Polyb., XXIII
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sie de ses voisins et à l'impopularité qui s'attachait partout maintenant au protectorat romain. C'est un peu comme séide de l'étranger qu'il avait été si durement rabroué par les Achéens. Ils n'avaient plus du tout envie de le secourir, comme ils avaient fait précédemment, et il avait alors sur les bras une guerre, qui dura plusieurs années, avec Prusias de Bithynie. D'après le traité d'Apamée, Prusias devait céder à Eumène tout ce qu'il avait usurpé en Mysie. Conseillé par Hannibal, qui avait trouvé auprès de lui son dernier refuge, il préféra la guerre. Eumène était obligé de redemander, les armes à la main, la Mysie à Prusias, le littoral de la Thrace à Philippe. Les péripéties de cette guerre, qui se poursuivit « sur terre et sur mer », nous sont inconnues : sa durée indique que les succès furent mélangés. Cornélius Népos et Justin nous ont conservé le souvenir d'une ruse du Carthaginois, qui fit qu'Eumène, d'abord vainqueur sur terre, fut battu sur mer. Hannibal avait fait embarquer sur les navires bithyniens des amphores pleines de serpents. En jetant ces bombes d'un nouveau genre dans les vaisseaux ennemis, les Bithyniens mirent en déroute leurs adversaires. Eumène avait été assailli par trahison et n'avait dû son salut qu'à la fuite '. Une dédicace de Pergame nous apprend qu'Attale, frère d'Eumène, remporta une victoire au mont Lypédron en Bithynie sur les Bithyniens et les Galates '\ Les Romains laissèrent les deux rivaux aux prises sans intervenir jusqu'au jour où ils se doutèrent que Philippe s'entendait avec Prusias, et ils frémirent quand le secret de la retraite d'Hannibal fut éventé. Prusias fut invité à se dessaisir de ce qu'il détenait indûment, et Philippe à évacuer toutes les villes du littoral de la Thrace (184) '. T. Quinctius Flamininus fit partie de la commission chargée d'arranger le débat entre Prusias et Eumène, et il alla
1. Corn. Nep., Hannibal, 10-ia. Cf. Liv., XXXIX, 46. Justin., XXXII, 4. 6-7.