Liv., XXXVI, 26-45. Appian., Syr
expédié à C. Livius 3G vaisseaux sous la conduite de Pausislratos. Au lieu de rallier directement la flotte romaine à Cansp, le commandant rhodien s'était laissé séduire par les propositions de son compatriote Polyxénidas, qui se disait las de l'exil et olîrait, pour obtenir le retour dans sa patrie, de livrer aux Rhodiens la flotte royale. Surpris en pleine sécurité, le naïf Pausislratos avait succombé dans la môlée, et tous ses navires, sauf huit, étaient tombés aux mains de Polyxénidas. Après cet exploit, Polyxénidas se posta à Myonnésos pour guetter la flotte romaine, qui ne pouvait manquer de prendre la direction de Samos pour joindre les Rhodiens. Une tempôte dérangea ses plans, et il n'eut pas la patience d'attendre assez longtemps. C. Livius passa sans encombre et trouva à Samos vingt vaisseaux que les Rhodiens avaient eu déjà le temps d'équiper '.
L'affaire de Panormos n'en avait pas moins rendu quelques chances à la cause du Séleucide. Samos se rallia au parti momentanément victorieux. Phocée, oii la faction démocratique - partout ennemie des Romains - avait repris le dessus, ouvrit ses portes à Séleucos. Cymé et d'autres petites places du littoral en firent autant. Séleucos se vit bientôt en mesure d'attaquer les possessions d'Eumène, le port d'Ela^a et Pergame elle-même. L'arrivée du nouvel amiral romain, le préteur L. yEmilius Régillus, inexpérimenté et accaparé par les Rhodiens, fut signalée par une série de fausses mesures qui détournèrent de son véritable but l'action de la flotte alliée. Les Rhodiens ne songeaient qu'à conquérir pour leur compte la côte de Lycie. Régillus consentit à détacher de la flotte qu'il conduisait de Samos à Ephèse et à mettre à la disposition des Rhodiens huit navires avec lesquels son prédécesseur C. Livius (it une tentative sur Patara. Puis, Régillus lui-môme, qu'une tempête avait empêché d'attaquer Ephèse, revint à Samos et s'attarda à
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faire des descentes sur la côte de Carie. II fut rappelé au sentiment des réalités par les angoisses de son allié Eumène. Séleucos et le roi lui-môme, avec leur armée venue de Phrygie par Apamée et Sardes, ravageaient le territoire de Pergame. Séleucos assiégeait Pergame, où s'était enfermé Attale, le frère d'Eumène. Eumène accourut en toute hâte de Samos, suivi de près par la flotte romaine qui vint mouiller dans le port d'EL-pa.
Antiochos, qui n'avait plus sa morgue d'autrefois et qui savait qu'une armée romaine commandée par L. Cornélius Scipion faisait route vers l'Uellespont avec Philippe pour guide, vint en personne faire au préteur des propositions de paix. Eumène et les Rhodiens assistaient à l'entrevue. vEmilius Régillus, dépourvu de troupes qu'il pût débarquer, ne montra aucune raideur, et les Rhodiens penchaient du côté de la conciliation; mais Eumène réussit à empêcher un accord qui eût été un armistice sans valeur et presque une trahison à son égard. Il se vanta plus tard d'avoir repoussé les avances d' Antiochos, qui lui promettait la main d'une de ses tilles et l'agrandissement de son royaume, s'il voulait faire cause commune avec lui *. L. ^milius répondit au roi qu'il ne pouvait être question de paix avant l'arrivée du consul Scipion. Antiochos déçu se vengea en pillant la côte jusqu'à Adramyttion, prit quelques places sans importance et revint par Thyatire à Sardes, toujours agité, perplexe et impuissant. Les troupes qu'il avait laissées à Séleucos pour assiéger Pergame furent battues par une poignée de quinze cents Achéens, et Séleucos dut évacuer le territoire pour rejoindre son père ^
Antiochos sentait l'orage venir du côté de l'IIellespont. C'est là qu'il fallait à tout prix barrer le chemin à l'ennemi. Qu'attendait-il pour y courir? Il attendait sans doute que sa