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LES EXPÉDITIONS d'ÉGYPTE 253
arranger le dilïérenil entre les Romains et Persde, et ils auraient inflige^ cet affront à l'orgueil romain, si M. ^^^milius Lépidus ne leur avait conseillé fort à propos de se taire. A Méléagre, il fut répondu que le Sénat donnerait commission à Q. Marcius Philippus, qui était alors en Grèce, « d'écrire à ce sujet à Ptolémée dans le sens qu'il jugerait utile » *. C'était une sorte d'ajournement sine die de la solution pacifique.
Antiochos était arrivé à ses fins : il pouvait maintenant attaquer tout en déclinant le rôle d'agresseur, et il était assuré que les Romains avaient de quoi s'occuper ailleurs. Il avait même des raisons de se croire plus en faveur auprès d'eux que les régents d'Alexandrie. 11 acheva de prendre ses précautions en associant au trône son tout jeune fils, Antiochos, inscrit à la date de 142 Sel. (170 a. Chr.) dans les documents babyloniens; et, au printemps 170, sans attendre ce que pourrait bien décider l'arbitre nommé par le Sénat, il mit son armée en mouvement. 11 n'avait pas de temps à perdre s'il voulait prévenir l'invasion de la Gœlé- Syrie par les troupes égyptiennes, qui comptaient aussi le surprendre. Son armée n'était pas très nombreuse, mais d'autant plus mobile et bien organisée pour les marches rapides ^. 11 avait franchi la frontière de l'Egypte quand il rencontra l'adversaire près du lac Sirbonide, entre le mont Gasios et Péluse. G'était, paraît-il, un convoi de bagages autant qu'une armée, le digne cortège des deux régents, Eulaeos et Lénœos. Antiochos en eut facilement raison, mais il chercha à rendre sa victoire à la fois moins sanglante et plus profitable en épargnant la vie des Egyptiens cernés par ses troupes ^
Les moyens dont il usa pour s'emparer de Péluse par un