Liv., XXXVI
quoi remonter l'effectif de ses troupes au chiffre de 10.000 fantassins et 500 cavaliers : en Grèce, ni les Messéniens, ni les Eléens, ni les Béotiens — ces Béotiens qui venaient de lui élever une statue dans le temple d'Athéna Itonia à Coronée ' — ne songeaient à aider leur « allié ». La Ligue étolienne put à grand peine équiper 4.000 hommes, qui finirent par arriver à Lamia, mais indisciplinés et déjà mécontents. Antiochos n'avait plus qu'un parti raisonnable à prendre ; retourner au plus vite en Asie et y préparer la défense du pays. Mais il en coûtait trop à son orgueil d'avouer ainsi son imprévoyance et ses mécomptes. Les souvenirs classiques des Thermopyles lui revinrent à propos. Il avait plus d'hommes que Léonidas, et les Romains étaient moins nombreux que l'armée de Xerxès. Il alla donc se retrancher dans le défilé des Thermopyles, derrière une muraille protégée ellemême par un fossé. Le tout était de ne pas se laisser tourner. Le roi, à qui les Etoliens n'obéissaient plus, envoya à Elatée, où ils étaient restés, pour les prier de vouloir bien au moins occuper les sommets du mont Gallidromos, afin d'en fermer l'accès aux Romains. Une moitié seulement des Etoliens consentit à cette corvée : encore en prirent-ils à leur aise, car, le jour de la bataille, ces étranges sentinelles dormaient ou pensaient à autre chose.
La bataille des Thermopyles ne dura guère. Le consul avait envoyé à l'avance deux bataillons d'élite qui devaient tourner la position. Sur les deux, celui que commandait Gaton réussit à passer et tomba inopinément sur le flanc de l'ennemi pendant que la colonne principale donnait l'assaut au rempart de front. La panique s'emparant des Syriens, toutes les précautions d'Antiochos tournèrent contre lui. Les éléphants, qu'il avait postés en arrière-garde, barraient le chemin aux fuyards et épouvantaient les chevaux, qui se ruaient au hasard dans la foule éperdue. Les Etoliens qui occupaient