‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 143 sur 297 · Voy. ci-dessus, p. 18o · texte numérisé non relu

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248 CHAP. VllI. — ANTIOCHOS IV ÉPIPHANE

talent. Kn 173, une ambassade romaine, envoyée « pour examiner l'état des choses en Macédoine », devait aussi aller à Alexandrie, « pour renouveler l'amitié avec Ptolémée ». Antiochos, qui avait l'œil au guet, avait pu craindre que les légats romains ne rapportassent d'Alexandrie des insinuations malveillantes à son endroit, et il s'était hâté de prévenir l'effet possible du colloque. 11 y avait ofFiciellement réussi, car ses ambassadeurs lui revinrent comblés de compliments et môme de cadeaux. Au surplus, les légats romains en tournée d'inspection, allant de Pergame à Alexandrie, s^étaient arrêtés à Antioche et étaient retournés à Rome pleinement satisfaits de l'attilude des « rois alliés », qui tous avaient résisté aux avances de Persée (172). Tout à l'objet spécial de leur mission, ils n'avaient rien vu ou voulu voir d'inquiétant ni en Syrie, ni en Egypte '.

Antiochos avait besoin d'être mieux informé de ce qui se passait à Alexandrie, de ce que comptaient faire les nouveaux gouvernants, l'eunuque Eula'os et le Syrien Lénœos, conseillers du jeune Philométor. Il saisit habilement l'occasion de déguiser son enquête sous une politesse diplomatique. ApoUonios, à peine rentré de son ambassade de Rome, alla figurer, comme représentant de son maître, à la proclamation de la majorité du roi Ptolémée (TipwToxArio-ia) ^ Nul doute qu'il ait pu renseigner Antiochos au retour sur les dispositions et projets de la cour égyptienne. Les régents étaient trop vaniteux pour être discrets. Dès lors, puisque la guerre était inévitable, Antiochos se promit de ne pas attendre qu'elle lui fût déclarée.

Un point qui avait son importance, c'était l'état de l'opinion en Cœlé-Syrie. La plupart des villes grecques de la région étaient des colonies fondées par les Lagides. Antiochos n'ignorait pas que ceux-ci y avaient conservé les sym-

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