Tac, Hist., V, 8. Cf. Diod., XXXIV, 1. XL
264 CHAP. VIII, — ANTIOr.llOS IV ÉPIPHANE
enlend dire qu'il se réjouit d'apprcrulro que sa victoire sur les l^erses avait été prédite par le prophète Daniel, il devient évident que la véracité de ce récit légendaire vaut Tautlienticité des prophéties de Daniel '. On ne s'étonne plus que Alexandre, en bon orthodoxe, refuse aux Samaritains les faveurs dont il comble les Juifs.
Il fut entendu de mC'ine que Sélcucos I avait accordé aux Juifs d'Antioche le droit de cité, comme Ptolémée Soter à ceux d'Alexandrie; que ses successeurs avaient étendu cette faveur aux Juifs d'Asie Mineure; que Antiochos III avait été un grand ami des Juifs, lesquels lui avaient rendu des services signalés durant sa lutte contre Ptolémée IV Philopator. Josôphe cite textuellement des lettres du roi, qui alloue des subsides au culte de Jahveh et des privilèges au clergé, se préoccupe d'orner le Temple, d'en interdire l'entrée aux étrangers et de prohiber l'importation des viandes « de tous les animaux défendus aux Juifs » ^ La brusque agression d'Antiochos Epiphane contre un peuple aussi loyal, qui avait bien mérité de la dynastie, apparaît ainsi comme un acte d'inexcusable ingratitude et en même temps comme un reniement téméraire de la politique traditionnelle des Séleucides, une volte-face explicable seulement par la cupidité et le goût du sacrilège ^
Les Grecs en ont jugé autrement. Ils ont prêté à Antiochos Epiphane les motifs suggérés plus tard à Antiochos VII Sidétès, le devoir de plier aux règles de la civilisation ou de détruire une race qui faisait profession de détester tous les « Gentils » [zk sGvt^-toù; È9 vuojc). Il faut reconnaître que ceux qui avaient pu lire la Bible dans la traduction des Septante ne parlaient pas par ouï-dire de cette « haine du genre humain » que Tacite crut retrouver plus tard chez les chré-