Diodor., XIX, 100. Plut., Demelr., 1. Appian., S;/r., 3o
2. Diodor., XIX, lOj. Voj'. U. Kœhler, Das asialische Reich des Anligonos (Sn. d. Berlin. Alcad., 1898, pp. 82l-S4;J), et, sur l'inscription de Scepsis, R. .Munro, in Journ. of Ilellen. Sludies, XIX (1899), pp. 330-3i0. Kœhler {SB.,
1901, pp. 10.;7-1068). B. Ilaussoullicr, Éludes sur l'hisloire de MHef, Paris,
1902, pp. 16-18. Dittcnb., OGIS., 5.
serait à tout propos un excellent prétexte pour intervenir dans les querelles qu'elle ne manquerait pas de susciter. Pour son compte, grand fondateur et rénovateur de cités, il faisait assez bon marché — comme avant lui Alexandre — de la liberté individuelle des colons qu'il transplantait à son gré, dans des localités choisies comme points stratégiques où ils lui servaient pour ainsi dire de garnisaires. Il fonda ainsi une Antigonia en Troade, une autre en Bithynie, en groupant les habitants de bourgades disséminées, une Antigonia encore près de l'endroit où fut bâtie plus tard Antioche : Smyrne, détruite quatre siècles auparavant par les Lydiens, fut relevée do ses ruines. Il transporta à Téos la population de Lébédos [f], peut-être à la suite d'un tremblement de terre survenu en 304/3 , qui , dans l'hypothèse, aurait ruiné Lébédos. Ses rivaux faisaient de même : on sait combien de cités nouvelles ou rajeunies ont eu pour œkistes les Diadoques, et que nul n'en fonda autant que Séleucos *. Les affaires d'administration intérieure occupèrent sans doute l'activité dévorante d'Antigone au cours des deux ou trois années suivantes, durant lesquelles il semble avoir définitivement renoncé à poursuivre le châtiment de Séleucos et à reconquérir la Haute-Asie. Il se peut qu'il l'ait essayé et se soit arrêté au premier insuccès; mais il est plus probable que, édifié par la dernière expédition de Démétrios et se rendant enfin compte des difficultés d'une tâche qu'il ne pourrait entreprendre sans risquer d'être attaqué sur ses derrières par les anciens alliés de Séleucos, il se résigna à abandonner pour le moment toute prétention sur les provinces orientales. C'est ainsi que Séleucos, roi pour les Barbares, satrape de Babylonc et stratège de la Haute-Asie pour les Hellènes, jouit de huit années de tranquillité et les mit à profit pour reculer et fixer les limites de ses possessions.
1. Je ne puis que signaler en passant le sujet, indéfinitivement extensible et toujours ouvert, qui est traité dans une foule de monographies concernant la fondation des villes ou la colonisation grecque en général après Alexandre.