et alors stratège de Médie el des provinces supérieures, le représentant d'Antigone dans la Uaute-Asie, s'empressa d'avertir le maître. Sans attendre ses instructions, il réunit une armée de près de 20,000 hommes et courut à liabylone pour en déloger Séleucos. Celui-ci, qui n'avait pas plus de 3000 fantassins et 400 cavaliers à sa disposition, alla se poster en embuscade sur la rive gauche du Tigre. Nicanor, surpris au moment où il comptait traverser le fleuve sans encombre, fut battu et mis en fuite. Son armée passa à peu près tout entière du côté de Séleucos, qui, poussant hardiment sa fortune, s'empara sans coup férir de la Susiane, de la Médie et de quelques régions limitrophes. La domination exécrée d'Antigone s'écroulait d'elle-même. Séleucos écrivit à Ptolémée et à ses autres amis un compte rendu de ses succès, s'entourant déjà d'un appareil royal et d'un éclat en rapport avec son hégémonie '. Il pouvait écrire en toute confiance à son ami Ptolémée. Le Lagide, qui tenait sa part el n'en souhaitait point d'autre, dut être charmé de voir se consommer le démembrement de l'empire : il ne se doutait pas encore que Séleucos régnerait un jour à sa place en Syrie.

^ I La lutte contre A.nticone (3H-301).

Cependant, Antigone n'avait pas dit son dernier mot, et Séleucos n'apprit pas sans inquiétude les nouvelles d'Occident. La guerre avait recommencé en Syrie. Démétrios avait

i. Diodor., XIX, 92. D'après Plutarque {Demelr., 18), Séleucos était déjà roi pour les Barbares : il aurait pu ajouter, comme Ptolémée en Egypte.

pris sa revanche sur le vainqueur de Gaza, qui s'apprêtait à l'expulser de la Syrie du nord. Un lieutenant de Ptoldmée, Cilles, s'était laissé surprendre à Myonte : il avait été fait prisonnier et ses soldats étaient passés à l'ennemi. Quand Antigone eut rejoint son fils, Ptolémée abandonna la partie, heureux que les Arabes Nabatéens fissent momentanément oublier à Antigone le chemin de l'Egypte. C'est sur Séleucos que l'orage allait éclater. Mis au courant des événements survenus à Babylone par un message de Nicanor, Antigone expédia aussitôt son fils avec une vingtaine de mille hommes pour rétablir l'ordre en Extrême-Orient. Il pensait qu'il suffirait de reprendre Babylone pour abattre Séleucos. Comme il avait besoin de ne pas s'affaiblir devant la poussée des Arabes et un retour possible de Ptolémée, il imposa à Démétrios un délai très court pour l'opération dont il le chargeait. Démétrios devait concerter ses mouvements avec ceux de Nicanor, de façon que Séleucos fût pris entre les deux armées. Mais, quand il arriva sur l'Euphrate, Nicanor était déjà battu et Séleucos occupé à prendre possession de la Haute-Asie *.

Il est probable que Séleucos n'avait pas prévu cette brusque attaque : en tout cas, il avait laissé à Babylone un homme sûr, Patroclès, qui n'hésita pas à prendre le meilleur parti. Ne pouvant défendre la ville, le gouverneur laissa quelques troupes dans les deux citadelles et se retira avec le reste derrière les canaux qui sillonnaient la région resserrée entre l'Euphrate et le Tigre, après avoir ordonné aux partisans de Séleucos de se disperser dans les pays limitrophes et envoyé des courriers à son maître. Démétrios entra dans la ville, prit d'assaut et pilla une des deux citadelles, laissa Archélaos avec cinq mille fantassins et mille cavaliers pour continuer le siège de l'autre, puis revint à marches forcées en Syrie (3H). Comme il avait ravagé le

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