Liv., XLV, il
LES EXPÉDITIONS d'ÉGYPTE 259
nement. La combinaison qui associait deux rois sur le pied d'égalité, avec une seule reine, n'était pas viable, sans doute; mais le conflit était écarté pour le moment.
Antiochos n'avait pas assez d'empire sur lui-même pour dissimuler son dépit. Il fit aussitôt d'immenses préparatifs de guerre, - parmi lesquels figurent, d'après Josèphe, les exactions et rapines opérées à Jérusalem \ — et, sans plus chercher de prétextes, il envoya sa flotte se saisir de Cypre, qui lui fut livrée par le gouverneur Ptolémée dit Macron, fils de Dorymène ^. Dès que la saison le permit, au printemps de 168, il se dirigea une seconde fois, avec son armée convoyée par sa flotte, vers la frontière d'Egypte. A Rhinocoloura, il trouva les ambassadeurs de Philométor, qui le remerciait de ses bons offices et le priait de ne pas échanger le rôle d'ami et d'allié contre celui d'ennemi. Antiochos répliqua « qu'il ne rappellerait pas sa flotte et ne retirerait pas son armée avant que Ptolémée ne lui eût cédé Cypre tout entière, Péluse et la région qui avoisine la bouche pélusiaque du Nil »; et cela, dans un délai qu'il fixa lui-même ^ Le délai expiré, il reprit le chemin qu'il avait suivi l'année précédente, reçut à Memphis la soumission plus ou moins volontaire des nomes égyptiens et descendit à petites journées vers Alexandrie. Cette fois, la ville ne lui échapperait pas; il était en mesure non seulement de l'assaillir, mais de l'affamer.
Les deux Ptolémées avaient en vain cherché des alliés. La Ligue achéenne elle-même, de tout temps en relations d'amitié avec les Lagides, après en avoir longuement délibéré, avait pris le parti d'envoyer à Alexandrie non pas un secours armé de 1200 hommes, comme le demandaient les députés alexandrins, comme le voulaient Lycortas et Polybe, mais une ambassade pour tenter des négociations entre les