‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 156 sur 297 · Polyb., XXVIII · texte numérisé non relu

Polyb., XXVIII

4. E'fc-a. ap/., 1903, p. 118. Cf. P. Foucart, SC. de Thisbé, dans les Mém. de l'Acad. d. Inscr. (1905), pp. 40-42.

5. Le lendemain de l'éclipsé de lune (Polyb., XXIX, 6, 8-10) du 21 juin 168 a. C. La date romaine —pridie Non. Sept. (Liv., XLIV, 37) ou 4 sept. — prouve que le calendrier romain était encore en avance de plus de deux mois sur le temps vrai. Voyez ci-dessus, p. 203.

LES EXPÉDITIONS d'ÉGTPTE 261

lieu nommé Eleusis, se présentèrent à lui les trois commissaires. C'étaient des amis qu'il avait connus à Rome. Il s'avança vers eux la main tendue; mais, d'un geste impérieux, le chef de la députation, C. Popillius Laenas, lui mit sous les yeux le message du Sénat et l'invita à le lire. Comme le roi, lecture faite, disait qu'il y réfléchirait, Popillius traça autour de lui un cercle avec son bâton. « Avant de sortir de ce cercle, dit-il, donne-moi la réponse que je dois rapporter au Sénat », Antiochos, refoulant sa douleur et sa rage, finit par dire : « Je ferai ce que veut le Sénat » ; après quoi Popillius lui serra la main, « comme à un allié et un ami » *.

Il y a des siècles qu'on admire le flegme arrogant du Romain. Si l'on mesure le mérite au risque couru, on aurait tort de faire de Popillius un héros. On savait bien que Antiochos n'oserait pas résister en face à un ordre du Sénat. Après avoir flatté les Romains au temps oîj il aurait pu leur nuire, allait-il maintenant les braver, alors que leur armée victorieuse était encore sur les bords de la mer Egée? Il dut se résigner, évacuer au jour dit le territoire égyptien, — non sans avoir fait main basse sur tout ce qu'il put emporter de dépouilles, — restituer Cypre, d'oij les mêmes commissaires congédièrent sa flotte, et se hâter d'envoyer ses compliments à Rome, où ses ambassadeurs déclarèrent « qu'une telle paix lui était plus agréable qu'une victoire et qu'il avait obéi aux ordres des légats des Romains comme à l'autorité des dieux mêmes » ^. Antiochos ne manqua pas non plus de féliciter les Romains de leur victoire sur Persée, victoire à laquelle il aurait contribué de toutes ses forces, si on le lui avait ordonné. Comme Antiochos le Grand après le traité d'Apamée, il ajoutait la bassesse à sa honte. Le Sénat reçut aussi, peut-être dans la même audience, comme pour ajouter à l'humiliation de ces adulateurs sans dignité, les actions de grâces des envoyés des Ptolémées et de Gléopâtre. Ainsi, des

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