CHAP, I, — LE RÉGNE DE 8ÉLEUC03 I NICATOR
Avant de réunir en faisceau le peu que nous apprennent sur les événements d'Oriont quelques phrases d'auteurs grecs et des traditions confuses cnchevôtrécs dans les écrits bouddhiques, il nous faut jeter un coup d'œil rapide sur les crises qui se succèdent en Occident et qui, mieux que les traités et les alliances, assurent le repos de Séleucos. C'est le temps où Cassandre, à peine l'armistice de 311 signé, assassine Alexandre et Rhoxane (311); oii Polyperchon couronne, puis met à mort Héraclès fils de Barsine, le dernier rejeton survivant d'Alexandre (310-309); où Ptolémée agite la Grèce, prend et reperd la Cilicie, extermine les derniers dynastes de Cyprc (310), s'empare de la Lycie, menace les côtes de Carie, organise à son profit la fédération des Cyclades; où Athènes sert d'enjeu à une sorte de tournoi perpétuel entre Cassandre et Démétrios. La bataille navale de Salamine en Cypre (306), où Ptolémée fut défait par Démétrios et perdit du coup l'île dont il avait fait récemment la conquête, marque le moment où la dissolution de l'empire d'Alexandre, déjà accomplie en fait, est proclamée et légalisée [f ]. A l'exemple d'Antigone et de Démétrios, Ptolémée, Lysimaque, Cassandre prennent le titre de rois, et nul doute que Séleucos en ait fait autant \ Mais Antigone n'entendait pas supporter d'égaux autour de lui : le temps était proche où allait se reformer, contre l'insatiable vieillard humilié par l'échec du Poliorcète au siège de Rhodes (305/4), une coalition à laquelle Séleucos serait invité à se joindre.
Durant ces années de répit et de sécurité pour l'heureux satrape-roi de Babylone, l'histoire le perd de vue. On ne devine son labeur que par les résultats acquis. Appien ' cnumère au hasard les parties de l'immense empire séleucidc, de la Phrygie à l'Indus, sans distinguer d'étapes successives dans la marche de l'agglomération. Il se contente d'ajouter que ces acquisitions furent faites les unes avant, les autres