‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 149 sur 297 · Diod., XXX · texte numérisé non relu

Diod., XXX

254 CHAP. VJll. — AMIOCIIOS IV ÉPIPHANE

sll•atag^^le « peu dii^iie d'uu loi » el « contestable » lui ont valu le blâme des bistoiiens, (jui lui reprochent d'avoir violé le droit des gens, sans nous dire au juste en quoi a consisté sa déloyauté '. Nous ne sommes guère mieux renseignés sur les intrigue?, non moins entachées de ruse et de duplicité, par lesqucdles, étant encore, à ce qu'il semble, à Péluse, il réussit à mettre la main sur la personne môme de son neveu, le jeune roi Ptolémée Philométor. On aurait peine à croire, si Polybe ne s'en portait garant, que «■ l'eunuque Eulaeos persuada à Ptolémée de prendre avec lui l'argent, d'abandonner le royaume aux ennemis et de se retirer en Samothrace » ^ Polybe rejette toute la responsabilité de ce conseil absurde et désastreux sur Eulœos, parce que, dit-il, Ptolémée n'était pas poltron de nature, comme l'est un eunuque; mais il aurait pu se demander peut-être si le poltron n'était pas par surcroît un traître, et si le conseil ne provenait pas de quelque entrevue ménagée entre les régents et Antiochos durant l'armistice qui précéda la prise de Péluse. Il est possible, après tout, que, arrivant affolés de Péluse à Alexandrie el jugeant tout perdu, les régents aient voulu mettre la personne du roi à l'abri dans l'île sainte qui avait déjà servi d'asile à Arsinoé Philadelphe, où Persée vaincu songerait bientôt aussi à chercher le salut. Nous ne saurons jamais par quel hasard ou quel piège Ptolémée devint le prisonnier de son oncle ^.

Celui-ci l'accueillit avec empressement, l'invita à des banquets, et, tout en festoyant, lui fit signer une paix humiliante pour le vaincu, peu honorable pour le vainqueur. « En considération des liens de parenté, écrit Diodore, Antiochos devait, comme il le disait lui-même, ménager le jeune roi : il trompa, au contraire, celui qui s'était fié à lui et

1. Polyb., XXVIII, 1, 16. Diod., XXX, 18. Il s'agit sans doute dun armistice ou convention quelconque utilisée pour surprendre la ville sans défense.

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