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qui eussent arrêté un esprit moins indépendant, Polybe et Tite-Live vantent sa « magnificence envers les dieux », comme digne d'un roi : mais ils ne vont pas jusqu'à l'attribuer au sentiment religieux chez un homme qui prenait pour lui le titre de dieu, qui dévalisait volontiers les temples et avait du largement exploiter ceux de rF]gypte. En religion aussi, il entrait du calcul dans ses préférences. Son zèle pour le culte de Zeus Olympios, qu'il voulait imposer partout dans ses Etats, paraît bien comporter une ari-ière-pensée politique : c'était une façon d'associer sa propre divinité à celle du maître du monde, symbole du pouvoir souverain, par l'épithète de N'.x/icpôpo;, qui leur était commune à tous deux. Aussi, au revers des monnaies qui portent l'effigie diadémée et radiée « du roi Antiochos dieu Épiphane Nicéphore », le type traditionnel d'Apollon, jusque-là patron d'Antioche et de la dynastie séleucide, devient plus rare et cède la place à Zeus '. Même à Daphné, la statue colossale de Zeus, copiée sur celle d'Olympie, trônait dans le temple d'Apollon ^ On a vu plus haut comment il avait aussi installé Zeus Olympios dans le temple de Jahveh, et Jérôme ne se trompe qu'à moitié en affirmant qu'il avait placé sa statue à lui dans le Temple de Jérusalem ^ Le roi n'avait plus chez lui, là oii il était le maître, le même genre de piété qu'à Délos. Si ce n'était pas l'expression d'une doctrine théologique exaltant la primauté de Zeus, c'était de l'ingratitude envers le dieu père et protecteur de la dynastie.
Mais croyait-il encore, s'il y avait jamais cru, à la filiation divine des dynasties royales, ou les dieux n'étaient-ils plus pour lui que les immortels fainéants relégués par Epicure dans les intermondes, cette espèce de surhommes éthérés, éternellement béatifiés par la garantie de leur éternelle félicité, objets d'un culte esthétique et désintéressé de la part