Liv., XLV
belligérants V Les Romains n'en avaient pas encore fini avec Persée, et l'on savait qu'ils avaient l'habitude de temporiser quand ils avaient d'autres affaires sur les bras. C'était môme le parti romain, encouragé par un message du consul Q. Marcius Philippus, qui, dans les débats de la Diète achéenne, avait dissuade la Ligue de faire droit à la requête des Ptolémées. Sans doute, le Sénat avait fini par écouter les doléances des députés partis d'Alexandrie en 469 et commissionnés par Evergète II. Il avait même nommé une commission de trois membres, G. Popillius Lœnas, G. Décimius et G. Hostilius, chargés « de terminer la guerre entre les rois. Ils avaient ordre d'aller trouver d'abord Antiochos, ensuite Ptolémée, et de leur annoncer que, si la guerre ne cessait pas, celui des deux qui refuserait de poser les armes, les Romains ne l'auraient plus ni pour ami, ni pour allié » *. L'ultimatum était de forme bien adoucie; il ne distinguait pas entre l'attaque et la défense, et la commission s'attardait en route. Du reste, Antiochos avait aussi des amis à Rome. En quittant Alexandrie Tannée précédente, son premier soin avait été d'expédier ù Rome, par trois délégués, une couronne de cinquante talents, et il n'avait pas ouï dire que ses envoyés eussent été mal reçus ^ Ge cadeau valait bien le convoi de blé que les deux Ptolémées avaient envoyé à la flotte romaine au port de Chalcis *. Ge que Antiochos ne savait pas, c'est que la victoire de Pydna, remportée au mois de juin ^, avait soudainement accéléré la marche de la commission romaine, et qu'elle avait enfin débarqué à Alexandrie. Il n'était plus qu'à quatre milles d'Alexandrie lorsque tout à coup, en un