‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 159 sur 297 · Joseph., C. Apion., II · texte numérisé non relu

Joseph., C. Apion., II

tiens considères comme une secte juive *. Le code implacable du Deutdronomc, les exploits de Moïse et de Josud envahissant le pays de Canaan, exterminant par ordre de Jahveh les populations infidèles, ne laissant âme qui vive dans les villes conquises, justifiaient assez bien, aux yeux des Grdco-Romains habitués à la tolérance en matière religieuse, l'application de la contrainte à un peuple insociable. Les conseillers d'Antiochos VII lui représentaient, rapporte Diodore, qu'il fallait « exterminer la race des Juifs; car, de tous les peuples, ils étaient les seuls qui ne voulussent avoir aucun rapport d'alliance avec les autres nations, considérant celles-ci, toutes sans exception, comme ennemies ». Chassés de l'Egypte, leurs ancêtres « avaient légué à leurs descendants leur haine envers les hommes : aussi s'étaient-ils donné des institutions bizarres, leur défendant de faire table commune avec un étranger et d'avoir pour lui la moindre sympathie ». L'auteur de cette législation, c'était Moïse, lequel « avait prescrit aux Juifs ces mœurs misanthropiques et criminelles » ; c'est pourquoi Antiochos Epiphane « détestant cette aversion étendue à tous les peuples, prit à cœur d'abolir leurs lois » ^

Les deux traditions, la juive et la grecque, se complètent. Antiochos Epiphane était fort capable de prendre plaisir à pourchasser une superstition unanimement tenue pour inepte autant que pernicieuse, et aussi de faire entrer dans ses calculs le bénéfice qu'il pourrait tirer de cette œuvre humanitaire. Il n'y avait pas si longtemps que, pressé comme lui par des besoins d'argent, son frère Séleucos IV avait été tenté par les trésors du Temple de Jérusalem. Antiochos n'était pas dupe du miracle qui avait empêché

1. Tac, Ann., XV, 44, et fr. 2. J'ai essayé de montrer, dans Vîntolérance religieuse et la politique (Paris, 1911), que les empereurs romains ont persécuté dans le christianisme surtout — autant dire, exclusivement — l'esprit judaïque dont ils pensaient qu'il avait hérité, et qui, en elî'et, a par la suite dominé le monde, réfugié dans la doctrine quand l'action lui est interdite.

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