Liv., XXXVI, n {velut saginalus nuptialibus coenis
196 CHAP. VI. — ANTIOCHOS III LE OHAND
gants achetés à Tavance, il lui serait facile de gagner à sa cause l'Acarnanie et Leucate. De cette façon, toute la Grèce moyenne serait entre ses mains, et il lui semblait que, de Leucate, il menacerait l'Italie à distance.
Le roi fit ses dévotions à Delphes et rejoignit à Slratos son avant-garde, commandée par TAcarnanien Alexandre et Ménippos. Il s'empara par ruse de Médéon et s'avança vers le golfe d'Ambracie; mais Thyréon lui ferma ses portes et, de Leucate oii les Romains avaient envoyé à temps des secours empruntés à la garnison de Géphallénie, lui arriva la nouvelle que le consul M'. Acilius Glabrio avait débarqué à ApoUonie, sur la côte illyrienne, avec 20.000 hommes de pied, 2.000 cavaliers et quinze éléphants. Les Romains devaient être déjà ou allaient être bientôt en Thessalie. Antiochos n'avait pas un instant à perdre s'il ne voulait être pris à revers et coupé de ses communications avec l'Asie. Il retourna en toute hâte à Chalcis, sans avoir tiré plus de profit de son excursion en Acarnanie que de sa précédente tournée en Thessalie, un peu mieux renseigné pourtant sur l'impuissance des Etoliens et la mauvaise foi de ce Thoas dont il avait préféré les conseils à ceux dHannibal.
Cependant, M'. Acilius avait fait sa jonction avec l'armée du propréteur M. Baebius, qui était occupé avec Philippe de Macédoine à déloger les garnisons laissées dans les villes de Thessalie par Antiochos et ses alliés. Philippe eut le plaisir de voir le prétendant Philippe de Mégalopolis, qu'il appela ironiquement « son bon frère », expédié à Rome avec un convoi de prisonniers, et la satisfaction non moins grande de remplacer Amynandros en Athamanie '. L'armée romaine, dans sa marche méthodique, balayait devant elle toute résistance. Elle se dirigeait vers le golfe Maliaque, où Antiochos anxieux attendait ses renforts d'Asie et les contingents promis par ses alliés d'Europe. D'Asie, il lui vint juste de