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effrontés qui se disputaient le sacerdoce de Jalivoli vinrent l'y relancer. Prodigue par nature et libéral par ostentation, Antiochos était toujours obéré et ne regardait pas trop à la nature des expédients financiers qui pouvaient s'offrir. Un certain Ménélas, qui lui apportait le tribut de Jason ', ayant mis une surenchère de 300 tal., le roi destitua Jason pour mettre à sa place le nouvel acquéreur du grand pontificat (171). Jason était un homme peu estimable, mais le successeur que lui donnait Antiochos était un scélérat. Il traita ses compatriotes en vaincus, étouffant de vive force les protestations du parti national. Seulement, il oubliait les échéances promises : l'année suivante, le roi le manda à Antioche et le remplaça par son frère Lysimaque. Mais Lysimaque n'était que le suppléant provisoire de Ménélas, qui comptait bien se tirer à son avantage de ce mauvais pas.
Une sédition ayant éclaté sur ces entrefaites en Gilicie, oii les villes de Tarse et de Mallos s'indignaient d'avoir été données en apanage à Antiochis, concubine du roi, Antiochos alla en personne châtier les rebelles et confia pendant ce temps l'administration du royaume à Andronicos. Ménélas saisit l'occasion. Prenant dans la caisse du Temple autant d'argent qu'il en fallait pour gagner les bonnes grâces d'Andronicos, il se rendit à Antioche, où le vice-roi l'aida à se débarrasser du vieil Onias, réfugié à Daphné depuis sa déchéance. Onias fut attiré hors de l'asile par les promesses et les serments d'Andronicos, puis assassiné. Ce crime odieux fut dénoncé à Antiochos, à son retour de Gilicie, par les Juifs et même par des Uellènes indignés de tant de scélératesse. Antiochos fit bonne justice de son ministre, qui fut exécuté au lieu môme où avait péri Onias. On voudrait croire que le roi n'eut d'autre souci que de faire un exemple salutaire. Mais ici reviennent les soupçons transformés en
1. Ménélas, frèro de Jason (Joseph., Macc, 7) ou frère de Simon (// Macc, 4, 24). Le nom juif de Ménélas était Onias, d'après Josèphe, qui fait peut-être ici quelque confusion (cf. ci-après, p. 267, 1).
LES EXPÉDITIONS d'ÉGYPTE 251
affirmation par Jean d'Anlioche, et l'on se demande si par hasard Antiochos n'avait pas saisi l'occasion de se défaire d'un complice fort au courant de la façon dont avait disparu un prince royal. Il est fâcheux de constater que le châtiment n'atteignit pas tous les coupables : Ménélas ne fut pas inquiété. Aidé par son frère et vicaire Lysimaquc, il s'occupait à dévaliser de son mieux le Temple pour s'enrichir et acheter l'impunité. A la fin, Jérusalem se souleva : Lysimaque essaya de résister, et le sang coula; mais la colère du peuple dispersa les bandes du « tyran ». Lysimaque fut tué, et Ménélas, qui s'était dérobé, fut cité devant le sanhédrin (171) *.
Antiochos se trouvait à Tyr au moment oîi les troubles de Jérusalem prenaient fin. Le sanhédrin, peu rassuré sur ses intentions, lui envoya trois députés pour le saisir de l'affaire et lui exposer les griefs du peuple juif contre Ménélas. Celui-ci comprit qu'il était perdu si le roi faisait une enquête sérieuse. 11 acheta l'appui d'un certain Ptolémée, favori du roi, lequel sut si bien circonvenir le maître que le criminel fut absous et les plaignants, qui « auraient gagné leur cause même devant des Scythes », furent mis à mort. Moitié par légèreté, moitié par mépris pour une race qui devait lui apparaître comme un troupeau de fanatiques conduit par des forbans, Antiochos commit une iniquité qui aigrit les esprits à Jérusalem et fit scandale même à Tyr. L'auteur de la relation assure que les Tyriens, en manière de protestation, firent aux victimes de magnifiques funérailles ^ C'est ainsi que le capricieux monarque perdait peu à peu les sympathies des honnêtes gens.
Si Antiochos était venu à jTyr dans l'hiver de 171/0, c'était sans doute pour surveiller les préparatifs de l'expédition qu'il méditait contre l'Egypte. Le moment favorable était enfin venu. Les Romains, après avoir longtemps tergiversé, avaient déclaré la guerre au roi de Macédoine, au début
1. II Macc, 4, 30-38. Cf. Jo. Antioch., fr. 58 (ci-dessus, p. 240).